L'ERMITAGE
Il est à l’Alverne un petit paradis dont je n'ai pas encore dit un mot, dont je n’ai pas seulement laissé Soupçonner l'existence, Je ne l'ai moi-même visité que vers la fin de mon sé- Jour. C'est l'ermitage.
C’est presque un lieu secret. On peut passer et repasser devant sa porte sans le soup- Çonner le moins du monde.
L'institution est déjà ancienne. On nous montre en effet l’enclos maintenant inhabité où se trouvaient les cinq cellules destinées autrefois à cinq religieux prêtres choisis par le Ministre Général parmi ceux qu’il estimait les meilleurs dans l'Ordre. et qui menaient là une vie toute de solitude et de prière, L’institution a pu avoir des viscissitudes, mais de nos jours encore. il ÿ a, à l’Alverne, mais non plus au même endroit. :n petit ermitage où quelques religieux, CINC, où six, mènent une vie
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retirée encore. et toute consacrée au lieu béni des Stigmates. Ces religieux ont là une vie de communauté à art, sauf pour les repas, qu'ils vont prendre au réfectoire commun.
On m'a fait les honneurs du petit ermitage, Tout y est Pauvre, plus pauvre encore qu’ailleurs : un petit jardinet, quelques cellules. quelques appartements. un tout petit choeur.
Ce choeur est situé au fend de la chapelle Stigmatine comme une tribune fermée, et seule une ouverture en forme de petite fenêtre le fait Communiquer avec la sainte chapelle.
Pendant que les religieux de la communauté, et le jour et la nuit, disent Je saint Office à l’église majeure, les ermites le disent ici, au-dessus de la cellule de saint François, juste à l'endroit où le Séraphique Patriarche disait lui-même ses sublimes laudes à Dieu. La pensée est vraiment touchante, elle est riche de symbolisme.
Quand la procession arrive, la nuit. l’un des ermites a ouvert la porte de fer ouvragé qui ferme l'entrée des chapelles au bout de la galerie conduisant à l’église stigmatine, les fanaux sont allumés, l'église est éclairée. Le
matin, à la petite sacristie tout est préparé. les
= ss autels sont disposés; l’un des ermites, le Frère = Léonard, entretient tout dans une parfaite pro- __— preté un, : = . C'est ce bon Frère Léonard, l'artiste de qu'ail- l’Alverne, qui me montre le petit ermitage, Te dont il est un des heureux habitants. Il sort ; tous les vases sacrés précieux qui sont à l’usage hapelle exclusif de la chapelle des Stigmates: il sort t-sdle les nombreuses reliques conservées à l’ermire -L | tage. Nous nous comprenons un peu et d’ail- | leurs le P. Samuel se fait l'interprète de nos —- sentiments et de nos pensées autant que de nos nt Of- paroles.
nt ici, Je donne à ce bon saint Frère un sc'ipule : Juste dont je ne me suis pas encore repenti. Je lui dis disait que c'est un péché mortel d’avoir tant de reliques alors que d’autres couvents, ceux du Ca- Es nada surtout, n’en ont pas, ou si peu! J’accentue et j'aggrave la faute en lui rapprochant sous sé les yeux deux reliques différentes du même s ue Saint. Il comprend mon envie légitime, mais - — le bon Frère ne peut disposer à son gré des « trésors sacrés de l’ermitage. Il me le dit et | . je ne puis que l’approuver.
Nous nous arrêtons longtemps à son atelier
402 MON PELERINAGE de découpure st là qu’il fait les admirables
dessins dont s’est illustré. déjà sa chère église
es Stigmates, qu'il entretient avec tant d’amour, et le grand choeur où ses quelques figurines en font désirer d’autres,
Il m'explique ses procédés, avec pièces à l'appui, me révèle le secret de la composition dont il remplit les traits de scie nécessaires au dessin.
Nous nous laissons meilleurs amis que jamais, j'en aurai bientôt la preuve.
