OCTOBRE
Lundi 5. — Toutes les nominations sont faites. Il n'y a rien pour moi. Je vais voir M. Devillers. Il me dit que M. Millon me trouve trop jeune pour le suppléer. La perte de ce dernier espoir m'a achevé. J'ai été, un moment, abattu comme une femme.
Faisons de la philosophie, cela servira peut-être à quelque chose. En cheminant, je me demandais s'il ne valait pas mieux étudier d'abord les philosophes les plus modernes. A l'examen j'ai conclu pour la marche contraire: elle laisse à l'esprit plus d'indépendance. En traversant le Jardin des Plantes, j'observais que les couleurs opposées
sont souvent moins ennemies que les nuances d'une même couleur. Cette réflexion m'a rappelé le mot que l'on prête au cercle : « Passe encore le carré, le triangle, mais l'ellipse!... »
8 octobre. — Rien ne vient. Je commence à me résigner. M. Nicolle que j'ai rencontré, m'a, du moins, été la crainte de me voir nommé à une basse classe.
Samedi 15. — Le commencement de cette semaine a été cruel. Jamais mon métier ne m'avait semblé si dur. Pour me relever, je travaille aux extraits de Reid' avec une ardeur extrême.
Mardi 18. — Les leçons me viennent. Avanthier, le jeune Lecomte, qu'on voudrait me donner comme pensionnaire. Et, par M. Nicolle (le recteur), le fils du comte de Saint-Priest, — la nièce de la comtesse lïostermann, grande dame russe malade et malheureuse au milieu de sa fortune. Elle a voulu assister à la première leçon. Son intelligence est fort éveillée. J'ai beaucoup parlé ce matin, avec quelque plaisir de me savoir compris.
Dimanche 25. — Pendant que je déjeunais. Dubois- est venu m'apprendre ma nomination à