SHERBROOKE, QUEBEC
Janvier 1907.
Introduction.
A la demande d’un certain nombre d'amis, je me suis décidé à réunir en brochure les quelques petits écrits qui suivent. Je reconnais d'avance que c’est un fé/e-mêle plus ou moins facile à débrouiller, il sera donc inutile de venir me le dire après coup. puisque le mauvais coup sera fait. Cependant, je compte sur l'indulgence du lecteur Dour un Pauvre médecin, qui aurait bien mieux fait, je l’avoue, de s'occuper exclusivement de ses pilules et de ses élixirs, que d'écrire des balivernes, mais à chacun sa marotte !
Demandez au jeune père de famille ce qu’il pense de son premier-né! Comme il le soupèse, le mange d'u regard et des lèvres! C’est bien à /uz ce poupon rose qui vient de pousser son premier vagissement en entrant dans la vie! Ah! combien et combien de fois n’ai-je pas été témoin attendri de ces petites scènes, qui me faisaient sourire de bonheur pour les jeunes époux, et pleurer e# dedans de me voir privé de cette joie incomparable d'être père! Une maison sans enfant, si belle qu’elle soit, est un jardin sans pluie et sans soleil! Ah! je comprends les plaintes que le poëte a mises sur les lèvres du “ Masque de fer ” : “Que je serais heureux de la voix d'un enfant !"” Non, jamais le doux babil d’un out petit bien-aimé, jamais les plaintes qui demandent protection, jamais les questions naïves et enfan-
tines d’une autre moitié de moi-même ne raisonneront à mes oreilles! Jamais!
Me pardonnerez-vous maintenant d’avoir fait voir le jour à un Mouveau-né, si laid qu'il soit, oui, n'est-ce pas ? Il ne remplacera pas l'autre, mais au moins j'en aurai presque la douce illusion, Je compte donc sur votre sympathie,
lecteur bienveillant, Pour ne pas m'en priver au nom de votre fremier-né /
En signant l’autre jour la réquisition adressée à M. L. E. P., j'avais fait suivre mon nom du mot “ Indépendant ” et j'avais spécialement attiré l'attention de MM. L. D. et
l'ont rayé ou fait rayer; ou bien encore que ce mot a été omis en imprimant votre journal ; dans tous les Cas, je dé. sire que cette omission, volontaire ou non, soit rectifiée.
Je ne suis ni Conservateur, ni libéral, cependant j'ai signé la réquisition de M. P., non parce que ce monsieur est onservateur, mais parce que je le crois honnête et capable de représenter dignement la ville de Sherbrooke. J'aurais également signé une réquisition adressée à un honnête libéral.
En vous remerciant, monsieur le rédacteur, veuillez croire à ma haute considération.
N.B.—Les ‘emps sont changés, mais je suis resté le même “ Indépendant ” et un peu frondeur ! beaucoup, diront des malins que je connais—Je ne les Contredirai pas ‘dans ma candeur naïve.” Quoiqu'il en soit, je pense que c'est le parti le plus sage, pour quiconque n'zime pas les luttes politiques, mais qui préfère parfois À frapper d’estoc el de taille, histoire de passer le temps.
Fleurs Champêtres.
Je viens de lire et relire, avec plaisir, un charmant petit volume intitulé: “ Fleurs Champêtres,” par Françoise, de Montréal,
C'est un recueil de nouvelles et d’historiettes vraies, écrites dans un style pur, facile, enchanteur. Ici, l’auteur nous fait rire jusqu'aux larmes ; là, elle nous en fai: verser de véritables, tant elle met d'âme dans son récit.
Il y a un petit chapitre, intitulé: « Poème en prose ” bien court, bien mignon, juste deux pages et demie, mais que de belles choses en peu de mots!
“Fleurs Champêtres,"” tel est donc le titre de ce livre, d’audelà deux cents pages, que j'appellerai plutôt un long ‘‘poëme en prose,” tant il renferme de poësie ! Je n’essaierai pas d’en faire l’analyse, car je me crois incapable de le faire dignement, mais je suis certain que tout bon Canadien voudra en possèder un exemplaire dans les rayons de sa bi. bliothèque, il pourra juger de son mérite par lui-même,
L'auteur, qui est une jeune fille, a vécu à la campagne ; elle connait tous les membres de notre société canadienne, depuis le bûcheron, qui vit heureux dans sa chaumière, jusqu’au richard dans son palais. Elle peint si bien les mœurs, les usages, les manières et jusqu’au langage énergique de noS Campagnards, qu’elle évoque dans nos cœurs de doux
souvenirs.
