SCÈNE VI
M. DE MARCHENNES, le prince DE BRETTE, SIxMON, quatre députés, JACQUES, MERCEDES
LE PRINCE DE BRETTE, à Jacques à part.
Une causerie seul avec M"° de Marchennes, mon cher Dessard, voilà qui excuse votre longue absence. La fortune vous favorise.
JACaUES
C'est qu'aussi je cherche à la saisir au vol.
MONSIEUR DE MARCHENNES
Messieurs, résumons, car nous voilà en parfait accord ; nous votons extrême-gauche et extrême-droite en groupe compact le projet qui, d'après nos calculs, empêche toute entrée des vins étrangers ; nous dépassons, ce qui est rarissime, jusqu'aux plus ambitieuses espérances de
nos électeurs. (Un rire général accueille ceite dernière phrase.)
LE PRINCE DE BRETTE
Messieurs, cro3^ez-vous faire tout votre devoir
en vous occupant exclusivement des intérêts matériels de vos électeurs ? N'y a-t-il pas au delà de vos clochers quelque chose qui les domine et qui est l'intérêt national ? Dieu seul, mes amis, peut ne jamais protéger trop la France ; n'avez-vous pas peur, vous en la protégeant trop, de l'enfermer? Je commence à être bien peu sûr de la vérité de la protection depuis que je vois de combien de ruines est fait Tenrichissement que nous cherchons.
MONSIEUR DE MARCHENNES
Allons, voilà Brette qui déraisonne et qui nous lâche. Judith a passé par là avec son démocratisme outrancier.
LE PRINCE DE BRETTE
Je ne déraisonne ni ne vous lâche, j'examine les deux faces de la question.