‹ Mon pèlerinage à Assise, Cortone, l'Alverne [microforme]Chapitre 85 sur 87 · DOS RS, CA · texte numérisé non relu

DOS RS, CA

IR? ne va

Tout y rayonne, tout y pleure.

Mais dans la joie de l’extase et la jubilation de l'amour, ou dans le gémissement de la douleur et le cri de la souffrance, tout y est rempli de sa présence. L'écho semble répéter l'accent de sa voix, le sentier paraît encore garder la trace de ses pas, le sanctuaire. le parfum de sa prière, Tout nous dit que, pour lui, souffrir d'amour, se consumer de douloureuse compassion pour son Jésus Crucifié, est sa suprême félicité. Sa seule béatitude, il la trouve dans les larmes brûlantes de ses yeux, les coups meurtriers de ses macérations, la rigueur de ses jeûnes, la longueur de ses veilles, la dureté de sa couche et surtout dans les tortures intimes de son coeur. Que nous passions de la Chiesina au Sasso Spicco, de la cellule solitaire au lieu béni du sublime crucifiement, nous y entendons toujours les mêmes accents enflammés, nous y voyons couler les mêmes brûlantes armes, nous y éprouvons les mêmes intensités de l’amour qui consume son coeur de Séraphin. ‘ Alverne ! Montagne bénie, montagne privilégiée, montagne sainte, témoin des extases de François, témoin de ses pénitences, de ses pleurs, de ses chants d'amour, de son mystique

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ALVERNE

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Alverne ! Alverne | qui

des clartés du royaume de

pourra dire assez

ta gloire, toi qui as vu la célé

deux chevaliers de l'amour dans leur gigan-

tesque lutte : François aux

bre rencontre des

prises avec le Christ béni. et qui voudrait. en amour, l’égaler \ Tu es le Champ c's de ce conbat

singulier et ta roche aride a vu, pour

sa victoire, le Rédempteur

si possible!

assurer des hommes descendre du Ciel et venir sur les ailes de feu du Séraphin, percer de part en part de ses traits lumineux et br ûlants le Corps de son ad: ersaire dans ce combat d'amour.

Quelle autre cime sur la terre fut j

amais je théâtre d’ un tel fait d'armes? quel front de bataille vit

jamais de tels rivaux dans l’af

fection qu'ils se portent, combattre à qui aimera le plus? où s gagna jamais une telle victoire ?

Alverne ! Mont sacré ! Je

plus que les Pontifes et les Rois h

ne m'étonne s aient tenu à ionneur de gravir tes pentes abruptes. que les Peuples aient usé tes chemins. De tes

hauteurs, croit voir encore le Ciel ouvert darde flamboyantes flèches, on croit le voir Celui qui

r ses encore dans sa Pauvreté, a rendu ces mas-

426 MON PELERINAGE A L'ALVERNE

sifs rocheux plus précieux que les perles et les diamants.

Alverne ! Bienheureux ceux qui s’abritent dans tes flancs, y font leur demeure comme les colombes dans les creux du rocher. Bienheureux ceux qui te font encore vibrer des séraphiques cantiques, qui te vivifient de leur avustère vie et qui te donnent la douce illusion qu'il est encore là le Patriarche des Pauvres qui t'illustra à jamais !

Alverne ! Bienheureux ceux qui font l’ascension de ton sommet, ceux qui passent, s’agenouillent dans tes sanctuaires, baisent les traces du Stigmausé, pleurent et brûlent d’amour, se relèvent plus saints de leur dévote prostration, se sentent plus ardents à marcher au combat, plus forts pour la lutte, plus patients dans la persévérance. plus célestes enfin.

Alverne ! J'ai vu, j'ai touché, j'ai senti, J'ai compris tes grandeurs, tes merveilles, tes splendeurs et tes gloires. Et maintenant, je me souviens ; des yeux du souvenir, je te revois encore, et de la mémoire du coeur je revis de nouveau ton histoire, Alverne !

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ritent 1e les nheuséra-

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