‹ Mon journalChapitre 7 sur 80 · A un médecin de banlieue · texte numérisé non relu

A un médecin de banlieue

Cher monsieur, j'ai reçu hier soir votre note, avec toute la résignation qu'on peut attendre d'un homme qui vient de payer difficilement son terme. C'est vrai qu'il y a un an déjà, j'en suis confondu. 11 est vrai aussi que le temps passe très-vite, même quand on ne s'amuse pas. Je reconnais donc volontiers qu'il serait juste de vous satisfaire, et je m'y prépare courageusement. Mais je m'étonne du prix de 5 francs par visite. Ce taux ne me semble pas du tout exagéré pour les

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dignes commerçants retirés des affaires après avoir vendu à faux poids pendant vingt an s ou pour les anci» domestiques devenus propriétaires ou notables du Grand Montrouge ; mais je pense.qu'un artiste devrait être traité avec moins de rigueur.

10. — Le célèbre bibliophile Edmond Deman consent à éditer le Mendiant ingrat. De Groux l'a beaucoup sollicité, relance, persécuté, non sans violence parfois. Ils ont failli se prendre aux cheveux, ce qui eût donné à celui des deux qui n'est pas peintre un incontestable avantage. Mais enfin Deman s'exécute, ma foi î très-noblement, à tel point qu'il m'expédie, par mandat télégraphique et avant livraison du manuscrit, deux cents francs sur mes droits d'auteur. Par mandat fi-lrgraphiqueï Les anges rapides qui voient la misère et la douleur savent sur quelles portes éblouissantes ces deux humbles mots sont écrits.

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