‹ Mon premier né [microforme]Chapitre 26 sur 29 · PERRET USE SN A 0 CT · texte numérisé non relu

PERRET USE SN A 0 CT

demandent qu’à être cultivés Pour rapporter au centuple. En effet, nous avons eu, en quinze jours, le grand et magnifique concert du “ Paradis perdu,’ qui sera répété le 7 mars, et hier soir, la belle et intéressante soirée que tout le monde a paru bien goûter—et tout cela Par nos jeunes. Nous avons donc chez nous tous les éléments voulus pour nous instruire et nous amuser ; il ne nous manque plus qu’un local convenable, où nous puissions être complètement indépendants—et grâce à Dieu et au bon vouloir de tous nos compatriotes, nous Pourrous, avant longtemps, je l'espère, nous réunir dans nos murs. Je veux parler du “ Monument National ” projeté, que tous bons Canadiens ont À cœur de voir bientôt s'élever fièrement à l'ombre de nos institutions religieuses. Jeunes filles et jeunes gens, j'ai une grande faveur à solliciter de vous : je viens vous demander l’aumône, et sans honte encore, car ce n’est pas pour moi, merci À Dieu ! mais pour le Monument National. Je serais si fier,

si tout notre monde, petits et grands, contribuait à l’œuvre nationale commencée,

Que vous faudrait-il faire pour cela? voici : simplement répéter, d’ici aux prochaines vacances, par exemple, le beau concert du “ Paradis perdu ” et la soirée du 1er imars—au profit du Monument, cette fois. Pour un but comme celui-là je suis sûr qu’il se vendrait au moins 400 à 500 billets pour chaque représentation : Car, qui aurait le courage de refuser 50 Sous pour pouvoir se dire plus tard: tiens, moi aussi j'ai aidé à construire le Monument qui sera un ornement, pour Sherbrooke et une gloire pour notre nationalité. —Je vous laisse avec cette suggestion, dans l’espérance que vous ne resterez pas sourds à l’appel de votre vieil ati.

Feu le Docteur Frégeau.

Le Dr Fréseau est inort lil moins sur la ter.e ct un saint «

a un bon citoyen de Plus au ciel!,,..

On dit que les peu: les leuietx n'ont pas d'histoire ; ainsi, l’homme bon et SYipathique qui vient de disparaître n'a ! Pas une histoire bien monve: cn'ée, malgré son grand âge, t mais on peut dire d: |; transit bencfaciendo ! Oui, il a passé en faisant le bien, sans bruit et sans ostentation.

Les malheureux surtout le pleureront, car il a été vrai. ment le “ inédecin des Pauvres !” Pendant près d’un demi siècle, il fut leur ami et leur bienfaiteur. 1] n'a jamais re. buté personne, car il était doué d'un cœur tendre et géné. reux. ;

Il est mort relativement Pauvre, malgré la somme énor-

me de travail qu'il a fait pendant sa longue carrière médicale,

I était jovial à ses heures, et ses confrères savent qu’il avait toujours

croc À la morale.

Le Docteur avait pratiqué sa profession à Ely, Stukely, Lawrenceville et Waterloo, et i] fut pendant quelques années représentant de Son comté. A ce Propos, il disait plai. Samment : “ Je n'ai pas voulu accepter un second mandat, Parce que je voulais rester honnête homme ! ” Mais, va sans dire qu’il disait cela Pour taquiner nos jeunes députés actuels.

Ï1 y a une quinzaine d'années, le Docteur vint s'établir à Sherbrooke, où il croyait que la pratique de ville le fatiguerait moins que celle de la campagne ; cependant, ici comme là-bas, il ne savait pas refuser les soins de son ministère à qui les réclamait. Même pendant les plus grosses tempêtes de l’hiver, si un malade éloigné avait besoin d'un médecin, il était toujours certain de voir arriver près de son chevet le bon vieux Dr Frégeau.

Ses clients le payaient quand ils voulaient et comme ils l'entendaient. Le Docteur était un homme vraiment religieux : il appartenait à la congrégation des hommes et aux tiers-ordre de St. François, et il voulut être enseveli dans son costume de bure. Quand il était appelé près d’un malade bien souffrant, il n’hésitait pas, en attendant l'effet des remèdes qu’il lui administrait, il n’hésitait pas, dis-je, à prier seul ou avec la famille éplorée, pour le soulagement de son patient ; c'était un véritable apôtre. A son tour, quand la maladie est venue le terrasser, maladie douloureuse s’il en fut, il priait et recommandait à son entourage de prier avec lui. Ah! comme il a souffert avec résignation, sans se plaindre! 11 m’a édifié bien des fois ainsi que ceux qui étaient admis près de lui.

Dormez en paix, mon vieil ami, priez pour nous, priez pour moi, le Juge Souverain des vivants et des morts que vous avez si fidèlement servi! Demandez-Lui pour nous tous la grâce d’imiter vos vertus, afin de partager un jour votre récompense !

Page 1