‹ Mon commandement en OrientChapitre 70 sur 91 · MON C0M5IANDEME.M EN ORIENT · texte numérisé non relu

MON C0M5IANDEME.M EN ORIENT

/' 7, deux à quinze ans forteresse >. Peu de jours i, -s (compte rondu du 40) je signalais le fait suivant : € Colonel serbe condamné à mort dans récent procès s'est évadé et réfugié chez un minisire grec. Police grecque l'a arrêté et remis aux Serbes ». EdÛd le 29 juillet, trois des condamnés (étaient fusillés. Ces exécutions n'eurent comme résultat réel que d'exaspérer l'opinion serbe contre les Grecs qui avaient livré un des leurs qui avait eu confiance en eux; la main noire continuait d'ailleurs à vivre malgré les exécutions, peut-être à cause d'elles.

Tandis que les Italiens qui étaient sous mes ordres avaient refusé d'étendre leur front, le général Ferrero, qui commandait en Albanie, me demandait de co(>[»érer à uno action qu'il montait pour le i**^ juin. Malgré les «lifficultés que j'avais, et Texp^^dition en vieille Grèce, je n'hésitai pas un seul instant. Je lui promis une colonne lé^'ère. Au dernier moment, il renonça à toute opération. Je signalai le fait dans compte rendu du 'M mai : c (i nierai Ferrero me (ip/iie qu'il n'attaque plus le 4"' juin comme U me l avait dit. Je fais rentrer colotme Icyt'.re mixte rjui devait coopérer à son action en attaquant de flanc >. Avait-il voulu jamais attaquer, ou n'était-ce qu'un piège pour essuyer un refus de ma part?

Au reste, pour jetor de nouveaux bâtons dans les roues, Rome uo chômait pas, témoin le télégramme

suivant que \o devais f>IIV«)V.»r \o \:\ inin viMc \f»

« Générai i'tiuiui m gt^nrrnl Cadoma : 3.»

fa si une t^ $f

' pli dt* l'a' ., . rouie

de 6anti'{htarttnta. ^ Hetrait uUétiettr d'une partie des

macédonien^ même dans le cas où ils

ce> par Grecs, si cela compromcllait à

Ire avis soUdilé du front. Général Penella me de-

ande lui signaler à temps prr^>f>npnts pour exécuter

dres ci-dessus.

J'ai répondu que je n'avais pas t intention d'almn- >nner le front actuel et qiœ je navals aucune raison de urer des troupes du front ».

Peu après éclatait an grave incident à Preveza.

ne poignée de Sénégalais appuyant les troupes

grecques s'avançaient en Epire et occupaient notam-

•Tnont Preveza que les Italiens voulaient avoir. Je

•enais l'événement que par des dépêches intor-

.s ou par les réclamations de Paris qui voulait

1 imputer le fait. Je remettais bientôt tout dans

>rdre, n'ayant aucun intérêt militaire à faire quoi

10 ce fût sur le littoral adriatique. Mais de Paris il

m'avait été demandé de fixer une zone neutre entre

Grecs et Italiens et parallèlement, la question était

ndiée et tranchée par les Affaires étrangères de

iris et de Rome. Je profitai de la présence de

. Jonart à Athènes pour le mettre au courant de la

tuation et lui Itre de marcher s'il le désirait

li le voulait, i .me n" o4(JS/2 :

« Le général Sarrail, commandant en chef les armées

"otites en Orient à M. Jonnart, haut /•'.»' n/Zw//;,.. ,/^s

uissances protectrices.

f° Altat! ■'■' ■ " '■ Il à qui j avais, cumme je )us l'ai te limite oHentale entre I ta-

ns et Grecs, tu informe que général FeiTero a déteriné zone occupation à suite accord qui aurait été fait ■lire gouvernement italien et françcUs. Cette zone itaune s'étend jusquà Kipurgos et comprend territoire nntza que nous occupons; toutefois général Ferrero <ins cette zone influence italienne concède que dans rritoire Kontza les Français peuvent aller jusqu'à jints que nous occupons au sud d'accord avec eux,

c'esl-à-dire ligne Vodica^ Selnica^ Kresova. H a soin de ne rien fixer à iOuest de notre occupation pour permettre remettre question sur tapis. Je vous transmets ces renseignements à toutes fins utiles, ne m'élant occupé^ comme je vous Vai dit, de fixer une limite que sur ordre reçu de Paris.

