‹ Mon jardinChapitre 20 sur 99 · JU · texte numérisé non relu

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moulin se jette dans la rivière en faisant une cascade à laquelle j^ai donné le nom de la cascade de Cristal (fîg. 42). L'eau bondit sur un

Fig. 43 — La Cascade de cristal.

rebord d'ardoise recouvert de mousse ; on dirait une nappe de cristal plutôt qu'une nappe d'eau. Cet effet particulier provient de la présence de la craie dissoute dans l'acide carbonique et de l'absence de toute particule solide. Après de longs voyages sur le continent, je revois toujours cette petite cascade avec un nouvel enthousiasme, car je ne lui connais pas de rivale. Malheureusement elle est située à l'extrémité même de mon jardin et je ne peux Tentourer comme elle le mérite.

En revenant, on peut admirer de superbes arbres dans la propriété de Wallington, arbres tout aussi beaux qu'aucun de ceux que j'ai pu voir en Europe. Du bord méridional du lac, la vue s'étend sur le jardin entier (PI. XVI) ; de l'extrémité du lac on a aussi une vue admirable sur le parc (PI. XVII) ; mais bientôt tout cela n'existera plus, car les entrepreneurs de bâtiments sont dans le voisinage et ils ont déjà modifié le cours de la rivière.

Quand je désire changer quelque chose au plan de mon jardin, je commence par porter, sur du papier quadrillé, les dimensions exactes du terrain sur lequel porteront ces modifications. Gela fait, je trace ce que je désire, et mon jardinier exécute le dessin sous ma direction.

Mon jardin, bien que de dimensions fort modérées, présente une

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grande variété de scènes. Deux endroits séparés par un espace de quelques pieds diffèrent du tout au tout. Le vrai principe à suivre pour construire un jardin est de se pénétrer de i^aspect du paysage et des objets naturels les plus frappants. Sans doute, il faut de grands efforts d'imagination pour produire des tableaux variés; mais, quiconque a le goût du beau, peut facilement faire exécuter les scènes qu'il conçoit ; sans doute aussi cela coûte quelques soins, mais n'est-on pas ensuite amplement récompensé par la jouissance que procure la contemplation de scènes aussi pittoresques et aussi délicieuses ?

f Mais avant de toucher au sol, avant de songer à le cultiver, il faut étudier le cours si variable des saisons; il faut se pénétrer de la nature du climat, savoir quels sont les vents qui soufflent le plus souvent, s'enquérir, enfin, des cultures les plus aptes à réussir dans le terrain que l'on a à sa disposition et de celles qu'il est inutile d'essayer. » — Dryden.

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Vue près de Croydon .

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