‹ Mon commandement en OrientChapitre 13 sur 91 · I.A SORTIE DU CAMP RETRANCHÉ · texte numérisé non relu

I.A SORTIE DU CAMP RETRANCHÉ

'buté 28 juin et troupes europi^ejuies dans le passé et

présent ont entrepris en été expéditions coloniales^

'US climats plus meurtriers sans avoir moyens qui sont

■"'S maintenant à la disposition de l'armée d'Orient. )

\'oir in extenso télégramme aux annexes.)

Toutes les troupes qui devaient participer à cette îïensive, avaient été poussées méthodiquement en vaut, et chaque avance vers la frontière avait enaîné la construction de pistes et de routes. Le conict avec l'ennemi avait été pris et les escarmouches, irtout avec les Allemands, alternaient avec les cannades qui s'intensiliaient sur certains points. Sans vouloir insister sur ce déploiement, il n'est pendant pas inutile d'en donner une idée générale. Le 13/3, une brigade de la 122* quitte le camp re- ; anché, direction Amatovo, Smol. Le 21/3, une briide de la 156" va à Avret-Hissar, en soutien sur le inc droit de la brigade de la 122*. Le 30/3, une briide de la 57* division est jetée vers Gramatna à roite de la cavalerie française et de la cavalerie anlise, qui en entier escarlronne avec pour centre ikus. Dès le 31/3, nouveau bond en avant : la briiJe de la 156* est sur le front Dragomir, Kirec, la igade de la 57- occupe Janès, Gramatna, Alexia. Conformément aux idées exposées dans ma note !i 7/4, je continuais cette poussée vers la frontière squ'à mise en ligne complète des forces que je poulis engager. Tandis que deux de nos régiments de L Valérie opéraient l'un vers Vodena, l'autre vers Liidi, le 17/4, une brigade anglaise relevait les élé- 1 mts de la 57" division à Janès, le 28/4, la 17* divilon coloniale quittait la Chalcidique; le 1/5 deux )uvelles brigades anglaises étaient avancées dans la ;ne Kukus, le 6/5, sauf trois bataillons français qui

(Haient encore dans le camp retranché, le restant des ill% 15G* et rn- rlivi^î - "-joignaient ' i-:— 'au contact.

Le 27/5 ces trois «iornicrs bataillon.^ fra;içaii> (Haient à leur tour remplacés par des Indo-Chinois et des Malgaches, et toute la H* division anglaise entrait en ligne.

Le 28/5 la 17* division coloniale sur la route de Sérès avait des antennes au pont de laStruma.et dès le 10/5 une brigade de la 57*^ division dans le Krusa- Balkan s'installait à Dova-Tépé. En même temps pour arrêter la contre-bande à Florina, laissant tous dans l'incertitude de mes plans, je n'hésitai pas à lancer le 2/5 un bataillon de zouaves à la gare de Florina et les deux autres bataillons du 2" bis de zouaves s'avançaient au nord-est de Vodena, le 9/5.

Tandis que s'exécutait cette marche à la frontière, avec les contacts et l'activité offensive qu'elle entraînait fatalement, l'armée serbe se constituait.

Le l'*" janvier le roi Pierre de Serbi i était arrivé à Salonique. Les Grecs, dont le félonismo à l'égard des Serbes n'était pas douteux, étaient fort ému<. Les Serbes se réunissaient peu après à Corfou, où so trouvait une mission française <ie réorganisati >n, commandée par le général Pierron de Mondésir . Il me semble inutile de m'app-^santir sur ce Tviuage <] n'actionnait directement le G. Q. G. et dont l'exist<Mice permettait surtout de caser et de fair sans risque une série d'ofOcif^s. Diîpuis la s'est ingénié ainsi à créer quantité do missions, commissions, délégations dont l'existence permet surtout que les responsabilités ne puissent jamais être établies et sert constamment à tout enchevêtrer, à tout embrouiller.

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L'arrivée des Serbes de Corfou à Salonique, grâce à celte mission, grAce aux intripaes des Grecs qui ne vi>uh\ienl pas leur laisser le passage sur leur territoire, subissait une foule de fluctuations. Je laisse <!e coté les ordres et contre-or ires qui me sont envoyés, la venue d'un membre de la mission avec un chiffre spécial. Je crois cependant impossible de jpter aux oubliettes le sans-gène du chef de la misqui me forçait à écrire en Franco la lettre ci-

— ous :

c J'ai Chonneur de vous accuser réception de voire ,;;..:../... ./.. o ./ ^.. ^^j^i ^^ i^ liaison avec Varmée

