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ASSEMBLÉE DES MÉDECINS AU ‘ MONUMENT NATIONAL ” SHERBROOKE

M. le Président, Messieurs,

À notre dernière réunion. à l'hôtel Continental, le 10 juin 1906, vous avez bien voulu accepter l'invitation que je vous fis alors, au nom du Syndicat, de tenir vos intéresantes assises au Monument National, Je regrette infiniment de ne pas être là pour vous en faire les honneurs; mais, M. le vice-président, »0n ennems Juré ! qui n’en est que plus mon vieil ami, (j'ai nommé M. le Dr Camirand) vous recevra avec son urbanité proverbiale. Il me connaît bien, lui, allez ! il sait que sous la rude écorce chinoise qui me recouvre tout entier, bat un cœur qui ne demande qu’à aimer beaucoup, et à l'être un /o4/ Petit peu en retour!

C'est sur les vagues bleu-sombre de l'océan immense que je vous trace ces quelques lignes. A travers le hublot de ma cabine, je vois cette planète de feu qu’on appelle le soleil : vous la voyez aussi, n'est-ce pas? Ses rayons bienfaisants réchauffent mes membres engourdis, en même temps qu'ils vivifient aussi les vôtres. +... Ah! mais, je pourrai alors Vous envoyer un sourire de #envenne sur un rayon de cet astre lumineux ; quel bonheur! Donc, à 4 hrs p. m., le jour de votre assemblée, regardez bien, là, dans la direction

» MON regard se portera vers vous tous, en Passant par ce phare merveilleux, dont Ja douce chaleur ré.

chauffera notre amitié. Ne l’oubliez Pas, jy serai, moi! Quand vous aurez donné la mer/'eure Part à vos délibérations scientifiques, amusez-vous, car le “ Monument National ” est et sera toujours, je l'espère, le sarctum sanctorum, c’est-à-dire le lieu Par excellence, où zous les citoyens de Sherbrooke, de même que nos visiteurs, auront toujours un accès facile et ouveront une cordiale réception qui ne se démentira jamais.

membres, diale amitié, formeront un tout harmon

beau Canada !

Mais je m'aperçois que je vous dérobe un temps précieux ; pardonnez-moi, et Teprenez vos travaux, dont profitera l'humanité souffrante, et moi je retourne à mes rêveries si douces, oui si douces, Puisque je pense à tous ceux que j'aime et auxquels j'ai laissé, en Partant, la plus grosse partie de mon Pauvre cœur !— Février 1906.

Banquet Gouin.

M. le Président, Hon. Messieurs, Messieurs,

En assistant à ce magnifique banquet, j'étais loin de mat. tendre à adresser la parole devant cette assemblée choisie. D'abord, je n’ai pas l'habitude de faire des discours en public, et je me sens beaucoup plus à l'aise près des malades. Enfin, puisque la plus simple étiquette exige qu’on réponde à toute lettre polie, à plus forte raison dois-je répondre à Ja gracieusæ invitation qui m'est faite. Je m'adresse donc ici à des hommes, bien qu’il y ait des dames qui m'entendent : mais, celles-ci sont nos anges protecteurs !,., elles planent, Pour ainsi dire, dans ces galeries élevées à Ja jeunesse sherbrookoise, par leur dévouement ; je m'explique : quand on a parlé de construire ce petit Monrinent National, qui nous abrite en ce moment, ce sont les dames qui ont encouragé leurs maris, leurs fils et leurs amis à souscrire généreusement pour cette œuvre Philantropique. Ce sont elles qui ont bien voulu faire de notre belle Kermesse de février dernier, le succès qe Vous Connaissez —et, ce sont elles encore, je n’en doute pas, qui feront le suecès de celle de février prochain.—Je profite donc de la première occasion qui m'est donnée, pour les remercier de tout mon Cœur, pour leur dé-

Nous nous retrouvons ensemble ici, ce soir, Pour une nouvelle inauguration, cétle de nôtre splendide Palais de Jus-

