‹ Mon coquin de neveu, comédie-vaudeville en un acteChapitre 15 sur 24 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

FRÉDÉRIC, CORNÉLIE, OVIDE, caché.

cornélie, avec timidité. Vous êtes seul, monsieur?., mon père désire vous parler.

Frédéric, s' approchant d'elle. Il attendra un instant, charmante Cornélie, car j'ai

une mission à remplir près de vous, et il faut que je m'en acquitte sans retard.

coknélie. Monsieur... je ne comprends pas...

Frédéric Monsieur est un mot bien froid... nous sommes païens... nepourriezvous au moins me traiter en ami?..

cornélie, baissant les yeux. Je n'oserais pas... votre titre d'oncle est si respectable...

Frédéric Ma chère enfant, je suis ennemi du respect... je n'en ai jamais demandé aux jolies demoiselles comme vous.

cornélie. Si cela vous fait plaisir, jetâcherai de vous respecter un peu moins.

Frédéric Et de m 'aimer un peu plus...

bien ! nous nous entendrons mieux.

ovide, eut r ouvrant la porte. Ecoutons pour savoir ce que je vais dire de tendre à ma future.

Frédéric Cornélie... vous allez vous

marier

cornélie, avec un soupir. Eh ! mon Dieu, oui.

Frédéric Avant de terminer cette affaire ! importante, il n'est peut-être pas inutile de vous demander si votre cœur est libre?

cornélie, troublée. Je le crois...

fredéric Ainsi, rien ne s'oppose à ce que vous aimiez celui qui vous aune déjà?

ovide, à part, se désignant. Et que voilà, ci présent.

cornélie. Je serais prête à l'avouer s'il savait me plaire.

ovide, à part. C'est là le difficile !

fredéric. Si pour vous plaire il ne faut qu'un amour ardent, un désir passionné de faire votre bonheur, je réponds de ses intentions... il vous apprécie bien... il sait tout ce que vous méritezde tendresse elde fidélité... Enfin, c'est un amant qui vous adore, un prisonnier qui se livre à vous sans condition, et qu'un mot de votre bouche peut rendre à la vie!

ovide, à part. Admirable ! 0 mon oncle, que vous êtes beau !

Frédéric, le voyant et lui faisant des signes. Veux-tu bien te cacher !

Ovide disparaît.

cornélie, à part. A la bonne heure...

voilà comme on s'exprime... Ah ! si le neveu lui ressemblait!

Frédéric Eh bien , belle Cornélie?

cornélie. Ah! monsieur, je crains de me tromper... et voilà ce qui m'empêche de vous répondre.

fredéric, à part, regardant Cornélie avec attention. Est-ce que par hasard elie aurait pris le change?... Voyons donc, voyons donc! (/l 5 'avance tout doucement vers la porte

du cabinet et la ferme sur te nez d'Ovide en lui diant: ) Ne soi 8 plus de L>. {Haut en se rapprochant*) Daignez vous expliquer.

cornélie. Je crois à présent que j'ai eu tort d<- ne pas écouter mon père... Il me proposait un aune parti...

Frédéric. Un autre:'

cornélie. Mais |'ai fait l'entêtée comme toutes les jeunes filles... et... tout ce que vous venez de médire de galant et d'aimable... m'a fait sentir tout-à-coup... que je n'aimerai jamais votre neveu.

Frédéric, à part. Ceci devient sérieux... Gardons-nous d'avouer que je parlais pour lui. {Haut.) Eli bien! chère Cornélie, les caprices d'une jolie femme sont des lois reconnues.. . Il ne faut pas contraindre votre inclination...

Air : Depuis long-temps J'aimais Adèle»

Avec l'amour plus d\m serment s'ellace , Avec Ihymen que d'amans préfères...

Mon neveu doit céder la place

A celui que vous choisirez.

Vous adorer est si facile...

Nommez-moi cet heureux époux !

CORNELIE.

Le nommer me semble inutile, Car vous devinez que c'est vous !

Frédéric. Eh quoi! vraiment?

£ORNELIE.

Vous le voyez , vous voyez que c'est vous !

Frédéric, se jetant à ses genoux. Ah!

vous me rendez le plus fortuné des hommes ! Je vous aimais aussi, je me sacrifiais pour mon neveu... mais à présent tout est

changé permettez qne j'aille trouver

votre père, et que je le supplie d'achever ce que sa charmante fille a si bien commencé.

cornélie, avec joie. Que je suis heureuse de vous avoir tout dit !..

Frédéric. Laissez-moi pailer le premier à M. Dnfiêne.. lui demander votre main, en lui racontant cet incident imprévu ... Dans un instant vous viendrez nous rejoindre... Adieu... je vous attends.

Il lui baise la main, et sort vivement par la gauche, Mlle Olynpe, qui vient d'entrer, les a surpris.

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