Je diAacUet'ai à chaque quartier général d'ai^mée un officier, comme vous me l'avez indiqué. Quant aux trois officiers qui doivent faire la liaison avec le G. Q. G. serbe, le général de Mondésàr m'a fait connaître qu'il avait demandé ces désignations. Je laisse de côté la valeur même de ces officiers que je connais d'ailleurs personnellement^ mais je trouve extraordinaire qne M. le général de Mondésir se soit permis de faire des propositions pour mon propre état-major sans demander mon assentiment^ et sans même me prévenir. Je vous serais obligé si vous vouliez bien le prier de s'occuper à l'avenir de sa mission et non de mon commandement, î

Finalement, en avril, les transports avec les Serbes se succédaient et le 1" juin je télégraphiais en tôte de mon compte rendu : « Le débarquement des Serbes peut être considéré comme terminé : t / 8,000 hommes; reste à recevoir leur matériel et surtout Vartillene. i

Entre temps, sous l'inspiration de la mission vraisemblablement, je recevais un télégramme des Affaires étrangères m'accusant de m'être entendu avec le prince régent de Serbie pour un plan de campagne — et avec les Bulgares pour un rapprochement (voir aux annexes télégramme du 10 avril et mes réponses

des 11 et 12). Je démentis immédiatement ces âneries, qui me montraient que l'ennemi du dedans ne désarmait pas et que tout était prétexte pour essayer do ruiner ce qui était cependant si difllcile à édifier en Orient.

Peu après, les paroles d'un officier de mon étatmajor, malade à Corfou, étaient également travesties; pour couper court à ce genre de manœuvre, je rapj)elais l'officier qui n'avait jamais été envoyé en mission et qui ne pouvait 6tre critiqué parce qu'il s'était fait avant la guerre une spécialité des questions balkaniques, qu'il connaissait admirablement.

Les Serbes s'organisaient cependant en Chalci- • lique ; en vain les Grecs essayaient de leur susciter des ennuis, en réquisitionnant par exemple tout le foin delaChalcidique, oùje les avait campés; en vain, certains cherchaient-ils à soulever des incidents à Salonique ; je prévenais les Serbes qu'à Salonique ils n'étaient pas chez eux, que les Grecs les recevraient à coups de fusil s'ils voulaient s'implanter dans les casernes helléniques. Je remontais enfin le moral de ceux qui ne craignaient pas <le m'annoncer que les Serbes avaient la nostalgie du pays et que par suite il fallait les laisser en Chalcidique à ne rien faire pour qu'ils ne désertent pas.

Avant que celte armée serbe ne fût sorlie, des limbes, j'avais d'ailleurs reçu un télégramme très net (lui remplaçait par suite les directives confuses et précédentes, et spécifiait qu'avec les troupes dont je lisposais, il me fallait passer à l'offensive. € Arméf fl' Orient attaquera toutes forces réunies m j> ji/j/^rni o;);;or/M?i. » Signé Jofire. (Voir ;i uTamme 9137 du 30 avril.) Je répondis en envoyant !•> j.l.in /ipMinndé ^923/3 du 3 mai) sans faire allusion

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à la phrase de tète du télégramme précité 9137 : f Ne doit pas être communhiué au commandement anglais. » Lo G. Q. G. a toujours eu des manières spéciales de comprendre les alliances.

Au reçu de mon télégramme 9i3/3 il trouvait que je n'avais pas changé mon fusil d'épaule et que je reproduisais mon plan de mars bien que je n'eusse que quinze divisions au lieu des vingt et une que j'avais alors demandées pour agir. Le 7 mai (voir le n° 946/3 aux annexes), je répondis que j'avais diminué l'amplitude de mes mouvements relativement au front, désaxé vers l'Est le centre de gravité des Serbes, mais que les conditions générales où j'évoluais imposaient au fond un dispositif général identique à celui que j'avais dès mars préconisé. Le G. Q. G. avait voulu me faire dire que j'avais assez de troupes pour la mission qu'il m'imposait; le piège était vraiment trop apparent.

Quelque temps après, j'étais douloureusement surpris, par deux actes du gouvernement britannique.

L'amiral de Robeck qui commandait à Moudros et par suite à Salonique, recevait un commandement dans la mer du Nord. J'ai toujours eu d'excellents rapports avec la Marine britannique à Salonique, mais plus que tout autre de ses amiraux, l'amiral de Robeck m'avait donné l'impression d'un vrai marin et j'ajouterai que par sa largeur de vues il tranchait nettement sur ses compatriotes.

Le général Mahon, avec qui j'avais vécu les durs jours du repli de Serbie, était disgracié et désigne pour un commandement en Egypte. Il était trop francophile, trop ententiste dans le beau sens du mot; il n'avait pas voulu se défaire de son chef d'état-

major qui marchait sans cesse contre lui. 11 avait 6{6 brutalement frappé.

