‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 47 sur 87 · Î 206 MON PELERINAGE · texte numérisé non relu

Î 206 MON PELERINAGE

zareth, assise sur un trône, recoit la salu

angélique: “Ave Maria”, que lui adr , geterre, l’Archange Gabriel. Le Père Eternel, entouré d’Anges, envoie le Divin Esprit, “et le Verbe se fait chair pour habiter parmi nous, Devant cet antique tableau je n'ai garde d'oublier ni la Fraternité de Notre-

Jame des Anges, de Montréal, ni la maison

d'œuvres placée sous le vocable de Notre-Dame des Anges: “L'Ave Maria”. Comme on a retiré le voile qui ordinairement couvre la préë cieuse peinture, je l’ai sous les yeux durant tout le saint sacrifice de la messe, Dans le béni sanctuaire je fais mon action de grâces, que je prolonge à plaisir.

L'intérieur de la sainte chapelle ne mesure que 7,80 mètres de longueur, l'autel non compris, sur 4,07 de largeur.

Les murs ont pour unique ornement le poli des pierres produit par les frôlements incessants des foules et les pieux baisers des pèlerins, J'ai trouvé que ces marques indiscutables de dévotion valaient bien les peintures des plus célèbres maîtres. Qui pourrait compter le nombre de persones qui sont passées entre ces

. rustiques murs!

LA

Aux Jours des grands concours, pour iricliquer ja voie à suivre et diriger les flots hu mains, on dresse dans la Basilique de puissantes barrières, Il est aisé de voir dans le pavé les yeux préparés pour en recevoir les montants de fer. La circulation se fait ainsi plus facile et plus rapide. Pensez donc, il faut alors satisfaire la dévotion de cent mille pôle. rins, une armée! Ceux-ci ne s’arrôtent pas dans la petite chapelle, et s'estiment hou-

reux Ge pouvoir simplement y passer, Le

pierres des murs ont été polies par ces fleuves humains.

Une fenêtre s'ouvre à peu près au milieu du pan du côté de l’évangile. Deux grands Anges sont accotés au mur du sanctuaire, à hauteur de voûte.

Le sanctuaire est séparé du reste de la chapelle par une clôture ouvragée qui prend après la porte latérale, Ler fois remplacé, usé qu'il est par tant de pas. La voûte elle-même a été restaurée, De nombreuses lampes d'argent y sont suspendues.

Avec le temps, elles ont remplacé celles plus riches et plus belles, qui l’ornaient autrefois, et

que Napoléon passant fit enlever à son pro-

fit. Les Italiens ne sont pas tous et toujours les admirateurs du grand conquérant, surtout ils n'oublient pas ses vols consulaires ou impériaux. À la Portioncule c'est le seul et triste souvenir qu’il a laissé.

J'ai révé voir dans la Portioncule, à côté de ses devancières, une lampe qui brülerait au nom du Canada. Il y a à la voûte des crochets inoccupés; un jour viendra sans doute où un pèlerinage franciscair *!: canadien laissera là, en ex-voto, une gracieuse lampe d'’argent, dont la flamme, religieusement entretenue dans le sanctuaire aimé de Marie et de saint François, sera une continuelle prière pour les enfants canadiens du Pauvre d'Assise, pour le Carad: tout entier.

La Basilique de Notre-Dame des Anges a été élevée par Pie X au titre de Basilique patriarchale, et de Chapelle papale. C'est à l’occasion du VIlème centenaire de la fondation de l'Ordre, en 1909, qu’elle recut cet honneur. Benoit XV, glorieusement régnant, vient en outre de la prendre sous sa paternelle protection et sa juridiction directe, Comme insignes de sa nouvelle dignité, on y a élevé un autel papal,

ainsi qu'un trône, qui ne peuvent servir qu’au

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Souverain Pontife, ou à son délégué avec son autorisation spécial L’autel et le trône sont d'un très beau dessin; ils sont exécutés en marbre de Carrare et en albâtre. Quand donc la liberté sera-t-elle donnée au Souverain Pontife? Quand pourra-t-il revenir dans cette Assise tant de fois visitée par ses prédécesseurs ? Quand, dans cette Basilique de Notre-Dame des Anges, objet des sollicitudes et des bienfaits des successeurs de Pierre, pourra-t-il venir prendre place sur le trône qui lui est préparé et célébrer les saints mystères sur l'autel dressé pour lui? La présence de ce trône et de ret autel est un gage d’espérance.

Près de la Portioncule l'enfant de saint François voudrait toujours pouvoir habiter, car il sait combien le Père Séraphique aimait ce sanctuaire. Aussi résonnent-elles à mon oreille ces paroles du saint Fondateur: “Ce lieu est saint; tout ce que vous demanderez ici avec ferveur vous sera accordé. Ne l’abandonnez jamais. Si on vous en chasse par une porte, rentrez-y par une autre. Que les Frères les plus saints de mon Ordre y habitent tou-

jours.

Les Franciscains ont suivi à la lettre ce

conseil, mieux cet ordre: ils se sont établis à Notre-Dame des Anges, dans un couvent qui peut abriter une communauté nombreuse: assez vaste pou” que, à plusieurs reprises, on ait pu y convoquer et y tenir le Chapître général de l'Ordre. Dans le grand cloître, une longue série de fresques redisent la vie de saint François et l’histoire de Notre-Dame des Anges.

Plusieurs fois les révolutions ont chassé les Franciscains de ce lieu béni, mais fidèles à la recommandation de leur Père, ils y sont retournés par une autre porte, peut-être par la même.

On ne saurait quitter Notre-Dame des Anges sans éprouver tout à la fois de la reconnaissance et du regret. La chère petite Portioncule y reçoit ma dernière visite et mon dernier adieu, comme elle eut le dernier adieu de mon Séraphique Père quittant Assise, quittant la terre.

Une dernière fois je m’agenouille devant cet autel, et je dis au Bon Dieu, à la Vierge,

Reine des Anges et Reine des Mineurs, à notre

Séraphique Père saint Francois, toute la pro-

fondeur de ma reconnaissance, le merci du cœur qui ne sait comment s'exprimer digne-

ment. Je leur dis aussi mon regret de quit-

ter ce lieu béni entre tous, ce sanctuaire gi cher, si précieux, si saint. Je fais ici mes adieux à Assise, emportant de ma vision le souvenir heureux qui en perpétuera la durée, jusqu'au jour où mes yeux, se fermant à la lumière du monde, mon cœur cessera de battre de ces douces émotions. Mais alors, ce sera, j'espère, pour aller voir dans l’Assise céleste le Christ Jésus si compatissant aux pécheurs, dont il ne veut que le retour à la grâce et la vie; pour äller voir la miséricordieuse Marie, qui incline au pardon le cœur de son Fils ; pour aller voir l’humble et glorieux François, qui a fait d'Assise et de la Portioncule en particulier : “La porte de la vie éternelle.”

ND

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Cortone

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