2* Autorités italiennes ont fait enlever mitraHleuset françaises défendant Santi-Quaranta et arrêté travaux voie 60. Si les Italiens veulent défendre Santi-Qua~ ranta éventuellement, je ne vois aucun inconvénient à cette mesure qui cependant aurait pu m'ètre demandée, puisque colonel François et mission Albanie sont sous mes ordres et noJi sous ceux général Ferrero. /

3" Colonel François a reçu d'autre part ordre de faire évacuer par toutes ses troupes et services Liaskoviki où nous étions installés après accord avec Italiens et où nous avions fait véritables et coûteuses installations. Général Ferrero fixe en outre sans aucune e/ i

avec colonel François ni avec moi Ersek d i f

ione italienne pour recevoir mission expulsée de Lias-

koviki. Il ajoute que 40 ji'HI'^f in..>jr,-,n,'nt .n-nmnfi. .fi

devra être terminé.

4** A autre point de vue, auionics iiati'jnncs ont defendu à colonel François tout ravitaillement dans région Pinde ou zone Janina et ont exigé un bail fi entre eux et mission à suhstitut'r à hait fiiil nar jn>>

et autochtones.

5° J'estime inuluc cnrcrum'V ujic t^iicstion ou ïui:i''ns 07it cependant montré une attitude sûrement regrettable quand je la compare avec ce que je fais ici pour eux, et les facilités que je leur donne. Dans ces conditions, je donne ordre au colonel François d'évacuer Liaskoviki et de se porter avant 40 juillet non à Ersek, mais à Selnika dans la zone française pour ne plus voir renou^ vêler ce qui vient de se passer. Il appartiendra quand ce mouvement aura été fait de voir dans quelles conditions continuera à fonctionner mission albanaise' dont

unique mûsion serait à mon avis de faire construction

ute Selnica à KoHtza^ les Italiens faisant toiil ce qu ils

udraient. inais par leurs propres moyenff. ' • "^'/nica

Santi-Quaranta.

6° J*avai$ intention d'aller à Santi-Quaranla pour oir route ; m'eniendre avec Italiens pour action militaire, général Ferrero m'at/ant demandé appui contre Autrichiens. Dans conditions présent .«, crois devoir

seoir à ce projet. »

I)(^ son c6lé, à Salonique, le consul italien ne manqu.'iit pas une occasion pour envenimer les dissentiments entre Gr^cs et Italiens ; il renouvelait démarches <nr «lémapches dès qu'un journal essayait de traiter

10 question se rapportant à l'Albanie, TEpire ou le littoral de l'Adriatique; les journaux helléniques se conformaient à mes directives : « Silence sur ces questions brûlantes. > Il n'en était pas toujours de m^me de Torgane italien. D'autre part, le Consul

-nnait des certificats de protection aux Albanais de Liaskoviki, Argyrocastro, Premeti, Ersek. Le 13 juillet, cette crise italo-grecque semblait cependant s'éteindre, à Salonique au moins. Mon compte rendu journalier s'exprimait ainsi in fine : « Incidents parfois sanglants qui chaque jour depuis fin juin se multivHaient à Salonique entre Grecs et Italiens semblent se

miner. Italiens continuent simplement à préparer en '•s à mobilisation éventuelle grecque en r nationalité italienne à Albanais, Epi-

les, Juifs. »

Au niiii'u >ïo cos événements et intrigues, seuls les

lisses, malgré la révolution et les tristesses de leur

trie, ne me suscitaient pour ainsi dire pas d'ennuis.

: avais envoyé un contingent de cette nationalité à Athènes, non pour représenter les Alliés, —je n'ai

ami^is compris cette sorte de diplomatie, — mais

parce que jo n'avais pour ainsi dire pas d'autres ressources sous la main. Pétrogral avait, parail-il, protesté, et son représentant à Athènes, le prince Dtimidoff, farouche royaliste, n'avait pas manqué de faire entendre sa voii.

J'avais reçu des demandes d'explications. J'avais mémo été invité à rappeler l^s Russes.

