‹ Mon jardinChapitre 64 sur 99 · LES DOUZE PLUS BELLES VARIÉTÉS DE ROSES HYBRIDES REMONTANTES · texte numérisé non relu

LES DOUZE PLUS BELLES VARIÉTÉS DE ROSES HYBRIDES REMONTANTES

Alfred Colomb.

Aurore du malin.

Baronne Adolphe de Rothschild.

Charles Lefebvre.

Duc d'Edimbourg.

Edwin Morren.

Eliza Boelle.

La France.

Marie Baumann.

Marquise de Mortemart, Prince Humbert.

Xavier Olibo.

M. Wood m'a indiqué ensuite comme indispensables cent soixante autres variétés, et il y en a beaucoup d'autres qu'il n'a pas indiquées et dont je ne me passerais certainement pas. Ces rosiers remontants sont admirables quand ils sont couverts de fleurs.

Fig. 552. Fig. 652 a. Fig. 553.

Baronne Adolphe de Rothschild. Duc d'Edimbourg. Général Miloradowitsch.

Je cultive plusieurs centaines de variétés de roses; le meilleur système pour l'amateur est de commencer avec deux cents bonnes espèces au moins, puis d'ajouter les nouvelles espèces qui lui plaisent. J'ai fait dessiner la baronne Adolphe de Rothschild (fig. 552), rose à la couleur délicate ; le duc d'Edimbourg (fig. 552 a); It Général Miloradowitsch (fig. 553), rouge tendre; Clovis(fig. 554), rouge brillant; Madame Barriot (fig. 555), rouge carmin; la France (fig. ^'^' ^^^' - ^^"^""^^

555 a)\ Centifolia Rosea (fig. 556), rose brillant; John Hopper (fig.

Googh

557), rose, cramoisi au centre; la Marquise de Mortemart (fig. 557 a). J'ai fait aussi dessiner une nouvelle rose hybride remontante grimpante, la Princesse Louise-Victoria (fig. 558), réceihment introduite par M. Knight de Hailsham, Sussex. Ce rosier ne m'a pas encore donné de fleurs, mais on m'a affirmé que la rose est admirable.

Fig. 555. — Madame Barriot. Fig. 555 a. — La France. Fig. 556. — Centifolia rosea.

Ces variétés de roses hybrides remontantes sont rustiques en Angleterre. A Wildbad, en Allemagne, on dit que la gelée les détruit et j'ai

Fig. 557. — John Hopper. Fig. 557 â. — Marquise Fig. 558. — Princesse Louise

de Mortemart. Victoria.

été fort amusé, un certain mois de novembre que je me trouvais dans cette ville, de voir tous les rosiers entourés de paille et de terre pour les protéger contre le froid, alors que chez moi mes rosiers produisaient encore quelques fleurs.

On obtient de nouvelles variétés par le semis ; mais la graine mûrit rarement en Angleterre. Aussi faut-il semer bien des graines avant d'obtenir une belle rose. On peut propager les variétés par rejetons ou par boutures; mais ce dernier procédé est très difficile et très incertain.

Qoo^^

Pour faire les boutures, on place un morceau de bois bien mur dans un pot que Ton met sous un châssis où on le laisse pendant cinq ou six semaines. On place alors ce pot sur une couche chaude et les bourgeons et les racines se forment; mais à peine réussit-il une bouture sur cent. Les rosiers que Ton cultive en pots, et que Ton force ordinaire ment au printemps, se reproduisent plus facilement par boutures.

Cette difficulté d'élever des boutures fait qu'il y a peu de rosieis hybrides remontants sur leurs propres racines. La méthode la plus ordinaire pour propager les variétés de roses est la greffe en écusson. Il faut faire cette opération après la Saint- Jean, alors que les bourgeons sont bien pleins et que Técorce se détache facilement. On greffe ordinairement soit sur réglantier, soit sur le mannetti. Mais le mannetti a des rejetons fort désagréables, car ils appauvrissent la plante en s'appropriant toute la nourriture, à moins que le jardinier ne les surveille attentivement et n'ait grand soin de les couper.

Quand on a obtenu la plante hybride remontante, il s^agit de décider sous quelle forme on la cultivera.

On a l'habitude de cultiver le rosier de façon qu'il ressemble à un balai dont le manche serait planté dans le sol; c^est ce que les jardiniers appellent un rosier en plein vent. On obtient cette forme en cultivant le rosier sur une tige d'églantier ayant environ quatre pieds de haut. Cette tige est rarement assez forte pour supporter le poids de la tête; on la consolide donc avec une tige de fer, de telle sorte que le balai semble avoir deux manches. C'est au sommet de cette tête que se présentent les fleurs. Je n'ai ^'^' ^^^' ~ ^''^'*' """ P>T*mid«.

jamais aimé ce mode de culture et plus je le vois et plus je le déteste.

Je crois que c'est là une grosse erreur. Aussi, chaque fois qu'un de nies rosiers en plein vent vient à mourir, je ne le remplace pas. Je cultive mes rosiers en forme de pyramide ayant de quatre à six pieds de haut et trois ou quatre pieds de diamètre. J'ai représenté ci-contre un de ces rosiers qui est admirable quand il est couvert de fleurs, et je suis persuadé que quiconque a vu mes pyramides ne songerait plus à cultiver des rosiers en plein vent.

Un de ces rosiers remontants en pyramide (fig. SSg) portait à la fois cent quarante-quatre roses en pleine fleur, quarante boutons prêts à s'ouvrir, outre cinquante roses qui étaient tombées ou avaient été coupées. Aucun autre mode de culture n'aurait pu faire produire autant à un arbre.

Quand on cultive un rosier greffé sur le mannetti, il faut le planter profondément, car le rosier lui-même forme alors fréquemment des racines, et le plant sur lequel on Ta greffé disparaît, ce qui est fort à désirer. La culture de l'arbre est ensuite très simple. Pendant l'été, il faut détruire tous les rejetons trop grossiers; quant au reste, il faut laisser pousser l'arbre comme il veut ; on taille à la fin de février ou au commencement de mars. Quand on cultive les abominables rosiers en plein vent dont nous avons parlé, il faut toujours tailler les rejetons jusqu'à un œil proéminent, à condition que cet œil se dirige extérieurement. Quand on cultive ces rosiers comme plantes naines, il faut tailler à environ un pied ou deux au-dessus du sol ; mais si Ton désire donner à un rosier l'admirable forme en pyramide que j'ai décrite, il faut le tailler grossièrement sous cette forme et la lui faire garder, autant que possible, en arrêtant, en été, le développement de certains rejetons et en taillant au printemps. Il est bon de faire la taille des rosiers aussi tard que possible au printemps. En efl'et, les bourgeons à fleurs viennent alors assez tard et la fleur est beaucoup plus belle. En un mot, si on taille les rosiers trop tôt, on s'expose à ce que les rejetons soient endommagés par le froid ; si on les taille trop tard, on épuise les arbres en enlevant les rejetons déjà formés. Il faut donc, pour avoir une belle récolte de roses, tailler les arbres au moment où ils commencent à pousser.

Googh

M. Leprince d'Oxford a imaginé un nouveau moyen de cultiver le rosier. Il sème les graines de l'églantier, puis il greffe juste au-dessous du niveau du sol le jeune églantier. Les plants ainsi traités poussent très rapidement (fîg. 558 à). J'ai essayé ce système avec beaucoup de succès, et je crois que ce mode de culture pour le rosier deviendra bientôt universel et remplacera tous les autres.

Rien ne peut sortir de rien ; aussi ne peut-on pas avoir de belles roses sans un engrais convenable. Le meilleur système est, sans contredit, Fig.^58j— Racine de Rosier, de placer uuc bonue couche de fumier au pied de l'arbre pendant toute l'année, en ayant soin toutefois que le fumier soit au moins à six pouces de la tige qui autrement serait abîmée ; mais, comme le fumier jure dans un jardin, on n'en met pas en été et on attend le mois de novembre ; le fumier se décompose alors pendant l'hiver et pénètre dans le sol. Pendant Tété, on peut le remplacer en arrosant les racines avec de l'engrais liquide.

On dit que partout où pousse un bon chou, il peut pousser une rose ; or, comme le chou aime une grande quantité d'engrais, la rose, elle aussi, demande un sol également riche et une grande abondance de nourriture.

Bien qu'actuellement nous ornions principalement nos jardins cie rosiers hybrides remontants, il ne faut pas oublier qu'on les décorait autrefois avec les roses de Chine, qui fleurissent depuis le mois de mai jusqu'à Noël. La rose de Chine commune {Rosa mdtca^ fîg. 559 a) a d'excellentes qualités ; deux variétés, la Dame du Lac et Madame Bosanquet, sont très belles. Il y a un petit rosier, portant de toutes petites roses, appelées roses des fées (fig. 56o), qu'on emploie à Naples en bordure autour des parterres cultivés en rosiers. L'effet piroduit est fort agréable, et je cultive aujourd'hui un grand nombre de ces petits rosiers, pour les employer de la même façon. Le rosier de Chine se propage très facilement, au moyen des boutures faites à la fin de

Googh

mai; on recouvre d'une cloche , après Pavoir placé sur du fumier, le pot conteaant la bouture, et on obtient une plante portant des fleurs

Fig. 559 a. Fig. 56o. Fig. 56i.

Rose de Chine. Rose des F<^es. Souvenir de la Malmaison.

avant la fin de Tannée. Le rosier de Chine se reproduit donc aussi tacilement que le rosier hybride se reproduit difficilement.

Les roses de Tîle Bourbon comprennent quelques belles variétés, telles que : Acidalie, Baronne de Noumont, Catherine Guillot, Louise Margottin, Révérend H. Dombrain. Il y a, en outre, une variété dont il est absolument nécessaire de posséder plusieurs plants, c'est le Souvenir de la Malmaison (fig. 56i). Ce rosier se couvre de fleurs admirables depuis le mois d'août jusque fort tard en automne.

Les roses noisettes sont très belles, mais elles sont délicates et le mauvais temps les fait tomber. Le Drap d'or est une rose exquise, quand toutefois on peut la faire fleurir. Je Tai planté plusieurs fois dans mon jardin, mais sans aucun succès; je puis faire la même remarque à propos de la variété Miss Gray. D'autres variétés de roses noisettes: Céline Forestier, Lamarque, Lamarque à fleurs jaunes, Rêve d'or, Solfaterre et Triomphe de Rennes sont très belles, mais elles sont si délicates qu'on ne peut se livrer à cette culture que sur une petite échelle.

Les roses noisettes (fig. 562) se multiplient facilement par boutures.

Je ne savais pas ce qu'était réellement une rose Banksian (fig. 563), jusqu'à ce que je Paie vue en fleur à Florence, où l'on trouve de véritables champs couverts des variétés blanches et jaunes de cette rose. Il est difficile de voir quelque chose de plus beau que ces rosiers, couverts

Smcc, Mon Jardin. id

Googh

de milliers de fleurs qui pendent en grappes de tous côrés. En Angle-

Fig. 562. — Rose noisette blanche. Fig. 563. Fig. 563 a.

Rose Banksiau jaune Rose Macartney.

terre, le froid tue facilement ces rosiers, même quand la tige est arrivée à être aussi grosse que le poignet.

Les roses Macartney [Rosea Bracteata^ fig. 563 à) font un magnifique effet, quand elles recouvrent un mur; rien de joli comme le feuillage brillant de ces rosiers et leurs fleurs simples, couvertes d'abeilles. Je préfère la rose Macartney simple à la variété double, car il arrive souvent que cette dernière ne fleurit pas bien. Ni Tune niPautre, d'ailleurs, ne réussissent dans mon jardin.

Il y a un autre groupe de roses plus belles, et pourrait-on dire plus délicates que les grandes roses hybrides remontantes ; ce sont les roses Thé. Mais il faut avoir soin de les protéger en hiver, car le froid les tue facilement. M. Wood m'a indiqué quarante-cinq variétés au moins qu'il regarde comme indispensables; j'en cultive toujours deux ou trois douzaines d'espèces. Les unes, comme la vicomtesse Decazes, ne veulent pas pousser dans mon jardin -, les autres, Homère, par exemple, semblent beaucoup plus rustiques, et se laissent facilement forcer au printemps; elles produisent alors une grande abondance de fleurs. Les rosiers thé aiment un terrain léger et assez sec ; ils aiment aussi Pair et la lumière; je les ai fait fleurir dans la serre à arbres fruitiers. Beaucoup de roses thé sont en pleine fleur, alors que les roses hybrides ont fini de fleurir. Je citerai principalement la Gloire de Dijon (fig. 564), sans contredit la plus belle des roses thé, la première à fleurir au printemps.

Qoo^^

la dernière à fleurir en automne. J'ai planté un de ces rcsicrs dans ma

Fig. 564,— Gloire de Dijon. Fig. 563. — Maréchal Niel. Fig. 565 a. — Mademoiselle

Marie Sislcy.

serre à arbres fruitiers, et il me donne des fleurs charmantes à une e'poque de Tannée où on accueille un seul bouton avec transport; ce rosier a une autre qualité, il pousse très vigoureusement et recouvre bien vite un kiosque tout entier; on peut aussi le cultiver en pyramide.

On a obtenu récemment une nouvelle rose admirable, appelée le Maréchal Niel (fig. 565). J'ai planté ce rosier dans bien des situations différentes, mais sans succès. Il ne m'a pas donné de fleurs, ou il a été tué par le froid de Thiver. Mademoiselle Marie Sisley (fig. 565 a) est une charmante rose thé jaune, justement admirée. La Devoniensis et une rose qui lui ressemble, la Devoniensis grimpante (fig. 566) sont de jolies roses thé qu'on ne saurait trop cultiver.

On cultive les roses Moussues (fig. 567) dans tous les champs qui entourent mon jardin ; on porte tous les jours à Londres une quantité considérable de ces fleurs pour les vendre dans les rues. Ces rosiers se multiplient facilement par division, il faut leur donner beaucoup de fumier. Il est bon, au printemps, de les tailler de très près, car ils ont alors beaucoup de fleurs. Il y a plusieurs variétés de roses moussues; les unes, blanches, telles que la Reine Blanche, Unique de Provence, White Bath et la Comtesse de Murenais; les autres sont roses ou cramoisies, telles que. Baron de Wassenaer, Frédéric Soulié, Gloire des Mousseuses, Lanéi et Marie de Blois. Toutes ces roses sont surtout admirables en boutons.

On ne peut se dispenser d'avoir des roses grimpantes. Il y a beau-

Qoo^^

coup d'espèces qu'il faut disposer en arbre, de façon à former de véritables écrans de fleurs au mois de juillet. Dans quelques situations, il

Fig. 566, — Devoniensis grimpante. Fig. 567, — Rose mouisue. Fig. 568. — Félicité perpétueUe.

est bon de les faire grimper le long de trois tiges de fer, disposées en trépied; on évite ainsi que le rosier soit renversé par le vent, ce qui arrive constamment, quand on le laisse grimper sur une seule tige. En un mot, on peut faire grimper les rosiers sur tout ce que Ton veut.

La Félicité perpétuelle (fig. 568) joue en Angleterre le même rôle que la rose Banksian en Italie. Pendant la saison de la floraison de ce rosier, je puis dire sans exagération que j'ai des milliers de boutons en fleurs; le jardin n'est jamais plus beau qu'à cette époque. Il ne faut pas négliger une autre rose, le Coureur de Dundee (fig. 569). La fleur a un caractère tout différent de la Félicité, mais elle a son

Fig. 569. — Coureur de Dundee. Fig. 569 ^* ~ ^^^^ canina. Fig.569 ^.— Rosa spinosissima.

charme particulier. La rose Blanche de Wells est une autre belle fleur grimpante; cependant, ce rosier ne me semble pas posséder la qualité que lui attribue M. Wood, d'être la plante grimpante la plus rapide qu'il y ait. Amadis est aussi une belle plante grimpante. Mais

de toutes ces espèces grimpantes, dont quelques-unes sont cependant fort jolies, celle que je préfère et que je recommande tout particulièrement, est la Félicité perpétuelle.

Malgré les couleurs brillantes, la forme exquise, le parfum délicieux debeaucoupde roses cultivées, je ne saurais réellement dire si onnetrouve pas plus d'harmonie entre le feuillage et la fleur chez la rose sauvage. Qu'on observe, par exemple, les plus belles des roses sauvages, Rosa canina (fig. 569 j) et Rosa spinosissima (fig. 669^).

J'ai disposé le long de la prairie, où se trouve le jeu de croquet, un long parterre contenant environ trois cents rosiers. De l'autre côté se trouve un parterre de roses thé. Le ruisseau qui traverse mon jardin est bordé de Félicité perpétuelle; autour du jeu de croquet se trouvent les splendides rosiers pyramides dont j'ai déjà parlé.

Sur le côté nord du lac, j'ai placé une collection de rosiers hybrides remontants et, près de la cascade, un véritable bosquet de toutes les espèces de roses; tous les arbres environnants sont couverts par la Félicité perpétuelle.

Les plantes grimpantes sont essentielles à l'effet général du jardin. Le lierre commun est peut-être la plus belle de ces plantes, tant la nuance de son feuillage est exquise. Quand le lierre a commencé à grimper autou'' d'un arbre, rien ne peut débarrasser celui-ci; il l'enserre de replis toujours plus nombreux, en ayant soin de produire des fleurs et des graines que les oiseaux S2 chargent de disséminer de tous côtés. Beaucoup d'arbres dans mon jardin sont recouverts de lierre, ce qui est assez utile quand on ne désire pas que l'arbre dépasse une certaine grandeur; les branches darbre couvertes de lierre ne grossissent pas davantage. Le lierre semble avoir une quantité de petites racines, mais ce ne sont véritablement pas des racines véritables. '

Le Lierre ( Hedera hélix) se faufile partout; quelquefois il prend le caractère d'un arbre, et un arbre, recouvert pour ainsi dire, par un autre arbre de lierre, offre un coup d'œil très pittoresque. Nous en avons plusieurs spécimens.

Qoo^^

Si le lierre ne trouve rien où s'attacher pour grimper, il pend en festons ; un des plus beaux exemples se trouve à la cascade de Dunkeld, en Ecosse.

Le lierre naturel, à petites feuilles, est beaucoup plus beau que le

lierre à grandes feuilles ou lierre irlandais.; cette dernière espèce cependant est utile dans certaines situations; je m^en sers, par exemple, pour recouvrir les murs de briques qui entourent une partie de mes réservoirs. Le lierre a plusieurs variétés char- Fig. 570 Fig. 571. mantes; chez les unes, les feuilles

L. à tcuilles argentées. L. à feuilles rayées d'or. sQ^t tachetéeS de blanC; cheZ

les autres ^ le feuillage prend les tons de Tor et de l'argent ; rien d^admirable comme un tronc d'arbre recouvert par Tune de ces variétés. J'ai représenté quatre variétés (fig. 670, 671, 672, 573) ;

Fig. 572. — Lerre à feuille tachetée d'argent.

