‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 44 sur 87 · L'INFIRMERIE DE SAINT FRANÇOIS · texte numérisé non relu

L'INFIRMERIE DE SAINT FRANÇOIS

Tout autour de l’antique chapelle de la T ortioncule, s’élevaient autrefois les humbles cellules qu’habitaient les Frères, celles plus partisulièrement des premiers et chers compagnons de saint François: Bernard de Quintavale, Léon, Rufin, Egide, Junipère, dont les noms reviennent si souvent dans l’histoire «le nos origines.

Longtemps on les conserva, même après que la nécessité et l'accroissement des religieux exigèrent des constructions plus grandes et plus stables. Lorsque, cependant, sur le désir du saint Pape Pie V, on éleva la grande Basilique, on dut nécesairement, quoiqu’à regret, sacrifier ces reliques des temps primitifs. On fit d’intelligentes exceptions. Nous avons vu comment on avait conservé la cellule qu’occupait saint François et qui est comme enchâssée dans la chapelle des roses. L’infirmerie où il rencit sa sainte âme à Dieu a été conservée avec en-

core plus de soin peut-être, malgré toutes les 1 LL onltAa atériolloa + œiiticuités matérielles et architecturales que

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‘1euse Inaulgence octrovée

dernière fois le cantique du Solsil ou des Créatures, prêtant ains' leurs voix aur sentiments les plus élevés de leur Père mourant. Aveugle, à force de pleurer de brüûlantes larmes sur la Passion de son Jésus et sur l’ingratitude des hommes, François appela ses fils auprès de sa couche et, croisant sur leurs têtes ses mains stigmatisées, les bénit tous, présents et absents, ainsi que tous ses fils à venir. Nous avons donc été bénis par notre Séraphique Père dans cette humble infirmerie, François se fit lire la Passion de Notre Seigneur selon saint Jean, puis, voulant mourir comme le Christ qu'il avait tant aimé et si parfaitement imité durant sa vie, il se fit dépouiller de ses vêtements, et, couvert de son seul cilice, se fit étendre par terre sur un lit de cendres. Par amour pour la sainte Pauvreté à laquelle il voulait rester fidèle jusqu’à la mort, il n’accepta que par charité et comme un pauvre mendiant la tunique que lui offrit son Gardien et dans laquelle il devait étre enseveli.

Enfin, de sa voix mourante, il chanta le psaume 141:

“De ma voix j'ai crié vers le Seigneur, de

ma voix je l’ai conjuré. J'ai crié vers vous,

vobaser

Seigneur, et j'ai dit: Vous êtes mon espérance et ma part dans la terre des vivants...”

Il rendit son âme très sainte en chantant le dernier verset : “Que mon âme sorte de prison, pour qu'elle confesse votre nom; les justes m’attendent jusqu’à ce que vous me récompensiez.”’

Quelle déchirante scène dans l’infirmerie de la Portioncule! Les enfants perdaient leur Père, l'Ordre, son Fondateur, la terre, un Saint. Mais le Ciel se réjouissait parce 1 se peuplait d’un élu de plus, et dans la L:éran hie des Saints la Trinité invitait l’humble et doux François. Le Pauvre entrait au royaume promis, riche de mérites, l'Humble y était reçu par de célestes hymnes. Pendant que les Frères sont partagés entre la douleur qu'ils ressentent du départ de leur Père et la joie que leur donne le spectacle de la gloire qui éclate dé;à dans le saint Corps que l’âme vient à peine de quitter ; pendant que, avec des pleurs et des baisers, ils vénèrent les sacrés Stigmates imprimés dans la chair virginale de leur Père, au dehors les alouettes, contrairement à leurs habitudes, quittent leur nid, le soleil déjà couché, et viennent chanter jeurs plus douces cantilè-

nes autour du toit de l’infirmerie, où vient de trépasser celui qui les a tant aimées, et qui conversait avec elles comme avec de douces amies, les entretenant de leur Créateur et des bienfaits dont il les avait comblés.

C'est à bon droit que cette infirmerie est restée chère aux enfants du Séraphin d'Assise.

À ces souvenirs cependant ne se borne pas l'intérêt de cette infirmerie qui, dès 1228, était transformée en chapelle. Le cœur de saint François se conserve dans ce sanctuaire. La tradition l’assure, corroborée par certaines données historiques. Certains critiques veulent entendre cela dans un sens figuratif ; personne ne saurait nier l'affection de saint François pour Sainte-Marie des Anges, — et c’est dans ce sens que son cœur serait là! Toutefois, un décret récent donne un nouveau poids à la croyance que le cœur du Père Séraphique serait véritablement inhumé dans la chapelle de l’infirmerie,

Dans ce cher petit sanctuaire, le 4 octobre, fête de saint François, on chante la grand’messe à minuit, et c’est là, bien entendu, que le soir cn fait la cérémonie du “Transitus’”’ ou

= nn no 1 nca | de la mort de saint François. Dans toutes les

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