‹ Mon journal, 1820-1823Chapitre 6 sur 72 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le voici, ce second volume des Soiivenirs de Jeunesse qu'à regret j'ai diï faire attendre*.

Michelet, cette fois, nous raconte sa vie dans son journal, et ce journal est double : Dans l'un, il a mis ses ce Sentiments et ses Émotions » ; dans l'autre, ce ses Idées )^.

Le Journal intime n'a été tenu que pendant trois aus. Il s'ouvre, en mai 1820, au moment où son ami Poinsot prend le service de l'internat à l'hôpital de Bicètre. 11 se ferme le jour où Michelet entre dans la chaire d'histoire, que l'Université vient de créer pour lui, au collège Sainte-Barbe- RoUin. Tout entier désormais à son ensei-

1. Depuis la publication de Ma Jeunesse, mes travaux ont été d'une autre nature, non moins utiles. J'ai dunné, pour l'usage des Écoles : yotre France, — Eximits-historiques. — Sous presse : Extraits littéraires, — Leçons de Patriotisme.

XIV ]'REFAC!î.

giiement, il ne jettera plus sur sa vie privée, dans les quinze années qui vont suivre, que de fugitifs regards î

Le Journal des Idées, commencé plus tôt, eu 1818, ne prendra fin qu'en 1829. Celui-ci est surtout une table, à la fois analytique et condensée, de tous les ouvrages que Michelet mit en train pendant ces dix années. Elle justifie hautement l'épigraphe qui ouvre son Journal : « Les passions intellectuelles ont dévoré ma jeunesse ».

Cette table des matières est, en effet, tout un inonde.

Qu'est-ce pourtant, comparée au contenu des cinq cartons qui appartenaient à cette même époque?... Cartons pleins, bondés de notes, de traductions, d'extraits, de programmes, de fragments déjà tout rédigés.

'Michelet les a détruits dans cette année douloureuse où il eut le pressentiment d'une fin prochaine (nov. 1864). Ce sacrifice fut fait d'une main stoïque, non sans amertume, toutefois. Lorsque, dans un trouble extrême, nous demandions grâce au moins pour ceci, pour cela, il nous répondait :

ce J'ai acquis, dans mon métier d'historien.

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