Fig. 573. — Hcdera Klegantissima. Fig. 573Vi — Vigne vierge

si Ton veut recouvrir beaucoup d'arbres avec le lierre, il faut se procurer autant de variétés que possible, car chacune d'elles a une beauté particulière. Toutefois, tout bien considéré, je crois que le lierre commun des bois est la plus belle variété de toutes. Pour les murs, il faut employer la variété H, Rœpieriana,

On peut, dans quelques endroits, employer avec beaucoup d'effet la Vigne vierge {Ampélopsis hederacea, fig. 573 a). On se sert beaucoup de cette plante à Bade, où les feuilles prennent en automne

Qoo^^

une teinte rouge magnifique. En Angleterre, la couleur des feuilles en automne est loin d'être aussi belle, aussi ai-je presque exclu cette plante de mon jardin.

Un Liseron à fleurs nuancées de rose ( Convolvulus sepium , variété roseus^ fig. 573), s'emploie avec effet dans les situations écartées. On m'avait averti que c'est une mauvaise herbe qui me donnerait

Fig. 574. — Liseron sauvage à Fig. 574 a- — Ipomœa Fig. djS.— Glycine sinensis.

fleurs roses. Horsfellia:.

beaucoup de souci. Toutefois la fleur, comme toutes celles de la famille des convolvulus, est fort belle et je désirerais en voir quelquesunes çà et là. On le cultive beaucoup en Ecosse, où il est très admiré. Le convolvulus major ou volubilis a de nombreuses variétés qu'il faut cultiver dans quelques endroits. L'Ipomée ( Ipomœa Learii) a une fleur magnifique. Je n'ai pas essayé la culture de cette plante en plein air^ car l'araignée rouge l'attaque toujours. Je me rappelle avoir vu un jour cette plante couverte d'une centaine de fleurs épanouies, et rien ne saurait se comparer à cet admirable spectacle. Vlpomœa rubro-cœrulea a une fleur quelque peu semblable, et il a Tavantage de fleurir jusqu'au milieu de l'hiver. L'/. Horsfalliœ (fig. 574 j) a un beau feuillage, sa fleur rouge le rend utile pour la serre à fougères; cette variété exige une température de serre chaude. Parmi les plantes grimpantes cultivées en plein air, la Glycine ( Glycine sinensis, fig. 575) est sans contredit une des plus belles quand, au mois de mai, cette plante se couvre de fleurs; malheureusement la gelée la détruit souvent. On trouve sur la route qui conduit à mon jardin, quelques-uns des plus beaux spécimens qui se trouvent dans les envi-

Googh

28o MON JARDIN

rons de Londres; à Tootîng, par exemple, un seul plant recouvre complètement le mur de côté d'une grande maison, et au printemps il est littéralement couvert de milliers de fleurs. On cultive quelquefois la glycine sous la forme arborescente, ce qui produit un fort joli effet. Je cultive quelquefois le Lithospermum scandens [ûg. 576), car il convient admirablement pour recouvrir les treillages.

La Clématite odorante [Clematis vitalba^

Fig. 576,— Lithospermum scandcns. Fig. 577.— Clématite odorante. 578. — Clematis Jackmanni.

fîg.. Syy) doit se trouver dans tous les jardins; c'est une variété de la clématite sans odeur, plante sauvage qui pousse auprès de mon jardin. Ses fleurs blanches, au parfum très pénétrant, rendent cette plante précieuse au mois d'août; elle décore admirablement un kiosque. * On a introduit récemment des clématites hybrides qui contri-

/^ buent dans une grande

mesure à la décoration des jardins. Il faut cultiver ces variétés de façon 1 \ qu'elles paraissent aussi

naturelles que possible; rien n'est beau, en effet, comme de les voir grim-

Fiff. 57g.— Clematis Fig. 5So.--Clcmatite ,

lanuginosa. à fleurs pales. per Spontanément autour

des arbres, et de les voir se couvrir au mois d'août de leurs fleurs bleu brillant. La Clematis Jackmanni (fig. SyS) est, selon moi, la variété

Qoo^^

de beaucoup la plus belle. La Clematis laniiginosa (fig. 579) et une variété à couleurs pâles (fig. 58o) sont aussi fort belles-, on a, d^ailleurs, un grand choix de variétés.

Un jardin où ne se trouvent pas quelques beaux plants de Chèvrefeuille n'est pas digne du nom de jardin. L'espèce de ij, chèvrefeuille qui se couvre le plus tôt de feuilles est la Ai-^ Lonicera fragraniissima (fig. 58 1); ses petites fleurs '^'^ au parfum pénétrant s'ouvrent en janvier et persistent pendant février et mars. On doit toujours posséder cette variété. Un peu plus tard, vient la fleur pâle, au parfum si délicat, du chèvrefeuille hollandais prvlcoce; plus tard encore, fleurit le chèvrefeuille hollandais tardif (fig. 583). Les fleurs de cette variété ont une belle couleur, les feuilles sont très jolies, et le fruit écarlate constitue un véritable ornement. Ni le fleuriste, ni Tartiste, Fig. 581.- Lonicera ni le poète, ne peuvent se passer de cette admirable fleur, '"^s'"""****"""-

Plus tard encore fleurit le chèvrefeuille du Japon (fig. 584), dont les feuilles veinées sont si remarquables . Cette variété est très rustique; la fleur est petite et insignifiante, mais elle a un parfum très pénétrant. Elle

Fig. 5«2. — Chèvrefeuille Fig. 58J. — Chcvrefeuiiie F"ig. 584. — (Jicvrefcu.llc

hollandais précoce. hollandais tardit. du Japon.

se propage facilement par boutures, et il faut toujours lui faire une place dans le jardin. Il y a une autre variété de chèvrefeuille dont les fleurs ont le parfum du jasmin, mais elle supporte difficilement les froids de l'hiver.

a82 MON JARDIN

Le Jasminum nudijlorum (fig. 585) fleurit de novembre en mars. Ses fleurs jaune brillant sont admirables à cette époque. Il est bon de le planter dans une situation un peu abritée pour le préserver des froids excessifs; aucun jardin ne peut se passer de cette plante. Quant à moi, je la cultive auprès de mes kiosques.

Fig. 5}^ 5. —Jasminum Fig. 5^7 — Cissus

nudiflorum. di&:olor.

Fig. 586. ~ Jasmin blanc.

Le Jasmin blanc commun (fig. 586) est, peut-être, de toutes les fleurs celle qui a le parfum le plus délicieux. Il pousse bien dans mon jardin, mais pas aussi bien que je Tai vu dans d'autres endroits. Je cultive d'autres variétés de jasmins au milieu de mes fougères et principalement le Jasminwn Sambac et le Jasminum grandijloi^um. Je cultive aussi une variété qui porte des fleurs doubles ayant presque la grandeur d'une pièce de cinq francs. Toutes ces espèces font un effet charmant dans le jardin.

La Cissus discolor (fig. 587) que je cultive dans la serre des fougères surprend par la beauté de ses feuilles. Cest une des plantes les plus belles que Ton puisse voir, surtout en automne et au commencement

Fig. 588.— Cobcea scandens variegata. i Phîvpr

Le Cobœa scandens variegata (fig. 588) est une plante fort élégante

Googh

et que j'avais disposé^ en festons dans ma serre à fougères. Je me suis aperçu bientôt qu'elle demandait trop de place et j'ai été obligé de la mettre dehors.

Quand on veut couvrir un espace vide dans une serre, on peut avoir recours au Figuier grimpant {Ficus repens). Cette plante a de toutes petites feuilles et elle s'attache comme le lierre aux murs et aux rochers; elle est fort utile dans les endroits où les plantes grimpantes à fleurs ne veulent pas pousser.

Je cultive plusieurs espèces de Tropœolum. Le Tropceoliim Jarrattit est une plante à racines bulbeuses; il fleurit en serre au commencement du printemps. Cette plante doit être placée dans un endroit assez froid, car autrement elle périt vite attaquée par les pucerons. Il est intéressant de voir un petit ognon, variant en grosseur depuis une bille jusqu'à un œuf de poule, produire une tige frêle qui a cependant assez de vigueur pour envelopper complètement une boule de fil de fer ayant deux pieds de diamètre et pour se couvrir ensuite de fleurs de tous les côtés. Il y a une autre variété de tropœolum, le Tropœolum edulis^ qui se vend comme légume au Palais-Royal à Paris. J'en ai rapporté un plant, mais il n'a jamais fleuri dans mon jardin. Il y a quelques autres variétés qui sont précieuses en ce qu'elles fleurissent en hiver; Tune d'elles principalement, qu'on appelle la Boule de feu, orne de ses fleurs la Maison du Pauvre Homme pendant tout l'hiver et le commencement du printemps. On peut transporter la plante en plein air après sa floraison; elle se propage facilement par boutures.

Lors d'une de mes visites en Ecosse, j'ai eu occasion d'admirer une plante grimpante recouvrant le mur d'une maison ^ dans la vallée du Don. A peine avais-je exprimé mon admiration, que le propriétaire , avec ^^« '^?,cT.oT;r"^"" ^'«- 'c^SaTfenTJ!""'"" Tobligeance ordinaire aux Ecossais, m'en offrit un plant. Je le rappor-

tai en triomphe, aussi heureux de le recevoir qu'on avait été de me le donner. C'était le Tropceolum speciosum (fig. 589).! I! est originaire de TAmérique méridionale ; on le cultive peu en Angleterre, mais on peut se le procurer facilement chez les horticulteurs écossais. C'est une plante charmante à la tige délicate et à la fleur écarlate; il devrait y en avoir un plant dans tous les jardins.

Le Tropœolîim canariense (fig. 690) est une plante annuelle fort utile pour la culture en plein air.

La Gloriosa (fig. 591) est une plante qu'on voit bien rarement; cependant elle a une belle fleur.

Il y a deux variétés de Gloriosa. Je me rappelle avoir acheté un ognon de cette fleur chez M. Williams, fleuriste de Londres; je le plantai, mais un petit Achiménès vint à sa place. Je me plaignis naturellement, et le digne marchand me répondit qu'il ne pouvait pas me dire la cause de cette substitution, mais qu'il serait très heureux de me donner un autre

Fig. 591a. — Tacsonia Van Volxemii.

Fig. 591. — Gloriosa, Fig. 595. — jEschj-nanthus.

ognon. A mon grand ctonnement, ce nouvel ognon resta en terre une année entière sans pousser, puis, au bout de ce temps, se développa très vigoureusement ; c'est là, sans contredit, un fait physiologique très curieux.

Il y a une jolie famille de plantes appelée jEschynanthtts (fig. 592),

Qoo^^

qui convient admirablement pour les corbeilles que Ton peut suspendre aux piliers ou au plafond d'une serre. Je conseille de choisir une espèce à fleur écarlate, car ce sont celles qui ressortent le mieux sur le feuillage dont la serre est remplie.

Je cultive en serre VAristolochia bra\iltensis ou A. or-

Fig. 593. - Aristolochia braziliensis. nithoCCphala (fig. Sg'i), doUt ks

fleurs sont si extraordinaires qu'elles étonnent tous mes visiteurs. Cette fleur est si grande et elle ressemble si peu à aucune autre, qu'il est impossible de la décrire ; sa surface entière est recouverte de taches que l'on dirait imprimées. Un jour que la plante était en fleurs et que j'avais un assez grand nombre de visiteurs, je laissai supposer aux uns que c'était une fleur artificielle, tout en assurant à d'autres qu'elle était naturelle. Quelque temps après, je retrouvai les deux partis qui examinaient la plante avec soin, et aucun d'eux ne pouvait décider ce qu'il en était véritablement.

Le Clianthus Dampieri (fig. 594) n'a jamais bien réussi chez moi. Cette plante exige un traitement tout spécial ; l'humidité paraît lui déplaire beaucoup. La couleur de ses fleurs est magnifique.

Il est impossible de se passer des Passiflores.

Une des espèces les plus utiles est la PassiJIora kermesina (fig. SgS), qui fleurit toute l'année. Les jeunes branches, extrême- ^

ment tendres, pendent de ^'g- 594.-ClianUiu8. Fig. 595. - Passillora kermesina.

tous côtés, et une fleur ou un bouton à fleurs pousse dans l'axe de

toutes les feuilles. La Passiflora racemosa est aussi belle et peut-être plus brillante encore. Elle produit des grappes de fleurs écarlates qui retombent sur les vertes fougères, ce qui augmente leur beauté en fournissant la couleur complémentaire du vert, point essentiel si Ton veut obtenir un grand effet. La Passijlora cœlestina est très belle. Je cultive aussi la Passijlora Bellotti^ la Passijlora macrocarpa^ la Passijlora quadrangularis^ et la petite espèce, si intéressante, à feuilles atfeaant la forme de l'aile de la chauve-souris, et à fleurs blanches-, mais les jardiniers n'aiment pas cette dernière espèce, parce qu'elle n'est pas assez brillante. Les variétés de passiflores dont je recommande la culture, sont: Passiflora kermesina^ P. racemosa^ P. cœlestina, et P. quadrangiilaris. J'ai fréquemment essayé de cultiver la P. cœrulea en plein air, mais les froids de l'hiver Tout toujours tuée. Cette plante se plaît sur les collines qui entourent Croydon ; là, elle se couvre de beaux fruits dorés, mais là non plus, elle ne résiste pas aux très grands froids. Les figures 384 et 385, qu'on trouvera dans le chapitre sur les arbres fruitiers, représentent le fruit de deux espèces de passiflores.

Il ne faut pas oublier la Tacsonia Van Volxemii (fig. 691 a) qui est alliée au passiflore. Cette plante porte des fleurs écarlates qui s'épanouissent au bout d'un pédoncule ayant six pieds de long; Teffet produit est splendide. Pendant une certaine année, cette plante parvint à

sortir de la serre par une crevasse et alla recouvrir un cerisier d*où les fleurs retombaient naturellement. J'ai vu dans des expositions la Tacsonia Buchanani ou Passijlora vitifolia. Cette dernière espèce a des feuilles qui ressemblent beaucoup plus à celles des passiflores qu'à celle de la Tacsonia; elle n'a pas encore fleuri chez moi. Fig. 596. - Hoya camosa. j^ ^^,^^^ beaucoup d'espèces de Hoya.

La Hoya camosa commune (fig. 596) est peut-être la plus belle de toutes ; c'est une plante grimpante qui atteint de grandes dimensions. La Hoja bella (fig. 697) et la Hoya Paxtoni sont de jolies petites es-

Qoo^^

pèces aux fleurs dont le parfum est très développé ; je préfère la Hqya

Fig» 597. — Hoya belia. Fig. 597 a. — Hoya Fig. 598. — Combrclum purpureum.

campanulata.

bella^ mais il est difficile de la conserver en hiver, parce que les racines ont une certaine tendance à pourrir. La Hoya imperialis est une grande espèce. Mais, en somme, je considère que la Hoya bella et la Hoya carnosa sont les deux seules qui soient indispensables. M. Lawrence cultive la Hoya campanulata (fig. 597 a).

Le Combretum purpureum (fig. 598) est une belle plante grimpante, mais elle ne pousse pas toujours aussi bien que Ton voudrait ; il faut la surveiller avec soin, car elle est sujette aux attaques de Taraignée rouge; il lui faut une atmosphère humide.

Fig. 600. — Clerodendrum Baltourii.

fig. 599. — Clerodendrum Fig. 600 J. — Thimbergia

splendens. alata.

Je cultive deux Clerodendrums ; l'un, le Clerodendrum splendens (fig. 599), qui a de splendides fleurs écarlates; l'autre, le C/eroiewdrum Balfourii (fig. 600), qui fleurit en serre vers la fin de juin.

Qoo^^

Quand on peut placer la Stephanotis Jloribunda (fig. 601) dans un endroit bien exposé au midi, cette plante peut certainement lutter en beauté avec toutes les autres. Elle se couvre de fleurs blanc pur que Ton apporte en quantités considérables au marché de Covent-Garden pour en faire des bouquets de mariage. Cette plante ne réussit pas très bien dans ma serre à fougères, qui est exposée au nord.

Fig. 601. ~ Stephanotis tlonbuiida. Fig. 603 a. — Hougain>

villea !»pcciosuni.

Fi^', 602 . ~ Maodevilla suaveolens.

La Mandevilla suaveolens (fig. 602) est une charmante plante grimpante qui devrait se trouver dans tous les Jardins. Les Bongainvillea (fig. 602 a) sont des fleurs extraordinaires ayant une grande beauté, mais elles exigent beaucoup d'espace.

Le Stigniaphjllon ciliatum (fig. 6o3) est une des plantes grim-

Fig. 6o3.— Stigraaphyllon c.liatum. Fig. ôo3 a. — Houblon. Fig. 604. — Abulilon vcxillariuni

pantes de serre les plus jolies; il fleurit bien dans les parties les plus froides de ma serre à fougères ; il porte de grandes fleurs jaune vif qui

Qoo^^

ressemblent aux plus belles orchidées. C'est certainement une fort jolie plante et qui est loin d'être commune.

VAbutilonvexillarium on A. Megapotatnicum (fig. 604) est une autre plante grimpante qui produit une grande abondance de fleurs dans les parties les moins chaudes de la serre à fougères. Le seul souci que vous procure cette plante, c est de la contenir dans les dimensions convenables. Elle se propage facilement par boutures. J'ai cultivé beaucoup de Thunbergia. Les espèces communes

Thunbergia alata (fig. 600 a) et Thunbergia aurantiaca^ avec leurs belles variétés, font la désolation des jardiniers, parce qu'elles attirent les insectes ; je crois m'être aperçu qu'il en est véritablement ainsi si on ne fait pas pousser la plante assez vite. La Thunbergia fragrans est rig.6o5. - Thunbergia laurifoiia. une charmante plante peu commune; la Thunbergia laurifolia (fig. 6o5) est au-dessus de tout éloge, à cause des belles fleurs bleues si délicates et en même temps si décoratives dont elle se couvre en décembre et en janvier.

On a dernièrement introduit une vigne vierge à feuilles fort jolies, mais on ne peut la cultiver en plein air.

Je ne saurais trop recommander non plus un Igname à feuilles richement colorées, qu'on a aussi introduit dernièrement.

