SCÈNE PREMIÈRE
LOUIS, assis dans le fauteuil près Je la table, lit au lever du rideau : il est en costume de soirée, sauf un veston de chambre.
LOUIS, rejetant son livre.
Je donne raison au mari. C'est lui qui m'intéresse. L'amant me paraît stupide, malhonnête, bon à tuer. Mari trompé ! Q.uel écho douloureux ces deux mots, qui me faisaient rire autrefois, trouvent aujourd'hui dans mon cœur ! Ce n'est pas de l'humiliation que j'éprouve, c'est un chagrin violent. Dieu ! due je souffre ! Voyons, cependant. Est-ce qu'en jurant fidélité à ma femme je me suis interdit, quelque tentation que je subisse, de la tromper } Non, sans doute.
J'essaie de me persuader qu'une femme qui faillit à l'honneur est bien plus coupable qu'un homme : la preuve c'est que je ne me croyais pas criminel en acceptant pour ce soir l'invitation de mes amis. Ce sont là des subtilités ! L'honneur est r honneur, égal pour tous; juger les autres oblige la conscience à une logique plus précise que lorsqu'on se juge soi-même.