‹ Mon jardinChapitre 13 sur 99 · Globigerina buUoIdes · texte numérisé non relu

Globigerina buUoIdes

Nonionina turgida.

Les révélations du microscope, qui nous indiquent comment s'est formée la craie dans les âges reculés, comment des créatures analogues (fig. 22) la forment encore aujourd'hui, constituent, sans contredit, un des résultats les plus intéressants de la science moderne.

La craie de notre distria n'est pas très riche en fossiles; plus on descend dans la couche, me dit-on, et moins on en découvre. S'il faut en croire quelques vieux ouvrages, on aurait trouvé des poissons fossiles dans la craie, auprès de Croydon. M. Flower a bien voulu me confier un de ces fossiles, trouvé à Riddlesdown; il est représenté

Fig. 35.

Rh nchoncila plicatilis.

Fig. 23.

TIte de poisson fossile. i/3 de grandeur

naturelle.

Fig. 34.

Dent de Coraz falcatus.

Terebratula semiglobosa.

dans la figure 23; mais,, en somme, ils semblent être assez rares.

Quand on a fait, dans une colline de craie, la tranchée du chemin de fer de Sutton, M. Herbert Jackson a surveillé les travaux et a pu se procurer des restes fossiles de plusieurs espèces : Tun (fig. 24) est une dent d'une espèce de requin, appelé le Corax falcatus. 11 a aussi trouvé quelques coquilles bivalves, telles que le Rhynchonella plicatilts (fig. 25), et le Terebratula semiglobosa (fig. 26).

On trouve sur toutes les collines de craie des objets curieux que les paysans désignent sous le nom de « couronnes de bergers » ; ce sont des espèces différentes d'échinides. La figure 27 représente deux formes distinaes d'une espèce de Galerites albo-galerus\ la figure 28, un moule

Forme déprimée. Forme normale.

Fig. 57. — Galérites albo-galerus.

Fig* 28. — Moule siliceux de Hoiaster pilluU.

siliceux de Hoiaster pillula, et la figure 29 un spécimen de Pseudo Diadema variolare. Toutes ces variétés d'oursons de mer ou échinides, dont une espèce se rencontre constamment aujourd'hui sur les bords de la mer, prouvent l'origine marine de la craie.

Outre ces traces d'animaux marins, on trouve souvent, adhérant au silex que nous employons dans le jardin, des tiges d'encrinites et des bélemnites (fig. 3o). On rencontre aussi de temps en temps dans la

Fig. 29.

Pseudo Diadema variolare.

Fig. 3o, — Belcmnite.

Fig. 3i. — Bois conifère sur un allej. — Un morceau du bois est ampline pour en montrer la structure et les disques conifères.

craie des parcelles de bois fossile (fig. 3 1) provenant probablement d'un

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arbre conifère ; des terres sur lesquelles poussaient ces arbres devaient donc alors former des îles dans ces mers au fond desquelles se formait la craie.

Les lits de silex paraissent avoir une origine animale ; à force de persévérance, M. Bowerbank a prouvé,aux géologues tout au moins, que la plus grande partie de ces silex proviennent d'épongés. Une couche de matières animales semble avoir recouvert le fond de la mer et avoir attiré la silice. Quelquefois les silex forment des couches fort étendues qui constituent une seule masse agglomérée ; d'autres fois les silex sont séparés les uns des autres. La figure 32 représente une éponge Poly^ pothecta trouvée dans Tintérieur d'un silex ; la figure 33 un VentricU" lites radiatus trouvé dans les mêmes conditions. Quelquefois, Téponge enveloppe un Echinus ou une Coquille bivalve, ce qui arrive encore aujourd'hui; la figure 34 représente un Spondylus spinosus et la figure 35 un Diadema.

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Fis. 33. — Eponge en KMme de coupe (PolypGtheda).

Fig. 33. — Éponge dans la craie (Ventncalitea radiatus.

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Fig. 35. — Moule siliceux de Diadema.

Fig. 34.

Spondylus spinosus.

Quelquefois une éponge pénètre dans une autre, et toutes deux ont été transformées ensemble en silex. M.Charles Tyler,de HoUoway, possède une collection fort remarquable et fort intéressante d'épongés fossiles, et aussi une coUeaion d'épongés récentes telles qu'elles croissent à présent ; or, toutes les particularités qui se remarquent dans les éponges actuelles se retrouvent dans leurs prototypes fossiles.

La loi du dépôt de la silice sur les matières animales en décomposition a été étudiée avec soin par mon fils, M. A. Hutchison Smee. Quelques corps organiques semblent se transformer facilement en silice, d'autres fort difficilement. L'éponge est au nombre des premiers. Mon

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i6 MON JARDIN

fils à pu transformer en silice un corpuscule du sang avec tant de perfection que, toute matière animale étant détruite, on a pu facilement en reconnaître la struaure. Les ossements ne paraissent pas se changer facilement en silice. Toutefois, les expériences de mon fils ne sont pas complètes, et il faudra sans doute encore de nombreux travaux avant qu'on puisse déterminer d'une façon absolue les lois qui président à ces transformations.

Plus au sud, au delà de la craie, on voit paraître à la surface du sol une couche de sable (PI. V) ; au delà, une couche mince d'argile qui a la plus grande importance, en ce qu'elle est imperméable; elle passe sous la couche de craie et empêche Teau de s'écouler de cette couche aussi complètement que si toute la craie était placée dans un vase en porcelaine. C'est cette couche d'argile qui détermine l'écoulement des sources; au point de vue géologique, elle offre donc un intérêt considérable. Au-dessous, se trouve le grès ven inférieur qui se présente sous forme de sable grossier dont les grains sont beaucoup plus gros que ceux du sable surmontant la craie (fig. 20). Au-dessous, enfin, est une couche d'argile de Weald ; à la maison de santé de Carlswood on a creusé dans cette dernière couche, fort épaisse et entièrement imperméable, un puits ayant une profondeur de i ,000 pieds sans trouver aucune trace d'eau.

