‹ Mon commandement en OrientChapitre 4 sur 91 · SERBIE · texte numérisé non relu

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utile, que j'allais profiler de cette résistance pour intervenir et essayer de les dégager. (154/3 du 5 novembre.)

Sans doute, par rintermédiaire des Grecs, les Allemands allaient être informés de mes intentions et nous opposer plus de monde. Qu'importait? Avant tout il fallait dégager les Serbes.

Notre action dans les Balkans semblait d'ailleurs, au moins théoriquement, devoir se développer. J'avais reçu en effet, le 4, un télégramme du nouveau ministre de la Guerre, le général Galliéni, donnant unn nouvelle orientation.

C'était la 4* depuis le début des opérations, soit un mois. Elle consistait essentiellement dans le concept suivant : « Opérez vers Velès avec les Français; les Anglais vont avoir 5 divisions au lieu d'une et relèveront les Français dans la zone qu'ils occupent en Serbie y^.

Or les Anglais n'étaient pas arrivés. Il fallait attendre le 15 décembre au plus tôt pour, avec la 156* division relevée par les Anglais, essayer de marcher sur Velès ; j'avais par contre la 122* disponible; une diversion sur l'ennemi qui menaçait Prilep pouvait être tentée avec elle.

Toute la question se résumait par suite à actionner les Anglais pour qu'ils nous relèvent dans le sud de la Macédoine, et à continuer notre pression sur la Cerna.

Des ordres étaient donc donnés à la 57* division pour tenter une marche sur le flanc des Bulgares qui attaquaient devant Prilep. Le terrain était horriblement difficile ; le général commandant la 57* division en ayant rendu compte, comme j'estimais qu'il fallait coûte que coûte agir de ce côté, le télégramme suivant lui était envoyé : « Si action de flanc parait impossible, commencez à agir sur les derrières. En tout cas faire quelque chose; ne pas mélanger vos troupes avec les Serbes. (154/3 du 5 novembre.)

Le 6 je rendais ainpi compte : c Devant Krivolaky

Bulgares ont renouvelé violentes attaques toute la j' trnée hier et ont clé toujours repoussés. Ils contirmenl à bombarder environs de la gare par plusieurs batteries. Avons établi une télé de pont vers Gind»ko, rive gauche Cerna, et devant Vozarci] occupons Dehrista et K amendai » Le 9: « Nous avons enlevé Merzen i.

Entre temps, je m'étais rrndu à Krivolak. J'avais nctloment dit au g<*ii('Tal Leblois, de la 57" division, (l(^jà au courant de la situation, cl au général de Lar- (lemelle commandant la \t^l^ division qui arrivait et avait été immédiatement lancée en avant, ce que je demantlais à chacune de ces divisions.

Ma lettre du 7 novembre n* 409/3 résume d'ailleurs à cette date le problème militaire qu'il me fallait résoudre (voir annexe). Je la complétais peu après en profitant de l'arrivf^e 'du nouveau ministre de la Guerre, général Galliéni, pour le mettre franchement au courant du possible et de l'avenir (voir annexe n° 174/3).

Les opérations ne chômaient du reste pah

Le 9, Kranisca et Scoikovo étaient enlevés, i une contre-attaque sur ces points était repoi: et Cestcvo toml»ait entre nos mains. Je r ainsi au télégramme qui me <lemandait m» lions dans diverses hypothèses : « Jai entrepris de-puis deux jours préliminaires attaques hauteurs rive gauche Cerna pour dégagei' Prilep et forcer fiulgarei à reculer. J'ai intention de pousserntr T vision, mais si je me heurte à trop d' ,

Serbes ne poussent pas sur ('skub, j'arrêterai mouvement. Armée serbe dtnrait se retirer en attaquant rshih, menaçant A'vmmanovo, débordant par é*ri: rend; en tout état de cause, elle potrrrait rr ligne de communication par Prilep et J marche sur \'elès doit faciliter cette opnatton. i>i < sive ennemie clnit diriijér ftir moi, j'^»ti>ne qfi'il «,

droit pas abandonner la zone Nègoiin-Krivolak, mais pour avoir une ligne éventuelle de ravitaillemenl en cas d'inlernipiion voie ferrée ou repli, il y aurait lieu de pousser le plus tôt possible forces à Monastir et Prilep%, (141 11/2 <lu 10 novembre.).