Dans cenaînes situations le Houblon (fig. 6o3 a) est une plante grimpante décorative; cependant, on ne le trouve chez moi que dans les haies qui entourent mon jardin, et j'essaye autant que possible de m'en débarrasser, car c'est une mauvaise graine fort incommode.

La Lapageria rosea (fig. 606) est une belle plante presque rustique. Placée dans la serre à arbres fruitiers, elle résiste parfaitement aux firoids de Thiver ; j'essaye ^'8 6og. - Upagcna rosca. niaintenant de la cultiver en plein air , et je ne sais pas encore si mes

Smee* Hon Jardin, i g

efforts seront couronnés de succès. Cette plante a de belles fleurs charnues et de grandes feuilles un peu raides.

La Dipladenia amabilis (fig. 607) a de grandes fleurs brillantes; la Allamanda Hendersonii (fig. 608) a de grandes fleurs jaune vif. Je possède ces deux espèces que les fleuristes mettent au premier rang des fleurs d'exposition; mais, selon moi, elles ne peuvent se comparer à beaucoup de plantes que j'ai citées, bien qu'elles ne soient jamais exposées. Qu'on me permette d'ajouter que le goût de notre époque et la passion pour les expositions florales ont fait beaucoup pour ruiner la beauté des jardins.

Fig. 607. — Dipladenia amabilis. Fig. 607a. — Calys- Fig. 608.— Allamanda Hendersonii.

tegiapubescens.

Il ne taut pas omettre de notre liste les roses grimpantes. La Calystegiapubescens (fig. 607 a), originaire de la Chine, est fort utile pour recouvrir des treillages peu élevés ; cette plante porte en abondance des fleurs roses et blanches qui atteignent à peu près la grandeur d'une pièce de cinq francs.

La culture de tant de plantes grimpantes au plafond de ma serre à fougères exige beaucoup de soins, car il faut ménager assez de lumière pour les fougères. Je pourrais me contenter d'une seule plante grimpante qui garnirait tout ce plafond; mais le changement de feuillage, la variété des formes et des couleurs offrent un spectacle si charmant, que je sacrifie la perfection de croissance à la variété, et que je préfère admirer tour à tour ces belles plantes, plutôt que d'amener chaque espèce à une perfection qui lui est certainement due.

Qoo^^

MES ORCHIDEES

MES ORCHIDÉES

Beaucoup de personnes parlent des Orchidées comme de plantes excentriques qu'il faut regarder avec étonnement et non pas avec admiration. Quant à moi, je considère que, par leur forme et par leurs couleurs, ce sont les plus charmantes de toutes les fleurs qui ornent nos bois et nos champs. Bien que quelques orchidées européennes soient remarquablement belles, cependant, les espèces tropicales seules nous permettent d'admirer ces fleurs dans toute leur beauté. Dans le comté de Sun-ey seul, on trouve vingt-huit espèces d'orchidées anglaises. On en trouve dans les champs qui entourent mon jardin, et, plus encore, sur les collines de craie. Presque toutes les orchidées anglaises sont terrestres et ont des ognons ou de quasi-ognons.

Tout d'abord, je cultive l'orchidée commune {Orchis mascula^ fig. 609), qui abonde dans le comté de Kent et dans presque toutes les parties de l'Angleterre; elle fleurit en avril et en mai, et est si belle qu'on ne saurait en avoir une trop grande quantité. Je me les procure en arrachant les racines dans les haies, en février et en mars, avant que la fleur paraisse. Bien que beaucoup d'entre elles aient admirablement fleuri chez moi et aient produit des graines chaque année, je n'ai jamais su comment les multiplier. En un mot, je ne saurais dire comment

Fig. 609. — Orchis mascula.

Fig. 610. — Orchidée abeille.

Fig. 611. — Orchidée mouche.

elUes se propagent, bien qu^elles poussent, qu'elles fleurissent et qu'elles produisent si bien des graines dans mon jardin.

Qoo^^

2Ç)i MON JARDIN

Je fais toujours de grands efforts pour me procurer POphryde abeille {Ophrys apifera^ fig. 610), car une corbeille de ces plantes est extrêmement belle. Cependant je n'en ai jamais autant que je voudrais, bien que Tespèce pousse tout près de mon jardin, dans des champs que j'occupe. Ces orchidées, plantées dans de la terre de bruyère, fleurissent très bien chez moi.

Uophryde mouche {^Ophrys muscifera^ fig. 61 1 ) est une autre belle espèce-, mais, malgré mon admiration pour elle, je ne la cultive guère. Je la place ordinairement, avec Pespèce précédente, au milieu de mes plantes alpines.

L'orchidée homme {Aceras anthropophora^ fig. 612) est une autre fleur curieuse, mais pas aussi belle que les deux espèces précédentes. On l'appelle orchidée homme, parce que la fleur ressemble quelque peu à un petit homme sautillant en l'air. Ces orchidées se plaisent sur

Fig. 6i3. — Orchidée Fig. 6i3. — Orchidée papillon. Fig. 614. — Orchis mieuliU.

homme.

le côté méridional de nos collines de craie; c'est là que je me procure mes spécimens.

Je cultive aussi l'orchidée papillon {Habenaria chlorantha^ fig. 61 3), l'orchidée maculée [Orchis maculata^ fig. 614), et l'orchidée commune des marais {Orchis incarîtata^ fig. 6i5). J'en cultiverais beaucoup d'autres espèces, j'en aurais même par centaines, mais je ne peux me les procurer et je ne peux trouver le temps de les chercher. Pendant les deux ou trois dernières années, quelques-unes de mes plantes ont admirablement fleuri, puis elles sont mortes soudain sans que je sache pourquoi.

Googh

MES ORCHIDÉES 293

Pendant un voyage en Ecosse, en 1 87 1 , je me suis procuré une grande quantité de Goodyera repens (fig. 616). J'ai trouvé aussi dans

rig.6i5.-OrchiiincaniaU. •^^^s-jsaiAiW^ ^JT Fig. 617.— Cypripe-

dium calceolus.

Fig. 616. — Goodyera repeDs.

la vallée du Don des quantités considérables de la Listera cordata. Le Sabot de Vénus [Cypripedium calceolus, fig. 6 17) est une des plus belles et des plus rares de nos fleurs anglaises. Elle n'a jamais bien réussi dans mon jardin, pas plus d'ailleurs que le Cjpripedium spectâbile^ de T Amérique du Nord; ce sont deux fleurs admirables que Ton devrait cultiver partout où elles réussissent. On pourrait se procurer ces fleurs en Amérique, à très bon marché.

Je cultive toutes mes orchidées terrestres dans la terre de bruyère légère qui paraît mieux leur convenir que tout autre terrain. On trouve dans l'Europe méridionale beaucoup d'espèces d'orchidées ; en Italie et en Grèce, elles poussent dans les champs comme nos boutons d'or, et je suis persuadé qu'on trouverait de nombreux acheteurs si on les importait en Angleterre.

Le comte de Paris, grand admirateur de ces fleurs charmantes, en a exposé une magnifique collection qu'il s'est procurée en Espagne et ailleurs. Les orchidées terrestres sont si communes dans les jardins Boboli, à Florence, que, dans quelques parties du parc, il y a plus d'orchidées que de gazon. Je persuadai au jardinier de me donner un assez grand nombre de ces plantes, mais elles n'ont pas réussi dans «non jardin.

Qoo^^

Les orchidées les plus belles ne sont pas terrestres; dans leur pays natal, elles croissent sur les arbres et sur les rochers auxquels leurs racines s'accrochent ; on les appelle pour cette raison plantes aériennes; je pense toutefois qu'elles doivent soutirer beaucoup de nourriture et principalement des sels aux plantes sur lesquelles elles poussent. Pendant la période de croissance , il faut absolument aux orchidées une atmosphère presque saturée d'eau; jl est désirable, d'ailleurs, que Tair qui les entoure soit très humide à toutes les époques de Tannée. L'excès de chaleur et les variations continuelles du degré d'humidité de l'atmosphère détruisent probablement plus d'orchidées que toute autre cause. Elles ne peuvent supporter une atmosphère sèche; la chaleur combinée à la sécheresse est pour elles une cause certaine de mort. Je n'ai pas la prétention de cultiver les orchidées exotiques, mais je ne refuse jamais un plant que peut m'offrir un ami. Chez moi, avec le système que j'emploie, ces plantes poussent aussi facilement que les mauvaises herbes; grâce aux cadeaux de mes amis, j'ai actuellement plus d'orchidées en excellente santé qu'il n'y en avait en Angleterre à l'époque de ma naissance. Tout le secret consiste à donner aux plantes beaucoup d'eau, sous forme d'humidité dans l'atmosphère, en s'abstenant d'arroser les racines. Je cultive la plus grande partie de mes orchidées dans la serre à fougères, et dans la serre à concombres celles qui demandent le plus de chaleur. Quelques-unes, telles que les Cypripedium et le Dendrobium nobile n'exigent, en hiver, que quelques degrés au-dessus de zéro; un peu de gelée ne leur fait même pas de mal, cependant il faut tâcher d'éviter cet accident. Toutes les orchidées aériennes aiment la lumière, mais elles redoutent les rayons directs du soleil. Ces plantes ne réussissent jamais bien dans une grande serre, probablement parce que l'état hygrométrique de l'atmosphère y varie constamment. Les orchidées cultivées dans ma serre à fougère sont placées dans une partie de la serre qui reçoit la lumière du sud; mais une rangée d'arbres intercepte les rayons du soleil en été, et en laisse passer en hiver juste assez pour ne pas incommoder les plantes.

La plupart des orchidées réussissent très bien si on les plante dans

Qoo^^

MES ORCHIDÉES

un pot plein de morceaux de pots cassés, mélangés à des fibres de tourbe et à de la mousse. Les racines sont, par ce système, constamment exposées à Tair et à Thùmidité.

L'orchidée chinoise {Dendrobium nobile^ fig. 618) est, peut-être de toutes, celle qu'il faut préférer pour ses qualités. En été, elle pousse très bien dans la serre à vigne; peut-être, cependant, aimerait-elle un peu plus de chaleur à cette époque. Elle se repose en hiver ; on peut la conserver alors dans quelque endroit que ce soit, pourvu qu'il n'y gèle pas. Au printemps , chaque tige se couvre de boutons qui fleurissent en février et en mai.

Fig. 618. — Dendrobium nobile. Fig. 6i8 a. — Disa

granditlora.

Fig. 6 19. — Dendrobium Picrardii.

La Disa grandîjlora (fig. 618 a) est une magnifique orchidée que j'espère posséder quelque jour. Les Lœlia (fig. 620 a) revêtent des nuances exquises. Je cultive beaucoup d'autres Dendrobium. Le Den-

Fig. 620. — Dendrobium Fig 620 a.— I-œlia Fig 621. — Phalœnopsis granditlora.

anceps.

drobium Pierardii (fig. 6 1 9) a[de longues tiges nues qui se couvrent

Qoo^^

de fleurs au printemps; beaucoup d'autres espèces magnifiques (fig. 620) ornent ma serre à fougères.

Le Pkalœnopsis grandijlora (fig.62i)'est une autre orchidée magnifique portant des fleurs blanches sur une longue tige. Cette plante est toujours en fleur. Je ne saurais dire si cette abondance de fleurs Pépuise, mais il est un fait certain, c'est qu^elle meurt bientôt. On m'en a donné deux qui ont bien poussé pendant quelques années, mais dernièrement elles ont montré des signes de maladie. Cette espèce exige toute Tannée la température de la serre à concombres ; évidemment il lui faudrait un traitement particulier relativement à ses périodes de repos et de croissance, mais on ne sait pas encore lequel.

Je possède une ou deux Vanda qui sont absolument exotiques. La Vanda tricolor (fig. 622) et d'autres espèces exigent toute la chaleur de la serre à concombres. Je cultive avec succès beaucoup d'espèces du genre Oncidium, qui me donnent de très belles fleurs. UOncidium

Fig. 622. — Vanda.

Fig. 624. — Oncidium altissimum .

Fig. 623. — Oncidium papilio.

papilio (fig. 623) porte à l'extrémité de sa tige une fleur qui ressemble à un papillon. Une fleur suit l'autre et la tige, après s'être reposée quelque peu, produit une nouvelle fleur. Cette plante si belle et si curieuse fleurit plusieurs fois dans l'année ; elle se plaît bien dans la serre à fougères et s'y développe constamment.

Quelques espèces d'oncidium ont des tiges à fleurs qui ont jusqu^à quatre ou cinq mètres de long ; j'en possède une dont la tige a trois

Qoo^^

MES ORCHIDEES 297

iéressant d'étudier la croissance de VOncidium ; la tige pousse d'abord dans toute sa longueur, on une petite tige, de telle façon que la longue >s garnie de fleurs d'un bout à l'autre. um (fig.625) est une jolie espèce brésilienne; elle

Fig. 626. — Oncidium Harrisii. Fig. 626 a.— Oncidium luridum.

a serre à concombres. VOncidium Harrisii itraire dans la serre à fougères et pousse des tiges i de long. VOncidium luridum (fig. 62G a) et I (fig. 626^) poussent aussi très bien chez moi.

Fig, 628. — Phajus grandiHora.

Fig. 637. — Mantisia saltatoria.

jrieuse qui fleurit bien dans mon jardin, quoimune ; elle s'appelle la Mantisia saltatoria ou Les tiges de cette plante meurent en hiver ; au

printemps elles repoussent et les fleurs durent presque tout Tété. Cette plante est plus curieuse qu'elle n'est belle.

Fig. 629. — Cattleya Mossiae. Fig. 63o. — C. Skinncri. Fig. 63o a. — C. crispa.

Le Phajus grandîfora (fig. 628) est une autre orchidée terrestre de grande beauté. Les bulbes de cette plante se forment en été; la plante se repose en hiver et, au commencement du printemps, elle pousse des tiges qui portent des fleurs d'une forme charmante et d'une coloration exquise. Cette espèce est très belle et sa culture exige peu de soins.

Les Cattleya sont originaires de l'Amérique centrale ; ces plantes portent des fleurs d'une grandeur étonnante. Je cultive la Cattleya labiata^ la C. Mossiœ (fig. 629), la C. Skinneri (fig. 63o), laC. crispa (fig. 63o a) et la C Forbesii, Ces espèces sont très belles et elles ont le rare mérite de ne pas exiger une chaleur excessive. Pour que les fleurs atteignent toute leur perfection, il faut que les bulbes soient bien mûres; on est toujours sûr de rencontrer les cattleya dans les expositions florales, et les pauvres plantes ont terriblement à souffrir de tout ce qu'on leur fait endurer, soit pour hâter leur floraison au moyen de la chaleur, soit pour la retarder au moyen du froid, de façon à pouvoir les exposer à jour fixe.

Les Maxillaria, ou fleurs à mâchoires, forment un groupe remarquable. J'en possède plusieurs espèces ; la Maxillaria Harrisonii est une des plus belles. La Maxillaria Jimbriata (fig. 63 1) se couvre d'une grande abondance de fleurs singulières. Une espèce voisine, la

Qoo^^

MES ORCHIDÉES

Lycask aromatica (fig. 632) est remarquable par le grand nombre de ses fleurs et leur parfum délicat.

Fif. 63 1. — Maxiilaria fimbriata. Fig. 632* — Lycaite aromatica.

Fig. 633. ^Cypripcdium villosum.

J'ai trois ou quatre espèces de Cypripedium; quiconque possède une s^rre chaude peut en cultiver une grande quantité. Le Cjyripedium migne ei le Cjyripedium barbatum sont les espèces les plus communes et qui se cultivent le plus facilement ; pendant ces dernières années, on a importé beaucoup d'autres espèces du plus grand mérite. La figure 633 représente une espèce, le Cypripedium villosum^ cultivée par M. Terry; mais on en cultive aujourd'hui de bien plus belles encore.

Le Cypripedium caudatum est une espèce très remarquable et très intéressante que malheureusement je ne possède pas à présent.

Je cultive la Brassia maculata (fig. 634) . Originaire de la Jamaïque, cette plante se plaît dans la serre à fougères et y fleurit bien.

Mais, pour quiconque ne connaît pas les orchidées, rien n'est plus surprenant peut-être, que de voir des bulbes, les unes ayant des feuilles, les autres n'en ayant pas, plantées dans un panier plein de inousse et pousser une tige portant quatre ou cinq belles fleurs. La Sîanhopca (fig. 635) se cultive ainsi. Je me rappelle encore la sensation produite quand madame Lawrence en a exposé un spécimen

Fig. 634. — Brassia iiîaculata.

Googh

3oo

Fig. 635. — Stanhopca

il y a bien des années. Mais ces plantes sont aujourd'hui passées de

mode, et les fleuristes qui cultivent les orchidées, aimant mieux les prix que les plantes, ne veulent plus s'en occuper.

En effet, elles poussent facilement, mais elles ont un grand désavantage, les fleurs ne persistent que quelques jours, au lieu de durer pendant plusieurs semaines comme chez presque toutes les autres orchidées.

J'ai une ou deux espèces dCAërides (fig. 636). Ce sont de belles plantes, mais comme les Vandœ^ il leur faut beaucoup de chaleur. J'ai aussi deux ou trois espèces d'Epidendrum qu'il est inutile de décrire.

L'admirable genre Anœctochtlus {ûg^ 637) est représenté dans mon jardin par deux espèces. UA, argent eiis est peutêtre de toutes les plantes connues celle qui a la plus belle feuille; VA. Lomi àt Bornéo, est une magnifique espèce. Je ne puis résister au désir de représenter dix espèces cultivées aujourd'hui par M. Terry, qui réussit très bien dans la culture de ces admirables plantes, et qui a peut-être la plus belle collection qui se trouve en Angleterre. Ces plantes aiment une atmosphère humide; les deux seules espèces que je possède, poussent très bien.

La Calanthe vestita (fig. 638} est une plante que Ton cultive très facilement; elle pousse aussi bien qu'aucune autre orchidée. Elle forme de grosses bulbes en été; vers Noël elle commence à pousser ses tiges à fleurs, qui atteignent de un à deux pieds et demi de longueur et qui se couvrent bientôt de fleurs admirables. On peut, en ayant beaucoup de plants, prolonger pendant longtemps le temps de la floraison. Il y a beaucoup de variétés de calanthes qui diffèrent par la couleur de leurs fleurs.

Fig. 636. — Aérides crispum.

