‹ Mon premier né [microforme]Chapitre 3 sur 29 · NE · texte numérisé non relu

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prières de tout le Personnel de l'Hospice du Sacré-Cœur : des bonnes Sœurs, des malades, des infirmes et des petits or. phelins ! N'est-ce pas là un bon marché, un excellent trafic ? L'hiver nous arrivera bientôt avr : son cortège de mi. sères annuelles, l'hôpital est 1à Poui recevoir les pauvres du bon Dieu, qui n'ont pas d'autre refuge en ce monde ; les bonnes Sœurs sont là ; prodiguant les soins les plus assidus aux pauvres malades, aux déshérités de la terre! Elles attendent notre obole Pour faire face aux dépenses considérables de leur établissement, Oh! si elles pouvaient renouveler le miracle des pains et des poissons, comme Notre. Seigneur dans le désert, elles ne viendraient pas si souvent solliciter notre aumône. Si ces bonnes Dames ne r'ssasient pas cinq mille Personnes avec cinq pains et trois poissons, elles font un autre miracle à mon point de vue, car elles trouvent moyen de vêtir très confortablement, de nourrir convenablement, avec les seuls revenus de la Pour ainsi dire, audelà de cinquante petits orphelins et orphelines, près de soixante malades, tant vieillards qu'infirmes, les serviteurs de l’hospice et vingt-une sœurs ! c'est un véritable prodige pour moi, car je ne comprends pas qu’on puisse faire tant avec si peu! A part cela, combien de pauvres veuves, de malades, d’infirmes, d'orphelins manquant de tout qu’elles ne Peuvent recevoir chez elles faute d’espace, mais qu’elles soulagent en apportant à l’une un petit gâteau, à une autre une douceur quelconque avec leurs bonnes et sympathiques paroles! N otre-Seigneur a dit que l’aumône couv péchés ; alors, mes bons

L’Ivrognerie,

L'ivrognerie, je devrais dire l’ignoblerie! en ef.

fet, y at-il quelque chose de plus ignoble, de plus dégoûtant, de plus vil qu’un ivrogne? L'homme ivre défigure l’image de Jésus-Christ ; il a bien encore quelques traits humains, mais que se passe-t-il dans ce cerveau échauffé par l'alcool? Les nobles facultés dont Dieu l’a doué disparaissent pour ainsi dire sous l'influence des boissons enivrantes. Le front devient sombre et ridé ; les yeux sont hagards et sans cesse agités dans leurs orbitres ; la bouche se contracte et ne s'ouvre que pour /ancer des blasphèmes ; les narines se dilatent et semblent humer avec délices l'odeur piquante de la boisson ; tous les mauvais instincts de notre pauvre nature déchue se déchaînent à la fois. L'homme, que les philosophes appellent un animal raisonnable, c’est-à-dire doué de raison, perd toutes ses nobles facultés dans l’ivresse; il devient plus #rw4e que la brute elle-même, puisqu'il ne connaît plus ni parents, ni amis. Sa démarche est chancelante, incertaine ; sa tête vacille et semble tourner sur ses épaules, tant elle est alourdie par les vape.rs du vin; ses pieds se heurtent au moindre objet ; tout son Corps enfin, qui u'est plus guidé par les facultés de l'âme, chaucelle et s’abat lourdement u’importe où il se trouve, même dans la fange..., quel triste spectacle !

Entrez un moment avec moi dans la maison d’un ivrogne.— Est-ce bien une maison, ce bouge, ou n'est-ce pas

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plutôt un enfer > Voyez cette pauvre femme en pleurs, amaigrie par les veilles, les jeñnes forcés et bien souvent par les mauvais traitements de son bourreau ; contemplez ces malheureux enfants en hallons, demandant du pain, le pain qu'ils ont cependant droit d'exiger de leur misérable père; oh! ils en manquent bien souvent, allez, les pauvres petits!‘ Du pain, du pain, répond la brute, tu en auras demain, maud..., en attendant, viens prendre un coup de whiskey.,,," J'ai été témoin moi-même de cette scène,

une fois, une seule fois, heureusement, Car Ça soulève le cœur de dégoût!!!

J'ai dit que l'ivrogne perd l'usage de sa raison. Un fait entre mille: Ja semaine dernière, dans une paroisse près de Montréal, un homme ivre, après avoir battu son enfant avec une barre de voiture, le jeta dans un tonneau à déchets ; une bête féroce ferait-elle une chose semblable à ses petits ? non, mille fois, non !