Les principales scènes de ses récits se déroulent sur les bords de notre fleuve géant, en bas de Québec. Comment ne pas peindre sur le vif avec un pareil tableau et une âme comme la sienne ! Qui lira verra.
Le Bazar de 1802.
Encore le bazar ! Toujours le bazar ! Oui, amis, toujours le bazar tant qu’il y aura des orphelins, des malades, des iafirmes, des aveugles et en général tous les malheureux qui encombrent notre hospice du Sacré-Cœur. Mais n'y a-t-il pas toujours de bonnes Sœurs de Charité qui se dé. vouent, qui dépensent leur noble vie à avoir soin de nos nécessiteux ? Ces bonnes Sœurs nous font-elles le reproche : “Toujours des malades, des affigés, c'est ennuyeux ! ” Non, les malades sont les anis que le bon Dieu leur envoie, elles les aiment, les soignent avec sollicitude, les guérissent souvent grâce à leurs soins intelligents.
Pourquoi nous plaignons-nous de la fréquence du bazar? Il y a douze longs mois que les bonnes Sœurs écono-
. misent, renouvellent chaque jour pour ainsi dire Je miracle
des pains et des poissons pour nourrir leur nombreuse fa. mille, qui est une véritable sainte famille celle-là! Ah! si tout le monde savait ce qu’il faut de calculs aux Sœurs Pour joindre les deux bouts, plusieurs qui les critiquent aujourd’hui les louangeraient demain. On dit :—Il y a d’autres institutions dans notre bonne ville qui méritent toutes nos sympathies.— Certes, oui, il y en a, mais pendant que nos braves Sœurs des Pauvres combattent vaillamment dans la plaine, d’autres bonnes religieuses, nouveaux M oïses, tendent leurs mains suppliantes vers le Ciel pour demander grâce pour tous les pécheurs, vous et moi. Mais les œuvres
des unes valent celles des autres. Le travail étant une
prière continuelle, quelle somme incroyable de mérite les
Sœurs de la Charité n’amassent-elles pas d’un bazar à l’au. . tre? car elles travaillent loujours et toujours nuit et Jour.
Pourquoi vous dire toutes ces choses que vous connaissez
Comme moi; vous les voyez à l'œuvre, et vous savez bien
que ce n’est pas pour elles qu’elles nous demandent l’au-
mône, mais pour nos pauvres.
Allons donc au bazar en foule; délions le cordon de notre bourse, si mince qu’elle soit ; donnons ce que nous pouvons, mais donnons de bon cœur. |
Je finis en vous répétant les paroles du poëte qui vous toucheront plus que les imiennes, j’en suis convaincu : ‘C'est la petite mendiante, ‘Qui vous demande un peu de pain :
‘* Donnez à la Pauvre innocente, ‘{ Donnez, donnez, car elle a faim.
‘Ne rejettez pas ma prière, ‘ Votre cœur vous dira pourquoi.
‘J'ai six ans, je n'ai de hère ‘* J'ai faim ! ayez pitié de moi !”’
‘Que dans ce monde il aut souffrir :
‘Mais je suis si petite encore ! :
Je vous l’atteste, oui, quelqu'un vous le rendra, n’en doutez pas. Celui qui ne laissera Pas un verre d’eau sans récompense n’oubliera Pas ce que vous aurez fait pour ses membres les plus chers, les petits orphelins, les pauvres et les malades! Lui, le Grand Dispensateur de toutés les ri-
Au revoir, au bazar.
Les Célibataires.
M. le rédacteur d’un journal de cette ville, dans son article d'hier : « Soyons prudents et vigilants,” terminait par les quelques lignes suivantes :
“II y a aussi un autre abus qui a une grande influence sur les mœurs, c'est le peu de confiance qu’ont en général les célibataires dans la femme, etc.” (Textuel).
C'est édifiant ! Célibataires, mes frères, vous voilà Trués aux gémonies, il n’y a plus de salut pour vous, ou mariez-vous, et dépêchez-vous encore avant que M. le ré. dacteur ait une autre occasion de reparler de vous. On dirait vraiment que notre charmant confrère a jadis pêché en €au trouble ou cueilli des fruits dans le jardin de son voisin, tant il parle avec assurance du temps passé qui n’est pas encore loin! Par exemple, je vous dirai bien intimement que, malgré toute ma confiance en son savoir-faire, dans les charmes de sa Personne, ses attraits irrésistibles, je crois qu’il se vante, le malin! Il en est bien capable, allez, j'en suis même convaincu; car, pour ma part, j'ai trop bonne opinion de nos femimnes Pour croire un moment à ses succès. Rétractez-vous, M., ou tous les célibataires vont vous tomber dessus, c’est certain; par galanterie pour les dames d’abord, et peut-être un peu aussi par un sentiment d’amour-propre bien légitime.
