‹ Mon grand fauteuilChapitre 35 sur 43 · CHARLES PERRAULT · texte numérisé non relu

CHARLES PERRAULT

Des deux frères , Claude et Charles , qui ont illustré le nom de Perrault, il est remarquft»ble que ni l'un ni l'autre n'a trouvé sa réputation dans le genre auquel il se croyait le plus propre, et dont il faisait sa principale affaire : Claude Perrault , bon médecin et habile physicien , est à jamais célèbre comme architecte pour avoir donné les plans de l'Observatoire et de la colonnade du Louvre; Charles Perrault, poète froid , mais ingénieux , académicien érudit versé dans les littératures anciennes , et artiste de goût plutôt que d'invention, n'est connu aujourd'hui que par les Contes de Fées, publiés sous le nom de son fils; mais ces contes, par leur bonhomie , par leur simplicité qui

n'exclut pas la grâce et l'esprit, sont restés des modèles qu'on ne saurait pas mieux imiter que les Fables de La Fontaine.

Charles Perrault, né à Paris le 12 janvier 1628, était le quatrième fils de Pierre Perrault, avocat au parlement de Paris, originaire de Touraine. Son père devait être instruit, ami des lettres , des sciences et des arts , puisqu'il commença lui-même l'éducation de ses enfans et la dirigea tant qu'il vécut , selon la vocation de chacun : l'aîné , Pierre , se destina au barreau j le second, Claude, étudia la médecine; le troisième, INicolas, choisit le parti de la théologie , et le dernier enfin , Charles, montra de bonne heure des dispositions pour la poésie et pour la critique littéraire.

Sa mère lui avait appris à lire dès son bas âge ; à huit ans et demi , il commença ses classes au collège de Beauvais (situé dans la rue de ce nom, et réuni alors au collège de Presles ) oii ses frères faisaient aussi leurs études : le soir après souper, il répétait ses leçons devant son père, et les analysait ensuite en latin pour se familiariser avec cette langue. Ces exercices journaliers développèrent sa mé-

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