Consultez les annales judiciaires et voyez si l’ivrognerie n’est pas la cause des trois quarts des ciimes qui se commettent dans le monde. Continuons.—A Ja moindre contrariété, l’homme ivre entre en fureur ; il prononce, en blasphémant, les Saints Noms de Dieu, de Jésus, de la Vierge Immaculée, du Saint Baptême ; il Jance loin de lui tout ce qu’il trouve sous sa main : tables, chaises, ustensi. les ; il brise tont dans sa rage alcoolique, heureux encore s’il ne blesse pas sa femme ou ses enfants, comme l’a fait le père dénaturé dont il était question tout à l'heure. Voilà le portrait, mais bien incomplet encore, de l’ivrognerie.

Que dirais-je maintenant de Ja femme ivrogne ? hélas! hélas! ma plume se refuse à décrire la conduite de cette bacchante !! Que devient ceile que les poëtes appellent “le chef-d'œuvre de Dieu >" Que devient-elle sous l'influence

de la boisson? Une tigresse, une furie, un monstre sans nom! Avez-vous jamais eu la douleur d'en voir une? Si oui, je vous plains et je plains encore plus la malheureuse qui s’enivre.— Mais quel est donc ce philtre trompeur qui fait ainsi perdre la raison à l’homme créé à l’image de Dieu ? Je vais vous le dire en deux mots, mes chers amis: c’est un poison lent qui s’infiltre goutte À goutte dans tout votre Ccrps—"" c’est l'alcool, dit Littré, liquide inflammable, bouillant à 78°, d’une saveur âcre et chaude, incolore, d’une odeur piquante et aromatique, produit de la distillation des liqueurs sucrées et fermentées: vin, jus de betterave, moût résultant de la transformation de la fécule en glucose, etc.” Je n'ai pas le temps de vous donner de longs détails dans cette petite causerie ou autres semblables, je craindrais d’ailleurs d’abuser de la complaisance de M. je rédacteur, Mais je crois que je vous en ai dit assez pour vous faire réfléchir sur les tristes conséquences de l’ivrognerie.

En terminant, permettez-moi de vous dire d'écouter VOS pasteurs, ces bons médecins de vos âmes, qui vous répètent si souvent que l’ivrognerie vous conduit à la damnation éternelle ; écoutez aussi les médecins de vos corps qui vous disent que vous ruinez infailliblement votre santé par l'usage immodéré des boissons enivrantes.

Courage, pauvres ivrognes, un petit verre de moins chaque jour et je vous Promets que vous serez bientôt sobres ; alors la paix reviendra dans votre ménage, vous élàverez vos enfants chrétiennement, et vous serez doublement heureux vous-mêmes, en voyant le bonheur des autres.

Le Bazar de 1805.

Les jours, les mois, les années se succèdent avec leur lente monotonie Pour le pauvre, avec leur cortège de plaisirs pour le riche. Dieu, dans sa divine sagesse, a donné les biens de ce monde à celui-ci pour qu’il aide et secoure celui-là.

Malheur au riche, nous dit l'Evangile, s’il ne fait un bon emploi de ses richesses! Je connais trop bien les riches de Sherbrooke Pour douter un instant de leur charité, Chaque année, d’ailleurs, ils n’ont Pas manqué de faire leur aumône pour notre hôpital ; !1 même occasion se présente de nouveau : une fois par an, ce n’est pas trop, n'est-ce pas ? Les revenus de lPhospice du Sacré-Cœur diminuent au lien d'augmenter, mais Je nombre des malades, des orphelins, des vieillards, augmente toujours par exemple! Cornment voulez-vous que nos bonnes Sœurs de charité puissent faire face à tant de besoins avec Presque rien! I] serait urgent d'agrandir l'hôpital, mais il n’y a point ou presque point de fonds.—Les malades, les infirmes, les orphelins et les vieillards comptent sur vous, citoyens de Sherbrooke et des environs! A l’œuvre, mes amis ; si ‘“ noblesse oblige,” “charité oblige aussi. ”— Soutenons notre réputation des années dernières, donnons libéralement, suivant nos moyens.