Qoo^^

MES ORCHIDÉES 3oi

Les OdonÈoglossum sont d'admirables fleurs originaires de l'Amérique centrale. VO, grande (fig. ôSg) est une plante magnifique; il

Fig. 637. — I. Anaectochilus argenteus, Brésil ; 2. A. Lowii, Bomeo; 3. A. ordiana; 4. A. (macodes) petoia, JaTa ; 5. A. xantophyllus, Ceylan ; 6. A. argentcus pictus, Brésil ; 7. A. setaceus iotermedius, &}ian; 8. A. Veitchij, Java; 9. A. DawsoaiaQus, Indes orientales; 10. A. setaceus, Ceylan.

lui faut une température modérée, trop de chaleur lui nuit. L'O. Alexandriœ (fig. 640) est aussi une superbe fleur qui mérite d^être

Fig. 638. — Calanlhe vestita. Fig. 638 j. — Tncopilia Fig. 639. — Odontoglossum grande.

tortili».

beaucoup cultivée. VO. pulc hélium a une Jolie petite fleur blanche.

3o2 MON JARDIN

M. Gassiot m'a donné un beau plant de Tadmirable O. Phalœnopsis (fîg. 641), qui se plaît beaucoup dans la serre à fougères. Les odon-

Fig. 643. — Miltonia.

Fig. 640. — O. Alexandreise. Fig. 641, — O. Phalscnopsis.

toglossum n'aiment pas une trop grande chaleur , il leur faut toutefois beaucoup de lumière, mais pas les rayons directs du soleil.

La Tricopilia îortilis (fig. 368 a)^ originaire du Mexique, est remarquable par la disposition singulière des pétales de ses fleurs; elle pousse dans la serre à fougères.

Les Miltonia ( fig. 642 ) ont des fleurs charmantes ; mais ce sont des plantes difficiles à cultiver et qui exigent beaucoup de chaleur; elles n'ont pas bien réussi chez moi.

Il est une plante que les Espagnols admirent beaucoup, ils lui

donnent le nom d'Orchidée tourterelle, ou d'Orchidée Saint-Esprit [Peristeria alata^ fig.

643). Cette plante pousse fort bien dans la serre à ' concombres, où elle forme

, des bulbes aussi grosses

qu'un œuf de dindon. De la bulbe s'élèvent une ou

Fig, 643. — Orchidée Fig. 644. — Angrœcum scsquipcdalc. i ' *. /j ^

tourterelle. ^ deux tigcs a fleurs, ayant

à peu près trois pieds de haut, qui se couvrent bientôt de grosses fleurs

Qoo^^

MES ORCHIDÉES 3o3

blanches charnues, dont la partie centrale ressemble à une tourterelle. C'est en somme une fleur plus curieuse pour les souvenirs qu'elle rappelle que pour sa beauté intrinsèque ; un seul plant suffit donc comme spécimen.

Je ne possède pas à présent VAngrcecum sesquipedale (fig. 644). Cefte plante porte une fleur blanche, elle est remarquable par une espèce de long appendice; malheureusement les insectes attaquent souvent cet appendice, le détruisent et alors la plante paraît ridicule. On a dernièrement importé la Masdevallia Veitchii (fig. 645) ; c'est une plante remarquable qu'il est bon de posséder.

Chacun connaît le parfum délicieux et si pénétrant de la vanille [Vanilla aromatica, fig. 646), mais ce que tout le monde ne sait pas,

Fig. 60. — MasdcvaiUa Fig. 646. — Vanille. Fig. 647. — Caîlogyne cristata.

Vcilchii.

c'est que ses gousses sont le produit d'une orchidée grimpante. Cette orchidée, que je cultive dans ma serre, grimpe le long du plafond supportée par des racines qui ont de six à huit pieds de long. Le fruit, qui consiste en une longue gousse, est employé, comme l'on sait, pour parfumer. Le plant que je possède m'a été donné par M. Terry, qui en a de beaux spécimens. Cette plante porte rarement des fruits en Angleterre, bien que j'aie vu de belles gousses à Sion House. La vanille exige pour mûrir une pleine exposition au soleil ; j'ai vu des plants chargés de fruits au jardin botanique de Florence où, sans doute, le puissant soleil d'Italie contribue beaucoup à amener les fruits à toute leur perfection.

3o4 MON JARDIN

La Cœîogyne cristaia (fig. 647) est une belle orchidée du Népaul, qui réussit bien dans une serre à fougères. Elle forme ses bulbes en été, et, peu après Noël, elle pousse ses tiges à fleurs qui retombent gracieusement sur les côtés du pot dans lequel elle est plantée. Cest une plante charmante à tous égards.

Les plantes en forme d'urne accompagnent ordinairement les orchidées. La plus ancienne et la mieux connue, la Nepenthes distillatoria^ s'est presque perdue ; elle est devenue fort rare il y a un an ou deux. J'ai eu cette variété et je possède aujourd'hui la Nepenthes levis^ qui forme de belles urnes. La Nepenthes ampullacea est la plus belle de toutes; elle forme des urnes d'une grosseur prodigieuse. Personne ne peut dire quel peut être Tusage de ces urnes qui quelquefois sont - pleines d'eau. La Nepenthes Rafjlesiana (fig. 648) est

aussi fort belle. Mais ces plantes sont difficiles à cultiver, il ne faut jamais les laisser se dessécher, ou elles périssent infailliblement.

C'est un spectacle fort curieux de voir la collection de MM. Veitch qui est peut-être la plus belle qu'il y ait en Europe. Leurs formes gracieuses, leur conformation incompréhensible attirent malgré soi, aussi Fig.648.-Nepenthes J'^^g^S^ ^^^^ ceux qui le peuveut, à cultlvcr au

Rafflesiana. ^^^^^ ^^^ j^ ^^^ plantes.

Les Saracenia qui sont des plantes urnes diminutives sont aussi fort curieuses et ont des fleurs remarquables. Je m'en suis procuré bien des fois et malheureusement elles ont toujours péri au bout de quelque temps ; en effet, comme il arrive pour toutes les plantes de marécage, il est fort difficile de les placer dans leurs conditions naturelles. Je suis disposé à croire que beaucoup d'espèces pousseraient en plein air, et la première fois que je pourrai m'en procurer un certain nombre, j'essaierai certainement de les acclimater.

Ceux qui cultivent les orchidées les aiment ordinairement beaucoup. Presque toutes sont restées à l'état de nature, car, à bien peu d'exceptions près, elles n'ont pas encore été touchées par les fleuristes. Dans une serre à orchidées bien garnie, on peut voir en quelques minutes autant

QiOo^z

LES FLEURS ALPINES 3o5

déplantes qu'on en verrait en faisant des milliers de lieues; d'ailleurs , ceux qui ont vu les orchidées dans leur pays natal me disent que les fleurs que nous obtenons dans nos serres sont plus belles encore que celles des orchidées poussant dans les bois de leur pays. Toutefois, il n'est guère de joie sans quelques peines; or, la peine que cause la culture des orchidées, c'est l'exposition constante à Tatmosphère chaude et humide qui leur est nécessaire, mais qui convient peu à la santé de l'homme. Quoi qu'il en soit, il n'y a rien de plus agréable que la possession d'une serre à orchidées, car, même avec ma collection si limitée, il se passe à peine un jour où je n'aie chez moi quelques fleurs admirables.

Avec leurs grands sommets, leurs glaces éternelles, Par un soleil d'été, que les Alpes sont belles! Tout dans leurs frais vallons sert à nous enchanter, La verdure, les eaux, les bois, les fleurs nouvelles. Heureux qui, sur ces bords, peut longtemps s'arrêter ! Heureux qui les revoit s'il a pu les quitter l

GuiRAUD.

Pendant ces dernières années, les plantes de couches, c'est-à-dire les plantes conservées en serre pendant Thiver et plantées en plein air au printemps, ont fait positivement rage. Les géraniums et les calcéolaires traités ainsi se couvrent de fleurs, et, dans certaines situations, des corbeilles remplies de ces plantes sont réellement admirables. Néanmoins, sauf dans quelques endroits bien rares, ces fleurs ainsi disposées laissent beaucoup à désirer; puis, faut-il Tavouer, on rencontre partout rinévitable géranium et on n'éprouve plus nulle part le charme de la nouveauté.

On trouve, au contraire, une variété perpétuelle dans la quantité innombrable d'admirables petites fleurs qui tapissent les Alpes, les PjTénées ou même les collines élevées et les bruyères de l'Angleterre. J ai donc formé deux jardins où je cultive les plantes alpines ; outre cela, je cultive dans des endroits spéciaux les sedums, les joubardes et

Smec. Mon jardin» ao

Googh

3o6 MON JARDIN

les saxifrages. A toutes les époques de Tannée, on peut trouver dans ces jardins quelque charmant objet à admirer; presque toujours, d'ailleurs, il y a un assez grand nombre de ces variétés en fleur pour réjouir les yeux.

J^ai construit d'une façon toute particulière mes jardins destinés à la culture des plantes alpines. L'un se trouve à l'extrémité orientale du vallon des fougères; il consiste en un petit monticule dans la formation duquel j'ai employé principalement des terres fibreuses et de la terre de bruyère. Çà et là j'ai fait placer de gros blocs de grès, enfoncés de huit ou dix pouces dans le sol et le surmontant d'autant. Le terrain qui se trouve au-dessous de ces pierres est adapté pour recevoir les racines des plantes délicates, qui poussent leurs racines contre la pierre, parce que cette dernière conserve toujours un certain degré d'humidité. Quelques plantes ne réussissent pas si on ne leur fournit pas cette sorte de pierres pour leurs racines. Les interstices des blocs, au-dessus du sol, forment autant de places abritées dans lesquelles les feuilles des plantes sont protégées contre les vents froids pendant les hivers rigoureux. Partout où on peut se procurer le grès à bon marché, la meilleure disposition du jardin destinâà la culture des plantes alpines serait sans doute de faire un tas irrégulier de blocs dont on remplirait en partie les crevasses avec de bonne terre, de façon que les angles des blocs de grès ressemblent quelque peu aux soies d'un hérisson. Mais, pour former ces jardins, il faut surveiller constanmient les ouvriers, car, sans cela, ils veulent toujours disposer les blocs aussi régulièrement que s'ils construisaient un mur; il faut, au contraire, que la surface soit aussi irrégulière que possible . On peut se procurer le grès convenable dans différentes parties du comté de Sussex ; mais la distance est considérable, les blocs de grès coûtent fort cher et je n'ai pu, par conséquent, en avoir autant que j'aurais voulu.

J'ai tant aimé mon premier jardin à plantes alpines, ces plantes ont si bien réussi , que j^en ai bien vite construit un second. Ce dernier consiste en un grand monticule où des centaines d'espèces de plantes trouvent leur place. Il présente de tous côtés une figure irrégulière; en quelques endroits il surmonte d'environ deux pieds le niveau général

Googh

du terrain, dans d'autres il s^abaisse au-dessous de ce niveau pour aller rejoindre enfin les bords du ruisseau qui traverse mon jardin. Le but de cette disposition a été d'obtenir une série de surfaces qui permettent d'embrasser d'un coup d'œil une grande étendue de terrain; je me proposais aussi d'obtenir dans différentes parties des endroits om- Iffagés ou exposés en plein soleil, secs ou humides, de façon que chaque plante puisse trouver la situation qui lui convient. J'ai fait disposer partout, environ six pouces de débris de briques recouverts par quelques pouces de terrain; à la surface, j'ai fait disséminer des centaines de silex arrondis. En quelques endroits, on a laissé des fissures étroites entre des blocs disposés pour conserver toujours l'humidité. Quelques plantes qui poussent vigoureusement dans ces fissures , mourraient dans tout autre lieu. J'ai observé sur la route de la Corniche, près de la cote de la Méditerranée, que certaines fougères poussent partout où existent des rochers de grès. On trouve beaucoup de plantes rares sur les flancs escarpés des collines, car, dans cette situation, elles profitent constamment de l'humidité qui provient des terrains supérieurs. Les silex ont une couleur certainement inférieure à la teinte grise du grès; ils sont toujours trop blancs quand ils sortent de la carrière, néanmoins les silex sont fort utiles quand on né peut pas se procurer du grès; le sol est toujours humide au-dessous de la pierre, mais malheureusement la pierre elle-même ne conserve pas l'humidité comme le fait le grès. Ces jardins sont un monde en miniature; on n'obtient le succès qu'à condition qu'on place chaque plante à l'endroit qu'il faut: les plantes qui aiment l'humidité au fond des crevasses, celles qui aiment la sécheresse sur la partie la plus élevée du monticule. Or, grâce à la disposition que j'ai adoptée, je puis donner à une plante quelque degré d'humidité que ce soit, depuis une sécheresse presque absolue jusqu'à un véritable marécage. Je dis toujours à mon jardinier de ne pas trop compter sur son propre jugement, mais , s'il est possible, de planter, dans différentes situations, plusieurs spécimens d une même espèce ; personne, en effet, ne peut espérer acquérir une expérience suffisante pour déterminer les conditions qui conviennent absolument à chaque plante ; pour cela il faudrait, ce qui est impossible,

Googh

3o8 MON JARDIN

savoir Thistoire naturelle exacte de toutes les plantes qui existent. Mon grand jardin à plantes alpines est exposé en plein air et en pleine lumière. Je n'y tolère aucun arbre, car les plantes alpines exigent impérieusement Tair et le soleil.

Bien que nous puissions, dans une grande mesure, déterminer les conditions du sol, nous sommes presque impuissants relativement au climat. Dans mon jardin, mes plantes souffrent en hiver des brouillards humides et il n'est pas rare de voir toutes les feuilles ruisselantes d'eau. Dans cet état, le moindre froid tue des plantes qui supporteraient quelque température que ce soit, si elles étaient couvertes de neige. Aussi, beaucoup de plantes alpines réussissent mieux en Ecosse qu'elles ne le font chez moi, et je cherche toujours quelque méthode qui me permette de surmonter les grandes difficultés que le voisinage d'une grande rivière chaude en hiver cause chez nous.

J'ai un troisième jardin destiné aux plantes alpines, je Tappelle mon jardin des saxifrages. J'y ai fait placer une couche de débris de briques, ayant trois ou quatre pouces d'épaisseur, sur laquelle on a répandu çà et là de gros silex. Un peu plus loin, j'ai disposé une plate-bande pour les joubardes; mes sedums poussent sur les bords presque verticaux de la rivière centrale, où leurs fleurs brillantes offrent un charmant coup d'œil.

Je cultive plusieurs centaines de plantes alpines dans ces trois jardins. Beaucoup ont une grande beauté et cependant on les distingue difficilement si l'on n'examine ces jardins avec beaucoup de soin. Il est rare que je les visite sans trouver un nouvel objet de nature à m^intéresser, et j'observe que mes visiteurs s'y arrêtent tous et expriment leur satisfaction et leur admiration.

Cependant, mes jardins à plantes alpines sont fort insignifiants quand on les compare aux magnifiques jardins dessinés par MM. Backhouse à York; là, on trouve des blocs de rochers pesant plusieurs tonnes et on a admirablement imité la nature. On ne saurait les comparer non plus aux magnifiques rochers que l'on établit quand on peut se procurer des débris de quariz. Le révérend M. Macpherson a construit de jolis rochers avec des pierres choisies à Monnymusk dans la vallée

Googh

LES FLEURS ALPINES 3o9

du Don, en Ecosse. Le révérend M. Milne a aussi formé, dans la même vallée, des rochers de quartz au moyen de blocs que, pendant un grand nombre d'années, il a choisis dans les collines et a fait transporter chez lui à grands frais ; sur ces rochers il a planté des plantes alpines qui y poussent àVec toute la vigueur qu'un sol bien choisi et un climat naturel peuvent seuls assurer.

Les saxifragées se plaisent tout particulièrement sur les rochers. Il faut placer en première ligne le saxifrage pourpre {Saxifraga oppositifolia, fig. 649). Il y a plusieurs variétés; les fleurs de Tune sont blanches ; celles d'une autre, roses et un peu plus grandes. Ces plantes se couvrent de fleurs au commencement du printemps, en même temps

Fig. 619. — Saxifraga oppositifolia.

Fig. 65o. — s. granulata. Fig. 65i . — S. granulata

double.

que les perce-neige et les safrans. Je possède sous deux formes le Saxi-

fraga granulala^ simple (fig. 65o) et double (fig. 65 1). Cette dernière

espèce est surtout fort jolie et devrait se trouver dans tous les jardins.

Le Saxifraga intact a minor (fig. 652) est une autre espèce qui

Fig. 65a. — s. Intacta Fig.' 653. — S. Geum. Fi

minor.

réussit fort bien chez moi. Mais un des plus beaux d

Qoo^^

3io MON JARDIN

frages est, sans contredit, l'admirable Saxifraga cotylédon, variété pyramidalis. La tige à fleurs affecte la forme pyramidale et atteint environ deux pieds de hauteur ; on considère cette plante comme une des plus belles que Ton puisse cultiver dans un jardin ; malheureusement elle n'a pas fleuri chez moi cette année, de telle sorte qu'il m'est impossible de la représenter ici. Le plus commun des Saxifrages est sans contredit l'Orgueil de Londres ; on connaît si bien cette plante qu'il est inutile de la représenter ici. Le Saxifraga Geum doit toujours se trouver aussi dans un jardin, d'autant qu'il pousse sans qu'on ait beaucoup de soins à lui donner.

Je cultive le Saxifraga Ai^ôon et le Saxifraga pectinata (fig. 654); ce dernier se couvre de charmantes petites roses argentées et peut s'employer dans les plate-bandes aussi bien que sur les rochers. Le Saxifraga bryoides (fig. 655), le Saxifraga aspera (fig. 656) sont

Fig. 655. —S. bryoides, Fig. 656. — S. aspera. Fig. 657.— S.globifera.

fort jolis-, le Saxifraga hypnoides est une plante moussue dont le feuillage vert est très beau; rien de joli comme de voir cette plante s'étaler sur les silex ; elle aime évidemment l'humidité à ses racines et, pour ses feuilles, la chaleur que conserve la pierre. Les saxifrages mousseux, Saxifrag-a globifera (fig. 657) et Saxifraga cœspiiosa (fig. 658) poussent rapidement après l'équinoxe d'automne, alors que presque toutes les autres ig.65S.-xSaxifragac«spitosa. plantes se reposent. La couleur du feuillage est

très belle et très frappante, car elle est du vert le plus brillant, alors

Qoo^^

LES FLEURS ALPINES 3ii

que presque toutes les autres plantes perdent leurs feuilles et que le gazon lui-même prend un aspect jaunâtre. Ces espèces poussent si rapidement pendant les mois d'hiver, qu'il faut les surveiller avec soin pour les empêcher de recouvrir et de détruire les petites plantes qui les entourent; mais elles sont fort utiles quand on veut garnir un grand espace de verdure,

Le Saxifraga Juniperina est une espèce fort remarquable ; on a comparé cette plante à un grand nombre de plants de genièvre pressés les uns contre les autres. Le Saxifraga Hirculus (fig. 658 a) diffère essentiellement des autres saxifrages en ce qu'il se plaît dans les endroits humides ; il pousse très bien dans les endroits marécageux et porte une fleur jaune.

