L'OFFENSIVE ALLIÉE
Connaissant plus que lui l'état des forces françaises, sachant ce qu'étaient les chemins indiqués par les cartes, voyant d'autre part les difficultés de ravitaillement et de transport, vu mes faibles ressources en camions et organes du train, j'avais fini par lui faire comprendre que son mouvement excentrique devait être limité. Je ne pouvais d'autre part que lui donner peu à peu les troupes nécessaires, vu les difficultés de relève et j'ajouterai, les événements d'Athènes.
11 en profitait pour ne pas hâter son mouvement, et cependant je ne pouvais le mettre au courant du télégramme émanant de M. Bratiano que me transmettait le général JolTre, dans lequel j'étais accusé de désobéissance, d'inaction, etc., etc.
Il soulevait des difficultés avec les Serbes, qui parfois, il faut l'avouer, encombraient ses routes de marche. Il voulait en un mot opérer avec méthode, laisser le moins possible à l'aléa, et il fallait au contraire agir vite.
Le 11 septembre, il finissait par avoir un engagement d'avant-garde ; la 15G* division s'établissait sur la route Kajalar-Banica, à la cote 633 et tenait Rakita;les Russes, que j'avais également mis sous ses ordres, s'emparaient de Vlahokilisura.
Le 12, la 156* division prenait Rudnik, les Russes montaient les pentes 1414-1348.
De leur côté, les Serbes s'engageaient à fond, poussaient sur Vetrenik, avec la division Choumadia, soutenue par Timok, sur le Kaimakalan, avec la division Drina, et faisaientleur effort principal, en tentant une rupture de front sur la route de Monastir à Gornicevo, avec les divisions Danube et Vardar, étayées en arrière par la division Morava. Un détachement mixte serbe jeté en liaison avec les Français occupait en même temps Sotir, évacué par les Bulgares. L'action était générale. Le 14 elle aboutissait à un résul-
tat tangible. Les Serbes, soutenus par une partie de notre artillorie mise seus leurs ordres et remarquablement commandée par le commandant Docquin, enfonçaient le centre adverse à Gornicevo ; 3'2 canons rrstaiont entre leurs mnins, et leur détachement d'ail? gauche atteignait Ekcisou.
C'était une réelle vicLoirc.
Les Bulgares avaient pu, des hauteurs où ils se trouvaient, voir se dessiner au loin, le mouvement enveloppant du général Cordannier ; mais nos progrès étaient trop lents. Ce même jour, les Anj^lais avaient enlevé — pour quelques heures, malli — Makukovo, à l'est du Vardar. 11 pour le commandant en chef do télégraphier au général Cordonnier sous le n* 324/i : c Le général en chef ne doute pas que les succès de Varmée française seront à hauteur de ceux des armées serbe et anglaise. Il faut marcher jour et nuit en poussant la canale ie en arant, de manière à atteindre et à détruire If ?
ennemies en retraite. Encore w\c fois larm russe doit exécuter une poursuite acharnée qui seule permettra de recueillir tous les fi^Us de la victoire, » '
Depuis le 11, j'étais suspendu an lélépraphe, pour que les Français agissent ' ^
et poussent de l'avant. < >
/^. Irai pcrsonnellemeni les actionner. De votre côté. poussez, j'y compte, Cest nécessaire. Je vous rap*^-'^^-que vous avez peu de monde, que les roules sonldif'
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'lement sur Kastoria^ avant un premier succès, » ^-,:, 3 du 11 septembre.) t II importe de faire serrer bngade Quais, et toute autre troup', pour arriver $oit par une attaque frontale, soit par un mouvement large-
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mrjit débordant^ à une solution. > (233/3 du 12 soptMn!)r\) Le général GordonnifT n'avait pas craint de inscrire le li : « Pour cette attaque, comme ponr celle des hatUeurs, je nai pas besoin d'engager beaucoup d'infanterie simultanément. Au contraire^ comme en France, il y a intérêt à relever des unités fatiguées. J'ai disponibles, le 2i2^, 260% ^^ R. M. A, et 2" bis zoua:ves. Cela me suffit pour une semaine. Par conléquent ne vous hâtez pas d'acheminer ni les brigades Quais, etc. > U n'était pas possible d'avoir une semblable compréhension des nécessités du moment.
Le len Icmain 13, j'avais voulu l'aiguiller à nou- Tcau coininî l'indiq le le télégramme ci-dessous. c Poussez engagement ennemi avec toutes vos forces en liaison avec Serbes. Malgré entrée en ligne des quatre ou six bataillons qui ont dû arriver aujourd'hui de Prilep à Monastir, ne laissez pas Vennemi s'arrêter à hauteur de Florina, et rejetez-le immédiatement sur Monastir en le manœuvrant constamment par sa droite. Faites comprendre à vos troupes nécessité effort violent et prolongé. Je compte que succès s'affirmera non seulement par repli, mais par capture prisonniers et artillerie, ce qui sera surtout obtenu par vigueur et rapidité de votre aile débordante. » (236/3 13- septembre.)
Les affaires vont très bien, mais avec lenteur, me disait le 14 le général Cordonnier. Il fallait agir. Successivement, sans répit, je l'invitais à donner. c Serbes signalent qu'ils viennent de s'emparer de Gornicevo, et que l'ennemi redescend en désordre les pentes Ouest du Malka Nidzé. Poussez conséquemment de votre côté, pour transformer repli en déroute. En tout cas, nettoyez rapidement Malareka, pour utiliser gare Ekcisou et Sorovitch. ï (239/5 14 septembre.)
« Je reçois votre ordre d'opération n** 4. Votre droite doit pousser à toute vitesse en avant et ne pas se laisser d''passer par Serbes. Votre centre et votre gauche doivent se rabattre sur le gros de l'ennemi en retraite dans
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la plaine de Florina. De Vénergie et de ta rt.y,. .t^o de l armée française peut dépendre une grande victoire, > (:244/3 14 septembre.) « G. Q. G. serbe me signale que vos troupes d'Ajtos et de Neveska ne bougeai<'nl pas celte après-midi. Je pense quil y a erreur; car vous avez l'ordre formel de marcher vite. Je vous /'■ r<'p*'le encore. » (i246/3 14 septembre.)
Le 14 septembre marquait un beau fait de ^'uerre; les Français n'y avaient qu'indirectement contribué; les véritables vainqueurs étaient les Serbes.