VISITE PLUS INTIME
Avec la communauté il faut suivre la procession et s’en retourner avec elle, sans pouvoir s'arrêter à sa dévotion dans le sanctuaire que l’on est venu chercher de si loin. Fidèle, je reviendrai ainsi, et le jour et la nuit, avec mes frères de l’Alvorne, gardiens de ces lieux bénis, mais en outre, combien de fois, durant mon trop court séjour, y reviendrai-je seul, soit pour dire la sainte Messe à l'autel des Stigmates, soit pour méditer près de ce rocher qui dit tant de choses à mon coeur.
Revenons à l’église stigmatine.
Plusieurs regrettent que l’on n’ait par gardé ce lieu vénérable tel qu'il était du temps de saint François. Ont-ils raison? Peutêtre.
L'endroit a été si bien choisi par la divine Providence. Du haut de ce rocher coupé à pic, quel immense panorama! c’est une couronne de montagnes qui entourent l’Alverne
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de tous les côtés comme pour lui faire la cour. Leur nuance varie du rose au violet, seion l'heure du jour ou la transparerce de l'air.
u haut de ce rocher, il m'a semblé surtout ju‘on voyait mieux le Ciel. Est-ce illusion des yeux? est-ce illusion du coeur?
Si donc ce lieu fût resté avec son pre as-
Dect ra CC Sa sal
ivage nature, avec sa roche
nue, si le grand hêtre eût pu survivre, on pour-
rait dire avec raison et encore pius de ve-
rité: ‘‘C’est bien ICI, Seigneur, que vous avez marqué votre Serviteur Franc: les signes
de notre Rédemption” Cette conservation aurait-elle été possible?
En serions-nous vraiment plus touchés? Ce
lieu n’aurait-il rien perdu à ressembler tant
a tous ceux qui !
entourent et qui, eux, sont
demeurés dans teur état fruste et primitif?
lace-t-elle pas les reliques de
ses Saints dans des châsses savamment cise-
14 : nn ‘Amaoars nioryr * sAni ex E lées, ornées d'émaux, de pierres précieuses?
Voudrions-nous que les ossements des Saints
soient comme des squelettes abandonnés, que
l’on pourrait palper à loisir? Non...! Ces
os, en attent ne résurrection glorieuse., + TOELr< 1} 1111 1 1+ lance rat +» rivrr
sont privées « ne qui aoit les faire revivre,
et, en attendant l'éclat de cette gloire latente, IIS ressembleraient trop à tous les autres, s'ils n'étaient enveloppés dans de la soie, et abri-
tés sous de massives grilles, ou renfermés
ans des urnes d’onyx ou de porphyre, ou dans
de transparentes châsses.
Ainsi en est-il des lieux sanctifiés par le Christ béni, par sa sainte Mère ou encore par
Ies Saints. Ainsi en est-il pour ce point pré-
cis de l’Alverne, où se tenait, embrasé de l’a-
mour divin, le Père saint François, 5endant
que Jésus formait en lui les Stigmates, par le
fer de sa toute-puissance. Je n’ai point re-
regretté, quant à moi, de voir cet endroit plus
honoré, abrité comme sous un dais royal, et
que ma dévotion devine, alors que mes yeux
ne peuvent le découvrir.
Avant de quitter l’Alverne, avec son Séraphique Père Stigmatisé, Frère Léon eut soin d'indiquer, avec srande précision, aux Frères
qui restaient, l’endroit où se tenait le héraut le la Croix, au moment de la stigmatisation.
Frère Léon avait été témoin oculaire du pro-
dige; on le comprend et on l’admet facile-
ment, quand on monte à sa cellule, dans l’infractuosité du rocher, là-haut, au-dessus de
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la chapelle stigmatine. C'était un vrai point d'observation. Le Frère leur recommanda même de placer une croix à l'endroit Si vénérable de la Stigmatisation.
On ne tarda pas cependant à sentir Comme un besoin d’honorer mieux que par une simple croix, ce lieu qui devait rester si cher aux enfants de saint François. On y construisit une église dès 1263.
11 fallut nécessairement faire du nivellement et traviller le sol environnant, mais on ne peut douter qu'on respecta, avec le plus grand Soin, le lieu indiqué par le bienheureux Frère Léon, puisque c'était en l'honneur de ce lieu et pour sa conservation que l’on entreprenait ce travail.
