‹ Mon commandement en OrientChapitre 30 sur 91 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L*attaqae bulg^are.

(17 au 20 août 1916).

Le jour de la signature de la convention entre l'Entente et la Roumanie, 17 août, trois jours avant que Chantilly m'ait laissé la liberté d'attaquer, les Bulgares attaquaient.

Le motif de cette attaque nous le trouvons dans une dépêche de Theotokis du 5 août : « Commandement supérieur s'est décidé à cette action offensive à cause de Vinfluence que 'pourrait avoir sur gouvernement roumain une action sérieuse de t Entente contre la Bulgarie. (Conversation avec Jagov.) »

Us essayaient dès le 17 d'enrayer l'avanCe de la 17* division coloniale dans la zone Doiran (DodjelH pris et repris), mais étaient forcés de lâcher un pou de terrain devant les Anglais (18). Du Vardar à Doiran la lutte d'artillerie s'accentuait et devenait générale et violente jusqu'au moment où les nécessités de s'engager vers la Struma allaient me forcer de passer sur ce point à un rôle défensif.

La poussée bulgare s'intensifiait en effet aux deux ailes.

Kn Macédoine orientale je n'avais que des y^tix pour me renseigner et un détachement mixte sous les ordres du général Frotié (dix esca!-" "-- tin groupe à cheval, et le 2' bis do zouaves).

J'étais exactement tenu au courant dos lauuvemonts ennemis grâce à deux escadrons poussés sur la frontière jusque vers Bro«ly. J'apprenais sans étonnemont que les Grecs lâchaient pied partout, par ordre d'Athènes, aussi bien du côté des forts qui couvraient Sérès que du côté de Xanthi. Dès le 18, Barakli et Demir-Uissar étaient occupés par les Bulgares.

Malgré les fièvres qui laminaient, le général Frotié avait tenu à ne pas rester inactif; il avait fait donner à son détachement ce qu'il pouvait donner : renseignements, menaces, et le ramenait, après n'avoir eu que cinquante hommes hors de combat, sur la rive droite de la Struraa.

L'étendue de la Macédoine orientale où les Bulgares voulaient s'installer, leur désir d'occuper Cavalla, où le commandant du 4* corps hellénique était gagné à leur cause, et l'action du détachement Frotié allaient permettre <le respirer et de prendre dans cette zone un dispositif défensif vers la Struma, couvrant environ à 80 kilomètres Salonique.

Je ne puis tout à fait passer sous silence le repli d'une poignée de Grecs, sous les ordres du col..ii .1 Christodoulos, qui do Sérès cherchaient à gagn» r C.ivalia pour échapper h l'étreinte bulgare, et venaient ensuite se ranger à nos côtés. Dans cette randonnée, le colonel Ghristodoulos s'était sûrement affirmé comme un chef alliant bravoure militaire et courage civique.

La situation réellement grave était d'ailleurs à notre gauche, en Macédoine orridonln! \ du rôté ^ -' v

Page 1