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En spirales, rouler les fiocons que la nue

Laisse tomber sans bruit sur les grès de la rue ; Vous qui, des longues nuits pour charmer les loisirs, Du bal et des festins avez tous les plaisirs ;

Qui, pour lire ou causer, pouvez devant votre âtre Rester, ou bien courir en voiture au théâtre ! Vous, puissants, entourés de mille soins, d'égards, Sur le pauvre, en ce jour, arrêtez vos regards ! Contemplez un moment la hideuse détresse

De ses réseaux d'acier l'envelopper sans cesse ! Voyez-le, par ce temps, en proie à la douleur, Sous la neige, accomplir un pénible labeur :

A demi nu, mouillé, resque sans nourriture :

La nuit, dans son réduit, couché sans couverture ! La faim chassant souven: loin de lui : meil, Ou, s’il s'endort, hélas : quels songes, céveil ? Un réveil inquiet où, dans son étendue,

La triste vérité se dresse toute nue !

Quel tableau déchirant lorsque sans feu, sans pain, Un homme entend ces mots : papa, j'ai froid, j'ai faim!.... Que doit-il se passer dans le cœur de ce père? Souvent des pleurs, parfois la haine et la colère ! Aucun crédit! plus rien! mon Dieu, que devenir ?

Un crime ! ou le charbon ! quel sinistre avenir?

Ah ! songez aux vieillards, à cette jeune mère

Dont le sein amaigri n’est qu’une source amère ; Songez à ces enfants, le soir tendant la main,

Tout transis, vous disant : M., soyez humain !

Songez combien l'hiver amène de misères

En privant de travaux des familles entières,

Et vous trouverez tous, car elle est dans vos cœurs,

La douce charité qui calme ces malheurs !

Sur son trône éclatant, l’Auguste Providence,

Des honneurs et des biens seule à son gré dispense ; Mais Elle recommande, en donnant ses trésors,

De verser le travail et l’aumône à pleins bords !

Bons riches, soyez donc le grenier d’abondance

Qui va donner du pain et rendre l’espérance

Au pauvre, à l’orphelin, à tous ces malheureux

Que dévoue à la mort un hiver rigoureux ! ”

Sois béni, 6 poëte, pour ces bonnes et touchantes

roles! Tu as su trouver le chemin de nos cœurs par amour de l’infortune qui déborde du tien!

pacet

Oui, oui, nous donnerons à tous ces malheureux qui

souffrent et du froid et de la faim, nous donnerons, dis un peu de superflu ; nous retrancherons mêm se du nécessaire, afin de soulager quelquesbreuses misères qui nous entourent !

je,

e quelque chounes des nom- Ah! si tous connais-

saient les angoisses du pauvre, privé de tout, grelottant de froid et dont l'estomac, tiraillé par la faim, est en proie aux Spasmes déchirants qui le torturent! Si les riches, égoïstes surtout, pouvaient pénétrer (je voulais dire, devraient pénétrer) dans ces tristes mansardes où une pauvre femme étiolée est entourée d'enfants rachitiques couverts de haïllons ! I1 me semble qu’à cette vue, leurs cœurs, endurcis par la bonne chair et les plaisirs de toutes sortes, seraient un peu étaus et viendraient en aide à ces malheureux !

Les bonnes Sœurs de la charité connaissent toutes ces tortures dans les visites qu’elles font chaque jour dans les quartiers pauvres de notre ville. Elles les soulagent dans la mesure de leurs forces, mais il leur manque souvent les moyens nécessaires.

Elles font un bazar chaque année pour nos pauvres

qu’elles reçoivent à l’hospice et pour ceux qu’elles aident chez eux. Elles sont nos mandataires, donnons-leur généreusement au bazar qui s'ouvrira le 19 courant. Elles font des merveilles avec si peu!

Qui donne aux pauvres, prête à Dieu!

Au revoir, au bazar.

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Les Ecoles du Manitoba.

Lors de la conquête, en 1760, les vainqueurs garanti. rent aux vaincus l'usage de leur langue, de leurs lois, de leur religion, etc., non seulement Pour la province de Québec, car le Pays n'avait pas ses divisions actuelles, mais Pour toute l'étendue du Canada.

Qu'’exigeait l'Angleterre en retour de ces libertés? Fi. délité à sa couronne. Or, parmi tous les éléments disparates qui habitent le Canada, y at-il un peuple plus fidèle à Ja Couronne que le peuple canadien-français? Les tentations ont été fortes cependant. En 1775, les Etats-Unis déclaraient leur indépendance et invitaient les Canadiens-français à se joindre à eux Pour secouer le joug de l'Angleterre, et qu'ont faits ces Canadiens, cette race tnférieure (sic) comme on l’appelle par dérision, qu’a fait ce peuple? Ila con-

servé à la Couronne Britannique cet immense pays qui s’étend de l’Atlantique au Pacifique, du Pôle Nord à la ligne 45; c’est peu, n'est-ce pas ?