Le 12, toute notre tète de pont de La Cerna était attaquée. Les Bulgares échouaient. Noos progressions en même temps légèrement vers Kosturino.

Mais étaient-ce les exposés de la situation que j'avais fait successivement, étaient-ce les échecs serbes, ce jour-là, je recevais de France un télégramme des plus pessimistes qui me demandait de conserver coûte que coûte ma ligne de communication, de fortitier Salonique, d'envisager les moyens d'évacuer la Serbie avec possibilité d'exécution immédiate.

J'arrêtai toute offensive, et je répondis : « li** 189/3. En réponse à votre télégramme n° 929 1 , je crois devoir vous rendre compte que tout recul de nos troupes de Serbie en Grèce serait interprété immédiatement comme une déroute et p-rovoquerait peut-être déclanchement officiel de la Grèce contre nous. D'autre part, il est absolument impossible, sans s'exposer à une rupture, dangereuse en ce moment, de fortifier zone vers Salonique, étant donné que ville est tenue par une division grecque, environs ont des détachements des 2^ et 5' corps grecs et batteries du fr^nt de mer occupées. Quant à garder mxi ligne de communication de Guevguéli à Salonique, la chose ne peut être, puisque Grèce interdit tout mouvement par voie de terre. Si vous désirez nranmoins que j'essaye, il me parait nécessaire de me mrtlre d'accord avec les Anglais et d'atttmdre Variir vée d'au moins deux divisions dont Vune irait à Doiran pour protéger chemin de fer contre forces grecques concentrées au nord de Salonique, et l'autre, conservée ici,

pourrait avec les dépôts que f ai, le régiment de zouaves que je consei've, repousser par la force la demande de cesser nos travaux ou les attaques qui ne manqueraient pas d'être dirigées contre nous. La coopération des canons de la flotte serait à envisager pour bombarder la ville même. Quant aux divisions engagées en Serhi'-. deux pourraient se replier sur Monastir, Vautre tout d^abord sur Guevguéli. Elles feraient tête aux Bulgares et attendraient les Serbes qui pourraient nous joindre par Albanie. Mais, je le répète, il faut envisager une action générale contre les Grecs, et que les Anglais occupent Monaslir le plus tôt possible pour dégager la route de Prilep à Krivolak. En tout état de cause, j'arrête toute offensive. Il ne peut vous échapper que, seul, le maintien dans notre région actuelle, pourrait permettre aux Serbes de se retirer en haute Macédoine, >

Je recevais cependant le lendemain 13, un nouveau télégramme, rapportant explicitement les ordres formels d'évacuation donnés, et me perm»'tlaiil .r.iL'ir au mieux des circonstances.

€ Comme suite à mon télégramme n® Gi^.f i ,v , t ,iu 4 1 novembre, j'ai attiré votre attention d'une part sur les efforts, quil y aurait lieu de faire pour recvarmée serbe, d'autre part sur les précautions que > deviez prendre en raison de l'attitude des GrecSy maisH est bien entendu que vous trouvant sur place vous êtes le meilleur juge de la situation et des mesures à prendre. Je compte donc sur votre expérience éprouvée pour prendre les décisions qu'exiger ojit les circonstances, i

Le 14, un nouveau télégramme donnait encore plus de latitude; une action offensive ou défensive pourrait être envisagée. Faul-il cependant ajouter que, le 17, j'avais encore une demande de renseii: sur la possibilité d'évacuer la zone Cerna K

D'autre part, le 19, j'obtenais une réponse nette aux demandes réitérées de renfort que les circonstances me forçaient de faire journellement dans mes

comptes rendus. J'apprenais officiellement que ^je n*aurai8 pas un homme de renfort, quavec ce que favais je devais ne pas oublier les Serbes et envisager l'évacuation de la Serbie. »

