PRIONS
Seigneur Jésus-Christ, qui, voyant le monde se refroidir, afin de r chauffer nos coeurs du feu de votre amour, avez renouvelé dans la chair de Notre Bienheu reux Père saint François, ici même, les stigmates de votre Passion; accordez-nous miséricordieusement que, par ses mérites et ses prières, nous portions constamment notre croix et nous fassions de dignes fruits de pénitence, O vous qui vivez et régnez avec le Père dans l'unité du Saint Esprit dans tous les siècles des siècles
Ainsi soit-il
Et chacun vient baiser la terre près de l'endroit de la Stigmatisation, comme la frange de ce lieu trois fois saint!
La procession s’en retourne.
Qui dira ce qui s’est passé dans l’âme, dans l'âme franciscaine surtout?
Elle aussi a eu comme une vision; elle a revu dans cet instant de bonheur la scène qui s'est passée là il y a sept siècles.
Au matin de l'Exaltation de la Sainte Croix de l’an 1224, François, dès l’aube, était sorti de sa rustique cellule, pour prier, avec plus de ferveur, si possible, devant la croix dres-
sée au pied d'un grand hêtre, Là, plus épris
ai
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que jamais de l'amour de Jésus Crucifié, il le priait de toute l’ardeur de son âme, de lui faire sentir, plus vivement, les souffrances qu'il avait éprouvées par amour pour nous, quand, sur le Calvaire, il donna sa vie pour le salut des hommes. Le martyre ne lui avait-il pas été prédit? Il le désirait toujours plus ardemment, pensant ne pouvoir jamais assez souffrir pour Celui qui a tant souffert pour ncus. Quelle intensité sublime devait avoir ces désirs de souffrance et ces élans d'amour, pour entr'ouvrir le Ciel et en faire descendre l'Amour crucifié!
En effet, dans les hauteurs du firmament, que blanchit l’aube matinale, il se fait comme une déchirure, et d'un vol rapide, il en descend un Séraphin, aux six ailes de feu: deux Ini voilent la face, deux lui couvrent le reste du corps, les deux autres, étendues, servent à S0ït envolée vers la terre.
La lumière qu’il projette est plus éblouissante que celle du soleil, elle illumine toute la montagne et l’irradie de ses feux.
Il arrête son vol au-dessus de François, ses ailes s'ouvrent, elles montrent le Christ crucifié qu’il porte, glorieux messager,
ci due DOME 7 à
L'âme de François, à cette céleste vision, se pâme d'amour et de douleur. Son corps s'est dressé dans un elan extatique, ses bras se sont largement ouverts à l'instar de ceux du Dieu qu'il contemple.
Ii y a alors un coeur à coeur intime entre le Maître et le serviteur. Personne ne saisit les accents de ce colloque divin. François ne le révéla pas de son vivant. Parlèrent-ils des excès de l’amour ou des excès de la haine? A tant d'amour divin, l’homme, hélas, répond par tant d’ingratitude. Mais à quoi bon con- Jecturer !
S'il ne nous est pas donné de savoir ce qui se dit dans cette céleste entrevue, nous savons du moins ce qui s’y fit. Dardant des rayons de flamme sur le corps de François, Jésus, de ses plaies divines, forma des plaies aux membres de son fidèle amant. En lui il &» reproduisait souffrant, se mains perforant ses mains, ses pieds percant ses pieds, son côté transverbérant son côté.
Quand le Séraphin, après une heure de ce travail mystique, de cette sculpture intérieure, où l'âme de François recevait l'impres-
sion profonde de la Passion de Jésus, de cett
In,
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sculpture extérieure, où les plaies se creusaient, où les clous se formaient; quand le Séraphin reploya ses quatre ailes pour recouvrir son trésor, et, d'un vol rapide des deux autres, rendit le Christ au Ciel, il en avait laissé sur la terre une reproduction vivante en François, désormais plus Séraphique que jamais.
Et c'est ici! Ici, que s’opéra cette merveille, en faveur de celui que je suis en droit d'appeler mon Père, mon Père Stigmatisé.
Y penser ici, n'est-ce pas une extase?