Continuons—En 1812, nos voisins, voyant d’un œil jaloux la prospérité de notre Pays, tentèrent de nouveau de nous attacher à jeur cause. Là, encore, si nous avions voulu nous serions citoyens de la république voisine. Ah! bien non, le Canadier-français avait juré foi et hommage au Souverain d'Angleterre et, malgré les mauvais traitements de quelques gouverneurs francophobes, ils gardèrent leur serment! Oh! alors, si l’un de nos braves héros canadiens,

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l’immortel de Salaberry, ce nouveau Léonidas, eut tourné son génie et ses armes contre l'Angleterre, c'en était fait encore une fois de la puissance d’Albion sur ce continent ! En 1887, quelques esprits aigris des longues luttes qu'ils avaient soutenues pour défendre leurs droits, firent de l'agitation et soulevèrent une partie du pays avec le triste ré. sultat que l’on sait, Mais là encore, si tous les Canadiens. français se fussent soulevés comme un seul homme et eussent fait appel aux Etats-Unis, que serait-il arrivé ? Probablement la perte du Canada pour les Anglais.

En 1866, qu'ont fait les Canadiens-français? Ils ont volé à la frontière menacée par les Féniens! Est-ce là de la trahison? En 1870, même tentative de la part de nos ennemis, même défense de la part de tout le peuple vanadien: Anglais, Irlandais, Français, etc. Plus récemment, en 1885, l’infortuné chef des Métis réussit À soulever une partie de ses frères qui se croyaient lésés dans leurs droits; qu'ont fait les Canadiens-français ? Toujours fidèles au drapeau qu'ils avaient promis de défendre envers et contre tous, ils sont accourus à la voix de leurs chefs et ont étouffé la rébellion, de concert avec leurs frères d’armes, les Anglais. Est-ce 1à de la trahison ? Des traîtres, il n’y en a Pas parmi nous, car on ne peut appeler traître un homme qui défend ses droits. Dans toutes les différentes circonstances dont j'ai parlé, qui apaisait les esprits soulevés contre le pouvoir établi? L'homme de la paix, l’homme de la prière; le prêtre enfin. Oui, messieurs les Anglais, si vous êtes encore les maîtres ici, vous le devez à uotre clergé.

Est-ce pour cela que quelques-uns des vôtres, des fanatiques, j'en conviens, abreuvent de chagrin, sur ses vieux jours, le vénérable prêtre, l’illustre prélat, le digne et noble archevêque de St. Boniface? Ah! qu’il est dur pour un bon père de voir ses enfants en butte aux attaques des ué-

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chants! C'est le triste spectacle que nous avons sous les yeux aujourd’hui. Et ces enfants, que sont-ils? des sujets fidèles du gouvernement. On se moque des traités et des serments, ou fait semblant de vouloir rendre justice ; dérision que tout cela ! qu’a-t-on besoin de juge, puisqu’il n’y a pas de cause ; qu'on nous laisse nos écoles, notre langue et nos lois : que demandons-nous de plus que nous avons. Ah, les fanatiques ! ils savent bien ce qu’ils veulent, allez s l'é cole, c’est là que se continue l'éducation chrétienne que l'enfant a reçue sur les genoux de sa mère: retranchons l'école catholique et nous anglifierons plus facilement certe race inférieure, nous en ferons des apostats. Arrière, brandons de discorde! respectez les droits de la minorité là-bas, comme nous respectons ceux des vôtres dans la province de Québec. Ai-je dit minorité dans le Manitoba? Oui, mais c’est cette minorité qui a ouvert ces immenses contrées à la civilisation.

Ce sont nos missionnaires catholiques, entendez-vous, qui ont pacifié les peuples sauvages de l'Ouest ; ils ont lutté et souffert Courageusement pour implanter la foi parmi les tribus sauvages, tout en préparant les voies à la civilisation. Ce sont nos hardis voyageurs et pionniers Canadiensfrançais qui vous ont fait connaître les immenses richesses dont vous jouissez maintenant, et quelle récompense leur préparez-vous, MM. les francophobes? Il est bien dommage qu’il n’y ait plus de place pour expatrier nos frères du Manitoba comme l’ont été les infortunés Acadiens.

