CHAPITRE XXVI
Lcafrontsalliés.— Permissions et paludisme.
(25 mai 1917-1" août 1017.)
Si l'offensive qni Tenait de se dérouler n'avù.. ,... complèlemijnt réussi, elle n'avait pas été cependant sans amimer de sérieux résultats.
Mais les Anglais avaient eu en réalité deux échtnsanglants, 8.()00 hommes, parail-il, hors de combat. Londres voyait d'autre part du plus mauvais œil, que le trône de Constantin, le cousin du roi, fût plus que chanct'iant.
Pour brouiller une fois de plus les cartes, et conlinuer à èlro sûr que rien no pût èlre fait en Macédoine, Je War-Oflice donnait ordre do retirer une division britannique, et toutes les démarches françaises ne pouvaient aboutirqu'àrf^'^-' ■ ■■• ■ :*- : • > le retrait de nouvelles troupes.
La mauvaise foi de certains «liripanU brilauniquo:» De peut Mre mise en doute : le rtHrait est basé sur rimpossibilité de ravitailler l'armée — et les éléments enlevés vont en Asie Mineure. Les transports sont possibles, lorsque la politique étrangère britannique Mi feule eo jeu; ils deviennent impossibles, quand il
s'agit de celle des Alliés. Froidement d'ailleurs, est .envisagée à Londres la rentrée pure et simple dans le camp retranché ; comme au commencement de l'année, à Rome, la politique britannique désire des solutions négatives.
Et la Serbie? Et les efforts faits? Et la route de Santi-Quaranta aménagée? Et la Grèce d'Athènes, c'est-à-dire, l'alliée du Kaiser? Il n'y a donc pas à tenir compte de tous ces facteurs?
Gomme amorcé de ce mouvement vers l'arrière, dès le 1" juin (compte rendu journalier), tous les éléments britanniques, sous prétexte do paludisme, abandonnent la rive gauche de la Struma.
Outre cette diminution d'effectifs sur le front, dne au départ des Anglais, il faut tenir compte que je vais avoir besoin de disponibilités pour aller en Thessalie et à Athènes, que certains éléments alliés sont fatigués. Le front dos unités en première ligne, doit en dautres termes être étendu. Gette nécessité lie peut que soulever une foule de frictions.
J'invite les Italiens, que j'avais resserrés pour participer à l'attaque dans la boucle de la Gerna, à reprendre leur front primitif. Le générai Petitti avait t ' \é en Italie, pour être mis à la tête d'un
( umée. Son successeur, le général Penella,
qui sortait de l'entourage immé<iiat du général Gadorna, arrivait quarante-huit heures avant l'attaqufî, pour moissonner ce que Petitti avait semé, ou reje/.r sur Petitti la carence d'un succès, que seul le cajiinandoment ancien et éclairé pouvait obtenir. Le général Penella refusait Iranchement de reprendre l'ancion front, et déclarait qn»; la (itif»sLit)ri serait soumise au général Cadorna.
Pendant les attaques, il y avan icjii eu utis a-coups
256 MON COMMATiDEMENT EN ORIENT
entre lui et le général Grossetti. J'étais interveniu J'avais été reçu courtoisement, mais je savais que le général Penella ne manquait pas une seule occasion de prouver, par ses paroles au moins, qu'il m'avait en piètre estime.
Je comprenais le général Petitti qui aurait voulu que je vantasse, un peu plus peut-être, les vertus guerrières des contingents italiens, qui sous ses ordres ont fait quelque chose.
Je ne pouvais que regretter d'avoir à travailler avec un officier général allié dont le rêve m'avait toujours semblé être celui de l'abstention de toute coopération militaire.
Il ne faisait heureusement que passer peu de temps, et était envoyé dès le 17 juin en Italie, où un rôle important allait lui être réservé ; son successeur, le général Monbelli, ancien attaché militaire à Athènes, sut au moins conserver les apparences, et donner même l'impression très nette qu'il était permis de conipter sur son concours.
Les Serbes imitaient les Italiens : ils ne voulaient pas étendre leur front. Le gouvernement serbe qui était à Corfou, et avait été un des éléments d'arrêt dans l'ufTensive qu'ils n'avaient pas exécutée, jetait également son épée dans la balance, pour entraver tout envoi de contingent serbe vers la Grèce.
Il y avait là un changement complet d'orientation, le prince m'ayant personnellement offert autrefois une division, pour aller en Thessalie. Je comprenais d'ailleurs fort bien que les événements récents eussent pu modifier les plans primitifs : il y aura toujours une franc-maçonnerie de rois, et dans tout état monarchique, l'existence d'une dynastie véhémentement attaquée comme était celle do la
LES FROiNTS ALLIES - PERMISSIONS 257
Serbie, doit incontestablement avoir son influence.
D'autre part, le retrait ;des troupes britanniques, que je communiquais au prince dès que j'en fus avisé, l'amenait à lancer à tous les Alliés des télégrammes éplorés.
Après avoir nettement dit aux Serbes que je ne pouvais admettre leur prétention de ne pas modifier leur front, sans en référer aux Alliés, je me contentai pour éviter tout froissement de leur enlever simplement la brigade russe Léontief qu'ils avaient à leur disposition, et je relevai également la brigade Dietrich qui s'était fort bien conduite dans la boucle de la Cerna.
Les Serbes venaient d'ailleurs bientôt offrir à nouveau d'attaquer; c'était vraisemblablement une attaque suggérée par la politique. J'en informais Paris par mon télégramme n° 2115/3 du 10 juin (voir aux annexes).
De longs pourparlers avec l'état-major serbe arri- Taiont à faire traîner la question en longueur. Elle ne pouvait aboutir.
A la même époque, par contre, finissait une douloureuse commotion serbe : le procès des affiliés à la main noire. Le 2 août, les débats avaient commencé : € Un général, trois colonels, un lieutenant-colonel, un commandant inculpés. Général a commandé à Uskub, lors de son évacuation. Un colonel commandait récemment brigade dans division Morava, Vautre était souschef état-major armée Vassitch. Lieutenant-colonel est celui qui a assommé puis violé reine Draga, dont il promenait matrice au bout de son sabre ». Deux nouveaux colonels, dont le sous-chef d'état-major de l'armée Michich et un moine s'ajoutaient à ces officiers. Un nouveau colonel inculpé était trouvé mort, après son repas, dans la prison. Finalement, le 6 juin je rendais compte : « Dans procès main noire serbe et attentat contre pnnce régent, tous prévenus condamnés; neuf à