Il est inutile d'insister sur les réflexions qu'entraînait ce document; le nouveau gouvernement faisait simplement siennes les vieilles décisions de M. Millerand. 11 réclamait encore un plan, et posait pour directives de ce plan des données complètement en antinomie : c Faute de disponibilités, vous ne devez aucunernenl compter avant longtemps sur la mise à votre disposition de forces nouvelles, hormis celles dont arrivée vous a été annoncée par mon télégramme 166/3 //Il du 23/ tO. Vos dépêches ou rapports reviennent à plusieurs repnses sur chiffres quatre corps d'armée comme nécessaires à votre action, mais jamais gouvernement n'a consenti ni même mis en discussion constitution de votre aiitnée sur cette base. Ceci étant bien entendu, adaptez vos plans aux effectifs dont vous disposez et dans cadre général que je vous ai indiqué. Je tiens à être très précisément fixé, notamment sur conditions dans lesquelles vous avez prévu et organisé votre repli éventuel sur Salonique et comment si possible ce mouvement pourrait s'effectuer en maintenant votre liaison avec les éléments serbes qui combattent à votre gauche. »

Le 22, des précisions m'étaient encore envoyées à ce sujet : t Mon télégramme du 18/ H vous a fait connaître que vous ne devez pas compter sur C envoi d'unités nouvelles portant à quatre corps d'armée l'effectif de vos troupes. C'est après un examen attentif de la situation sur le front français que le gouvernement a considéré qu'aucune disponibilité ne lui' permettait d'augmenter les effectifs placés sous vos ordres. D'ailleurs le complément des quatre corps d'armée que vous avez demandés n'aurait pu être expédié dans des conditions telles que vous puissiez le recevoir en temps utile. >

Et trois divisions anglaises partaient ou étaient parties (le Marseille pour venir ici et ne pas ètro engagées!

Le 21, j'avais été actionné en sens inverse, c Armée Serbe prononce mouvement offensif vers Uskub, Vous êtes en place, et c'est à vous à apprécier aide que vous devez donner pour lui faciliter ce mouvement offennf. Mais^ ce point bien établi^ il est entendu que vous avez toute liberté pour apprécier vous-même momci rite de vos troupes vous paraîtrait rendre repli sur Salonique. Vous avez toute initiative pour exécuter ce mouvement sous votre responsabilité. »

En un mot, suivant la succession des événements diplomatiques, los menaces di^s Grecs qui sem!.! vouloir m'assiégor dans Salonique, et surto . échecs serbes, les télé^ammes gouvernementaux se succédaient; après avoir été invité à rentrer en Grèce, j'étais laissé libre de rester en Serbie ou de me replier quani l 's circonstances rexigeraient ' * it sous ma responsabilité.

Que se pa>s.iit-ii, pour que y pu^^c lut-mur auo détermination? J'avais, le 19, expliquée M. Denys Cocliin venu à Salonique, comment je comprenais la situation.

Rester sur place tant que la percée serbe n^aurait pas été arrêtée. Si elle réussissait, agir <lô concert avec la Serbie sur le front que nous tenions. Si elle échouait, se replier, le plus rapidement possible pour éviter d'être accroché. Formor ù cet eiT<'t une série de têtes do pont, les dernières k Guév^ueli et à Doiran. Passer sur le ventre de l'armée grecqii^ si ftlln no voulait pas nous livrer passage pour rêve uir ioMif]u*\ ^ * à Athènes r»

uil la V(> et une zone .

Arrivé à Salonique, quitter si possible la Grèce rapiiit. Nous n'avions pas à y rester pour faire une 1 jue tle fourberie ou de dupes.

Je suivis ce plan.

Les Bulgares ayant tourné les défenses du col de

abuna au nord de Prilep, les Serbes devaient se

■tirer sur cette ville. < Ai donné par suite ordre à

,(js troupes sur Hve gaucke Cerna de se concentrer sur

Vozarci, > (Extrait du compte rendu 198/3 du 13.)

