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Aprrs (l(Mi\ liillos fiirii'iiscs, la rolonno de Saiiit-Ai'iiaiid, assaillie |)ai' nno tom]i(Hc, perd son clienrm. La nrjge cache los scnliers (''Iroits. Marguorillc se iiicl en lALe de la colonne cl la lire de ce mauvais pas ; il la ramène vers iVlilianah, tombanl au moindre écart d sou\Tnl presque enseveli. « Marguerille tenant toujours la tctc cl frayant la route, an risque de tomber dans des yonllics de neige amoncelée dans les ravins à pic qui bordent le scntier*(l). »
On envoya Margueritle commander lel)ureau arabe de Teniel-cl-Had.
A i\Iilianah, organisateur, il a étudié à fond les tribus, il sait sur qui l'on peut compter et de qui il faut se défier. 11 assure la sécurité du pays par des postes de police gardés par les indigènes. Il parvient à faire payer au gouvernement les redevances que le code musulman prescrit de payer au sultan, c'est-à-dire l'impôt sur les bestiaux et le labour ; ils le payent depuis.
Le 6 août 1843, il recevait la croix de la Légion d'honneur, à vingt rm.s.
Teniet-el-Had. —1844 est une année de paix
Cl) Saint-Arnaud, Lettres. "*
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relative, clans la province d'Alger. La lutte est aux frontières du Maroc, en attendant le triomphe du maréc]ial Bu^aud à la bataille de risly. Pour Margueritte c'est une année d'organisation. Suivi d'une escorte qu'il forme avec d'excellents cavaliers, « il se met à parcourir les tribus, écoutant tout, parlant à chacun de ses intérêts, de ses affaires, faisant respecter les droits de tous, punir les voleurs et les criminels par les tribus elles-mêmes, leur conseillant la paix, le travail, la culture, et apportant un appui efficace à ceux qui étaient disposés à se rapprocher de nous ; toujours à cheval, vivant comme les Arabes et toujours au service de ceux qui le servaient. Il acquit rapidement une grande influence dans le pays ; il connut vite la population, les int^érêts, les alliances des uns et des autres ; bref, il obtint cette connaissance profonde des hommes et des choses qui permet de toujours toucher juste et de donner à chacun la part d'honneur et de considération à laquelle il a droit, ce qui chez les Arabes, plus encore que ch(^les au\fes peuples, a une valeur immense; en effet, quels que soient le peuple et les gens auxquels on a affaire, l'amour-propre, la vanité et l'orgueil sont toujours les passions avec lesquelles il faut compter ; elles forment, avec l'in-
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IcnM, les pi'incip.iiix nioliilos de Ions les actes (1). » ^
11 complète la statisli(iiie, cliidie le pays et tait connaître aux Arabes la sécurité matérielle. Tenict-el-Uad n'existait qu'à, l'état de baraques, il en fait un village ; routes, raaisoils de commandemenl, barrages, sont son œuvre, le barrage de Nalîr ou ièesel notamment. Le Nahr ou Assel, branche importante du Chélif, roulant l'hiver sur 160 mètres de large et 7 ou 8 mètres de profondeur, coule au milieu de prairies immenses, fertiles si on les arrose. Les barrages peu à peu s'étaiej)t elTondrés ; les tribus, en masse, imploraient l'aide de Margueritte. Avec les indigènes il rétablit le barrage ; il faut en lire le récit- dans le livre du général Philebert.
Comme repos bien mérité, mai? quel étrange repos ! il passait des nuits à l'affût et faisait ses premières chasses au lion, à la panthère.
Il est sous-lieutenant le 23 juin 1844. 1845 ramena la guerre avec Abd-el-Kader pour acteur principal "et Bou-Maza pouiv*compa*se». Etrange figure que celle* de celui-ci, imposteur et sorcier, intrigant vulgaire palissant à côté d' Abd-el-Kader, ce révolté sublime. Bou-Maza
(1) Général Philebert, ouvrage cité.