En entrant dans la petite église, on cherche, comme d'instinct, le lieu du crucifiement mystique de François; la recherche n’est pas longue. Devant l'autel, sur le pavé, se voit une légère élévation quadrilataire. Je m’approche sans crainte d’être dérangé; je suis seul maintenant, et je viens donner cours à ma dévotion filiale.
Une étoffe brodée couvre cette élévation.
Je la soulève, je l’écarte entièrement. Elle
lleon lus eux e ce pre-
her-
nent
, pas voit
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ation.
Elle
A L'ALVERNE 297
cachait une ouverture recouverte d'une crille de bronze aux harmonieux dessins,
à travers les interstices de laquelle
j'aperçois une plareproduisant en bas-relief la scène de la Stigmatisation.
que de marbre blanc,
Avec toute la teadresse de je me dis: C’est ]à.
mon âme émue,
est là qu'était mon Séraphique Père.
À genoux, j'ai fait la découve ques pieds de roche que les générations sont venues avant moi Vénérer,
rte des quel-
Je me prosterne la face contre la grille de que je voudrais moins forte,
maintenant, bronze
afin de pouvoir äppuyer mon front même et appliquer mes lèvres au rocher sanctifié.
Et là, je prie, je prie
longtemps. J'ai tant à dire!
Et tant de remerciements et de demes lèvres!
Merci, ô mon Dieu, de ]
mandes se pressent sur
a grâce qui m'est
faite. Tant d’autres enfants de François, autrement fervents et zélés, ont vécu et sont morts sans voir l’Alverne.
Tant encore vivront après moi,
plus fervents et rront point l’Alverne!
Pourquoi ce bonheur
plus zélés, qui ne ve
m'est-il réservé ?
Mon Dieu et mon Séraphique Père, je re-
z FPE , TA
a PR
Dance don etais ns rm menti d que
connais votre bonté miséricordieuse et je la remercie.
Mais puisque j'ai ce bonheur, je dois ici prier pour ceux de mes frères et de mes fils qui ne l’auront pas.
O Père Stigmatisé, dans la chère France, que vous avez tant aimée, il y a des couvents déserts, d’où l’on a banni vos enfants, cependant fidèles, et précisément parce qu'ils étaient fidèles. Ayez pitié de leur dispersion, et. au milieu de la tourmente qui les éparpille, comme les feuilles au vent d'automne, gardez-leur votre esprit.
O Père Stigmatisé, par delà l'Océan, sur des terres que vous avez ignorées de votre vivant, mais que depuis vous avez appris à connaître et à aimer, là-bas, bien loin, dans le cher Canada, vous avez aussi des fils qui vous aiment et veulent faire fleurir, sous Ces nouveaux cieux, la plante des Mineurs. Donnezleur votre esprit.
Dans l’une ou l’autre France, ‘ous Avez aussi vos filles, filles de Claire, votre émule en héroïsme; vous avez ieurs bienfaiteurs dont la charité les fait vivre; vous avez vos fils et vos filles, plus nombreux encore, qui vivent
A L'ALVERNE 299 je la sous la Règle de votre Tiers-Ordre. Je vou-
drais, 6 Père, pouvoir vous nommer, penché ois ici sur cette grille de bronze, tous ceux dont est es fils plein mon coeur reconnaissant!
O Père, bénissez-les de vos mains stigma- ‘che!
‘rance, tisee D,
uvents Si enfin je me relève, c’est que je me procepen- pose de revenir, pour recommencer et contiqu'ils nuer ma prière, pour les fils dont je suis moersion, mentanément le Supérieur et le Père, pour | épar- ma famille naturelle si aimée. | tomne, J'ai le culte des fleurs. Qui en fera le re- | proche à un enfant de saint François? | in, sur La montagne, les jardinets des Frères | tre vi- m'en fourniront, certes, et j'y cueillerai la { à con- mousse et le lichen, mais ici?... Je m’appro- | dans ls che de l'autel, et, aux bouquets qui l'ornent, ui vous je cueille de méditatives pensées. Chères fleu- 8 nou- rettes, vous viendrez avec moi au pays des } Donnez- neiges, porter avec son souveuir un doux par- \ fur de l’Alverne. !
18 avez > émule rs dont s fils et | vivent