‹ Mon carnet de chasseChapitre 11 sur 63 · CPRRRE TRE RE RE NT TRES · texte numérisé non relu

CPRRRE TRE RE RE NT TRES

à quinze pas, sur ma gauche... Seulement ma coquine de chienne me les changeait de place, làchant celui qu'elle me rapportait quand elle en entendait tomber un autre !... Enfin, j'en al sept, et vous?

— Trois:

— Nous reviendrons demain matin chercher les éclopés. Diane est affolée ; elle ne quête

plus, allons-nous-en.

Il se rhabilla et nous

commençâmes la retraite, nous racontant

nos coups de fusil,

« NW Ÿ N \ à NN donnant libre cours à

notre besoin de parler,

après les sensations muettes et solitaires de l'affût... Puis,

peu à peu, nos paroles devinrent plus

id

rares. Il faisait nuit close. La lune s'était cachée de nouveau; nous étions déjà loin des étangs

et de la lande; nous filions, suivant un étroit chemin

qui longeait le canal du Bourgidou (1); nos bottes glissaient dans le terrain gras et détrempé; je marchais devant, portant la lanterne, et nous ne pensions plus qu'à rentrer au mas dont les lueurs éloignées tremblotaient dans la nuit comme de faibles étoiles jaunes. Du reste, nous étions heureux de nous taire. Le calme de cette nuit d'octobre abattue sur le désert de Camargue nous redonnait mille impressions déjà ressenties et d’autant “plus vivaces... Et, pour la centième fois nous songions, — je dis nous parce que je connais bien mon Télémaque — nous songions que les chasseurs sont bien forcés de devenir un peu artistes, un peu poètes, par reconnaissance, lorsque, tout seuls devant une nature aux viroinités splendides, ils ont l’'émouvante illusion que nul autre humain n’a jamais obtenu d’elle cette suprême révélation

de sa beauté!

(1) C'est le canal qui va de Sylvéréal à Aïgues-Mortes.

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