Je ne pouvais song<'r à tendre la oi^iiu à ceux duc

les circonstances forçaient à reculer.

Le lendemain 14. c^itraireraent aux ihmi uciimis

'^riies la veille, arrivait l'autorisation d'occuDer Mo-

:•; mais j'avais l'impression que les Anglais ne

li^nt plus y aller. Ils questionnèrent Moudros à

e sujet. La réponse ne pouvait être que négative; et

je n'avais aucune disponibilité pour les suppléer.

Le 14 également, je refusais au commandant serbe

ie Monastir un envoi de canons et mitrailleuses sans

i -rsonnel à prélever sur nos troupes. Mon compte

rendu du 14 se terminait par cette phrase : « Je fais

'^tudier repli de Serbie comme vous l^ aviez prescrit, mais

it- changerai rien à mes intentions de rester sur place,

lue lorsque je serai fixé sur attitude des Grecs après

ilervention diplomatique annoncée )» {±0'2/ijda 15 no-

jmbre).

Le 16 mon compte rendu donnait à peu près la

aème note : t Après trois jours de combat sur nve

(luche Cerna, les Bulgares ont eu un échec certain;

JUS aurions perdu 4 à uOO hommes et eux 3 à 4,000.

Il nen est ptls moins vrai que, vu le recul serbe, leur

uarcfie sur Monastir est maintenant po ssible. Je ne

puis marclier sur Prilep pour essayer d intervenir sur

'ntrs derrières, étant déjà très en Cair et devant des

forces enneinies très supéneures ; je nai pas de réserves

ï porter sur AMonastir pour essayer d'enrayer toute pro-

iression de ce côté : je suis donc forcé d'attendre, en me

fortifiant tur place, l'arrivée de nouveaux renforts qui seuls permettraient d'agir. > (212/3 du 16 novembre.)

Le 17 novembre, dans un long entretien avec lord Kitchoner, j'appris ce qui m'avait toujours été caché ; le général Joffre avait déclaré qu'il ne me donnerait pas un homme de plus que ceux que j'avais ; il avait persuadé les minislères français et anglais que 150.000 hommes sufflraient pour les Balkans. Les Anglais devaient fournir cinq divisions, nous trois. Si j'avais été consulté à ce sujet, j'aurais pu citer un fait qui se passe de commentaires; pour arriver à pousser les Anglais en première ligne, j'avais dû lancer la phrase suivante : « Je demande à reprendr trois bataillons et un groupe; je suis sûr que douz> bataillons anglais et huit batteries anglaises feront bien ce que faisaient ces trois bataillons français et ces trois batteries françaises. »

Quoi qu'il en soit, le résumé de notre entretien fut immédialtiiu'ut t'nv(»vé à Paris fvoir conio aux annexes).

Le soir ifiii mu nnirr m rnvn\a ia c<i|)i»' (U*s ivwgrammes qu'il avait de son côté envoyés à Londres : les idées étaient les mêmes, sauf sur un point : il avait télégraphié que je lui avais dit qu'il y aurait lieu de proposer aux Grecs de laisser Saloniquo entre les mains des alliés. Je lui avais fait connaître que j'estimais que nous devions rester à Salonique mais non que Salonique restât à nous. La politique des < > quêtes — surtout en eau trouble — n'a jamais eu in ii approbation.

Le 19, les Bulgares attaquaient sur Merzen.

Le 20, une action s'était déroulée sur la gauche de la tMe de pont de Vozarci, où le 58" chasseurs a\ i l battu en retraite après avoir eu une vingtaine d'I; mes hors de combat; le 148% vers le centre de la tètfl lie pont, avait également été attaqué, ot un do

ces bataillons avait cédé une tranchée avec une centaine d'hommes hors de combat.