Quand l'opération athénienne avait été terminée, j'avais concentré en réserve les deux brigades russes dont les deux généraux avaient été mandés en Russie. Je voyais partir avec peine le général Dietrich, qui mis à la tète du contingent russe avait souvent été pour moi un auxiliaire précieux à tous les points de vue. L'officier général qui lui succédait k la tète des Russes, était un brave officier, mais en face d'un état de choses nouveau, il n'avait pas secoué le vieil homme ; il avait en outre peu de commandement.

A Paris, lacrainte des Russes existait. A Florina, au quartier général français, la mémo peur se faisait jour. Pour-moi, je voulais qu'ils ne fussent pas énervés par des mesures inopportunes. Je télégraphiai en conséquence, le 21 juin dans mon compte rendu: c Je demande envoie artillerie russe. Ordres el coîUreordres donnés aux Russes ont eu effet déplorable sur discipline^ qui cependant jusqu'à présent tient. » Il fallait à mon avis savoir de temps en temps fermer les yeux sur quelques incartades, fatales chez des gens inconscients encore aussi bien de leurs droits que de leurs devoirs, et les aiguiller unitiu«Mnent, au moins pour un certain temps, du c6té militaire.

Nombreux étaient ceux qui déclara.» ni ^in ics Russes étaient fluis et no remonteraient plus aux tranchées. J'étais persuatlé du contraire. J'allais les voir. Ils finirent, sans doute lentement, mais ils finirent par relever la 76* division, et prendre le secteur entre les lacs que jo leur destinais. Il avait f»!''? ^-uw

doute modifier quelques points de détail, rétrécir ar exemple un peu le front d'une brigade, mais, rt'--ontiel était obtenu : la reprise du contact avec reniiemi.

D'autre part, j'étais autorisé, par Paris, à laisser passer par les avant-postes russes des émissaires que le consul général de Russie voulait envoyer aux Bulgares par ordre de son gouvernement. Cette autorisation était arrivée, comme toujours, troptard, lorsque les Russes avaient été relevés de leur secteur de la Cerna.

Des changements dans le personnel consulaire n'allaient pas permettre de poursuivre cette idée.

Par contre, je recevais l'ordre d'évacuer le Mont Athos.

Cette mesure était sûrement la résultante des démarches grecques, — Vénizelos me l'avait demandé lors de mon voyage à Athènes, — et peut-être d'une démarche venue de Rome, qui craignait d'être forcé de quitter Corfou.

Au point de vue militaire, il aurait été bon que nous restions là où nous étions allés, et pour empêcher les intrigues de tous, et pour entraver le ravitaillement des sous-marins. Je télégraphiai simplement à Paris : « Suivant vos ordres, détachement franco-russe Mont Athos rentré. Reste quelques télégraphistes qui relèvent lignes, et vont également rentrer. Général Arlamanoff et consul Russe venus pour protester contre cette évacuation affirmant que occupation jus^ qu'à fin hostilités avait été convenue entre gouvernements français et russe, » (Compte rendu journalier du 15 juillet.)

Mais le gros point d'interrogation se posait non chez nos alliés, mais dans Tarmée française.

i;(Iiiii> ie commencement dos opéralioufr, «m-c \ts Français, j'avais pu tout parer. Malheureusement, le gémirai Grossetti, qui les commandait, a maitrri de plus de iiO kilos ; il a toujours do l'énergie, mais est prêt à sombrer sous les coups de la maladie. Une partie de son état-major marche tantôt contre lui, tantôt contre moi. D'autre part, le so«s-chef, homme ceppn«iant des plus intelligents, met tons les services en dehors de la main ; c'est le type parfait de rofficier d'état-major, sachant sans doute, mais ne se rendant pas compte des contingences, de ce que sont les ofiiciers et les soldats en Orient. Quant au chef d'élatmajor, ce n'est qu'un «jeune-turc» superâciel. Comm< nt travailler avec de tels aides?