Il y a un grand nombre d'autres saxifrages fort beaux surmontés de feuilles raides et qui ressemblent beaucoup à la joubarbe. Le feuil-

Fig.658a-Saxifraga Hirculus , , , , x r

lage de quelques-unes de ces espèces est fort remarquable et on les emploie souvent comme plantes de bordure. J'en cultive une assez grande quantité.

Les Sedums ou Orpins sont de fort jolies plantes. L'orpin jaune commun est étincelant de beauté quand il est en fleur. Le Sedum

Fig. 659. — Scdam anglicum.

Fig. 660. — Sedum Sicboldii. Fig. 661. — Sedum Fabaria, ou

Sedum spectabile.

anglicum (fig. 65g) a une fleur blanche. Je cultive beaucoup d'espèces

3i2 MON JARDIN

de Sedum, mais aucune ne peut se comparer au Sedum Sieboldii (fig. 660) qui fleurit en septembre.

Quand ces plantes d'automne sont en fleur, il est merveilleux de voir le nombre des abeilles qui viennent les visiter. Presque tous les Sedum se propagent facilement par division et beaucoup d'entre eux, comme le Sedum Fabaria (fig. 661) se sèment eux-mêmes; il faut donc avoir grand soin d'empêcher les variétés grossières de se propager aux dépens des plus faibles. Ces plantes se plaisent dans un terrain nouvellement retourné, mais elles dégénèrent bien vite quand on les laisse trop longtemps à la même place. Le seul soin qu'elles exigent est de les empêcher de se détruire les unes les autres ou de les laisser détruire par d'autres plantes. Aucune espèce de plantes ne pourrait donner autant de satisfaction à si peu de frais dans un terrain aride. On peut même les faire pousser facilement au sommet d'un mur, et on peut donner ainsi à l'endroit le moins intéressant toute la beauté d'un parterre.

Les Joubarbes constituent une tribu intéressante, car elles poussent et se plaisent dans des endroits où toutes les autres plantes périraient infailliblement, sur des blocs de grès , par exemple, où il y a à peine trace de terre

*^ * V X pjg^ ggj ^ SempervivuiTi

végétale. tcctomm.

Beaucoup d'espèces vivent en plein air pendant toute l'année ; quelques-unes, cependant, ont besoin d'être abritées pendant l'hiver. Le

Fig. 663, — S. californicum.

Fig. 662. — Sempervivum Fig. 664.— S.arachnoideum

montanum.

Sempervivum tectorum (fig. 66 1 a) est la seule espèce anglaise. Le

Qoo^^

LES FLEURS ALPINES 3i3

S. montanum (fig. 662) est tout à fait rustique. Le S. californicum (fig. 663) est fort brillant et fort utile pour faire les bordures des plate-bandes. Le Sempervivnm arachnoideum '{fig. 664) est particulièrement intéressant en ce que ses feuilles sont recouvertes d'une toile d'araignée; il pousse bien et résiste aux hivers les plus froids, bien qu'il ait la réputation d'être assez délicat, J'ai trouvé sur le Saint-Gothard une autre espèce semblable à celle-ci ; mais aucune des plantes que f ai rapportées de Suisse n'a vécu. Je cultive aussi le S, anomalum^ le S. arenarium^ le S. globiferum^ le S. hirtum^ le S. Pittoni^ le S. soboliferum^ le S. Wulfenii et beaucoup d'autres espèces.

Le Sempervitmm spinosum (fig. 665) est une espèce distincte, rare et belle. Je me suis procuré mes plants chez M. Ware de Tottenham, grand cultivateur de plantes alpines ; mais je ne sais pas encore si cette espèce est rustique.

Parmi les espèces qui ont besoin d'être abritées pendant l'hiver, on peut citer le SempemVw?n tabiilceforme (fig. 666), plante fort remar-

Fig. 665. — S. spinosum. Fig. 666. — S. tabulaeformc. Fig. 667. — S. BoUii.

quable dont les feuilles se réunissent et forment un véritable plateau. Au moment de fleurir, cette plante pousse une tige ayant environ neuf pouces de longueur, et la symétrie du plateau se trouve détruite. On peut encore citer parmi les espèces délicates le S, arboreum^ le 5. ciliare et le S. repens. Le Sempervivnm Bollii (fig. 667) est une des plus belles de toutes ; la plante entière affecte la forme d'une coupe et chaque feuille se recourbe de la manière la plus gracieuse; c'est une plante que les décorateurs et les architectes devraient étudier avec soin. Je cultive plusieurs espèces d'Echeveria, plantes alliées aux Joubar-

Qoo^^

bes. Il y en a de fort belles espèces, mais toutes ont besoin d'être abritées pendant Thiver et on ne peut les placer en plein air qu'au printemps. VEcheveria metallica (fig. 474) est une plante magnifique. VEch. secmda (fig. 668) a de belles couleurs. Je cultive aussi VEch. ndvicu-

Fig. 668. — Echcveria sccunda. Fig. 660. — Pachyphytum Fig. 670. — Cotylédon

oracteosum. umbilicus.

larisy VEch. grdndiflord^ et VEch. sanguineà. Aucune de ces espèces ne supporte la gelée.

Le Pachyphytum bracteosum (fig. 669) est une autre plante qui produit un bel effet pendant les mois d'été. Sa couleur et son aspect général font un contraste frappant avec les plantes voisines.

Le Cotylédon umbilicus (fig. 670), qui pousse dans toute TEurope et qui s'est acclimatée sur nos murs, est aussi allié aux joubarbes. Cette plante se reproduit d'elle-même actuellement et ne nous demande, par conséquent; aucun soin.

J'ai aussi beaucoup de plantes bulbeuses au milieu de mes plantes alpines ; il faut avoir soin de ne pas les déranger.

Les Scilla sont de charmantes fleurs bleues qui fleurissent de très bonne heure au printemps.

La Scilla sibirica (fig. 671) est couleur bleu porcelaine et tout à fait rustique.

C'est une fleur si belle qu'on devrait s'en procurer un grand nombre

Googh

LES FLEURS ALPINES 3i5

de plants, ce qui est très facile d'ailleurs, car les bulbes se trouvent facilement, et une fois plantées elles poussent chaque année sans qu'on ait besoin de s'en occuper. La Scilla bijolia (fig. 672) est une autre plante fort intéressante qu'on devrait cultiver aussi. Il y a de grandes

Fig. 672. — Scilla Fig. 673 . — Bulbocodium Fig. 674. — Colchicum

bifolia. vernum. autiunoate.

scilla qui ressemblent beaucoup à la campanule ordinaire, mais ces plantes conviennent peu aux jardins à plantes alpines et il vaut mieux les cultiver au milieu des fougères. Je cultive les campanules [Scilla mtans) par milliers au milieu de mes fougères et un groupe de ces fleurs sauvages alternant avec les primevères jaunes forme un grand attrait dans le jardin.

Je plante au milieu de mes plantes alpines quelques Crocus ordinaires, car il est difficile de se procurer beaucoup de spécimens de Tespèce sauvage-, j'en possède cependant six ou huit. Je cultive aussi \t Bulbocodtum vernum (fig. 673) qui fleurit sans feuilles en mars et en avril; le Colchicum autumnale (fig. 674) qui fleurit en octobre, et aussi la \'ariété double qui est très brillante quand les autres fleurs sont rares. Parmi les différentes espèces de crocus, je possède le Crocus luteusquQ j'ai apporté de Suisse; le safran cultivé [Crocus sativus) et le crocus commun [Crocus reticulatus)^ qui fleurit le premier de tous.

Le Galanthus plicatus^ ou grand perce-neige de la Crimée, a des feuilles plus grandes que le perce-neige ordinaire, mais ses fleurs sont presque semblables.

Les Anémones font un effet charmant au milieu des plantes alpines et j'en cultive plusieurs variétés. On trouve, dans tous les bois de l'An-

Qoo^^

gleterre, une espèce commune, V Anémone nemorosa (fig. 675.) Elle a une fleur blanche et c'est une plante importante, surtout pour nos plantations de fougères, parce qu'elle fleurit et meurt avant que les

Fig. 675. — Anémone nemorosa

Fig. 676 — Anémone nemorosa double.

Fig. 677. — Anémone pourpre dltalie.

frondes des fougères ne se développent. La variété double (fig. 676) est aussi fort belle, mais je trouve plus de charme à la première. Cette fleur a une odeur extrêmement faible que bien des personnes ne peuvent pas percevoir- Les Anémones d'Italie (fig. 677), qui font littéralement un tapis sur le sol dans les environs de Rome, sont de fort belles fleurs. Je me rappelle parfaitement quel plaisir j'ai éprouvé, quand j'ai vu ces fleurs pour la première fois à Tîle de Caprée ; et, plus tard, à Rome, avec quelle ardeur je me procurais des racines, bien faciles à trouver d'ailleurs dans la célèbre villa Doria, où le sol en est couvert.

U Anémone apenniua (fig. 678) a des fleurs bleu de ciel foncé. UAue-

Fig. 678. — Anémone apennina.

Fig. 679. —Anémone Pulsatiila.

Fig. 680. — Anémone palmata.

mone pulsatiila (fig. G79) est une plante originaire de la Grande-Bre-

tagne et pousse, dit-on, à l'état sauvage sur les collines de craie. V Anémone paltnat a est une autre magnifique espèce.

LaiCamassià esculenta (fig. 681) est une plante bulbeuse originaire de la côte ouest de rAmérique septentrionale. Cette plante est particulièrement intéressante en ce qu'elle constitue l'élément principal de l'aliment des Indiens; la fleur en est très simple, et cependant j'estime ma plante bien au-delà de sa valeur intrinsèque, à cause des souvenirs qu'elle me rappelle.

Des spécimens des différentes variétés d'Aulx, telle que V Al Hum

Fig. 681. ~~ Ctmassia Fig. 682. — AUium nutans. Fig. 683. — Oxaiis rosea.

esculenta.

nutans (fig. 682) doivent trouver place dans toutes les plantations de fougères.

Les Oxalidées comprennent de nombreuses espèces qui portent de très Jolies fleurs. VOxàlis acetosella^ ou trèfle, pousse vigoureusement chez moi dans les endroits humides et abrités. UOxalts rosea (fig. 683) produit une grande abondance de jolies fleurs qui s'ouvrent le matin et se ferment dans l'après-midi. La gelée détruit les bulbes.

A l'époque de Pâques, les champs d'Italie se couvrent de tulipes jaunes et rouges poussant à l'état sauvage. J'ai acheté beaucoup de bulbes de cette plante lors de mon séjour à Florence. Ses fleurs sont réellement belles (fig. 684); on les emploie pour décorer les églises italiennes pendant les fêtes de Pâques ; principalement pour décorer les tombeaux le jeudi saint.

L'Amaryllis ou Sternbergia lutea (fig. 685), le lys des champs

Qoo^^

3i8 » MON JARDIN

de la Bible, se plaît beaucoup dans les parties les plus sèches de mon jardin à plantes alpines. Cette plante se multiplie par division. On dit qu'en Palestine, -^•^ automne, ce lys couvre de

mdes étendues de terrain;

i feuilles brillantes, ses belfleurs jaunes réunies en

mde quantité au milieu

m désert aride et désolé,

ivent produire une grande

pression sur Tesprit.

Fig. 684. -Tulipe d'Italie. H y a plusieurs petites es- F»g. 685. — Lyt des champs.

pèces d'iris, telles que VIris attica^ originaire de la Grèce, et Y Iris rhœtica. Je recommande particulièrement ces deux espèces, quand on veut cultiver Tiris au milieu des plantes alpines; je recommande aussi 17m nudicaulis (fig. 686), qui a de belles fleurs bleues. Je cultive au milieu des plantes alpines nos orchidées anglaises

Fig. 686. — Iris nudicaulis. Fig. 688. — Enca hcrbacca.

Fig. 687. — Triteleia uniflora.

communes, telles que la tachetée, Tabeille, le papillon, la mouche, rhomme et, dans quelques endroits humides, Torchidée des marais, toutes espèces que j^ai déjà décrites; je cultive aussi quelques jacinthes pour donner un peu de variété à ma collection de fleurs. Sur le continent, on emploie beaucoup la Triteleia unijlora (fig. 687) comme plante décorative, mais on s'en sert peu en Angleterre.

Qoo^^

Cette plante pousse très bien dans mon jardin et sa fleur est fort utile au printemps; malheureusement elle a une odeur désagréable.

J'ai fait disposer au milieu des plantes bulbeuses quelques plantes à bois dur; la plus belle, sans contredit, est la bruyère commune. Il est fort difficile de transplanter une bruyère, mais on l'obtient facilement par semis. Ces plantes aiment un sol tourbeux et beaucoup d'humidité. Les bruyères qui fleurissent en hiver sont fort utiles en ce qu'elles restent en fleur pendant très longtemps et qu'elles constituent un véritable ornement. UErica herbacea (fig. 688) est tout particulièrement remarquable.

Ldi Meniiesia polifolia (fig. 689), avec ses fleurs en clochettes, est une plante charmante ; elle se plaît Mcnzicsia poiffou». dans un sol tourbeux ; il lui faut beaucoup d'air et de lumière.

Il faut réserver un petit coin au Myrte bâtard {Salix herbacea); toutefois cette plante n'a jamais bien réussi chez moi sans que j'aie jamais pu savoir pourquoi.

La rose des Alpes ou Rhododendron {R.ferrugineum^ fîg. 690) est une plante qui offre beaucoup d'intérêt à quiconque a visité les Alpes. Elle ne se plaît pas beaucoup dans mon jardin ; il faut toujours la placer dans un terrain tourbeux.

Fig. 690. — Rose des Fig. 691. — Linnœa borcaJis. Fig. 692. — Omphalodes

Alpes. verna.

Quiconque cultive les plantes alpmeâ doit se rappeler la Linnœa bo" redis (fig. 691), par respect pour l'immortel naturaliste Linnée, non moins que pour la beauté intrinsèque delà plante. Elle est assez diffi-

Qoo^^

cile à cultiver; mais si on la place dans un sol humide et dans un endroit ombragé, elle pousse assez vigoureusement et produit ses exquises petites fleurs. Le grand naturaliste aimait tant cette petite plante, qu'il la plaça dans ses armes. J'en ai trouvé d^immenses quantités dans les bois de la vallée du Don et j'en ai rapporté un beau spécimen qui, je l'espère, se plaira chez moi.

UOmphalodes verna (fig. 692) brille au milieu de toutes les fleurs par ses jolies fleurs bleues qui apparaissent au printemps-, bien que ce soit une plante assez commune, un jardin doit en posséder quelques-unes.

Les Myosotis, ou Ne m'oubliez-pas, ressemblent quelque peu à cette dernière plante; ils restent en fleurs depuis le commencement du printemps jusqu'à la fin de Tautomne. Le Myosotis sylvatica répand ses graines de tous côtés et tend à étouffer toutes les plantes alpines; aussi faut-il le reléguer dans d'autres parties du jardin. J'emploie à sa place le M. dissiîiflora (fig. 693 ); cette espèce a réellement une fleur beaucoup plus belle, mais on la néglige peut-être un peu parce que la fleur, qui revêt d^abord une teinte rougeâtre, n'est réellement belle qu'au moment de son épanouissement complet. Le A/, rupicola

Fig. 694. — Myosotis Fig. 695. — Myosotis

dissitiflora. nipi:ola.

Fig. 695. — Véroaica maritiiiM.

(fig. 694) est une plante naine qui se couvre de touffes des fleurs les plus brillantes. Sur le bord du ruisseau, je cultive le M.pàlustris^ le véritable Ne-m'oubliez-pas, qui fleurit en été et en automne. Je le

Qoo^^

cultive aussi dans Teau, mais cette plante ne fleurit pas alors aussi bien que lorsqu'on la plante en terre près d'un ruisseau . C'est dans cette situation qu'elle atteint toute sa perfection. Bien que ce soit une plante sauvage commune, sa beauté lui ouvre la porte de tous les jardins.

Je cultive beaucoup de variétés de Véroniques. La délicieuse V. Oimcsdrys croît chez nous à Tétat sauvage. La V. maritima (fig. 695) est une plante élégante dont les fleurs persistent pendant très longtemps. La V. repens (fig. 696) se plaît beaucoup sur les rochers. Je cultive aussi la V. aphylla^ la V. amœna^ la V. candida^ la V. num-

t'ig- 696. — Veronica repens. Fig. ^97.— Trillium graodiflonim. Fif . 698 — Maianthe-

mum bifolium.

mularia^ la V. saxatilis^ lei V. spicata^ la V. Teucrium^ la F. rupestre, la V. virginica^ et d'autres espèces.

Le Trillium grandijlorum (fig. 697) est une belle plante; elle exige deUombre et un terrain assez humide; elle pousse naturellement dans les forêts du Canada. J'espère arriver à me procurer de grandes quantités de cette plante. Le Maianthemum bifolium (fig. 698) ressemble beaucoup au muguet; il faut le cultiver dans la même situation que la plante précédente ; pour que ses fleurs blanches soient réellement jolies, il faut les disposer en corbeilles.

LaGrassette commune [Pinguicula vulgaris^ fig. 699) est une plante qui aime aussi l'humidité. J'ai toujours éprouvé beaucoup de difficultés <ians la culture de cette plante et je suis toujours obligé de m'en procurer de nouvelles que je fais venir du Yorkshire où elles abondent. L'espèce irlandaise est plus grande que l'espèce anglaise.

Smee. Mon Jardin* 21

Qoo^^

ha Pamassia palustris {ûg. 700) aime aussi beaucoup Thuniidité,

Fig. 699. — Pinguicula vulgaris.

Fig. 700* — Parnassia palustris.

mais en même temps 'une pleine exposition à la lumière. C'est une fleur que Ton devrait cultiver en grande quantité et j'en ai fait venir des paniers entiers de Whitby pour orner mon jardin. Elle fleurit bien chez moi , mais se propage difficilement, et je suis toujours forcé d'avoir recours à de nouvelles importations.