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se porta surOrléaiisville ; Saint-Arnaud le batlit. Après plusieurs échecs il se reporta sur Or- Icansville, qu'un renfort envoyé à temps sauva. Le maréchal Bugeaud entre en campagne emmenant Margueritte. Les tribus se soumettent. Bou-Maza disparaît.
Abd-el-Kader entre en guerre, remporte la victoire àSidi-Brahim. Les Arabes sont encore vainqueurs à Aïn-Temouchent.
Bou-Maza reparaît. Le maréchal Bugeaud, alors en France, rentre en Algérie, et, rejoint par Margueritte et ses cavaliers, poursuit l'émir, prévient un coup de main de sa part sur Alger et le rejette dans le Maroc.
Le massacre des prisonniers français à la smalah d'Abd-el-Kader inspire au général Philebert ces lignes :
« La conduite d'Abd-el-Kader, notre énergique et infatigable ennemi, a sans doute souvent laissé à désirer au point de vue du respect des droits de chacun, de la générosité envers ses ennemis ; il a sans doute châtié avec une sévérité qui touche à la cruauté ceux qui nuisaient à sa fortune ou gênaient son action ; mais enftn, jusque-là sa vie était pure de toute infamie. Malgré tous les efforts, tous les sacrifices qu'il nous a imposés, quand on pense que
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ctl liomiuc, en lace de Ions nos moyens, de Ions nos si>l(lals, des rcssonrccs iniinoiises de la h'nnice, n'ayant i)onr le sonlenii- qne son anionr ponr l'inclrpcndance de son pays et la loi rolii^iense de ce pays arabe si changeant et si mobile, n'a pas vonlii desespérer du succès, on se sent pris d'adinii-aliorî et d'un ardent désir, tant il inspire une invincible sympathie, de le savoir sans tache. «
Margueritte réprime un commencement de révolte dans le cercle de Teniet-el-llad. Suivi des guerriers des tribus environnantes qu'il appelle, il fond sur les révoltés et les réduit à l'obéissance. 11 y reçoit sa première blessure. Toutes ces expéditions lui valurent le grade de lieutenant, le 30 janvier 184G, au .T régiment de spahis.
En 18i7, Abd-el-Kader se repose, mais Bou- Maza rentre en Algérie. On le repousse. 11 se jette audacieusement vers Teniet-cl-Ilad, aux environs duquel chassait Margueritte, avec quelques cavaliers. Bou-Maza pensait l'enlever, mais c'est mon père qui lui donne la chasse, le blesse, le poursuit pendant plusieurs kilomètres, seul enfin, et risque de le prendre (o'n'^citation).
Bou-Maza, quelques jours après, se rendit et vécut tranquille, interné en France.
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En décembre 1847, Abrl-cl-Kader se rendait au général Lamoricière.
Désormais une longue période de paix reprend. En 1851, Margueritte est nommé capitaine et commandant supérieur du cercle.
Le grand-père Antoine prit en 1847 sa retraite, et, maréchal des logis, chevalier de la légion d'honneur, fut s'installer à Milianah.
Il obtint une petite concession dans la plaine du Chélif, et vécut en bon vigneron, redevenu paysan comme avant. Les morceaux de terre du grand-père Antoine, c'est ce que nohs appelons pompeusement nos propriétés d'Afrique, mon frère et moi.
En 185.5, le gouverneur général Ilandon envoie Margueritte commander le cerc^ de Laghouath. El Aghoualh avait été pris d'assaut en 1851 par le général Pélissier et Yusuf. On venait de se rendre maître de Tuggurt.