Chantilly avait fait j»; w.m..^ tii.»...T .1 L.^i.v^ica. ^u. ne dis pas que Chantilly avait demandé à Londres cette relève, comme il m'a été assuré.)

Le général Mahon était remplacé par le général Milne, ami personnel du général Ilobertson, et pur suite opposé à tout ce qui touchait à l'expédition de ' alonique. Dès nos premiers contacts, je trouvais un parfait gentleman, mais je sentais pourquoi il a>*ait été mis à la tète des contingents britanniques. Il me déclarait qu'il ne pouvait bouger une unité sans en référ T à Londres; je lui expliquais quel était le p*an d'opérations que j'avais eiiN-oyé en France; il me faisait objection sur objection : il n'avait pas de troupes d'étapes, pas d'artillerie lourde, il ne disposait que de quelques pièces de montagne, etc.. Je passais outre et continuai atout n-nosr'rpourritfTfnsivequi m'était demandé-

Les Serbes n'étaient pu:^ .^uus iin.> ukih». J amorçais cependant leur départ en envoyant dans le pâté montagneux de la rive droite du Vardar avec 120 inéguliers le chef de partisans Babounik qui nous avait rendu des services en Serbie; pour arrêter toute âaison entre Athènes et l'ennemi, je dirigeais un ancien chef d'irréguliers à belle réputation, Popovich, avec 1.800 volontaires vers mon extrême gauche à l'effet de couper toute communication entre Florina et le Lac de Presba. J'essayais également de faire quelque chose avec les contingents slaves du Monténégro et des bouches du Caltaro, qui n'avaient pas voulu servir sous les Seri>es et que j'avais acceptés. Je les envoyais vers Osin en pleine montaj^'ue, face à Humn. Depuis Irur arrivée, ce l>alaillon avait bien donné; mais le roi de Monténégro, ou plutôt un de ses partisans sans mandat ofllciel, menait parmi ces soldats intrigues sur intrigues,

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voulait les payer, cherchait à faire intervenir le Consul de Russie; je l'expulsai de Salonique ; j'avais consenti à leur laisser arborer la cocarde monténéuTine; les Serbes se trouvaient froissés de cette latitude : ils revendiquaient la Bosnie et la Dalmatie, et le port de la cocarde précitée reconnaissait, explicitement, disaient-ils, que ces aspirations n'étaient pas appuyées par l'Entente.

Je dus d'ailleurs peu après, pour indiscipline, démerces contingents qui voulaient changer de nom, ; sur un tçrrain de leur choix, etc.. Serbes et Monténégrins étaient ainsi mis d'accord.

Un mouvement ennemi qui m'était signalé vers la ^truma (zone Vetrina) m'amenait à porter une brigade de la 17' division coloniale le long de la Struma au nord de Kopriva, pour parer à toute éventualité. Ce déplacement comme l'ensemble des mouvements prescrits pouvait être considéré comme répondant à la préparation de l'offensive qui m'avait été demandée. Je fus averti que tout allait être cependant remis en discussion comme l'indique le télégramme suivant, du S. R. d'Athènes. « Le gouvernement anglais d'accord ^ur ce point avec partie de Vétat-major français estime

;uil ny a pas lieu de faire action offensive dans les ms et a donné des instructions au général anglais

- 'Uonique pour qu'il oppose la force d'inertie à toute iction de ce genre, évitant toutefois conflit direct avec

e général Sarrail. i

Je répondis que je signalais le fait à Chantilly, mais que je ne ferais pas allusion à l'attitude de l'étatmajor français; que notre ministre à Athènes devait •L mon avis être saisi de l'attitude britannique «t

1^^. r.r.>, .-. .'.c ,|a l'état-major français pour que, -il

MON COMMAMiEML

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fins utiles.

Je n'informais personne d un incident encore plus discourtois.

Le général Milne faisait célébrer, quelques jours après, un service en l'honneur de lord Kitchener. Le général grec Moschopoulos, le général serbe Boyovilch y assistaient: avaient-ils été invités? Pour moi, à huit heures cinquante, mon officier de liaison était averti qu'il y avait une cérémonie à neuf heures. Le général Milne venait peu après, et pour expliquer la carence d'invitation prétextait un oubli de la part de ( ot officier, mais il laissait de côté la question heure.

J'aurais pu lui dire la vérité vraie. Mais en réalité, si sa visite n'était pas une excuse, elle prouvait qu'il avair >onti l'inconvenance du procédé; c'était sufQ-

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