LIBRAIRIE NATIONALE D’ART ET D HISTOIRE
G. VAN OEST & C,e, Éditeurs
AU UECTEUÏ?
Continuons à égrener le collier de perles....
Le premier volume de Mon Pays fut accueilli avec une bienveillante faveur. La critique lui fut indulgente, même à Paris, où les timides écrivains de province se risquent avec l'appréhension peureuse dont sont possédés les néophytes franchissant le seuil du Temple. Grâces soient rendues aux aimables confrères qui voulurent bien trouver quelque joie à la lecture de ces descriptions de la Riviera, récompensant d’un laurier précieux les amoureux efforts d’un révélateur de paysages méditerranéens et de somptuosités villageoises.
Aussi bien, les évocations de cette terre voluptueuse et parfumée ne laissent-elles personne insensible. Ainsi la silhouette d’une jolie femme retient le regard des plus indifférents et son parfum subtil trouble étrangement même les hommes férus d’austérité et de philosophie. La Riviera est une séductxdce habile, d’autant plus dangereuse que ses moyens de fascination ne sentent ni l’artifice, ni la ruse. Elle est belle parce que la nature lui a prodigué ses dons les plus rares et que
DOMINIQUE DURAND
les divins artistes de la Création ont dessiné pour elle les plus magnifiques architectures, les plus aimables collines, les rivages les plus gracieux, en même temps qu’ils prenaient sur leurs riches palettes les couleurs les plus douces, les luminosités les plus éclatantes, mêlant harmonieusement l’or, la pourpre, l’améthyste, la topaze, le saphir, le lys virginal, les tendresses des roses, le velours des bougainvillées, la pâleur nacrée des aurores, le feu véhément des crépuscules. Ainsi parée, la Riviera, nouvelle Armide aux jardins enchantés, reçoit les hommages de ceux qui l’approchent, et qui, l’ayant vue, n’en peuvent détacher leur pensée et leur soupirante adoration. On l'aime, onia désire, on murmure à son adresse de tremblantes déclarations, et si les nécessités de la vie obligent à fuir un instant le rivage délicieux, le souvenir demeure ineffaçable des amours goûtées dans la féerie des journées tièdes, sous le plus beau ciel du monde.
L’écrivain qui pénètre les secrets de cette grande fascinatrice et les révèle d’une plume téméraire est donc assuré de trouver, un peu partout, des complicités souriantes et de faciles approbations.
Ce nouveau volume profitera, je l'espère, de ces instinctives complaisances. La Riviera n’ayant que des admirateurs, le modeste troubadour qui la chante récoltera les applaudissements et les fleurs de la foule éblouie. Celle-ci lui sera reconnaissante de son zèle et de sa piété, d’autant plus que des hommes méchants menacent, à cette