Pauvres célibataires, n’êtes-vous pas déjà assez malheureux de passer votre triste existence privés des soins as-
Comme le succès rend fat! Je ne l’aurais jamais cru. M. se marie, et vlan! Une volte-face complète ; il me rappelle ce diablotin devenu vieux qui se fit moine. Bannissez toute crainte de votre esprit, cher €x-Copain de la noble confrérie des vieux SatÇons; il y a des fruits rares que l’on conserve précieusement sans Y goûter, et des fleurs exotiques dont on ne respire les parfums qu’à distance !
L’évangile ne dit-i] PaS quelque part : “Mariez-vous, vous faites bien, ne vous mariez pas, vous faites encore mieux.” Donc, tant que j'aurai l'évangile de mon côté, je me #cherat pas mal des on dit, mais je tâcherai toujours de respecter le beau sexe, comme je l’ai fait jusqu’à présent ; d’ailleurs, voudrais-je faire le contraire, que je n’y réussirais
Et voyez ce Vantard qui sort de notre Camp en secouant la poussière de ses souliers, que va-t-il faire dans l’autre ? Eh ! bien, c’est simple, tâcher de se faire pardonner ses fredaines passées, I] est habile diplomate, c’est Pourquoi je lui pardonne de bon cœur. Je conseillerais aux plus anciens maris de placer leur nouvelle, prudente et vigilante
recrue en sentinelle. Alors, vieux 8arÇons, prenez garde à vous |
Badinage à Part, je me trouve bien dans ma bonne confrérie, mais je la changerai volontiers pour l’autre quand l’occasion se présentera.
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Le Bazar de 1893.
J'ai froid! J'ai faim! La charité, s’il vous plaît, pour l’amour de Dieu! Il faudrait avoir un cœur de bronze pour résister à cette touchante prière du pauvre, de la veuve, de l’orphelin. Cette prière nous est adressée en ce moment Par ces nobles femmes qu’on nomme Sœurs de Charité, Est-ce pour elles qu’elles réclament ainsi notre aumône ? non, c’est pour les nôtres, c’est pour les nécessiteux de notre ville, de nos Cantons, dx monde entier, si la chose se pouvait, car leur cœur est plus gros que leur maison, puis-
qu’elles ne peuvent y admettre tous ceux qui s’y présentent, malgré leur désir.
Les temps sont durs, l'ouvrage est rare, l'hiver approche avec ses frimas ; qui donc Pourvoira aux besoins des pauvres! Mais c’est Dieu, le grand Dispensateur de toutes les richesses, c’est Dieu par ses aides de camp: le clergé, les bonnes Sœurs de Charité, les membres dévoués de la St. Vincent de Paul, etc.
Bien souvent, dans le monde, on ne comprend pas la noble mission des Sœurs.—Quoi! ces jeunes filles ont tout abandonné : parents, famille, amis, bel avenir! elles sont douées de talent comme vous, mesdames, mesdemoiselles ; elles avaient vos aspirations, vos goûts peut-être, mais à un moment donné, elles ont entendu l'appel de Dieu : “ Abandonnez tout et suivez-moi ! Ont-elles hésité un instant ?
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Non.— Me voici, Seigneur, faites de moi ce qu’il vous plaira, j'irai jusqu’au bout du monde, s’il le fant, pour faire votre volonté et celle de mes Supérieures,” dilatait au contact de leurs amis, de leur famille ; elles avaient un père, des frères, des Sœurs, une mère, une tendre mère qui les a élevées chrétiennement. Elles quittent tout elles renoncent elles-mêmes à ce doux titre de mère pou celui plus beau encore d'épouse du Christ ! Mais que dis-je » mères dévouées elles le sont par le cœur; une famille c'était trop peu pour leur zèle pour leur dévouement, il leur fallait la grande famille des déshérités de la terre : les idiots, les infirmes, les muets, les sourds, les aveugles, les orphe-
lins et tous ces malheureux qui peuplent nos asiles de chaere |
Qui panse les plaies les plus dégoûtantes ? la Sœur de Charité! Qui colle sur les lèvres déjà glacées dn moribond, la croix du Christ, symbole de notre rédemption ? la Sœur de Charité! Qui prie pendant que le monde rit et danse ? la Sœur de Charité! Qui prie pour ceux qui pleurent ? la Sœur de Charité! Mais quelle est donc cette femme sublime: “ Cet ange envoyé du ciel Pour calmer la souffrance,’ Comme dit le poëte? Cest votre sœur, c’est la mienne, c’est la fille du peuple que Dieu a anoblie et qui porte gra-
"ann
vées sur son blazon : Pauvreté, Chasteté, Obéissance ! ce sont là ses titres de noblesse.
