SCENE X
Frédéric. Pourtant je n'ai pas oublié toutes vos fredaines...
ovide. Quelles fredaines, juste Dieu !
Frédéric. Cette superbe Hollandaise, dont vous me parliez dans vos lettres, et à qui vous faisiez la cou» à Rotterdam.
ovide. Mlle Willelmine Van-PoussiiT, la sœur de mon associé... Ah! mon oncle, vous vous êtes inépris... c'est elle qui s'était enflammée pour moi toute seule
mais je jure que je n'ai jamais pu la souffrir, à cause de son effroyable embonpoint.
Frédéric. C'est égal, il faut cacher cette liaison à Mlle Cornélie, elle pourrait s'en offenser... ajoutez à cela qu'elle ne paraît pas vous adorer...
ovide. C'est vrai... et je ne saurais deviner pourquoi elle ne m'adore pas.
Frédéric. Parce que vous ne savez pas être aimable.
ovide. J'ai eu un moment cette idée-là.
Frédéric. Si je ne m'en mêle pas, je suis sûr que le mariage manquera.
ovide. Que voulez-vous donc faire?
Frédéric. Parbleu! je veux remplir mon devoir d'oncle jusqu'au bout, et vous donner une leçon de galanterie en faisant à la charmante Cornélie une déclaration d'amour en votre nom.
ovide. Ce plan me jette dans l'enthousiasme, mon cher oncle; voulez-vous m'autoriser à vous sauter au cou?
Frédéric Sautez !
-ovide, l'embrassant. J'en bondi s de joie... vous me répondez de la séduire ?
Frédéric. Je l'espère bien...
ovide. Ne la ménagez pas...
Frédéric. Je crois l'entendre... entrez dans ce cabinet... écoutez, profitez, mais ne paraissez pas.
ovide. Non, parce que le charme serait détruit... {Regardant à gauche.) La voici... je m'empresse d'aller me cacher.
Il se sauve dans le cabinet à droite.
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