Le général Jacquemot, un des meilleurs, sinon le meilleur de mes divisionnaires, a peut-être, aux dernières attaques, trop demandé à sa division. Ajoutez qu'à Salonique on a fait descendre et retenu une foule ile permissionnaires, que faute de haloanx il a fallu faire remonter au front. Des refus •! ice

se sont produits, et je n'ai connu le fait ^ ^ ir le hasard. U en est résulté un véritable état d'indiscipline à la 57" division, llenvoyés ao front, les meneurs n'ont pas désarmé. Un bataillon du t4i^, puis tout le i2i42* se sontmutinés. lia fallu epi ir-

lers : 3(K) hommes n'ont pas voulu lin iI«t

aux tranchées. Le3li* va suivre le mouvement, diton. En employant tantôt la méthode forte, tantôt hi douce, Jacqnemot, Grossetti et moi, finissons cependant par faire tout rentrer dn ' ' »^ vinyi-fiix dciiiitis mutins du . ' sarméi sans effusion de sang,:^ ^Compte rendu journalier du 16 juillet.)

Il y avait eu incontestablement une série de fautes commisi s par le commandi mont dans le camp des permissionnaires à ^^aloniquo eoinrae sur le front. Mais l'origine da mal était plus profonde.

Comme je l'indiquais dans mon télégramme du 15 juillet, n* 2329/3, c La question permissions a A véhémentement agité les espnts. Journaux et députés ont affirmé que tous les hommes de dix-huit mois de prcsr'fice auraient droit à une permission. Or j'ai 20. 000 hommes environ dans ce cas, et il y a encore les p'^rmissions à titre exceptionnel. »

J.i jouterai que les ofiiciers avaient sûrement été les promoteurs de celte effervescence, puis s'étaient terrés. Le 242*, qui avait refusé de monter aux tranchées avant que les permissions promises ne soient données, aurait sûrement été remis dans le devoir, si les officiers, aux aussi, n'avaientpas aspiré à cette permission.

Au 2* bis de zouaves, un fait identique s'était produit, contre le colonel, à l'instigation des officiers. On ne joue pas ainsi avec la discipline, en promettant ce qu'on ne peut pas tenir. Il y a eu par exemple des mois où au lieu des permissionnaires, les rapatriés pour diverses causes, et même les prisonniers de guerre ont presque entièrement pris toutes les places des transports. Quand j'ai demandé à relever par unités constituées, je n'ai récolté que des épigrammes. Il y acependant3 régiments de chasseurs d'Afrique, dont presque tous les hommes ont plus de 18 mois d'Orient; comment les envoyer en permission, et comment en même temps soigner les chevaux ? Je laisse de côté les questions opérations militaires proprement dites. Aussi je pouvais hardiment conclure dans mon télégramme précité du 15 juillet : c En juillet je procéderai à des relèves car il y a des divisions sans repos depuis leur arrivée en Onent. Je veux bien tenir compte des desiderata des Alliés, qui se résument, d'ailleurs toujours, à compter sur les Français, mais je désire également sauvegarder les effectifs, la discipline et le moral de Vannée française. Nous ne sommes pas des bonnes à tout faire. >

Les racontars sur les permissions continuaiont d'ailleurs en France, comme avaient conlinaéen lOlô^' pendant longtemps — et avec autant de doplicité — jk les racontars sur l'inaction de l'armée d'Orient. •

La chaleur amenait en outre une autre campa:.;.. ; le service de santé et le commandement ne veillaient païs, disaient certains, à la santé des troupes.

Un député, venu et resté à Salonique assez longtemps, se faisait l'écho «le toutes les stupidités do spécialistes ou mal intentionnés, ou voulant jouer un rôle de direction au lieu de se contenter de leurs recherches au microscope. Le 19 juillet, à bout de patience, je mettais les points sur les i dans one longue dépêche au ministre. (Voir aux annexes n» 1077/1 du Î9 juillet.) — L'état sanitaire était au reste aussi satisfaisant qu'il était permis de l'espérer. J'avais fait la chasse aux parasites des effets, et je n'avais pas eu de typhus. Je me débarrassai de ceux du corps médical, et j'éliminai ain-i >

niAraes d'indiscipline qui puuvai»»nt se | ^

couleur scienliliquo; chez les médecins militaires, la valeur professionnelle ne compte que lorsque s'y joignent le bon sens, le sentiment des réalités, et ia compréhension des opérations militaires*

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