‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 29 sur 87 · LE TOMBEAU DE SAINTE CLAIRE · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE SAINTE CLAIRE

Je descends à la crypte.

Sainte Claire, comme saint François, avait été inhumée sous le maître-autel de l'église construite en son honneur, Son tombeau avait été taillé dans la profondeur du roc de la montagne, et une fois fermé sur le saint COrpS qu'il contenait, on avait dressé le maitre-autel sur le mur qui couvrait le sarcophage. C'était un excellent moyen de mettre ces trésors précieux à l'abri de toute rapine. Durant six siècles, les corps de saint François et de sainte Claire restèrent perdus dans une ombre et un mystère tels, que l'on se demandait s'ils étaient vraiment là ces précieux restes pour lesquels on avait élevé de somptueuses basiliques. Tout au plus pouvait-on conjecturer le lieu où ils reposaient, le corps de

saint François surtout, tant on avait procédé

avec secret, lors de sa translation douloureusement mouvementée.

Les Papes en étaient venus à interdire, sous les peines ecclésiastiques les plus sévères, toute recherche. Mais quand, en 1818, les fouilles permises par le Pape Pie VIT furent couronnées de succès et qu'on eut mis à jour les reliques de notre Père saint Francois, les Clarisses, on le conçoit, sentirent naître le désir de voir leur vénérable Mère sortir elle aussi des obscurités du tombeau.

En 1850, le Pape Pie IX permit de faire à l'égliss Sainte-Claire des fouilles similaires à celles que l’on avait faites au Sacro Convento. Les travaux durèrent sept jours.

Enfin, le 30 août, on arriva au glorieux cercueil qui, durant 590 ans, avait caché au monde les reliques de la Sainte. L'évêque d'Assise convoqua l’épiscopat et le clergé de l'Ombrie, et en présence des religieuses qui, pour une si exceptionnelle circonstance, sortirent de leur étroite clôture, on fit la reconnaissance de ces restes vénérés. Claire était là, sous le massif couvercle de pierre. Si les chairs étaient réduites en poussière, son squelette était parfaitement conservé. La tête

était légèrement inclinée, la main gauche nosée sur la poitrine, la main droite étendue. Les feuilles de laurier dont elle avait été couronnée étaient encore intactes; elles avaient même conservé leur couleur naturelle et Jeur flexibilité, comme si elles venaient d’être cueillies. Dans la main droite on voyait aussi les tiges des fleurs qu'on y avait mises.

Assise vit en ces jours se renouveler l’enthousiasme des temps anciens, et Claire, du haut du Ciel, y répondit par de nombreux miracles.

La piété et la charité des fidèles admirateurs de la Sainte a permis de creuser à l’endroit du tombeau, sous le maître-autel de la basilique, une chapelle souterraine, où nous pourrons vénérer les restes de la Bienheureuse Mère, On n'a pas cependant, comme pour saint François, laissé le saint corps dans son tombeau de pierre, mais on l’a placé dans une belle châsse.

Je fis donc ma première visite au corps de sainte Claire. Quand on descend dans cette cuapelle souterraine, 0" se trouve d’abord devant un édicule plaqué de marbres variés. Sous

l'igive qui en fait coinme un arc de triomphe,

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