L'ATTAQUE BULGARE U
Toute l'armée serbe s'était peu à peu dirigée vers la zone où je désirais l'engager. J'avais pu arriver à lO résultat, sans ordre de Chantilly ou plutôt nîalgré Chantilly, grâce au haut commandement serbe.
J'avais vu arriver à Salonique, non sans appréhension, le prince régent; je craignais pour lui quelque ;nauvais coup grec ou bulgare. Mais dès les premiers lours, j'avais vite compris de quelle utilité pourrait être pour les Alliés la présence de ce chef d'Etat qui pouvait user de son autorité dans l'intérêt et de son armée et des Alliés. Grâce à lui, bien des heurts ont .•té à peine ressentis; et je me rappelle encore avec
me respectueuse émotion les dures épreuves que nous avons ensemble traversées et souvent surmontées.
Le prince régent ne pouvait commander effectivement son armée, puisqu'elle était sous mes ordres; mais je l'ai toujours considéré, sans le lui dire, comme son véritable chef, et je ne puis notamment oublier que c'est lui qui a permis à ses troupes de s'engager au commencement d'août, lorsque je le lui ai fait demander à Corfou.
Le général Bojovitch, qui en était le chef nomimal, avait pris dans ses fonctions à la Cour serbe, les qualités nécessaires pour allier à une bonne camaraderie militaire une courtoisie réelle qui facilitait tous les rapports, malgré cette situation paradoxale qui le
nettait entre l'enclume et le marteau, entre son
rince et le général commandant en chef les armées
LJliées.
L'armée serbe était répartie en trois armées de
leux divisions chacune.
A la tête de la 3' armée se trouvait le général Sturm, ancien officier allemand ayant fait la guerre de France en 1870, très bien conservé malgré son Age, mais qui allait bientôt disparaître avec la première poussée bulgare. Il devait être remplacé par le
144 MON COaiIkL\NDEMENT EN ORIENT
Golx)nel Vasitch, qui ne manquait pas «Je mérite et qui avait été ministre de la Guerre du roi Milan. Sa nomination allait être une concession à Tancien régime.
Le voFvode Stéfanovitch commandait la 2« armée; d'aspect plutôt rude, il passait pour un tacticien à no pas dédaigner.
La dernière armée était sous les ordres du voîvodo Micliich. 11 avait une belle réputation : les événements militaires, les rapports que j'ai eus avec lui, m'ont prouvé que les appréciations >" vs don-
nées sur son compte étaient au-dess* t vérité.
La division Danube (3* armée), avait fl nos
(un bataillon) jiLsqu'à Florina, et se cou. > la
Serbie. Le 17 août les Bulgares eulevaieut iV'torak puis Florina. 11 n'y avait l;i hh fond niriim> .dT.iiro. d'avant-postes.
Le 18, les Serbes pr»>n<nir:ii.Mii il une
contre-attaque vers Banica; mais, mment
renseignés sur le nombre de leurs enii la
faisaient avec un seul réginiont, et se li uL à
quatre régiments bulgares. Us étaient ramenés.
Le 19, toute la division Danube, malgré son infériorité numérique, s'engageait à son tour contre les 6' et 8" divisions bulgares qui - -ur Bar-
nica. Vers vingt Iveuros elle p i l et se
repliait légèrement dans la direction d'OstrOTO.
Tendant ces événements, la t* armée vers Poiar et Strupino repoussait, dès le 17, les attaques «nnemios et marcLait vors le Ki ion
Driua). La diviwon Mura va de !a > on
avec la i±2' division fra^ iiait vers Ljuranica.
Devant cette attaque ^ .., , il était nécessaire
do renoncer à. l'acte offeubif prévu pour le iO aoili,