En présence de ces faits, le général commandant la 122* division avait donné ordre de repasser la Cerna à toute sa division; le mouvement s'exécutait sans à-coup sous la protection même du 148% c'est-à-dire du régiment le plus éprouvé. Le repli avait été terminé le ii au matin, et c'était par un télégramme du général commandant la 57'= division me demandant mes ordres pour la destruction des ponts de la Cern.i ; ne j'étais avisé. Devant le fait accompli je ne pouvais que donner l'ordre de détruire les ponts, et je me contentais d'ajouter : < Je suis étonné de votre repli. I

Le général commandant la 122" division avait senti ' i faute commise et, avant d'exécuter l'ordre qu'il cevait de faire sauter le pont de Vozarci, télégraniait qu'il était capable de le défendre. Il m'envoyait 11 même temps un rapport essayant de se disculper Il fardant plus ou moins la vérité; malheureusement pour lui, il y avait le télégramme qu'il avait envoyé, déclarant que la matinée du 20 était calme; il y avait les journalistes qui visitaient pour la première fois le front et avaient dépassé le pont de Vozarci ; il y avait enfin les pertes minimes subies et les faits eux-mêmes. Je lui notiQai par suite trente jours d'arrêts de rigueur. <i A la suite d'un jmbat ayant entraîné la mise hors de combat de i 20 hommes environ, a, dans un moment d'affolement, lit évacuer toutes les positions formant tête de pont dont ta garde avait été confiée à t honneur de sa division, i Cet incident regrettable était pjur moi terminé. Le général de Lardemellecepen lant ne le crut pas. Il lit protestations sur protestations et se montra anchement indiscipliné. J'avais toujours été et étais encore complètement hostile à relever un offîler général qui n'avait pas réussi. J'aurais sans

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in -n.iii.ui consorvé celui que les circonstances, les relations ou toutes autres causes avaient poussé à un pfra<le à mon avis cepen<lant beaucoup trop lourd pour lui en 1915. Je ne pouvais par contro tolf^rer l'insuffisance doublée de l'indisciplino.

Le général Gérôme, le plus ancien brig.ti.. . ..e la division, prit le commandement de la 122* division aux lieu et place de M. de Lardemelle.

Le 23 novembre j'avais dû répondre à un télégramme dans lequel il était affirmé que j'avais demandé aux Anglais de me dégager sur le Vardar, et qu'il ne leur avait pas été possible d'aller à Monastir, vu cette demande et les effectifs hrifannirînp^ <ii<ponibles.

« Général Mahon a fait connuun- Lnnnvf^s ç'/'' J'' ne lui avais pas demandé de troupes pour Vardar^ mait que f avais insisté pour faire passer Anglais de deuxième en première ligne. La situation des Anglais toujourt en arrière est en effet la risée des Grecs, et leur passage en avant me permettra d'avoir quatre bataillons en réserve secteur ou de division (^^67/ 3 du 23 novembre).

Enfin, ce même jour, un télégramme ministériel annonçait un succès serbe à Leskowats, mais la «situation presque désespérée des Serbes sur les autres fronts ; il assurait que la Grèce était complètement revenue à des sentiments qui pouvaient nous enlever toute crainte pour les derrières de notre armée ; il m'invitait par suite à examiner s'il y avait possihilité d'opérer offensivement ou non. Ce n'est pas tous les jours qu'il est possible, d'après les fluctuations des renseignements reçus, de changer ses plans et ses dispositions, dans n'importe quel pays et à plus forte raison dans une région aussi particulière que la Serbie.

Le ministre m'avait fait connaître que je n'avais pas à espérer de renforts. Les Serbes étaient presque hors de cause. Il n'y avait donc plus qu'à regarder vers Salonique, quitter cette Serbie où tant de choses auraient dû être faites, si on avait voulu et si on avait réfléchi à temps, au lieu de se payer de mots, de redouter la Grèce, d'attendre et de ne rien faire en se basant soit sur des impossibilités maritimes, soit sur des contingences diplomatiques, en se couvrant tantôt par la rue Royale, tantôt par Chantilly.

Je donnai l'ordre du repli.

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