La Silène acaulis (fig. 701) est très vantée par M. Backhouse, Téminent botaniste ; s'il faut l'en croire, cette plante orne les rocs escarpés des montagnes d'Ecosse et du pays de Galles, et forme de véritables

l'ig. 701. — Silène acaulis.

Fig. 703. — Mazus pumilio.'

Fig. 702. — Silène alpcstris.

tapis de fleurs rouges, roses et cramoisies. Je ne l'ai jamais vue dans cette situation et je la cultive sur une petite échelle. La Silène alpestris (fig. 702) est une jolie plante alpine. J'aime tout particulièrement le Ma^us Pumilio (fig. 7o3), qui produit en grande quantité de belles fleurs bleues.

Qoo^^

Les Epimédium sont des plantes remarquables lorsqu'elles sont couvertes de fleurs au printemps, mais il y a à craindre que, comme cela m'est arrivé en 1871 , une gelée tardive ne détruise toutes les fleurs. VEpimedium rubrum (fig. 704) est une des trois espèces que je

Fig. 704. Fig. 705. Fig. 706.

Epimedium rubrum. Helianthemum vulgare. Thalictrum minus.

cultive, toutes trois d'ailleurs sont aussi belles l'une que l'autre. VUeltanthemum vulgare (fig. 7o5) n'embellit pas beaucoup un jardin ; j'en cultive cependant plusieurs espèces. Il y a beaucoup de variétés de fleuristes de cette plante.

Le feuillage des Thalictrum est fort utile au milieu des autres plantes alpines. La première fois que j'ai vu une plante de cette espèce àZermatt, je l'ai prise pour un capillaire, car la feuille ressemble beaucoup à celle d^un adiantum. J'en cultive deux ou trois espèces ; la plus belle est le Thalictrum minus (fig. 706) ; la fleur de cette plante n'est pas très jolie.

n II f^ ^ Parmi les plantes que l'on

^LlT \L^^ cultive uniquement pour leur

1\ i i 'Tv^ W^ feuillage, VAl/ssum alpestre

(fis. 707) est curieuse en rai-

Fjg. 707. — Alyssum ^ ^ ' ' '

P^^^v^ïtlxJ^'^^'^^^ ses feuilles couvertes pousenétoiicgrossis) j^ poils disposés en étoile.

Une variété de cette plante est surtout très pig. 708 — pavot jaune brillante, mais il faut la surveiller avec soin, car elle tend à s'étendre beaucoup et devient dangereuse pour ses voisins.

Qoo^z

Le Pavot jaune {Papavernudicaule^ fig. 708) se remarque au milieu des fleurs les plus brillantes; la couleur de cette fleur est très frappante et je ne sais rien de plus étonnant que de voir ces fleurs brillantes et délicates s^ouvrir en plein soleil sans en souffrir le moins du monde.

Les fleurs des variétés de l'Œillet {Dianthus) constituent de forts beaux ornements ; les œillets poussent comme de mauvaises herbes, car ils répandent leurs graines dans toutes les directions; j'en cultive plusieurs espèces, toutes fort belles, qui produisent une multitude de fleurs. L^ Dianthus chinensts {ûg, 709) est une plante charmante. On peut ap-

Fig. 709.

Dianthus chinensis.

Fig. 710.

Dianthus fragrans.

Fig. 710 a, Dianthus cxsius.

pliquer la même épithète au Dianthus fragrans {ûg, 710); le Dianthus cœsius (fig. 710 a) est très intéressant.

La Statice latifolia (fig. 711) convient admirablement aux jardins alpestres; cette belle plante vivace et rustique, originaire de

Fig. 71 1. — Statice latifolia.

Fig 712, — MuHicr des Alpts.

Kig. 71 3. — Linaria tristi».

la Sibérie, porte, à la fin de Tété et en automne, de nombreuses grappes de fleurs qui ressemblent beaucoup à celles de la lavande.

Qoo^^

On emploie beaucoup , pour les bordures VArmeria vulgaris, variété du Statice ; je ne remploie pas moi-même dans ces conditions, bien que je le cultive dans mon jardin.

Le Muflier des Alpes {Ltnaria alpina^ fig 712) est une fort jolie plante, très importante en ce qu'elle porte des fleurs la plus grande partie de Tannée et qu'elle pousse aussi facilement que n'importe quelle herbe. 11 y a d'autres variétés de mufliers; nous les avons déjà citées au milieu des plantes du jardin. Je recommande aussi de cultiver la Linaria tristis (fig. 71 3).

VAcœna Notice Zelandicœ (fig. 714) est une plante très curieuse qui se plait bien dans mon

Fig. 714. — Acœna Nova; Fig. 71 5. — Arenaria Fig. 716. — Pcntilcmon

Zelandicie. balearica. glabrum.

jardin. Elle pousse de petites tiges hautes d'environ un pouce, qui se couvrent de fleurs étalées en forme d'étoile.

V Arenaria balearica (fig. 7j5) grimpe sur les rocailles et se couvre d'une multitude de petites fleurs blanches.

Le Pentstemon glabrum (fig. 716) a de grandes fleurs bleues; il est orig'naire des montagnes Rocheuses.

VAphyllanthes Monspeliensis (fig. 717) ne ressemble à aucune autre plante ; il consiste en une fleur bleue qui s'ouvre àj^l'extrémité d'un véritable ^'^ Xions^iûnïi's"*"^^^' roseau. On ne le cultive pas souvent et, cependant, ses singulières ha-

Qoo^^

bitudes devraient appeler Tattention; d'ailleurs, l'effet général produit par cette plante est très agréable.

Le Geum coccineum se couvre de belles fleurs écarlates.

VAlyssum saxatile est une plante assez grossière, mais par contre elle a de belles fleurs jaunes.

Il est difficile de décider quelle est la plus belle parmi tant de belles plantes ; il y en a quelques-unes, cependant, qui réclament une attention particulière. Les phlox, par exemple, sont d'admirables plantes : le Phlox divaricata (fig. 718) est une belle plante naine qui convient admirablement aux rocailles; le Phlox Nelsonii (fig. 719) porte de

Fig. 718. — Phlox divaricata. Fig. 719. — Phlox Nelsonii. Fig.720.— Cheiranthiu alpinus.

belles fleurs blanches qui produisent beaucoup d'effet. Ces deux variétés se multiplient facilement au moyen de boutures.

Il ne faut pas négliger de cultiver la giroflée alpine {Cheiranthtis alpinus^ fig. 720), car ses belles fleurs jaunes font un effet splendide au printemps. On doit avoir une grande quantité de ces plantes que l'on se procure facilement par bouture; c'est une espèce que l'on peut d'ailleurs introduire avantageusement dans toutes les parties du jardin.

On a peut-être beaucoup trop loué le Lithospermumfruticosum^ qui tire son nom générique de la dureté des noyaux de son fruit. Ses fleurs bleu foncé forment son principal attrait. Une espèce de Lithospermum pousse à l'état sauvage sur les collines de craie dans notre voisinage, mais je n'ai pas encore pu réussir à le cultiver.

Les admirables Gentianes sont au nombre des plus belles plantes alpines; mais toutes les variétés sont difficiles, pour ne pas direimpos-

Qoo^^

sibles, à cultiver. La Gentiana acaulis (fig. 72 1) se plaît dans quelques endroits, mais se déplaît dans beaucoup d'autres; elle préfère en somme un terrain à la fois lourd et sablonneux, et elle veut beaucoup d'air et de lumière. Elle ne devient pas aussi belle chez moi que dans d'autres endroits;

ri£ 721 - GentiJiui J^ais ce n'en est pas moins une ^. " ^ .

acaujis. ^^^ j^^jj^ plante. La Gentiana ^^™«-

vema (fig. 722) est incomparablement supérieure à la variété précédente. J'ai vu cette fleur dans toute sa beauté , à Zermatt et dans la passe du Saint-Gothard ; les quelques fleurs que j'obtiens ne sont rien en comparaison de celles que l'on voit dans leur pays natal. II faut avoir soin de ne pas l'entourer d'autres plantes. Et cependant, malgré toute mon attention, il m'est impossible d'amener cette plante à tout son développement, et tout ce que je peux espérer, c'est d'obtenir de temps en temps un spécimen de la fleur. Les deux variétés que je viens de citer portent une seule fleur bleue, mais il y en a d'autres, telle que la Gentiana gelida (fig. 723) qui portent des grappes de fleurs ; ces dernières variétés se cultivent assez facilement. J'ai vu, sur les Alpes, beaucoup d'autres variétés naines de gentiane, mais il est très difficile de les cultiver artificiellement ; cependant, je le répète, toute cette espèce est si jolie que l'horticulteur devrait faire tout son possible pour en avoir un grand nombre. Les grandes variétés se cultivent facilement, l'une, la p. , ' .

' ' Fig.^723. — Gentiana

Gentiana Pneumonanthe pousse à l'état sauvage dans ^^''****

quelques endroits du comté de Surrey.

Je cultive beaucoup d'espèces de Campanules, et cependant je ne crois pas en posséder une plus belle qu'une variété bleue qui pousse à l'état sauvage sur les collines du voisinage et qui a même pénétré, comme plante sauvage, dans mon jardin. Quelques variétés deviennent

Qoo^^

très grandes ; d^autres, sont basses et touffues, mais toutes sont charmantes. La Campanula pyramiddlis est une variété à fleurs bleues ; on remployait beaucoup autrefois pour décorer les appartements et, avec un peu de soin, on peut lui faire atteindre une hauteur d'environ quatre pieds; il y a une variété i

blanche de la même espèce. La Campanula persicifolia (fig. 724) porte de belles fleurs bleues ; il y a plusieurs variétés de fleurs de cette espèce, dont Tune, la variété Coro-

Fig. 7I4. — Campanula Fig. 725. — Campanula nata albd (fig. 726) est tout parti- pemcifoUa. coronata alba.

culièrement belle et constitue un véritable ornement pour le jardin.

La Campanula rotundifolia atteint une hauteur d'environ un pied

et porte une charmante fleur bleue ; il y en a une variété blanche (fîg.

726) qu'on ne peut se dispenser de cultiver. La Campanula hirsuta

Fig. 726. — Campanula Fig. 727. — Campanula hirsuta. Fig. 728. — Primevère

rotundifolia. d'Abyssinie.

(fîg. 727) est une plante grimpante à feuilles moussues. h^CampanuIa garganica convient admirablement aux rocailles. II y en a, d^ailleurs, beaucoup d'autres d'espèces dont je ne saurais trop recommander la culture, mais qu'il est, je crois, inutile de décrire. La Campanula spéculum s'appelle aussi le Miroir de Vénus. Les Primevères {Prtmula) constituent un groupe considérable de

Googh

plantes; j'en cultive plusieurs espèces. J'ai essayé en plein air le Primula denticulataj mais il n'a pas réussi. J'ai essayé aussi le Primevère d'Abyssinie (fig. 728), mais je ne saurais dire encore avec quel succès. Le magnifique Primula amœna cortusoides (fig. 729) n'a pas non plus l'air de se plaire beaucoup chez moi. Une autre espèce, le Primula villosa (fig. 780) réussit très bien

Tig. 7J9.—PrimuI» cortusoides. Fig. 730. —Primula Fig. 731. — Primula

villosa. auricula.

dans mon jardin. J'en ai vu de grandes quantités en fleur, au mois de mai, sur le versant italien de la passe du St-Gothard ; ces charmantes plantes font un effet admirable au milieu des rochers de granit. J'en ai rapporté beaucoup de plants qui paraissent se plaire surtout dans de petites excavations.

Je cultive aussi le Primula auricula d'Ecosse (fig. 73 1). Cette variété réussit beaucoup mieux en Ecosse que dans mon jardin. J'en possède quelques plants, mais je ne prétends certes pas qu'ils soient aussi beaux que ceux des personnes qui consacrent tous leurs soins à cette plante.

Lai Soldanella alpina (fig. 73 1 a) est un véritable petit joyau. Elle pousse facilement, à condition qu'elle soit abritée par de grosses pierres; elle porte de charmantes fleurs au printemps.

Je cultive quelques plants d'Immortelles (Gnaphalium arenarium^ fig. 732) dont la fleur s'emploie en France pour faire des couronnes. Cette plante se multiplie facilement au moyen de boutures, mais chez

Qoo^^

33o MON JARDIN

moi elle ne produit pas beaucoup de fleurs, je crois que Tatmosphère humide de nos hivers ne lui convient pas.

Fig.73i â.— Soldanella Fig. 732. — Immortelle. Fig. 733.— Geammoatanam.

alpina.

Le Gnaphalium leontopodium (fig. 742 a) est une espèce vivace qui pousse sur les Alpes à une hauteur considérable. Cette plante est entièrement recouverte d'une espèce de duvet blanc soyeux. Dans quelques parties du continent, les jeunes filles, le jour de leurs fiançailles, s'attendent à recevoir de leur fiancé un "bouquet composé de ces fleurs, comme preuve de l'activité du jeune homme, qui doit monter à une hauteur considérable sur la montagne pour se les procurer. Le Gnaphalium dioictim est une espèce naine fort jolie ; il produit des fleurs rouges.

Les Geum (le Geww montafium^ par exemple, fig. ySS) sont au nombre des plus belles plantes à fleurs qui aiment Tair et la lumière.

La Potentilla Anserina a des fleurs charmantes, mais c'est une mauvaise herbe qu'il est très difficile d'exterminer et qu'il ne faut, dans aucun cas, introduire dans un jardin. D'autres variétés sont intéressantes ; nous en parlerons bientôt.

Il vaut mieux cultiver toutes ces plantes à fleurs dans une position intermédiaire, c'est-à-dire qu'il ne faut les placer ni au sommet ni au pied d'un monticule, car les racines ne sont ainsi ni trop sèches ni trop humides.

La Draba beotica (fig. 734) ressemble un peu au saxifrage, mais ses grappes de fleurs sont toutes différentes.

Qoo^^

VAubrietia Campbelli (fig. 735) a des couleurs plus brillantes que

Fig.734.-Draba beolica. Fig. 735. - Aubriclia Fig. 736. - Dodccatheon

Campbelli. Mf.adia.

les autres fleurs de son espèce ; elle est bleu violet et fleurit en grande

profusion au mois de mars.

Le Bouton d'or américain (Dodecàtheon Meadia^ (fig. 736) doit se trouver dans tous les jardins. Sa tige droite surmontée de fleurs ne ressemble à celle d'aucune autre plante. C'est une plante vivace qui ne demande qu'à ne pas être dérangée. 11 y a plusieurs variétés de cette espèce.

Je possède aussi VErigeron

Fig. 737. — Erigeron ^

spcciosus. Roflei ou speciosus (fig. 737) belle

espèce, originaire de THimalaya; la fleur ressemble à un disque dont le centre est jaune et les rayons couleur n»»'^ sagitiaiis. pourpre.

La Genista sagittalis (fig. 738) produit en été une grande quantité de fleurs jaunes; c'est par conséquent une plante précieuse.

Lq Polfgala chamœbuxus (fig. 739) est une plante toujours verte*, ce charmant petit arbrisseau porte des fleurs jaunes; il se plaît beaucoup chez moi et se propage facilement par division.

Le Lin jaune [Linum flavum^ fig. 740), qui produit des fleurs jaunes si brillantes, est originaire d'Autriche et se cultive facilement

Qoo^^

dans les endroits abrités. La verge d'or du pays de Galles {SoUdago

Fig. 739. Fig. 740. Fig. 741.

Polygala Chamœbaxus. Linum flavum. Solidago cambrica.

cambrica^ fig. 741 ) est la variété de cette espèce qui convient le mieux pour les jardins alpestres; cette plajite produit des fleurs Jaune brillant. Le Trollîiis enropœus (fig. 742) a de très belles fleurs jaune d'or. Quand on désire une plante traînante, il faut employer la Vicia Cracca (fig.

Fig.742.— Trolliuscuropœus. Fig. 742 a.— Gnaphalium Fig. 743, — Vicia Cracca,

leontopodium.

,743), qui pousse très bien et qui, par ses différences de caractère, fait ressortir toutes les autres plantes.

Sur le versant du monticule de mon Jardin alpestre, du côté du ruisseau, je cultive le Riibus saxatilis (fig. 744), Tépine vinette et d'autres plantes marécageuses. Plus près de Teau, j'ai placé le Drosera Roîundifolia (fig. 745) et les autres espèces anglaises du même groupe que j'ai impor- pig. 744. tées par centaines, mais qui sont toujours mortes au bout ^"^"* Saxatiiis. d'une année. Le Drosera Rotiindifolia se trouve sur les collines de

Qoo^^

Hampstead , je Tai vu aussi à Weybridge ; mais le meilleur moyen de se procurer cette plante est encore d'attendre au marché de Covent-Garden, car on peut être sûr que, pendant la saison, quelques paysans en apportent des paquets. C'est une de ces curieuses espèces qui attrapent les mouches; la feuille poilue est recouverte d'une certaine substance adhésive qui permet à la plante de saisir les insectes qui • viennent à se poser sur elle. Sans aucun doute cet appareil joue un rôle dans l'économie de la plante, f ig. 745. mais l'explication scientifique fait encore défaut; je

Drosera Rotundifolia. 1 ^ • r* • 1 j • ^ •

respecte ces plantes singuheres, je les admire et le ne les considère qu'avec un grand -étonnement.

Tout au bord de l'eau, j'ai fait planter la fève des marais {Menyanthes trifoliata^ fig. 746); bien que cette plante ne pousse pas à l'état sauvage dans mon jardin, on la trouve dans un des champs que je possède dans le voisinage.

t'g. 746.— hevcwcs marais.

f^'g- 747* — Calla palustris. Fig. 748. — Hippuris vulgaris

Dans le même marais artificiel, je cultive la Calla palustris (fig. 747) et VHippuris vulgarts .{i\g. 788). La première de ces plantes est assez délicate ; la seconde offre beaucoup d'intérêt et pousse très vite, trop vite même, car elle devient dangereuse pour ses voisins.