Il est dans le couvent un autre ermitage encore, qui l’est de fait sans en porter le nom: c'est le noviciat. L'entrée du noviciat est sacrée, Aussi n'aurais-je jamais espéré avoir l'honneur d’y être introduit.
Tous les jours et à chacun des exercices de communauté, j'avais sous les yeux l’édifiant Spectacle de ces douze jeunes gens, dans la prime fleur de la jeunesse, la plupart ne dépassant pas de beaucoup les seize ans canoniques. La modestie des yeux des novices de l’Alverne cest légendaire, elle est une tradition, et bien que, au jardin du noviciat. les jeunes plants soient annuels, qui a vu les novices d’il y a
vingt ans, croirait les revoir dans ceux d’au-
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LVERNE 403 jourd’hui. Grâce à une possession d’eux-
mêmes et à une vigilance qui est presque de
l’héroïsme à cet âge si tendre, jamais on ne peut les surprendre levant les y
eux de terre, ou les détournant du lis
re qui les retient, Les offices du choeur comme les cérémonies solen-
nelles, auxquelles ils donnent leur concours,
une intelligence et une adresse qui témoignent de leur bonne volonté autant que de Ja parfaite éducation religieuse et liturgique qu'ils reçoivent.
Le Révérend Pèr
sont exécutés avec
e Maître des novices vint m'inviter à visiter le noviciat,
Les chers novices, que j
e n'avais vus que dans la réserve et la retenue des exercice maintenant, Le vois pour |
s réguliers, m'entourent figures sont épanouies et je a première fois les yeux d’escarboucle de ces Jeunes Italiens. d'autant plus bril-
lants peut-être qu’ils sont plus modestes et plus retenus.
Bien que 1
€ noviciat soit au secona étage, es qui forment le qua-
t les quatre-vingt-onze cellules des religieux de
cause de la déclivité de vices ont leur petit jar
au-dessus de l’une des ail drilataire où se rangen
la communauté, à la montagne, les nodinet de plain Pied. Ils
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cultivent surtout les fleurs autour des pieuses atatues, et ils peuvent les cueillir pour leur oratoire, car ils ont aussi leur oratoire où se conserve le Très Saint Sacrement.
On me montre ici le plus gigantesque et le plus terrible réveille-matin que j'aie jamais vu. Que différent de la gracieuse battola qui nous éveille si gentillement en bas!
C’est une crécelle, mais une crécelle!! Une crécelle qui va du plancher au plafond. Les lames sont de vraies planches. La roue est activée par une corde qui s’enroule à l’une des extrémités et qui se termine par un gros poids. Lorsque, du corridor inférieur, l’excitateur, par la corde qu’il tire, lâche la détente, la machine fait un vacarme tel aue, le voudrait-on, on ne pourrait rester au lit. Je n’ai entendu qu’un petit essai de la formidable machine,—on ne voulait pas mettre tout le monde en émoi,— j'en ai eu assez cependant pour apprécier ses services et comprendre son efficacité.
J'aime mieux le cliquetis cadencé de la battola.
Au noviciat on a conservé l’aimable et pieux souvenir du R. P. Marie-Albert O’Neill. J'en suis fort flatté, car le R. Père n’est pas seule-
A L'ALVERNE
euses ment pour moi un religieux de notre Province, leur mais il est encore un de mes premiers séraoù se phiques de Montréal. Sa dévotion à la Sainte Vierge a charmé le bon Père Maître lui-même, et le tout dévoué à la Reine de l'Ordre, is vu, Ermitage, qui êtes comme la consommation nous de la vie religieuse de l’Alverne, noviciat, qui en êtes le solide commencement, dans vos deux Une extrémités qui se ressemblent et qui se touchent Les dans les sommets spirituels, vous m'avez granle est dement édifié. Notre Ordre. grâces à Dieu, est | 1e des encore et toujours une pépinière de Saints et poids. le Jardin d'amour du Christ qui donna au | ateur, monde saint François et le crucifia divinement a ma- sur l’Alverne, | 1it-on, if tendu | à, —on | noi, — er ses de la pieux
J'en | seule-