LA GRANDE GELEE DE MAI
plein air ne paraissent pas avoir souffert. On pouvait s^attendre à une quantité considérable de cerises, mais toutes ont péri sans qu'il y ait presque d^exception. Les groseillers à maquereau placés dans des endroits exposés ont beaucoup souffert. Les autres groseillers étant couverts de feuilles ont presque tous échappé. Les fraisiers sont presque tous ruinés, j'espère cependant que ceux qui ne sont pas encore en fleur auront résisté. Les premiers fruits du framboisier sont gelés, mais les boutons ne paraissent pas avoir souffert. Les figuiers, les pruniers, les pêchers, les abricotiers, les pommiers et les fraisiers placés dans la serre à arbres fruitiers n'ont pas souffert.
< Les désastres sont aussi grands dans le potager. Les haricots sont détruits. Les fèves plantées en novembre, et qui ont résisté aux froids de rhiver, ont actuellement leurs tiges toutes flétries;, celles semées au printemps et actuellement en fleur se trouvent dans la même condition. Les pois semés en novembre et que Ton devait récolter aujourd'hui ont quelque peu souffert . Ceux semés au printemps sont tous détruits. Les pommes de terre sont gelées ; les choux-fleurs ont un peu souffert, mais les laitues ont échappé. Le nouveau légume du Japon, le Raphanus caudatus, a défié la gelée.
< Dans le jardin, les pelargoniums, les fuchsias, les héliotropes sont détruits dans les endroits exposés; les dalhias, qui ont résisté aux froids de rhiver et dont la tige a aujourd'hui environ un pied de haut, sont complètement détruits. Mes azalées, ainsi que beaucoup d'autres orchidées anglaises qui, jeudi dernier, étaient en pleine fleur, sont aujourd'hui absolument dépouillées. Les plantes alpines sont intaaes. Les rosiers ont échappé à la gelée, la plupart des fougères ont aussi beaucoup souffert; les unes ont eu leurs frondes complètement détruites, les autres sont défigurées pour le reste de la saison.
< Je ne cultive pas la vigne en plein air, mais j'ai vu quelques plants, dans le voisinage, dont les jeunes tiges sont complètement détruites. Les feuilles du bananier de Chine sont gelées.
< Dans la soirée du 23, craignant une gelée, j'avais tout examiné en détail, mais rien ne pouvait me faire penser qu'en deux jours tous ces ravages auraient eu lieu. Les jardiniers craignent toujours les gelées
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Syo MON JARDIN
de mai ; Thistoire et rexpérience indiquent, en effet, quMl faut toujours les redouter ; la gelée actuelle n'est donc extraordinaire qu'au point de vue de son intensité et de Tépoque tardive à laquelle elle se produit. On doit regarder les gelées de mai comme un phénomène inexpliqué et absolument inexplicable dans Tétat actuel de la science; nous devons nous contenter de reconnaître qu'elles arrivent et nous préparer à les combattre. On se souviendra sans doute longtemps de cette terrible gelée de mai J867, qui a étendu ses ravages sur toute l'Europe. * »
Il se passe bien peu d'années sans qu'il gèle pendant deux ou trois nuits au mois de mai. Les chênes souffrent quelquefois beaucoup de ces gelées ; quelquefois les journées sont très chaude» quand elles arrivent. On peut se rendre compte immédiatement du dommage causé en examinant avec soin les fleurs des arbres fruitiers ; on voit que les étamines et les stigmates sont gelés et complètement désorganisés (fig. 1 197). Le retour périodique de ces gelées nous amène forcément à la conclusion qu'elles proviennent de quelques causes que nous ne com- I prenons pas. Les jardiniers ne doivent donc mettre en plein air les plantes délicates qu'après qu'elles ont eu lieu.
En juin, Tété commence véritablement ; les plantes
tropicales vivent alors en plein air jusqu'à ce que les
Fig. 1107. -Effet de la tempêtcs de l'équinoxe viennent terminer notre été
iiii]ée sur la Heur du *• ^ a i ^ * j:
ceriiicr. trop court. Aprcs ces tempêtes, le temps est ordi-
(A, rieur qui n'a pas ^ ^ , i i •* :«
été gelée ; B, étamines naîrement fort beau pendant la première quin-
cl stigmates détruits ** '^
par la gelée). ^^j^^ d'octobre ; puis, il gèle pendant la nuit, et tout
indique que l'hiver approche. Cependant, la température est ordinairement assez douce jusque vers le milieu de novembre, époque à
(I) The Gardeners* Chronicle, !•' juin 1867.