A Chamuel, éditeur, en lui proposant
Je m'accuse :
... L'intérêt de cette rigolade copieuse est aggravé d'ailleurs et rafraîchi de temps en temps par quelques réflexions d'un cynisme délicieux sur l'affaire Zola- Dreyfus qui déroule, à côté ou au-dessus du feuilleton, ses vaines et puantes péripéties. Je pense que l'intensité et la continuité d'un sarcasme transsibérien, qui va s'exaspérant le long de quatre mille lignes, me vaudra tout au moins le suffrage de quelques rabelaisiens trèsprécieux.
Dites-vous bien surtout, ami Chamuel, que c'est un pamphlet exclusivement littéraire et que je me fous de la politique d'autant mieux que je suis installé, depuis des lustres, sur un pic intellectuel d'où le grouillement contemporain est à peine discernable.
Je fais simplement la guerre à l'insulteur de Dieu, au haïsseur furieux et bas de toutes les choses spirituelles et grandes, qu'est M. Zola, et je m'efforce d'exprimer la stupéfaction douloureuse où me plonge l'avilissement de notre patrie, autrefois couronnée d'éclairs, capable, aujourd'hui, de se prosterner dans les excréments de cette brute. J'ai prétendu faire une besogne de chrétien, d'artiste, de Français, en protestant de tout mon gueuloir contre cette épouvantable ignominie, et, comme j'ai lieu de supposer que vous êtes peu éloigné de mes sentiments, j'ose croire que vous ne refuserez pas de marcher...
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