‹ Mon jardinChapitre 88 sur 99 · LES REPTILES · texte numérisé non relu

LES REPTILES

Il n'y a dans mon jardin aucune espèce de serpents; je n'ai ni Couleuvre [Tropidonotus natrix)^ ni Vipère {Pelias Berus)^ ni Orvraie [Angiiis fragilis). On a vu cependant quelquefois la couleuvre dans des champs, à peu de distance de chez moi.

J'ai vu quelquefois des lézards {Lacerta agilis) dans les parties de mon jardin où je cultive les saxifrages et les joubarbes. Ce lézard est très actif; on le trouve dans tous les environs de Londres. On parvient à l'apprivoiser, mais pas aussi facilement que le charmant lézard vert de France et d'Italie que je n'ai jamais vu en Angleterre. J'ai rapporté ce lézard de la forêt de Fontainebleau en France ; j'en ai attrapé à Pompeïa, et j'en ai vu des milliers sur les murs de Naples et dans les haies autour de Florence ; j'espère bien un jour en établir une colonie dans mon jardin. J'en avais même rassemblé un assez grand nombre à Florence dans ce but, mais ils parvinrent à s'échapper; ils me causèrent même" beaucoup d'inquiétude, car je craignais qu'ils n'en-

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trassent dans ia chambre d'une jeune dame qui souffrait de la fièvre et qui était assez folle pour avoir peur de ces petits animaux.

La Grenouille [Rana temporaria^ fig. 1108) se trouve dans mon jardin, bien qu'il n'y ait pas de têtards dans mes petits ruisseaux, mais

Fig. 1108. — Grenouille. Fig. 1109. —Crapaud.

seulement dans un petit étang artificiel. La grenouille se nourrit principalement de vers et d'insectes.

Il y a aussi quelques crapauds [Bufo vulgarts, fig. 1 109) dans mon jardin, et c^est un animal que je protège beaucoup. Je les fais prendre en grand nombre pour les placer dans les serres où ils détruisent une quantité incroyable d'insectes et de limaces.

J'ai même eu des crapauds apprivoisés, et quelques-uns ont vécu chez moi pendant quelques années.

Un jour d'hiver, par accident, on m'envoya à Londres un crapaud dans le panier aux provisions. Maître Blanchet, mon chat, qui inspecte toujours le panier qui arrive de Wallington, découvrit le crapaud en un instant et d'un coup de patte lui arracha un œil. On retira immédiatement le pauvre crapaud des pattes du chat et on le plaça dans une petite serre d'appartement qui se trouve dans ma salle à manger ; il fut bientôt parfaitement apprivoisé ; nous le nourrissions avec des cancrelas que je faisais attraper pour lui. Je remarquai avec quelque intérêt que ce crapaud privé d'un œil ne frappait pas sa proie avec autant de rapidité qu'ils le font ordinairement. A Tétat de nature, les crapauds frappent leur proie avec la rapidité de l'éclair ; ils fixent d'abord l'insecte et semblent calculer la distance exacte à laquelle il se trouve; puis d'un coup de langue donné avec une telle vitesse que c'est à peine si on peut l'apercevoir, ils saisissent l'insecte et le portent à leur bouche. Toutefois, le crapaud ne peut pas atteindre sa victime d'aussi loin que

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