‹ Mon Oncle AlcideChapitre 28 sur 29 · SCÈNE IV GUY, DIANE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV GUY, DIANE

guy, après un silence. — Vous n'êtes pas curieuse de voir qui vous écrit?

uiane, à part. — ■ Avec quel plaisir je le battrais! (Haut, tâtant la lettre dans tous les sens.) Votre cœur ne vous le dit pas? (Ironiquement.) C'est LUI! C'est le seul être que vous aimez au monde, c'est Roger d'Oncieux!

guy. — Comment le savez- vous?

diane. — Oh! soyez tranquille, ce n'est pas mon cœur... Je sens le cachet sous mes doigts. Votre ami est le seul homme en France qui se serve encore de cire pour fermer ses lettres.

guy. — J'espère que vous voudrez bien me

donner de ses nouvelles, avant que je vous quitte.

diane, ironiquement. — Quoi! vous ne le voyez pas tous les jours!

guy. — J'ai eu l'honneur de vous dire qu'il est chez lui, à la campagne. Depuis son départ, il ne m'a pas écrit.

diane, de même. — Alors, je' comprends vos angoisses. Nous allons les calmer. Sonnez pour qu'on éclaire. (Il presse le boulon.) Mais, d'abord, veuillez répondre à une dernière question... de simple étude psychologique. (Après avoir préparé sa phrase.) Depuis que vous travaillez au bonheur d'un autre, — Dieu sait avec quel noble désintéressement, — vous n'avez pas... regretté une seule fois... de ne point travailler pour votre compte? (M. de Lustrac s'assied dans le fauteuil et reprend les pincettes. Au même instant, la femme de chambre apporte une lampe, la pose sur le guéridon, baisse le store de la glace sans tain et se retire, tout cela pendant un science.) Allons! répondez. Je vous promets de ne plus vous fatiguer jamais avec ma psychologie.

guy, tisonnant toujours. — Eh bien, voilà

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