LA SORTIE DU CAMP RETRANCHÉ
poste de folie de militaires ne sachant plus où donner de la tète et appelant au secours?
Le gt^uéral Miihun télégraphiait donc à Londres, pour Mre orienté. Voici la réponse qu'il reçut : < Je ne peux pas comprendre pourquoi le général Sarrail a reru un tel ordre. J'ai quitté le général Joffre samedi matin après avoir discuté la situation et il na pas parlé d'une telle idée. Lorsque les Alliés se sont retirés du nord de la Grèce, l'année dernière, les deux gouvernements furent d'accord pour les garder à Salonique pour la défense de cette ville; et dans une conférence le 6 dé- (■ nibre, les généraux commandant les forces alliées cj })i'dHionnaires devaient être maintenus dans la région de Salonique. Ces dispositions furent ratifiées plus tard par les deux gouvernements. Dans ces conditions aucune action offensive ne peut avoir lieu sans que les deux gouvernements soient d'accord; et alors si le général Sarrail vous demande de passer à toffensive il faut communiquer avec moi et attendre mes ordres, »
J'avais deviné. Chantilly ne changeait pas. Le G. Q. G. gouvernait aux lieu et place du gouvernement.
Au reste, dès le 7 mars, j'envoyais par télégramme les grandes lignes d'une action offensive et je conlirmais ces propositions par une longue lettre. (Télégramme et lettre du 7 mars, aux annexes.)
Pour une offensive je demandais 21 divisions : 6 serbes, 5 anglaises, 4 françaises, qui existaient comme personnel, mais n'étaient pas complètement DUtilléos pour la guerre de montagne, et 6 divisions <le renfort (anglaises, italiennes, ou russes.) S'il fallait attaquer avant l'arrivée des Serbes et la réception du matériel pour une guerre de montagne, jô préconisais une offensive démonstrative, avec deux divisions britanniques et quatre françaises, consistant dans des reconnaissances et des coups de mains, après une concentration le long de la frontière et vers
84 MON COMMANDEMEiNT EN ORIENT
la Struma. Cette dernlèro solution était a'irtise; mes
pr.)positions p^ur hlufÏT simplemonli'ennomi c't approuvées par télégramme du 10 mars; tout pour bien me rendre respoûsabie de ce qui pouvait advejuir, en sortant des lignes du camp retranché, il m'était recommandé la prudence, vu les forces adverses.
Par contre je recevais une lettre, datée il est vrai du 10/3, m'indiquant nettement que les circonstances pouvaient amener à me prescrire d'attaquer à fond sans renfort et m'avcrtissaat en outre qu'aucune nouvelle division anglaise ne pouvait être espérée.
Au fond, avec l»^s éléments tels qu'ils étaient à Sa- Ionique je devais m'attendre à pouvoir être actionn»^ pour tenter qufltjun clio.^n ot aller au-devant mêni»' d'un échec.
Cette nouvelle directive, l'entrée probable en !■ des Turcs à côté des Bulgares qui m'était annui le refus de m'envoyer d'autres divisions qui m'était notifié m') forçaient le 7 avril à compléter mes propositions offensives faites le 7 mars. J'indiquais que le synchronisme des attaques ne d -^ être re-
cherché sur les divers théâtres d'.- >i, et que
par suite j'avais déjà sans ordre amorcé mon offensive démonstrative; je terminais en portant plus haut la question et on émettant carrément l'affirmation que « l'o/l'ensive dans la force inrine du mol est vniquemenl réalisable sur le Ikcàlve balkanique, i (Voir in extenso aux annexes, lettre 849 3.)
Le 20 avril le G. Q. G. m'envoyait une réponse où rien n'était précisé, rien cliangé, où les renseignements sur les forces en présence étaient absolument erronés et où pour réfuter ma ilemande do no pas attendre les chaleurs pour s'engai;>r, il y a\ ' ' phrase fatidiijue ; € t Deuxième guerre baii^