De puissants empires ont déjà croulés et disparus parce qu’ils n’ont pas connu l'équité et la justice. Relevez la tête, Canadiens-français, faites valoir vos droits pacifiquement; vous n'êtes pas un peuple d’ilotes, conservez votre langue et votre religion, suivez la Croix du Christ: /# hoc signo vinces;—vous vaincrez par ce signe. Ve victis —

malheur aux vaincus! Non, non, je ne puis croire que cette maxime trouvera son application dans notre Canada ; j'ai trop de confiance au fair play britannique pour croire que nous pourrons l'appliquer au peuple canadien-français, et je dirai avec ce meunier du temps de Frédéric : ‘“ Vous prendrez mon moulin, oui, mais il y a des juges à Berlin.” Oui, il y a des juges à Londres aussi et j'ai confiance qu'ils rendront justice à un peuple dévoué et plein de respect pour leur Souveraine, si les choses er: viennent jusque là. L’Angleterre doit trop aux Canadiens-français pour ne pas leur rendre justice, si leurs droits sont inconnus dans leur Propre pays. Je sais qu’il ne convient pas de rappeler un bienfait, mais comme il s’agit d’une question vitale pour nous, il est bon qu’on rappelle à qui de droit ce qu'on nous doit, puisqu'on semble l'oublier si facilement. Encore une fois, Canadiens-français, mes frères, soyons unis; Sursum corda, haut les cœurs! Suivons nos pasteurs qui, comme d’habiles pilotes, sauront nous faire éviter les écueils de la mer orageuse sur laquelle vogue à voiles déployées notre barque fragile. Rappelons-nous que nous Sommes les fils de héros et les frères des martyrs qui ont versé leur sang pour leur patrie et leur Dieu. Vous savez que nous avons pour devise : “l'union fait la force,” et cette autre : “fais ce que dois, advienne que pourra.” Eh bien! soyons unis plus que jamais, respectons notre clergé qui a tout fait pour nous, et respectons-nous réciproquement si nous voulons l'être par nos citoyens d’autre origine. Malheureusement, nous avons un peu la manie de la chicane, nous avons hérité du tempérament bouillant de nos ancétres; ce qui était une qualité au siècle passé peut être un défaut dans le siècle où nous vivons. Si nous avons hérité des défauts de nos aïeux, nous avons aussi hérité de leurs grandes vertus ; tachons de les conserver intactes avec notre religion, notre langue et nos lois.

Le Bazar de 1806.

Le bazar annuel des révérendes Sœurs Grises s'ouvrira le 30 courant, à la salle Murray. Nous sommes tous invités, petits et grands, Pauvres et riches, à offrir notre obole pour le succès de cette bonne œuvre. Nos pauvres, nos orphelins sont plus nombreux que jamais; par contre, les revenus d: l’hospice sont très-modestes ; il faut donc que Chacun ÿ mette la main et verse son aumône dans la caisse Commune. Que celui qui n’a que cinq centins à donner les donne de bon cœur; les petits ruisseaux font les rivières : et les rivières les grands fleuves, qui vont eux-mêmes se perdre dans l’océan immense. Ainsi, l’offrande du riche, grossie de l’oboie du pauvre, formera un montant considérable qui, bien administré, soulagera un grand nombre de misères en passant par le cœur de Dieu, océan incomparable de charité! La charité, la vraie charité évangélique, ne connait ni patrie, ni religion, ni race, ni couleur; il lui suffit de savoir que celui qui la réclame est créé à l’image de Dieu, pour recevoir ses soins empressés, fût-il du Groënland ou de la Patagonie, que lui importe, c'est Jésus-Christ qu’elle soulage dans les pauvres! Si le hasard, ou plutôt la Divine Providence, jette à sa porte un malheureux, mou- Tant, sans abri, la charité, “cette verge pure et féconde,”’ comme dit le poëte, le recueillera, le réchauffera dans son sein, à l'exemple du bon Samaritain. Ah! si tous ceux qui gaspillent follement les biens qui leur sont confiés, en

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employaient une faible partie À soulager tant de misères semées sur leur chemin, quelles jouissances ne se procure. raient-ils pas? Eh bien! voici une bonne occasion qui est offerte À tous, acceptons-la avec empressement ; donnons, donnons beaucoup : l’aumône efface les péchés.

Prêtons au bon Dieu, en donnant à ses pauvres ; Il nous le rendra au centuple.

St. Fabien, (Rimouski).

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