‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 26 sur 87 · NAN MON PELERINAGE · texte numérisé non relu

NAN MON PELERINAGE

surveille les agissements de François. Le pénitent se lève, quand i] croit que le silence et l'ombre lui prètent leur mystère, et pendan!

toute Ja nuit il soupire un acte d'amour qu'il redit sans se lasser: “Mon Dieu et mon Tout”!

Il suffisait à Bernard, Le lendemain, il était décidé à tout quitter, lui aussi, pour se mettre à la suite de François. Vendre son bien et le distribuer aux pauvres fut vite fait. A son tour il pouvait dire aussi: Mon Dien et mon Tout!

Les enfants de saint François qui ont, en rangs Si pressés, Suivi l'Amart de Dieu, comme Bernard le suivit le premier, redisent

comme lui: ‘Mon Dieu et mon Tout!"

Si je ne puis entrer dans cette maison, dont les habitants ne pensent peut-être pas beaucoup à l'hôte d’une nuit qui l'illustra, du moins, en Passant devant elle, en la regardant avec piété, je redis avec ferveur:

“Mon Dieu et mon Tout!’

Citoyen d'Assise, si j'avais fait visite à l'Hôtel de Ville, je devais bien aussi me présenter à l'évêché.

Le T, RK, P. Bonaventure Marrani avait

en man = ” —

bien voulu me présenter lui-même à Mgr Am broise Luddi, Dominicain, Nous l’'attendimes longtemps. Occupé qu'il était au séminaire, il ne rentrra pas à l'évêché, et je fus ainsi privé de sa paternelle bénédiction, que j'aurais voulu recevoir.

Durant notre longue attente, nous ne pouvions que penser à saint François et parler de lui. Nous étions en effet, dans cette même Salle où se passa le sublime drame du dépouillement.

Bernardone, profondément humilié dans SON Orgueil paternel de voir son fils Fran- Çois vivre en mendiant et déshonorer sa famille et son nom. l'avait poursuivi. devant les tribunaux civils. pour le déshériter, Mais le Saint, s'étant consacré au service de Dieu, récusa le tribunal séculier pour en appeler à celui de l'évèque. Moriconi l'y suivit.

Le père et le fils se trouvent en présence dans cette salle même où l'évêque tenait tribunal. Guido qui, avec pénétration d'esprit, aVait Compris tout ce qu'avait de surnaturel la conduite de Francois, lui dit: “Mon fils, Vous voyez l'irritation de votre père, et vous

devez lui donner satisfaction.” François, sans

retard, voulut exécuter la sentence judiciaire, Il se retira dans un appartement voisin et bientôt reparut aux veux des spectateurs, venus numbreux pour savoir comment se terminerait cette querelle de famille, Il n'était couvert que d’un cilice. Jetant aux pieds de son père, devant l’évêque et les témoins, les vètements dont il venait de se dépouiller, il renonça à tout héritage de la terre, mais plus confiant en celui du Ciel, il s’écria: “Désormais, je pourrai dire avec plus de vérité que jamais: Notre Père qui 5tes aux cieux!” Guido, le père spirituel, de sa chape enveloppa la nudité de François, pendant que Bernardone, le père selon la nature, empoitait les vêtements de l'héroïque dépouillé,

Page 1