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celante, soutenue par ses filles épeurées, se serait présentée là, tenant en ces mains l'ostensoir contenant le corps du Sauveu
qu'elle venait de prier et qui, d’une voix enfan tine, lui avait donné l'assurance de sa puissante protection: “Ego vos semper custodiam — Moi, je vous garderai toujours”. Dans le pan du mur opposé à cette porte, on voit en effet un enfoncement dans lequel se trouvait un tabernacle de bois où se conservait, pour la plus douce consolation de la malade, le Très Saint Sacrement.
Dans le placard aux reliques, on vénère Ja boite d'argent qui contenait la divine et sainte Hostie. On y voit aucsi l'ostensoir d’albâtre, à la forme originale et gracieuse, aue la tradition mettait entre les mains de la Sainte.
toute confiante au Divin Sacrement, et s'en servant comme d'une arme défensive pour protéger ses filles contre les envahisseurs, La critique moderne conteste à cet ostensoir l'honneur d'avoir porté l'Hostie du miracle et d’un mot le relègue à l'arrière plan: “postérieur à l'époque de sainte Claire”. A-t-elle raison ? Elle ne saurait du moins nier le fait lui-même.
que les plus anciens historiens nous rapportent.
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C'est donc dans ce dortoir, où Claire gisait
sur son lit de malade, que ies pauvres sæurs effrayées se rassembient auicur de leur Mère. ’Abbesse, confiante, s'adresse à son divin Epoux et lui dit: “Ne livrez pas aux bêtes féroces, Seigneur, les ames aui ont confiance en vous et que vous avez rachetées par votre précieux Sang!” La réponse ne tarde pas à une conjuration si pressante. Jésus assure à Claire sa protection, et les ennemis, qui déjà escaladaient les murs, s’enfuient saisis d'épouvante.
C'est dans ce dortoir que le Pape vint visiter la sainte malade et que Claire leva les yeux toujours si modestes sur la face du Vicaire de Jésus-Christ. (C’est là que se passa cette petite scène ravissante de simplicité: Claire dans son humilité aurait voulu, comme le font les pieux fidèles admis en audience auprès du Souverain Pontife, baiser son pied. Mais, alitée, elle ne savait comment s’y prendre. Alors, avec une condescendance qui fait bienheureusement sourire, le Pape fit porter un escabean sur lequel il monta pour uonner à sa fille spi
rituelle cette satisfaction d’humilité et de piété.
Ce fut ici pour Claire la es du Ciel. Ui
imposant cortège de célestes Vierges entra dans cet humble dortoir ; il précédait la Reine des Vierges dans toute la splendeur de 8a gloire. Sur ce pauvre lit de la fille des Scefi, qui avait vieilli dans les austérités et la pénitence, les Vierges, bientôt ses compagnes, étendirent un manteau d’une éclatante beauté, et l’Epoux divin, accompagné de sa Mère, cueillit cette Clarté de la terre pour en éclairer le Ciel!
C'est là que Claire est morte ici-bas. Elle était entourée de ses filles et de quelques-uns des premiers disciples du Père Séraphique qui lui survivaient, conservant son esprit, au besoin venant ranimer leur propre ferveur près de leur Mère, à leur tour inondant son âme de consolation, en lui redisant les faits et gestes de celui qu’ils avaient suivi, quittant tout. C'est là que Claire est morte.
Approchons-nous du reliquaire.
Voici le bréviaire de sainte Claire annoté de sa main, et que pour elle avait transerit la petite brebis du bon Dieu le frère Léon.
Qu'’elles sont précieuses ces pages qui dictèrent les sentiments de piété et d'amour au cœur brûlant de la fille spirituelle de François!
qu'elles sont harmonieuses ces notes de plainchant que modulèrent devant Dieu cette voix de colombe. Double relique, et de qui l’a écrit et de qui s’en est servi.
Voici le calice dans lequel on apportait à sainte Claire malade, selon l'usage du temps, les ablutions de la sainte messe. A ces bords, Claire, maintes fois, posa ses lèvres qui venaient recevoir le Pain des anges.
Voici la clochette dont on se servait à Saint- Damien pour appeler de l'intérieur les sœurs aux offices divins. Son mouton de bois est tout vermoulu, ses lèvres portent tout autour des griffes qui lui donnent un aspect tout particulier, rendent par leurs vibrations un son d'une grande douceur. On a eu soin de laisser pendre hors du reliquaire une petite corde par laquelle on peut mettre en branle la clochette dentée. On est heureux de faire tinter cette voix, la même qui retentit aux oreilles de Claire et de ses filles pour les appeler à la prière, Il est d’autres objets, croix et reliquaires, qui ne manquent certes pas d'intérêt, mais qu'il serait long de décrire.
Porte du Ciel aussi que cette petite cellule où mourut sainte Agnès. La douce enfant
n'avait pas tardé à suivre sa sœur dans la voie du renoncement et du sacrifice. Sa vocation est une éclatante victoire sur le monde. Longtemps elle avait vécu sous la sage direction de son aînée, mais un jour, l’obéissance l'avait envoyée à Florence fonder une nouvelle communauté. Il faut lire dans leur texte les touchantes lettres d’Agnès à sa sœur Claire: on y verra que la sainteté ne dessèche point le cœur et n'étouffe pas la légitime et sainte affection. Agnès put cependant revenir au primitif Saint-Damien, vers la fin de la vie de sa sœur, elle put assister à ses derniers moments: quelques mois après, elle la suivait au Ciel comme elle l'avait suivie au cloitre.
On a transformé la cellule où est morte sainte Agnès en un pieux et tout petit oratoire.
Je tenais à y dire la sainte messe.
Au jour assigné, je m'y étais rendu de bon matin pour y faire ma préparation. Eile me revenait dans son rythme cadencé l'antienne
de l'office de sainte Claire:
Agres ad Agni nuptias, Et æternas delicias, Post Claram evocatur:
Ubi per Sion filias, Post transitas miserias, Aeternc jubilatur
[ge]
Après Claire, Agnès est appelée aux noces de l'Agneau, aux éternelles déiices; là, après les misères passées, elle est éternellement fètée par les filles de Sion.
Pendant que je me préparais et attendais mon servant, survient un bon vieux Père qui, à cause de ses infirmités, disait là tous les jours la sainte messe, comme dans un oratoire d’infirmerie. Un instant, il est dérouté en face de deux ernements préparés pour la messe. Il a vite pris son parti et se revêt ces vêtements sacerdotaux. Puis se tournant vers moi qu'il ne connaissait pas, il me dit: “C’est vous qui me servez la messe? —Certainement,”’ lui dis-je. Je l’aide à se revêtir des vêtements sacrés, La messe commence.
Mais qu’elle n'est pas la surprise du jeune frère qui vient servir la messe du “Molto Reverendo Padre” et aui voit la place prise par le bon vieux habitué. Pauvre petit frère, il ne savait plus où se mettre! Je l’eus bien vite rassuré, La première messe finie je célébrai la mienne dans ce petit sanctuaire qui fut la porte du Ciel de la douce sainte Agnès d'Assise. Je fis mon action de graces
sur une petite terrasse d'où s'étendait devant
moi la célèbre vallée de l'Ombrie; je com-
pris que, devant une telle nature, les âmes
poétiques comme celles de François, de Claire et d’Agnès, pouvaient d'un vol rapide s'élever
jusqu'aux portes du Ciel.