Le premier soin de Margueritte fut de faire construire deux forts, dominant Laghouath et le tenant en respect. 11 assure les moyens de transport, fait élever par le génie militaire un moulin à eau qui assure le pain de tout Laghouath, jusqu'alors alimenté par le moulin de Djelfa. Dans Laghouath, composé avant son arrivée de quatre cents maisons construites en
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luollos (le lorre sc'inhéos, il ôlève plusieurs ])M'^ nuMilsn)ililaire&. cl piiblii-s. il au^Miienlc par un barrage le voluiuc deau de deux conduilcs, dérivant de la rivière de l'Oued-Mzict arrosant les deux oasis qui entourent Laghonatli. Il lit neuf ou dix autres barrages, il creusa une cenlaint' de puits aitcsicns, quarante donnant de l'eau en grande quantité, une vingtaine de norias, des abreuvoirs immenses, l'un d'eux pouvant abreuver 5,000 moutons à la fois. Il construisit des routes sur un parcours de <i;}5 kilomètres carrossables. Il avait en pays perdu — n'est-ce pas ? — l'initiative de ces hardis pionniers qui peuplent des Amériques, frayent les sentiers qui seront les routes, font les villages qui seront les cités.
L'étude du Mzab lui était recommandée.
C'était toute la région comprise au sud-est de Laghouath. 11 l'explora. Avec quelques fantassins, son escadron de spahis, il entra dans le Mzab pour montrer aux Mzabites qu'en cas de révolte, l'éloignement et le manque d'eau ne les préserveraient pas de nos armes. Voyage pacifique d'ailleurs, on l'entoura d'honneurs. 11 calma leurs haines, concilia leurs intérêts elles décida à de grands travaux, forages de puits et citernes qu'il leur fit construire. Grand mérite.
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car selon le général Philebert, l'enLêtementdes Mzabltesest la source de querelles continuelles. 11 en donne un exemple plaisant :
« Un habitant d'El-Atef apporta du Tell plusieurs qualités de graines potagères, parmi lesquelles se trouvaient des graines de potiron. Ces dernières donnèrent des produits de toute beauté. Ce légume fut présenté à la Djemaâ(l), qui, transportée d'admiration et de joie àlavue d'un si beau produit, décida qu'il fallait lui donner un nom. Après plusieurs réunions très orageuses, les uns votèrent pour le nom de tamina, les autres pour celui de takhena'tt ; aucun des deux partis ne voulant céder, les villes se divisèrent en deux camps, et de la dissension on finit par en venir aux mains.
« Quoiqu'il y ait plus de deux siècles que cela se soit passé, il est impossible de faire prononcer le mot de tamina à un Aftaoui descendant de ceux qui ont voté takhenaït et réciproquement. »
Une fraction des Mzabites, les Tolbas, avait eu, lors de la prise de Laghouath, un premier démêlé avec nous. Le maréchal Randon leur avait fait écrire de se reconnaître tributaires sans
(1) Au Conseil.
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cuiHlilioiis, ^inoii qu'il rciidiaiL rrspuiisables ceux (les leurs qui venaienl commercer chez uous. 11 s'allirii cette lière réponse : « Tous ceux qui vont commercer chez vous sout excomuiuniés, conserve-les donc, et, s'il te phiît de les embaumer, nous t'enverrons du sel. »
En 1857, ils voulurent en agir ainsi avec Marguerite :
« Mais ils s'adressaient mal cl leur orgueil reçut un rude échec.
« La colonne expéditionnaire qui partait d'El- Aghouath pour se réunir sous les murs d'Ouargla à celle qu'y amenait de Batna M. le général lU'vaux, campa sous les murs de Ghardaïa. Margueritte, qui la commandait, demanda à la Djemaà de traverser la ville, voulant ainsi l'obliger à reconnaître notre domination et abréger sa route.
« La Djemaà, qui voulait conserver à Gharda'ia son renom de sainte jamais foulée par l'infidèle, refusa.
« Margueritte ne fit aucune observation ; mais, sachant parfaitement l'importance que les indigènes y attachaient, il se fit un devoir de leur faire comprendre qu'ils devaient se soumettre à nos volontés. Le lendemain, il se mit en route et, arrivé à la hauteur de la porte de la ville qui
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était fermée, il la lit jeter bas à coups de hache par ses sapeurs du génie. Puis il s'engagea tambours battants et baïonnette au canon à travers la principale rue de la ville, au grand désappointement de toute la population, qui n'osa faire la moindre protestation.
