LA GRANDE GELÉE DE MAI
« Pendant les deux dernières nuits, une gelée terrible, pour l'époque de Tannée , vient de se produire; j'ai étudié avec soin les ravages qu'elle a causés dans mon jardin à Wallington, pour me rendre compte du dommage qu'elle a pu produire dans le pays. Tous les arbres sont en feuilles, excepté le Catalpa, le Frêne et le Mûrier. Les bourgeons de ces derniers arbres ont beaucoup souffert. Les jeunes pousses du Noyer, de l'If, du Hou et du Lierre ont aussi beaucoup souffert; ceux du faux ébénier ont échappé sans grand dommage. Les feuilles de tous les autres arbres ont échappé. Le Chêne souffre fréquemment des gelées de mai ; mais, cette année, dans mon jardin tout au moins, il n'a pas souffert, probablement parce que les feuilles étaient assez développées pour résister au froid. Presque toutes les pommes sont détruites. Les pommes les plus avancées dans mon jardin sont celles du Pommier irlandais ; quelques-unes étaient déjà plus grosses que des billes, presque toutes ont été détruites. En résumé, sur une collection d'environ 3oo espèces de pommiers qui se trouvaient dans toutes les conditions, depuis celle que je viens d'indiquer jusqu'à l'arbre en fleur, presque toutes les pommes ont péri. Les nèfles n'ont pas été touchées et j'espère que les coings qui ne sont pas encore formés auront aussi échappé à la gelée. Les poires ne se sont pas bien formées cette année, et, par suite de la gelée, il est probable que j'en récolterai à peine quelquesunes dans une collection déplus de 200 espèces. Les prunes étaient extraordinairement grosses pour la saison, mais c'est à peine si quelquesunes ont échappé. Chose assez curieuse, les pêchers et les amandiers en