Au-dessus de la couche de sable qui recouvre la craie, se trouve un lit de silex ayant un caractère chimique quelque peu différent des silex de la craie ; il est plus ferrugineux. Ce lit de silex affleure la surface du sol àCarshalton dans le jardin de M. Philpotts. Ce dernier a bien voulu me permettre de faire une tranchée dans son jardin pour examiner ces silex ; M. Henry Lee les a étudiés avec soin et y a découvert des parties d'écaifles de poisson. Il a conservé une magnifique écaille qu'il avait trouvée quand M. Sims résidait en cet endroit; il me l'a confiée pour la faire reproduire et elle est représentée dans la figure 36 ; je suis désolé d'avoir à ajouter qu'elle a été perdue par le dessinateur. On suppose que cette écaille appartenait à une espèce (ÏAcrognathus ou Aulolepis. On l'a représentée de grandeur naturelle et amplifiée dix fois en diamètre.

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Au-dessus de cette couche, plus haut par conséquent dans les couches tertiaires, on trouve une masse considérable de coquillages (fig. Sy). On peut voir ces coquillages à Lewisham, car le chemin de fer abou-

Grandeur Daturelle.

lo diamètres.

Fîg. 36. — Ecaille de poisson dans le silex; probablemeat une écaille d'Acrognathus ou Âulolepis.

Fig. 37. — Groupe de coquillages fossiles.

tissant au tunnel de la Tamise les traverse. On me dit qu'on a trouvé aussi une couche de coquillages dans Paper Lane à Carshalton, endroit où tout fait supposer qu'il doit en exister une.

LA RIVIÈRE WANDLE.

La rivière Wandle, si belle, si célèbre par ses truites, traverse mon jardin ; Pope a chanté la limpidité de ses eaux : « Voilà, s'écriet-il, laVandalis si bleue et si limpide. » Le bras qui traverse mon jardin prend sa source à Waddon ; il met immédiatement un moulin en mouvement; un petit ruisseau, qui prend sa source au-dessus de Croydon, vient se jeter dans la rivière qui traverse alors le parc de Beddington et qui entre dans mon jardin, où elle alimente une fabrique de papier; après avoir contourné la propriété de M. Graham, elle va se jeter dans un bras beaucoup plus large à Shepley House ; puis enfin, la Wandle se jette dans la Tamise à Wandsworth.

Le second bras est formé par beaucoup de sources qui se trouvent toutes dans ie rayon d'un mille au sud-oUest. Une de ces sources, fournissant une grande quantité d'eau, son du sol dans la propriété de Wallington House et traverse mon jardin où elle forme la cascade de Cristal. Le cheval d'Anne de Boleyn, racontent les paysans du voisinage

Smee. Mon Jardin,

Fig, 38. — Source d'Anuc de Boleyn.

en frappant un jour le sol de son sabot, fit un trou, Teau jaillit et elle a toujours coulé depuis (fig. 38) en cet endroit.

Toutes ces sources se réunissent à Carshalton, et forment un cours d'eau qui met en mouvement plusieurs roues hydrauliques. La fabrique de tabac occupée par M. Ansell est très pittoresque; la planche VII, que je dois au crayon de Madame Jackson, représente cet établissement.

Les pluies ont peu d'eÉfet sur le volume de la Wandle ; après un fort orage, sa couleur change un peu, mais son volume n'augmente guère. La raison de ce phénomène est fort intéressante ; la pluie, qui tombe sur la craie poreuse située au sud de la rivière, absorbe immédiatement Peau et ne la laisse écouler que sous forme de sources. Dans le sud de la France et de l'Italie, où se trouve tant de craie dure et imperméable, les pluies s'écoulent sous forme de torrents, qui dévastent tout sur leur passage-, quand la pluie cesse. Peau est perdue et le lit du torrent reste presque à sec. Notre craie poreuse, au contraire, conserve Peau et la laisse s'écouler peu à peu pendant Tannée entière.

Si Ton se reporte à la coupe des couches du bassin de Londres (PI. IV), on verra qu'une couche d'argile imperméable placée audessous de la craie vient affleurer la surface au sud des collines de craie au nord de Redhill et de Reigate. 11 s'ensuit que l'eau ne s'écoule pas dans la vallée du Darenth, mais est forcée d'aller jaillir au nord de la couche de craie. En outre, entre mon jardin et North Mimms, dans le Hertfordshire, la craie est recouverte par une couche de sable et d'argile ayant une épaisseur de i oo pieds environ, au-dessus de laquelle se trouve encore une couche imperméable de terre glaise.* Les eaux, par conséquent, ne peuvent s'écouler qu'entre les bords de ces deux couches d'argile. C'est ce qui fait qu'il y a, dans les environs de mon jardin, tant de sources qui forment la rivière Wandle; de Tautre côté du bassin de Londres, les mêmes causes produisent des sources qui forment la rivière Colne et la rivière Lea. Entre ces différentes sources, on ne peut se procurer de l'eau qu'en creusant des puits assez profonds pour traverser la couche imperméable qui recouvre la craie. Le pont de Wallington est situé à une altitude de gi pieds et demi au-

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Page 18. Planche VII.

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