‹ Mon petit théâtreChapitre 7 sur 67 · SIMON · texte numérisé non relu

SIMON

Je ne suis qu'un paysan, mais je pense, comme le prince de Brette, qu'en poussant à l'extrême la défense des intérêts de ceux qui nous ont nommés, nous faisons peut- être trop

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bon marché de rensemble des besoins du pays ; ceux mêmes qui semblent exiger que nous protégions leur gain outre mesure ne nous ont-ils pas approuvés, applaudis quand nous avons créé des impôts, quand nous les avons épuisés pour armer la France, pour parfaire sa force défensive? Peut-être serait-il de notre devoir strict, à nous élus, de faire comprendre à nos électeurs qu'isoler la France en dressant entre elle et Ses voisins des barrières commerciales c'est dévorer sans profit les sacrifices faits, c'est la livrer à des ennemis plus nombreux.

LE PRINCE DE BRETTE

Brave Simon, si j'avais pu hésiter à faire campagne avec votre groupe trop avancé, je vois qu'il y a un terrain sur lequel nous marcherons toujours coude à coude; celui du patriotisme.

MONSIEUR DE MARCHENNES

Allons, Dessard, parlez donc, ne voyez-vous pas que tout est remis en cause.

DES s ART, avec calme.

Nullement, ces messieurs font de la sentimen-

lalité, ils disent de grands mots ; cela est utile et nous avertit que nous aurons à subir de beaux sentiments et de belles phrases et probablement à en tenir compte. Pourquoi pas ? Le prince de Brette a raison. La France domine nos clochers. Simon ne se trompe pas en disant que nos électeurs sont plus patriotes que mercantiles, mais ce n'est point à nous, députés ruraux, de transformer une question spéciale en question nationale. Maintenons nos calculs et nos prix Messieurs, haussons-les sans scrupule, on en rabattra toujours assez, et si le Gouvernement, au nom du pays qu'il représente, exige de nous des réductions, des sacrifices, soyons prêts à les faire, mais ayons-en k mérite en nous les faisant demander, non en les offrant.

MONSIEUR DE MARCHENNES

Bien parlé, nous revoilà d'accord.

MONSIEUR DE MARCHENNES, prenant le bras du prince de Brette.

Et notre partie, Brette, nous l'oublions.

LE PRINCE DE BRETTE Hélas ce soir impossible, dl se dégage doucement.)

JACaUES, à Mercedes

Je regrette que ce débat de couloir ne vous ait point été épargné, Mademoiselle.

MERCEDES

Il m'a intéressée, et m'a appris le secret de votre influence, qui est celle d'un habile.

JACaUES

Ce mot est-il un blâme ?

xMERCÉDÉS

Dit par tout autre, peut-être ; par moi, c'est une approbation.

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