« Cet acte de vigueur donna satisfaction à notre amour-propre et abaissa la vanité des Tolbas et leur prétention à être indépendants (1). »
Là se borna l'acte de vigueur de Margueritte. Sa dignité froide se fût peu prêtée à des excès soldatesques. Ses colères furent blanches, sans jurons. Et il avait trop de tact pour exaspérer un peuple irascible par des vexations déplacées. Ce fut donc tout et assez.
Au voyage de Margueritte à travers le Mzab se rattachent les premiers essais de relations avec l'Atiique^. Il organise en 1857 une petite caravane pour R'hatt, en plein pays des Touaregs, avec lesquels il fallait établir des relations, comme intermédiaires naturels de 1" Afrique centrale et de l'Algérie. Margueritte eut tout d'abord à vaincre les répugnances des gens du Mzab, race marchande qui craignait de perdre le monopole et les bénéûces de son commerce.
(1) Général Philebert, ouviage cité.
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Dos rapporis s'établissent. I-os 'r(Hi;ir<\us (ilïi'ont leurs services. Une seconde caravane i».irt pour H'hall. puis une autre en 185S(1). L'occupation (l'iMiargla ne tint qu'à une réponse décisive du maréchal Randon, mais il hésita. Néanmoins on était \ùou près du but.
En 1855, il esl nommé chef d'escadron. Quant à la croix d'officier demandée pour lui par le maréchal Uandon, on trouva sans doute que -Margueritte n'avait pas assez fait poiu* la mériter, et on ne la donna pas.
Le maréchal Randon quitta l'Algérie, le prince Napoléon le remplaça ; Margueritte, craignant que son rôle ne devînt difficile, voulut rentrer à son régiment. Sur la prière formelle du maréchal Randon, il garda son poste, mais, en 1850, le résigna, nommé lieutenant-colonel.
Le 28 avril 18.59, il avait épousé M"» Mal-
il Si-lsinail-Bou-Derba, interprète, conduisit cette caravane. Voici une note curieuse, citée par le général Pliilcbert :
" 17 août. Rouissat, près Ouargla. C'était la veille du jour de l'an (Lilet el Achoura). Une bande joyeuse représente sous un déguisement une arlequinade. Un vieux pèlerin Ijafoué par sa femme et ses camarades. L'Arlequin avait le costume classique qu'il a aussi chez nous, le chapeau et la batte. Cette coutume se retrouve, paraît-il, dans l'oued Rghir et même au Maroc. »
MILIANAH. — TENlKT-EL-llAIi. — LAGUOUAT :Jo
larme, fille de l'intendaiiL militaire de la division d'Alger.
Le maréchal Randou, minisire de la guerre, lui fit tenir la croix d'officier de la Légion d'honneur et quelques mois après le renvoya dans le sud. L'influence française avait été compromise dans le Mzab. Le juif Itah. commerçant considérable, avait été assassiné. A l'occasion du voyage de l'empereur, les villes n'avaient point envoyé de représentants à la réception. D'autres griefs. Il imposa des amendes, rétablit le calme et rentra à Milianah.
En 1860, il Ilù naissait un fils, Paul, à Lagouath.
En 1861, le 12°régiment de chasseurs rentrait en France, et le lieutenant-colonel Margueritte venait tenir garnison à Garcassonne.
r.ll.\l>ITKK III
MEXIuUE
Et maintenant vient une heure sombre dans la vie de cet homme intérieurement heureux, concentré, vivant d'un bonheur intime et familial. L'expédition du Mexique. Heure bien sombre pour lui. Soit souci de quitter sa femme et son bébé de trois ans, soit sentiment de l'inutilité, de la folie de l'expédition, ou nostalgie de cette terre d'Afrique avec son soleil et ses Bédouins, crainte d'un dépaysement cruel en ce pays étrange et barbare, pensée de l'éloignement inouï, quoi qu'il en soit, il traversa difficilement et péniblement le temps d'exil qu'il passa là-bas. Et pourtantle sentiment du devoir