Cette liste donne une faible idée des fleurs que je cultive dans mes jardins alpestres ; si je perds toujours quelques plantes, j'en ajoute constamment d'autres. Il est rare que je fasse un voyage sans rapporter de nouvelles fleurs. Si je passe dans les rues de Londres, je remarque dans les boutiques quelques charmantes petites plantes que j'ajoute à ma collection . Si je vais rendre visite à mes amis, je trouve toujours quelques fleurs qu'on a mises de côté pour moi. Néanmoins, la chaleur ou le froid, l'humidité ou la sécheresse, les insectes ou les taupes, détruisent constamment quelques-unes de mes plantes; en outre, si l'attention se relâche, ne fût-ce que quelques instants, les plantes vigoureuses détruisent les plantes faibles et les jardiniers s'occupent des.fleurs brillantes et négligent les plantes plus modestes, mais peutêtre plus belles; aussi les jardins alpestres, que l'on peut cultiver sur la plus petite ou sur la plus grande échelle, sont une source de plaisirs constants, tout en demandant une surveillance de tous les instants. Un pied carré de terram consacré à cette culture suffira à contenir bien des plantes belles et intéressantes, mais, d'autre part, un jardin alpestre, ayant une étendue d'un hectare, suffira à peine à satisfaire quelques horticulteurs. L'amateur peut donc se procurer un jardin alpestre de la dimension qui lui convient et, quant à moi, je peux déclarer que, dans mon vaste jardin, cette culture est celle qui m'adonne le plus de satisfaction avec le moins de peine.

LES GRAMINÉES DÉCORATIVES

Il y a des graminées si belles qu'on ne peut les exclure des parterres. LaBriia Media pousse à Tétat sauvage dans mon champ; c'est une graminée vivace. La Bri^a maxima (fig. 749) est une graminée annuelle très utile pour les bouquets.

L'herbe des Pampas est extrêmement belle. Elle forme de grosses

Qoo^^

LES GRAMINÉES DÉCORATIVES 335

touffes ayant deux ou trois pieds de diamètre, surmontées en automne de fleurs qui s^élèvent à une hauteur de six à huit pieds. Un bon plant, en bonne condition, est surmonté d'une grande quantité de fleurs, mais cette herbe a le grand désavantage de ne pas résister à une gelée un peu rude (voir planche 20). Je possédais quelques plants qui avaient atteint un état parfait, mais ils ont été abîmés par la gelée. Dans tous les cas, il faut toujours en cultiver une ou deux touffes et les remplacer si elles sont détruites par le froid . Fig. 749.-Briza maxima

Je cultive la Flouve odorante {Anthoxanthum odoratum^ fig. 760), graminée, à l'odeur si douce qui rappelle le parfum du foin nouvellement coupé. Nous retrouvons, d'ailleurs, ce parfum chez beaucoup d'autres plantes appartenant à des classes toutes différentes, par exemple chez le Muguet des bois {Asperula odorat a) et chez l^Dipterix odorata.

Fig.750. — Anthoxanthum Fig. ySi. — Siipa pinnaïa. Fig. 762,

odoretum. Lagunis ovatus.

J'ai négligé, pendant des années, la Stipa piimata (fig, 76 1). C'est

Qoo^^

Fig. 753.

Herbe aquatique.

Fig. 754.

Roseau commun.

une graminée anglaise très rare, mais extrêmement belle, que je cultiverai certainement de nouveau.

Le Lagurus ovatus (fig. 762) est une autre graminée fort jolie que Ton trouve quelquefois en Angleterre et qui devrait avoir sa place dans tous les jardins. Il y a beaucoup d^autres espèces de graminées décoratives que Ton peut cultiver çà et là quand on dispose d'un espace suffisant; à différentes époques, j'en ai possédé de nombreuses espèces. Je dois en citer une tout particulièrement, l'herbe aquatique (fig. 753), qui orne le bord d'un de mes ruisseaux.

Le roseau commun [Phragmites communis^ fig. 764) atteint une hauteur de dix pieds et est surmonté par une fort jolie fleur. Ses racines s'étendent fort loin dans le sol, j'en ai vu qui passaient sous une allée et ressortaient de l'autre côté. Le roseau constitue un véritable ornement quand on le plante dans un endroit convenable (voir planche i3). Sur le cours inférieur de la Tamise, on trouve des hectares entiers plantés avec ce roseau; dans le comté d'Essex, on en fait des haies.

L'espèce méridionale [Arundo donax) est plus grandiose encore. Cette espèce pousse à l'état sauvage sur les bords de la Méditerranée, en France et en Italie ; il y atteint une telle grandeur et une telle force qu'on l'emploie comme échalas pour supporter les vignes. En Angleterre, ce roseau n'atteint pas plus de six ou sept pieds.

Il y a, à Ceylan, une espèce très curieuse de graminée, l'herbe-cîtron {Andropogon schœnanthus). En Angleterre, il faut cultiver cette plante dans une serre. Quand on écrase ses feuilles, elles exhalent le parfum du citron. Je cultive cette graminée dans la serre à fruits en été et dans la serre à fougères en hiver. On en extrait une huile essentielle qui se vend en quantité considérable sous le nom de ver-

Qoo^^

LES GRAMINÉES DÉCORATIVES

Fig. 755.— Paiicura Fig. 756. —Chiendent variegatuin.

veine; on remploie aussi quelquefois pour parfumer le sucre et on me dit qu'une once de cette huile parfume au moins une tonne de sucre.

Je cultive dans la serre à fougères une espèce exquise de graminée (Panicum vartegafum^ fig. ^bb); cette plante redoute Tombre à tel point qu^elle meurt bien vite si on ne lui donne pas une grande abondance de lumière. Malgré cette difficulté, je ne saurais trop la recommander, car elle a des couleurs extrêmement belles.

Le Chiendent (fig. 756), dont je reparlerai dans le chapitre des mauvaises herbes, est la terreur des jardiniers; j'en possède malheureusement une certaine quantité.

Le Dactyle pelotonné {Dactylis glomerata, fig. 767) pousse sur les bords de ma rivière. Quand elle est en fleur, cette plante produit une quantité prodigieuse de pollen. Depuis Tàge de cinq ans jusque pendant ces dernières années, j'ai souffert annuellement de la fièvre des foins et je pouvais à peine m'aventurer

hors de Londres quand cette graminée était en fleur, c'est-à-dire ordinairement du 10 au 20 juin. Cette maladie, toutefois, m'a quitté soudainement , et je puis actuellement considérer avec impunité le pollen qui tombe de la fleur. Pendant les attaques de cette fièvre, l'opium et le tabac me procuraient un grand soulagement; l'obscurité me faisait aussi beaucoup de bien. Il y a une

Smee. Mon Jardin» ^^

Fig. 757 —Dactyle pelotonné.

Fig. 738.— Carex pendula.

Googh

variété de cette graminée à feuilles colorées que Ton emploie quelquefois pour les bordures.

Le Carex pendula (fig. 768) est une plante sauvage qui pousse près de Londres. Je me rappelle Tavoir observée à Hampstead alors que j'étais étudiant. On en trouve de grandes quantités à Hornsey; c'est une plante magnifique et très décorative; on peut juger de Teffet qu'elle produit en jetant les yeux sur la planche 16.

Byron dit en parlant des plantes sauvages de l'Italie : « Toutes tes mauvaises herbes sont des fleurs. » Je pourrais réellement appliquer ces mots à mon jardin, car beaucoup de mes fleurs poussent spontanément comme mauvaises herbes sans que, bien entendu, on en ait pris le moindre soin et sans qu'elles aient reçu trace de culture. La première plante sauvage qui produise de belles fleurs au printemps est le Raminciilus Jicaria (fig. 769); ses feuilles sont brillantes et ses fleurs d'un jaune très vif. On voit rarement plante cultivée qui soit plus

Fig. 759.. — Ranunculus Fig. 760. — Caliha paluslris. Fig. 761. — Iris aquatique jaune

Yicaria.

belle. Bientôt après vient le Souci des marais (Callhapalustris^ûg. 760); c'est une plante que je cultive actuellement, car la fleur en est très belle et, à certaines époques de l'année, elle forme certainement l'objet le plus splendide du jardin. On en connaît une variété double qui est aussi fort belle. Quant à moi, je préfère de beaucoup la fleur sauvage et je ne saurais trop recommander de la cultiver.

L'Iris aquatique jaune [Iris pseud-acorus ^ fig. 761) se plaît beaucoup

Qoo^^

LES MAUVAISES HERBES ET LES PLANTES SAUVAGES 33q

sur les bords du lac. Tout d'abord il n'y en avait pas un seul dans mon jardin, bien qu'il ait envahi un champ voisin;] j'en cultive aujourd'hui une assez grande quantité ; la fleur de cette plante a le rare mérite de se conserver très longtemps après avoir été coupée.

Le Jonc(fig. 762) est aussi une plante que j'ai empruntée aux champs voisins. Il fait, avec Tiris, un abri excellent pour les poules d'eau qui abondent aujourd'hui sur le lac.

La Lysimachie pourpre [Lythrum Sdicaria^ fie. 763) contribue beaucoup F>g- 762 - Jonc.

' ^ ' ' . ^ Fig.763. - Lysima-

à oraer le bord des rivières pendant ^^^"^ pourpre.

Tété. Cette plante vivace pousse naturellement dans mon jardin. Ses grappes de fleurs rouge pourpre sont magnifiques. Je cultive aussi une variété de cette plante, le Lythrum roseum ; mais est-ce bien une variété, car j'observe qu'à l'état sauvage chacune de ces plantes diffère par l'intensité de la couleur. Les rivières perdraient beaucoup de leur intérêt si cette importante plante sauvage venait à disparaître ; elle contribue tout particulièrement à donner aux bords de la Tamise son aspect brillant si remarquable en été.

La Scrophulaire noueuse (Scrophulan'a nodosa^ fig. 764) fleurit un peu plus tard dans la saison sur les bords de la Wandle.

J'ai importé de la vallée de la Tamise le magnifique Jonc fleuri [Butomus umbellatiis^ fig. 765), qui est asez rare sur les bords de la Tamise et sur ceux de la Lea; ce jonc n'a pas encore fleuri dans mon jardin.

Il est à remarquer que le charmant lys aquatique blanc ne pousse pas dans mon jardin et que je n'ai pu l'y acclimater; je ne saurais dire si c'est à cause de la qualité de l'eau ou à cause

Scrophulajre.

Qoo^^

de sa basse température en été. J'ai essayé plusieurs fois de cultiver cette plante, mais sans succès; un de mes voisins a essayé pendant des années, mais n'a pas réussi non plus. Le lys aquatique jaune n'habite pas non plus nos rivières.

L'Hydrocharide {Ilydrocharis rnorstis-ranœ ^ fig. 766) est une plante charmante. Je Tai trouvée dans un champ voisin et Tai placée dans un p^tit éiang où elle pousse et Hcurit à merveille.

rig. 765. — Jonc llouri. Fig. 766. — HyJrocharide. Fig. 767. — N'croniquc.

Au commencement du printemps, une mauvaise herbe charmante prend la liberté de pousser spontanément dans nos parterres, c'est la Véronique [Veronica chamœdrys^ fig. 767). Si l'on coupe ses fleurs, elles se fanent très rapidement; mais si on les laisse sur la plante, elles nous réjouissent longtemps les yeux, tandis que le rossignol nous réjouit les orejlles; ne savons-nous pas, d'ailleurs, quand cette fleur paraît, que l'été est proche. Quant à moi, je la considère comme une beauté au milieu de toutes les beautés du jardin. Une variété, la Veronica Bcccabuuga, se plaît beaucoup dans l'eau.

L'Herbe de la Saint-Jean atteint chez moi une grande perfection; c'est une plante très décorative si on sait l'employer à propos. La Marguerite des prés [Chrysanthemum leiicanthemum) porte de belles fleurs blanches et paraît tout fier de sa personne. En Ecosse, le magnifique Chrysanthemnm scffctum (fig. 768) est aussi commun que le chrysanthemum Icucanthcmum Test dans les environs de Londres. A mon dernier voyage en Ecossl*, j'ai rapporté plusieurs plants de chrysan-

Googh

themum segetum; mais le temps seul pourra ddmontrer si le climat de notre pays convient à cette plante.

Fig- 7^8. — Chr>-santhemura segetum.

Fig. 769. — Lysimachia Fig. 770. — Spirxa

nummularia. ulmaiia.

Pendant rété^THerbe aux écus {Ly si fnac ht a mimmiilaria fig. 7^)9^ se couvre de fleurs ; ses boutons placés tout contre ses tiges grimpantes ressemblent à autant de pièces d'or. Cest une plante que tout le monde aime et on la voit dans bien des maisons de Londres. Je possède une variété de cette plante dans laquelle les fleurs sont jaune d'or au lieu detre vertes comme dans la variété ordinaire; mais il arrive qu'il nV a plus de contraste entre la feuille et la fleur, et c'est là un excellent exemple de ce qu'on appelle les fleurs de fleuristes et de ce que j'appelle une détérioration de la nature par l'art.

La Reine des prés {Spirœa ulmaria, fig. 770) pousse à l'état sauvage dans mon jardin ; on dirait qu'elle a résolu de ne pas perdre ses parfums dans le désert ; je cultive cette plante avec soin et quand on la mélange à l'espèce rose du Japon, on peut se procurer des corbeilles aussi belles qu'avec n'importe quelle autre plante.

Je possède dans mon champ de beaux spécimens de la ALiuve {Malva Sfhestn's^ûg. 771). C'est réellement une belle plante; mais elle est trop grande pour qu'on puisse l'introduire dans le jardin, excepté peut-être dans des coins que Ton ne cultive pas ordinairement.

VAchillea millefoliimt pousse souvent dans le gazon; mais la ton-

Qoo^^

deuse rempêche toujours de fleurir, ce que je regrette quelquefois.

Fig» 77" • — Malva sylvcstris. Fig. 773. — Myosotis

palastrift.

Fig. 772. — Datura Stramoniam.

De temps en temps, le Datura stramonium (fig. 772) fait son apparition dans mon jardin.

Sur les bords de mes ruisseaux pousse abondamment le vrai Ne m^oubliez pas {Myosotis palustris fig. 773), qui est sans contredit une des plus belles fleurs qu'il y ait. Dans Peau elle-même , la Renoncule aquatique (fig. 774) prouve que la nature tient en réserve une beauté pour chaque situation.

Dans nos cressonnières pousse constamment le Sium angustifolium

ï^îg- 774- — Renoncule aquatique. Fig. 774 j. — Sium angustifolium. [Fig. 774 b. — Racine vénéneuse de TŒnanthe crocata.

(fig. 774 a) ; mais je n'ai pas permis au Panais aquatique Œnanthe

crocata (fig. 774^) si dangereux, si terrible, d'envahir nos ruisseaux.

Les Boutons d'or et les Marguerites sauvages sont infiniment plus

Qoo^^

beaux que tout ce qui sort de la main des fleuristes; dans les endroits ombragés, le Chrysosplenium oppositifolium (fig. 776) forme des corbeilles extrêmement belles.

J'ai déjà parlé des magnifiques graminées, telle que la Bri^a média; j'ai parlé aussi des graminées aquatiques et des roseaux qui poussent dans nos ruisseaux. Or, les plantes que je viens de décrire peuvent former un jardin délicieux qui contiendrait des espèces beaucoup plus belles, beaucoup plus variées, que bien des jardins artificiels

Fig. 775. — Chrysosplenium Fig. 776, — I^emna Fig. 777. — Lemna

oppositifolium. Trisulca. Minor,

bien labourés, bien sarclés, bien ratisses, où Fart du jardinier semble toujours vouloir combattre la nature.

On pourrait, à côté de ces plantes aux fleurs exquises, en citer beaucoup d'autres plus modestes, mais cependant bien belles encore. Ainsi, par exemple, la Lemna trisulca (fig. 776), la Lemna minor (fig.777), deux plantes aquatiques, et la Callitriche (fig. 778), plante aquatique aussi , dont le magnifique feuillage forme de véritables grottes dans lesquelles les truites aiment à se réfugier.

Tai introduit dans mes ruisseaux un ou deux ^'^- 778- - Caiiitriche. plants de la plante Pointe-de-Flèche {Sagittariasagittifolia^ fig.779). Cette plante se trouve dans la Tamise, au-dessus d'Oxford, où elle pousse en si grande quantité qu'elle gêne considérablement la navigation; je l'ai vue même, dans certains endroits, envahir le fleuve d'un

Qoo^^

bord à Tautre. Quoi qu'il en soit, cette plante est si charmante et la fleur en est si belle qu'elle est bien digne d'être cultivée.

VAlisma Plantago (fig. 780) est une autre plante aquatique qui

Fig.779* — Sagittaria Fig. 780. — Alisma Plantago. Fig. 781. — Epilobium

sagittifolia. hirsutum.

n'est pas tout à fait aussi belle que la sagittaria; elle croît spontanément sur les bords de mon lac.

V Epilobium hirsutum (fig. 781) borde tous les ruisseaux et pousse en aussi grande quantité que je veux bien le lui permettre. C'est là aussi une de ces plantes qui rendent les bords de la Tamise plus beaux que tous les jardins cultivés. Elle ne devient pas aussi belle chez moi que sur les bords des grandes rivières ; mais, cependant, un plant çàet là constitue un véritable ornement.

J'ai fait planter dans un petit étang le Soldat aquatique (fig. 782) ; c'est une plante curieuse qui pousse à l'état sauvage dans quelques étangs de Clapham et de Wandsworth. Il se forme en automne, tout autour de cette plante, de petits bourgeons bulbeux qui prennent bientôt racine et qui forment de nouvelles plantes au printemps suivant. Sur les bords du même étang, je cultive YHjdrocotyle vulgare (fig. 783) qu'on trouve à l'état sauvage dans les Fig 782.-Soidat aquatique, ^tangs de Mitcham.

Il nous faut parler maintenant de mauvaises herbes fort désagréables qui poussent partout où l'on n'en a pas besoin et qui gênent plus ou moins sérieusement l'horticulteur. Une charmante petite plante ap-

Qoo^^

LES MAUVAISES HERBES ET LES PLANTES SAUVAGES 34!) pelée Marchàntta me gêne beaucoup ; elle pousse dans mes marais

Fig. 783. — Hydrocotyle vulgare. Fig, 783 a.— Damasoniuna Fîg. 784. — Anacharis.

stcllatum.

artificiels et tout autour de mes blocs de grès, et détruit toutes les plantes auprès desquelles elle se trouve.

M. Worthington Smith m^apprend qu'une plante très rare, le Damasonium stellatum (fig. 783 a) se trouve dans les étangs de mon voisinage. Je regrette de dire que je ne connais pas cette plante, mais j'ai pensé qu'il était bon de la représenter d'après un dessin que m'a donné ce savant botaniste.

