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LA PECHE ET LE BRUGNON

Quelqu'étrange que cela puisse paraître, la Pêche et le Brugnon sont le même fruit. Si on sème un noyau de pêche, on obtient tantôt un pêcher, tantôt un brugnonnier. En règle générale, presque tous les plants levés de semis ont de grandes qualités ; on m'a dit que dans l'Amérique du Nord, où, pendant certains hivers, le froid détruit les pêchers, on plante des noyaux et on obtient au bout de trois ans des arbres en plein rapport sans qu^il soit besoin de les greffer ou de faire une attention particulière aux variétés.

En Angleterre, le pêcher demande plus de soin ; on n'y cultive d'ailleurs que les bonnes variétés qui sont en nombre considérable. M. Rivers en a produit beaucoup. Il est important de récolter des pêches de bonne heure, car cela prolonge beaucoup la saison de ce fruit. Les pêches les plus hâtives de M. Rivers sont : la Louise hâtive (fig. 3 19) et ia Béatrice

Fig. 319. — Louise hâtive. 4 Fig. 32o. — Béatrice hâtive.

hâtive (fig. 32o), qui mûrissent dans le courant dô^ juillet. Je me suis procuré cette année seulement un plant de chacune de ces variétés ; je ne puis donc encore parler de leurs qualités ; les figures ci-dessus ont été copiées d'après les spécimens qui m^ont été envoyés par M. Rivers. La pêche Victoria est une autre pêche hâtive ; pendant quelques années, ce fruit a été excellent; mais depuis il a bien dégénéré. Je cultive aussi l'Alfred hâtif qui ne m^a pas encore rapporté de fruits . L'Abec

(i) Toutes les figures représentant les pêches et les brugnons sont à Técheile de i/3 diam.

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est une grosse pêche; les fleurs en sont admirables. Les pomologistes vantent beaucoup la Grosse Mignonne (fig. 32 1); mais je n'aime pas les pêches recouvertes de duvet, et je crois que cette variété particulièrement

fig. 32!. -Grosse Fig. 322. Fig. 323. Fig. 324.

mignoaDc hâtive. Nobksse Bcllegard, Admirable tardive.

est très inférieure à la Noblesse (fig. 322) qui a un parfum plus délicat.

La pêche Georges IV est très bonne, mais elle est souvent attaquée par les champignons, La Bellegard (fig. 323) est un beau fruit, et l'Admirable tardive (fig. 324) est une pêche fort grosse, qui mûrit quand toutes les autres variétés ont disparu ; on ne saurait trop louer les qualités de ce dernier fruit quand on peut se le procurer mûr à point.

Je cultive mes pêchers dans la serre à fruits, sous forme d'arbres à basse ou à haute tige. Il n'y a pas de spectacle plus admirable que celui de mes pêchers couverts de leurs fruits, et je puis ajouter qu'ils ont un parfum à nul autre pareil.

Les pêchers, destinés à la culture en serre, sont placés dans des pots contenant de bon terreau et du fumier bien dépouillé ; il faut avoir soin de bien tasser la terre autour des racines et d'augmenter de temps en temps la grandeur du pot. Je cultive une partie de mes arbres en plein air et les autres dans la serre aux fruits. Il faut les arroser au moins deux fois par semaine avec de Tengrais liquide ; trop ou trop peu d'eau nuit beaucoup à la qualité du fruit. Quand la récolte est faite, il faut porter les arbres en plein air pour qu'ils puissent profiter des rosées et jouir de l'air et de la lumière. Quand vient Phiver, il faut cesser Tarrosage et laisser sécher la terre des pots ; néanmoins, il faut avoir soin de défendre les racines contre la gelée ; dans ce but, je fais couvrir les pots avec de la paille, pendant l'hiver. On peut tailler les arbres en février. Le pê-

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cher pousse trois sortes de bourgeons (fig. 325) : l'un gros, gras, isolé, qui est le bourgeon à fruits; un autre petit, allongé, qui est le commencement d'une branche ; il y a enfin un triple bourgeon, celui du centre, commencement d'une branche, et ,|. un de chaque côté, qui sont des bourgeons à fleurs. i' I Quand on taille l'arbre, il faut couper la branche au-dessus

du triple bourgeon ; une nouvelle branche part du bourgeon et les feuilles nourrissent le fruit si ce dernier se forme. Pendant la croissance de la pêche, l'arbre a besoin de beaucoup d'air, à tel point qu'il importe peu si une ou deux vitres de la serre sont cassées; il vaut mieux avoir des ouver- Fig~325 tuvts jour et nuit que de fermer la serre pendant toute ^"pS* 'Ma nuit.

Ma longue expérience me conduit à penser que le meilleur moyen de traiter les pêchers et les brugnonniers, est de garder les arbres en serre jusqu^au commencement de Juin, époque à laquelle le fruit est formé, puis de laisser mûrir en plein air. Traité ainsi, le fruit est tout petit, mais il prend une teinte plus foncée et a un goût beaucoup plus parfait. Pendant ces deux ou trois dernières années, j'ai cultivé dans la serre plus d'arbres qu'il ne convient, et j ai été obligé d'en mettre une certaine quantité dehors peur qu'ils puissent mûrir. Ce système a parfaitement réussi et je l'appliquerai toujours autant qu'il me sera possible. J'aime mieux un fruit mûri en plein air que deux mûris dans la serre ; je dois ajouter cependant que j'obtiens dans mes serres des pêches de qualité supérieure.

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