Eh bien! mes bons amis, voilà quelques-unes de ces nobles Femmes que je vous présente aujourd’hui, Ce sont elles, ou plutôt leurs délégués, les Dames et les jeunes Demoiselles de la ville, qui viendront implorer votre assistance au bazar, le 17 courant et les jours suivants. Ces Dames sont très unies, surtout lorsqu'il s’agit d’une bonne œuvre— car elles savent que “ union fait la force.” Elles oublient les petits désagréments, les piqûres d'épingles qui sont plus sensibles que des coups de lance, quelquefois, je le sais. Mais, je n’ai encore aucun doute que toutes vont s'unir et qu'alors tout ira À merveille, comme toujours d’ailleurs lorsque ces dames e:ireprennent quelque chose d’utile. Pour ce qui suit, je ne m'adresse ici qu’à quelques-unes d’entre elles, car depuis la magnifique soirée du « Club Ste. Cécile, ou des Demoiselles, où de Mme B., ou de qui sais-je, moi ? ” il y a eu quelques fasses d’échangées bien inutilement à mon point de vue. Cette soirée a été très bien sous tous les rapports: chacune des actrices ou autres a très-bien rendu son
rôle respectif ; en un mot, c'était parfait, pour des jeunes ameteurs. (C'est au public à en juger, n'est-ce pas ? on n’est pas juge dans sa Propre cause. Bien souvent, plus on discute certaines choses, plus on s'emballe, il vaut donc mieux oublier le passé, s’il y a quelque chose que les Dames qui sont en cause doivent oublier ; quant à moi, je me rappellerai toujours de cette soirée avec plaisir. Ainsi,
unissons-nous toutes et tous (car ici ous ne sont pas exclus) pour faire réussir notre bazar.
L’Hospice du Sacré-Cœur est depuis longtemps déjà beaucoup trop étroit Pour recevoir tous nos malades, il faut nécessairement un local plus spacieux. Sous le rapport de
midi
la propreté, de la bonne tenue, on ne peut rien voir de mieux que notre hôpital ; il serait à désirer que toutes les maisons des particuliers fussent sur ce Pied—je reviendrai sur ce sujet dans une autre Causetie sur l'hygiène, Donc, le 17 Courant, en foule au bazar, dans la grande salle de l'Union St, Joseph, maison Murray. Que chacun fasse ce qu’il pourra, —l'obole du Pauvre sera reçue avec autant de reconnaissance que l’offrande du riche,
Rappelons-nous que celui qui donne aux Pauvres prête à Dieu à gros intérêt.
LLA
La Langue F rançaise,
L'histoire nous apprend que Dieu, irrité contre les hommes, confondit tellement leur langage que ne pouvant plus se comprendre, ils laissèrent inachevée la tour de Babel que, dans leur fol Orgueil, ils avaient résolu de construire afin d'échapper à un nouveau déluge. On peut dé. duire de là que, primitivement, tous les hommes parlaient la même langue, Il est malheureux que les francophobes de nos jours n’aient pas vécu à cette époque reculée, leurs Chatouilleuses oreilles n’auraient pas été blessées par l’accent français.