V Anacharis (fig. 784) ou, comme on l'appelle quelquefois, VElodea canadensis^ est une plante aquatique aussi désagréable dans nos ruisseaux que la Marchàntta peut être sur terre. h'Anacharis est originaire de l'Amérique septentrionale, il a paru en Angleterre pour la première fois en 1842, mais il s'est propagé maintenant dans toutes les parties de la Grande-Bretagne; il ne pousse pas dans l'eau très profonde et préfère de beaucoup celles dans lesquelles se trouve un peu d'engrais. M. Thornthwaite a fait, dans une de mes serres, une expérience assez curieuse prouvant que cette plante ne pousse pas dans Teau distillée, pousse difficilement dans l'eau pure, mais pousse admrablement dans l'eau de la rivière qui recevait alors les eaux vannes de Croydon. Ceci prouve qu'un des résultats les plus importants d'une nouvelle législation, relativement aux eaux vannes, serait de diminuer la quantité de ces mauvaises herbes qui causent de nombreux désagréments aux pêcheurs. Le professeur Owen m'a appris que les cygnes aiment beaucoup ï Anacharis; je me suis

Qoo^^

immédiatement procuré des cygnes d'après son conseil et, depuis ce temps, j'ai toujours un couple de jeunes cygnes qui dévorent cette herbe avec tant d'avidité qu'il en reste actuellement fort peu chez moi. La plante femelle existe seule en Angleterre, la figure 784 représente . a fleur de cette plante.

La Bryonia dioica (fig. 786) est une plante grimpante dont la racine atteint la grosseur de deux ou trois navets. Cette plante est fort élégante et il est bon d'en laisser une ou deux parmi les arbrisseaux.

La Vigne de Judée {Solarium dulcamara,

fig. 786) est loin d'être aussi gracieuse, mais

A \^ T^^^ ^^'^ produit des fruits qui font un effet char- ^^^^-ronT^ ^ ^^ mant; elle grimpe sur les arbrisseaux et se

^ jgL couvre de grappes écarlates de baies véné-

Fig. 785. -Bryonia dioica. neuses. Elle constitue, dans quelques endroits, un si grand ornement que je n'ai pas le courage de l'arracher.

Il y a deux plantes fort jolies qui ,sont de véritables pestes, car elles poussent partout où on n'en a pas besoin. L'une d'elles, le Convolvulus commun ou Liseron, atteint en une seule saison une hauteur de vingt pieds, puis se couvre de sps charmantes fleurs blanches. Le meilleur moyen de le détruire est d'arracher les jeunes pousses pendant le printemps et pendant l'été ; mais il faut perisévérer pendant longtemps pour épuiser la plante, car arracher les pousses une ou deux fois ne semble pas faire plus de mal à la racine que nous ne faisons de mal à nos asperges en les coupant de temps en temps. Le Houblon sauvage est une autre plante grimpante qui nous cause beaucoup d'ennuis, car, malgré tous nos soins, il envahit toutes nos haies. Il est très joli, mais il détruit la haie ; aussi sommes-nous obligés de le traiter comme nous traitons le Liseron.

Une variété charmante du Liseron {Convolvulus arvensis^ fig. 787 )

Fig. 786. Solannm Dulcamara.

Googh

nous cause souvent aussi beaucoup d'ennui. Cette plante atteint sa plus grande perfection sur les collines de craie du voisinage. J'aime cette mauvaise herbe à cause de la beauté de sa fleur et du parfum qu'elle répand, mais elle est loin d'être aussi belle dans mon jardin que sur les collines de craie.

La charmante Potentilla Anserina (fig. 788) pousse constamment au milieu de mes joubardes. Le seul moyen de la détruire sans s'exposer à troubler nos plantes est de la dépouiller constamment de ses feuilles. C'est sans contredit une des mauvaises herbes les plus belles qu'il y ait, elle a des fleurs admirables et des feuilles d'une teinte exquise; on ne peut cependant tolérer sa présence au milieu des plantes cultivées.

Le Chiendent est une autre mauvaise herbe dont

Fig. 787. Convolvalas anrensis. Fig. 788. Potentilla Anserina. Fig. 789. Arum maculatum.

nous aimerions à nous passer entièrement ; nous n'en avons heureusement pas beaucoup. Pour s'en débarrasser, il faut retourner le terrain de façon à ne laisser aucune partie de sa racine. A Naples, les tiges souterraines du Chiendent ou d'une espèce analogue forment la base de la nourriture des chevaux.

Le Séneçon et le Mouron sont aussi fort désagréables, mais mon jardinier les surveille attentivement et on en rencontre fort peu dans mon jardin.

LArum maculatum (fig. 789) est une plante intéressante qui réussit bien dans nos haies. J'ai essayé d'introduire, mais sans succès, une curieuse petite espèce d'-4ri/m, originaire des côtes de la Méditer-

Qoo^^

34» MON JARDTN

ranée, où, en quelques endroits, elle couvre littéralement le sol. Sur un des côtés du lac, croît le Petasites vulgaris^ plante que les ignorants considèrent comme la plus pernicieuse des mauvaises herbes, mais que je regarde moi, quand elle atteint le développement qu'elle a atteint dans mon jardin, comme une des plantes les plus magnifiques qu'il y ait. Cette plante se couvre de fleurs au commencement du printemps; le feuillage ne vient que plus tard, et ce feuillage participe plus au caractère de la végétation tropicale qu'à celle des régions tempérées. On aura quelque idée de l'effet produit par cette plante si l'on jette les yeux sur la planche i8. Je ne saurais trop recommander de la cultiver dans les endroits sauvages où elle peut trouver en abondance l'espace et l'humidité.

Le Rumex aquaticus (fig. 790) est une autre plante à belles feuilles qui atteint une hauteur de six pieds. Nous en avons un fort beau plant dans la rivière, auprès de la palis- Fig. 790. - Rumcx aquaticus. §3^^ qui ferme le parc. Le Rumex aquaticus se plaît sur les bords de la Tamise et c'est une des plantes qui contribuent à donner aux rives de ce fleuve un aspect si particulier.

Le Panais gigantesque {Heracleum giganteum) est une plante magnifique qui, dans certains endroits, produit beaucoup d'efl'et; j'en possède quelques plants dans mon jardin.

Le Laiteron doit être arraché dès qu'il paraît; la Renoncule traînante est une mauvaise herbe très désagréable. Le Chardon pousse dans nos champs, mais la bêche du jardinier l'empêche toujours de produire des graines; je suis, par conséquent, assez cruel pour priver mon chardonneret favori, qui me réjouit continuellement de ses chants, du dessert qu'il préfère à tous les autres.

f Pro molli viola, pro purpureo narcisse Carduus et spinis surgit paliurus acutis. »

Virgile, Bucoliques,

Quoi qu'on fasse, les mauvaises herbes poussent toujours, mais,

Qoo^^

comme je Tai déjà dit, nous en avons fort peu, grâce aux soins du jardinier.

Les plantes sauvages ne sont pas, d^ailleurs, toujours inutiles, car on voit paraître à chaque instant des framboisiers et des groscillers-, le châtaignier se reproduit souvent aussi, grâce aux graines que laissent tomber les oiseaux. Je n'ai jamais remarqué, dans mon jardin, un pommier, un poirier ou un prunier sauvage, mais il se présente quelquefois des pêchers.

J'ai vu la Cuscute {Cuscuta epithymiim^ fîg. 791) attaquer une seule fois un plant d'airelle. J'étais bien trop heureux d'avoir chez moi un spécimen de Cuscute pour songer à le détruire ; la cuscute ne montra pas autant de savoir vivre et détruisit mon airelle. C'est une plante terrible pour le trèfle, elle en tue souvent des champs tout entiers. La cuscute n'a pas de racines, elle suce la sève des plantes sur lesquelles elle vit.

Si l'on jette un coup d'œil d'ensemble sur les F'g 79i.-Cuscutaepithymum. mauvaises herbes, on verra combien la présence de la rivière dans le jardin a d'influence sur leur développement, car la plus grande partie de celles que j'ai décrites," croissent naturellement sur les bords des rivières ou dans les terrains immédiatement adjacents.

Il y a beaucoup d^ Algues dans mon jardin, ce sont des objets intéressants en ce qu'ils représentent le type le plus infime de la vie végétale. Il se forme, en hiver, sur les palissades du Parc et sur le tronc des arbres une sorte de poussière verte, c'est le Protococcus viridis (fig. 792). Il se compose de cellules excessivement petites qu'on ne peut examiner qu'en

Fig. 792.— Pro-

se servant d'un puissant microscope. La T^J'Z "^t^J^l^^M^

ç,n ^ *ï ' I ' r ^o\^ cil dia- lois en diamètre.

"g- 793 représente cette plante grossie Ooo mètre].

fois; quand on ne la grossit que loo fois (fig. 792), on ne distingue encore que de la poussière.

Dès que les froids sont finis, on remarque sur le sol une espèce de mousse verte; c'est la Lyngbya tnuralis composée de fibres délicates. Quand on la grossit 100 fois en diamètre (fig. 794), les tubes de cette

Fig. 794. — Lyngbya muralis»

X 100 diamètres.

Fig. 796. — Nostoc commone.

Fig, 795. — Ditto. X 3oo diamètres,

algue paraissent simplement comporter un grand nombre de divisions transversales ; mais quand on porte le grossissement jusqu'à 3oo diamètres (fig. 795), on peut observer la structure de chaque cellule.

Plus tard dans la saison on trouve, après la pluie, dans les allées sablées, une plante curieuse, le Nostoc commune (fig. 796). Vue à Toeil nu, cette plante ressemble à de la gelée verte \ vue au microscope, on découvre la conformation indiquée par la gravure.

Mais les conferves les plus importantes vivent dans Teau et exercent une grande influence sur Tétat de la rivière. Au commencement du

Fig. 797. — Conferva rivularis, grandeur naturelle.

Fig. 798. — Conferva rivularis, grossie loo fois en diamètre.

Fig. 799. — G>nferva, grossie 5o fois en diamètre.

pnntemps paraît la Conferva rivularis (fig. 797). Vue à Tceil nu, c'est

un paquet de longs fils délicats ; grossie loo fois en diamètre (fig. 798), on distingue parfaitement une multitude de divisions dont chacune contient une cellule. La conferve grossière représentée dans la figure 799 montre combien les filaments de la Conferva rivularis sont délicats quand on les compare à ceux des autres espèces.

Une variété beaucoup plus grossière, la Cladophora crispata^ se plaît au bord des ruisseaux et devient souvent fort désagréable quand on cultive^es plantes aquatiques dans les serres. Les fibres sont visibles à Tceil nu, elles se divisent en branches au lieu d'être continues, comme celles de la Conferva rivularis. La fig. 800 représente ces fibres de grandeur naturelle et les mêmes grossies 100 fois en diamètre.

Il y a, en hiver, et au commencement du printemps, dans notre ruisseau central de nombreux spécimens de la magnifique conferve , Batrachospermummoniliforme. La fig. 801 la représente de grandeur naturelle, et grossie 100 fois en diamètre, c'est un objet fort recherché pour le microscope. Cette plantule nese trouve pas dans tous les ruisseaux;

Fig. 800. — Cladophora crispata, grandeur naturelle» et grossie 100 fois en diamètre.

Fig, 801. — Batrachospermum moDiliforme, grandeur naturelle et grosai loo fois en diamètre.

Fis. 802. — Cladophora giomerata, grandeur naturelle et grossie loo fois en diamètre.

mais il en pousse assez dans mon jardin pour en fournir à tous les pos-

Qoo^^

sesseurs de microscope de T Angleterre. Elle adhère aux pierres qui se trouvent à environ un pied sous Peau.

On remarque souvent, auprès des touffes de Batrachospermum qui ont une couleur foncée, de petites touffes du vert le plus brillant. C'est la Cladophora glomerata (fig. 802) qui constitue un admirable objet d'étude pour le microscope. On distingue difficilement à Toeil nu Tarrangcmcnt de ses fibres ; un grossissement de cent diamètres révèle son admirable forme arborescente, mais il faut un ^ossissement plus considérable pour examiner sa structure.

\j3l Draparnaldia glomerata (fîg. 8o3) est plus belle encore et beaucoup plus rare ; elle est remarquable en ce qu'elle a une grosse tige

centrale à laquelle s'attachent toutes les autres tiges. Cette plante est aussi un magnifique objet pour le microscope.

Au mois de mars paraissent ordinairement sur le lac des taches irrégulières formées par certaines végétations vertes. Examinées au microscope sous un grossissement de cent diamètres, on voit que ces taches se composent d'un grand nombre de cellules auxquelles on a donné le nom de Tetraspora lubrica (fig.8o4). Au fond de la rivière on trouve aussi des conferves vert brillant. Examinés sous un grossissement de cent diamètres, tous les filaments de cette conferve semblent joints les uns aux autres ; avec un grossissement de

Fig. 8o3. — Drjpar.wMia g omerata, grossie loo tuis eu diamctrc.

Fig. 804. — Tetraspora lubriça grossie 100 fois en diamètre.

Fig. 8o5. — Zygnema spirajis (la fig.

supérieure grossie loo fois en diamètre, la fîg. inférieure grossie 400 fois eu diamètre )

400 diamètres on observe une magnifique structure en spirale. Jusqu'à présent je n'ai découvert aucun moyen de monter cet objet de façon permanente car, chose assi^z étrange, il se ratatine toujours et perd pendant

Qoo^^

l'opération sa conformation en spirale. On lui a donné le nom de Zfpiema spiralis (fig. 8o5).

Vers le mois de juillet, cette conferve semble se réveiller soudain ; elle pousse alors avec une telle rapidité que j'ai quelquefois tiré de Teau des paquets de filaments ayant quinze mètres de longueur. Elle forme une sorte d'écume très épaisse à la surface de Teau comme on peut le voir dans la planche 14, des milliers d'insectes et de limaces aquatiques vivent au milieu des filaments de cette plantule ; les truites aiment à s'y ébattre, et les canards toujours actifs ne la quittent pas d'un instant, car ils se nourrissent toute la journée des animaux qu'elle a attirés. Quelquefois nous en tirons de la rivière une immense quantité, mais cela cause un grand travail, car cette conferve émet, en se décom posant, une odeur très désagréable. On a essayé d'en faire du papier; mais la fibre n'est pas suffisamment forte. Quand arrivent les pluies de septembre, cette plantule meurt; la tige se détache du pied et elle est entraînée par le courant de la rivière; mais elle repousse l'année suivante à la même place.

La rivière contient encore d'autres conferves : celles par exemple que représente la fig. 799 ; mais nous en avons dit assez, pour montrer le caraaère général de cette végétation. Vers l'automne, un curieux changement se produit dans les filaments des conferves ; deux fibres parallèles se couvrent de croissances qui finissent par s'unir. On a donné à cet état le nom de conjonction (fig.806) ; cette réunion semble produire un singulier effet sur les cellules des fibres elles-mêmes, et la conjonction se termine toujours par l'expulsion de spores, au moyen desquels la plante se reproduit l'année suivante. La figure ci-contre a été gravée d'après un dessin dû au crayon de M. Quekett.

Fig.806.— Conjonction des conferves.

Après les algues, on trouve des plantules fort intéressantes appelées les Desmidiées, qui offrent aussi un grand intérêt, vues au microscope. Ces plantules ne sont pas très nombreuses dans mon jardin, car elles préfèrent les petits étangs dont la température est plus élevée que celle

Sraee. Mon Jardin. 2?

Qoo^^

de mes ruisseaux. J'en ai observé cependant six ou sept espèces qui

comportent un petit nombre d'individus, car notre eau ne semble pas

leur convenir. On ignore absolument

jusqu'à présent quel rôle jouent ces

plantules dans l'économie de la nature. ^'^' ^^7- Jo^KXmlt^f''' ^"*'"

La fig. 807 représente le Closterium Leibleviii; je la donne ici comme

spécimen du genre.

Un autre groupe extraordinaire de plantules appelées Diatomées (fig. 808 à 814), chez lesquelles quelques auteurs reconnaissent plusieurs genres, abondent littéralement dans mon jardin. Un jour, les

Fig. 808.— Epithemia Fig. 809. — Surinella turgida, X 200 diam. biscriau, X 2oodiam.

F;g. 810. — Cocconema Fia. 811. -— Pinnulanceolatimi , X 200 taria major, X 200 diamètres, diam^res.

cailloux de nos ruisseaux sont aussi brillants que les ornements d'un salon bien entretenu; quelques jours après, ils semblent recouverts de vase et de limon. Or, cette vase et ce limon sont composes d organismes végétaux qui s'appellent des diatomées. Quelques auteurs considèrent que ces infiniment petits appartiennent au règne végétal. Toutes les diatomées se ressemblent, en ce sens qu'elles ont toutes ua squelette siliceux. Ce squelette a été beaucoup plus observé que l'organisme lui-même, et il y a beaucoup de savants qui ont consacré leur vie à l'observation des marques qui se trouvent sur ces corps siliceux. On vend couramment dans le commerce une plaquette préparée pour le microscope, contenant quatre cents espèces différentes;

Qoo^^

cela coûte une centaine de francs, et c'est peut-être une des préparations les plus admirables qui aient jamais été faites.

M. William Thornthwaite a examiné avec soin les diatomées de mon jardin ; il a découvert environ cinquante espèces. Chaque saison paraît amener avec elle sa variété particulière qui paraît et disparaît avec une grande rapidité. L'étude des diatomées, à ne prendre que celles

Fig.8i 3. — Cymelopleura Fig 8 1 3.— Pleurosigma Ftg. 8 1 4 . — Campylodiscus spiralis,

ioiet, X 300 diam. atteouatom, X 200 aiam. X 30o diam.

seulement qui fréquentent mes ruisseaux, suffirait à occuper la vie entière d'un savant, car on n'a encore aucune donnée sur le mode de vie de ces végétaux et sur les causes de leurs variations de formes ; on n'en est donc encore qu'au début de cette immense étude et on ne connaît pas l'histoire naturelle complète d'une seule diatomée. Ces plantules siliceuses ont été si communes à certaines époques de l'existence de notre globe, que quelques couches fossiles de grande étendue sont entièrement formées par elles. A Richmond, en Amérique, par exemple, il y a une couche de ces fossiles ayant vingt milles de longueur et plusieurs pieds d'épaisseur. Les poudres à polir sont formées de ces particules siliceuses et le guano en contient, dit-on, une grande proportion. Il y a raison de croire que quelques poissons s'en nourrissent, j'ai fait examiner, pour m'en assurer, les intestins des jeunes truites, mais sa'ns aucun succès. A l'état naturel, ces plantules sont beaucoup plus belles qu'à l'état de squelette, qui présente cependant tant d'attrait pour le savant armé de son microscope. La Melosira varions ressemble à une quantité de cartons à chapeaux empilés les uns sur les autres; le Meridion circulare ressemble à une roue avec ses rayons; le Diatome vulgare ressemble à un escalier. Je ne

Qoo^^

saurais trop recommander Tétude de ces plantules, car elles offrent un puissant intérêt.

Page 1