‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 45 sur 87 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

églises de l'Ordre, le soir du 4 octobre, ces mêmes prières du “Transitus” rappellent aux enfants du séraphique Patriarche les circonstances si touchantes de la mort de leur Père,

Entrons dans la sainte Infirmerie,

Au-dessus de l'autel on admire une statue de saint François, modelée en terre cuite, par Della Robbia. On la dit faite sur le masque qui aurait été moulé sur la figure du Saint après sa mort. Ce serait alors sa plus parfaite ressemblance. Et de fait, volontiers nous àOus figurons ainsi notre Père. Alors que tant d’autres figures ne nous satisfont pas, sur celle-ci les yeux se reposent avec bonheur et admiration, et à la contempler le cœur ressent un véritable sentiment de piété.

Autour de saint François, sur les parois de la chapelle, on a peint les compagnons du Saint, qui l'entourent ainsi comme de son vivant. Dans un petit placard où l’on enfermait les médicaments, on conserve quelques rcliques, en particulier une corde à trois nœuds portée par saint François, et sur laquelle on distingue des gouttes du sang de ses Stigmates.,

On voit encore dans la chapelle les restes de l’antique porte avec ses ferrures. Malgré la

grille qui la protège, les pèlerins ont su la dé

A l'extérieur une peinture de Bruschi nous

montre saint François étendu sur la cendre, mourant. Les Anges qui viennent recueillir l'âme du Saint sont quelque peu fantastiques. A la porte, Fra Jacqueline et sa compagne apportent les cierges et le linceul.

ints, et qu'elle est belle la mort de notre Père! Qu'il nous donne de mourir comme il est mort.

Sur le couvercle du cercueil qui garda deux ans le corps de saint François, avant sa translation à son tombeau définitif, Giunta de Pise a peint une représentation du Séraphique Patriarche. Ce tableau, sur un fond si vrécieux, est appendu au mur extérieur de l’infirmerie.

En face, à la place que tient le gros pillier, se trouvait autrefois l’humble réfectoire où saint François et sainte Claire prirent ensemble le mémorable repas que nous racontent si gracieusement les Fioretti.

Une fois encore Claire désirait prendre un repas avec son Père. Longtemps Francois lui refusa cette faveur, mais enfin, à la prière

instante de ses disciples intimes, qui lui rap-

NE

pelèrent la vie de sacrifices de laquelle Claire avait vécu sous son inspiration, il céda à leurs prières. Au jour convenu, Claire et sa com- Pagne arrivèrent à la Portioncule. Quelle joie pour elle de revoir Notre-Dame des Anges, où elle avait consacré à Dieu sa jeunesse! Après la visite émue à la sainte et vénérable chapelle, il s'agissait de prendre le repas si longtemps désiré. Les convives commencèrent par élever leur âme à Dieu, et, devant les pauvres plats servis à terre, si haut s'éleva-t-elle, que tous furent ravis en extase. La Portioncule Parut en feu, on accourut même d'Assise pour éteindre l'incendie, mais quand approchèrent les pompiers volontaires, ils s'aperçurent que ce feu n’était pas de ceux que l’on peut éteindre!

Soyez mille fois bénie, chère Portioncule, toute remplie des pieux souvenirs des origines si poétiques de l'Ordre des Mineurs.

Page 1