Les langues modernes, qui se parlent maintenant sur la surface du globe, n'étaient Pas Connues alors; ce n’est qu'à la suite des siècles et après beaucoup de tâtonnements que
Maine arrivèrent à se créer, pour ainsi dire, un langage particulier, en perfectionnant petit à petit l’idiome primitif. La langue la plus parlée de notre temps est la langue chinoise que je n’ai pas l'honneur de connaître, mais que je ne méprise pas parce que je l’ignore, car si je vivais avec les Chinois, je tâcherais d'apprendre leur langage tout comme j'apprends l'anglais par exemple pour m'en servir dans l'occasion. Je ne veux pas dire par là que je me ferais Chinois, que je porterais la longue couette traditionnelle de ce peuple, que je renierais mon beau nom de Canadien-franais, ni ma belle langue française! Oh! uon, car je suis
nero anee een. reason inmen tn .
trop fier de ces deux faveurs du Ciel: d'être Français et par conséquent de parler français, pour désirer d’être Chinois, Allemand, Russe où même Anglais! Aussi, je ne puis m'expliquer pourquoi des Canadiens-français aiment tant à parler une langue étrangère en dépit du bon sens !
Je comprends que dans la position où nous sommes, nous, Français, habitant un Pays conquis, il est nécessaire Pour nous d'apprendre l'anglais, Puisque nous avons chaque jour des rapports d'intérêt, d'amitié ou autres avec messieurs les Anglais; mais de ]à à renier sa langue, il ya loin! Quelques écervelés français trouvent plus chic de parler l'anglais que le français! ils vont même jusqu’à traduire leur nom en anglais let quelle traduction! ...
Qu'ils sont à plaindre, mon Dieu ! Pauvres gens, ils ne savent ce qu’ils font! Ils sont la risée des autres peuples et ne s’en aperçoivent point. Heureusement que ces choses
Quoi ! cette belle langue française, que des phalanges encore, cette langue harmonieuse que chacun de nous a appris à bégayer sur les genoux de sa mère, cette langue dont se servent les plus
français rongissent de parler! (C’en est trop, mon Dieu ! Ce ne sont plus des Canadiens, ni des Anglais, ces gens,
mais ce ne sont que de misérables ilotes ! !
Il y a un certain nombre de ces détraqués parmi toutes les nations du globe, il ne faut donc pas s'étonner s’il s’en
trouve parmi nous; mais il incombe à la classe dirigeante et aux classes instruites en général de donner le bon exemple, afin de faire Comprendre à ces pauvres égarés combien ils sont ridicules aux Yeux de tout homme sensé.
Comme je le disais plus haut, la langue française a
nneur d'être la langue diplomatique; aussi tous les grands personnages : le Saint-Père, les rois, les princes et toutes les hiérarchies des nobles tiennent à honneur d’apprendre le français. ‘Tous nos gouverneurs généraux, par exemple, savent très bien répondre en français aux adresses qu’on leur présente en cette langue. Si on connait l'arbre à son fruit, on connait aussi l’homme à son éducation, à ses belles manières, J'ai quelquefois l’occasion de faire cette distinction quand j'adresse la parole en français à certains petits industriels, Commerçants ou employés anglais, (je ne
dis pas À tous, mais à quelques-uns) leur air cocasse me fait sourire de pitié... J'a comprenne pas voa.…. il n’y a pas de mal à #e Pas comprendre moa, mais c’est leur air, mais c’est leur air Protecteur! Tant pis, butor, si vous ne me comprenez pas, suis-je tenté de leur dire, mais il faut être plus poli que ces grands sires qui se croient plus que la Reine d'Espagne, parce qu'ils parlent anglais !
Laissons-leur leurs sottes prétentions et tirons le rideau,
Le Bazar de 1804.
ans
Bazar, mot arabe, qui signifie en Orient marché, trafic. En Europe, ce mot représente un endroit où l toutes espèces de menus objets. Le vin mois, nous n’aurons pas besoin d’ en Europe, pour voir un bazar ; il y en aura un, et des plus
beaux, je vous en réponds, aux salles de l Union St. Joseph. Mais, me direz-vous, ‘encore un
répète si souvent ; au contraire, ines anis, un véritable plaisir d'aller passer d’ de charmantes dames aumône pour soulager quelques misères humaines, Ma part, je voudrais que le bazar durât toujours, pour le privilège de polir mes manières au Contact du beau sexe, J'ai dit en commençant que bazar signifie marché ;
on y gadeux, cinq et ; Maïs il y en il y a le gain spirituel, fruit
même dix piastres ? Voilà un gain matériel
4 Un autre qui prime celui-là :
de la charité. , Le mot bazar y
eut aussi dire trafic: or trafiquer c’est échanger un objet
Contre un autre, et quel est l'objet que KOUS aurons en échange pour notre aumône? Eh bien! d’abord, nous aurons peut-être la chance, vous ou moi, de Sagner un des beaux articles qui seront rés le vingt-trois et les jours suivants ; ensuite, nous aurons Surtout part aux