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tice qui fait tant d'honneur à ses Promoteurs. Mais ceux- : ci avaient des moyens pour le payer, ils avaient tout le district et même Je Souvérnement pour leur venir en aide, tandis que les promoteurs du Monument National, son humble

de tendre la main, de frapper à bien ien des refus, mais aussi combien, oh ! combien d’encouragements qui faisaient bien vite oublier les rebuffades ! Il a été dit tant de belles choses, aujourd’hui, du palais de justice, que je croirais ajouter une note discordante à ce concert de louanges, en en parlant plus longtemps ; Par contre, il me sera bien permis de plaider la cause du Monument National. Je ne suis pas avo- Cat, malheureusement, et je n’ai pas l’éloquence des disciples de Thémis, moi, l’humble disciple d’Esculape, mais je demanderai quand même de rendre justice au faible comme au fort—je demanderai à l'Honorable Premier et aux honoes de faire une petite, oh! une bien petite part des revenus de la Province, à cette institupelée à faire tant de bien au public urtout aux jeunes gens qui seront les

Vous voyez, M. le Premier Ministre, que c'est le vœu yez, » q

général que je vous exprime par les longues acclamations que vous venez d'entendre ; je renouvelle donc ma demande, convaincu d’avance qu

€ vous l’exaucerez, que vous nous aiderez à augmenter la bibliothèque des jeunes gens et à leur faire donner des conférences scientifiques, agricoles, Commerciales,

etc., pendant les longues soirées d’hiver, et Vos requérants ne cesseront de prier.

Avant de terminer, je remercie bien cordialement le

comité chargé d'organiser cette belle fête, et son digne président en particulier, d’avoir accepté l'invitation du Syndi-

Projeté, Omme en argent, . rée dans Je Ji d’

Seconde Circulaire.

Monsieur,

L'année dernière, à pareille époque, j’adressais à quelques au personnages, à des connaissances et à des miens amis, une circulaire annonçant l'inauguration de notre Monument National. J'ai été si bien reçu, presque par tous, qne je suis encore assez téméraire (peu raisonmable même !) pour renouveler ma demande, cette année. Nous aurons, dans la semaine du 4 février prochain, une grande KER- MESSE à laquelle je vous convie.

Jusqu’à présent, le plus beau succès a couronné les efforts des promoteurs de cette entreprise nationale. Ils ont déjà un bon moyax de livres choisis, qui sont prêtés graurtement à qui les demande; plusieurs belles revues et bons journaux—reçus à titre gracieux et avec reconnaissance— qui sont lus, chaque jour, dans la salle de lecture publique de l'institution.

Un cercle d’études sérieuses, (cercle LaRocque) sous le contrôle immédiat de M. le curé de la Cathédrale, a ses réunions régulières au Monument. Nos deux belles sociétés canadiennes-françaises, l'Union St. Joseph de Sherbrooke et l’Union St. Joseph du Canada, (succursale d'Ottawa) y ont leurs importantes et patriotiques assises. Une belle et spacieuse salle de conférences, qui a déjà répercuté les échos des nobles et patriotiques discours du Rév. Père Lalande,

S. J., des Honorables juges Lemieux et Demers, etc., est à la disposition du public.

rendez-vous favori de totre intéressante jeunesse, qui n’

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Le Bazar de 1906.

La charité pour être bonne doit être constante, généreuse et s'étendre à tous les âges de la vie. Constante, c’està-dire qu'on ne doit pas se lasser de donner—le bon Dieu ne nous prodigue-t-Il pas ses faveurs chaque jour, et pourquoi nous les accorde-t-Il ; n’est-ce pas pour que nous partagions à notre tour un peu du superflu qu’Il nous donne si libéralement? Malheur à l'avare qui amasse des trésors pendant que de malheureux enfants souffrent de faim à sa porte! Maïlheur à celui qui fait bombance, quand de petits orphelins et de pauvres vieillards grelottent de froid et sont tourmentés par les angoisses de toutes sortes causées par la pauvreté !....Honte à l'harpagon aux doigts crochus qui ne pense qu’à lui et qui craint de donner quelques sous dans l'intérêt général de ses concitoyens! Ce sont pourtant ces mêmes concitoyens qui le font vivre lui, et sa #ichée. Mais que lui importe, pourvu qu’il fasse de l'argent qu’il placera à gros intérêts!....Pauvre insensé, je vous plains, car je ne comprends pas qu’un homme de bon sens se fasse tirer l'oreille, quand il s’agit de faire un peu de bien autour de soi! Attendez un an, deux ans, dix ans, vingt ans, si vous voulez, et il ne vous faudra, comme aux autres, que quatre planches et une fosse au cimetière. Vos concitoyens seront contents d’être débarrassés d’un égoïste, comme d’une nuisance publique, et vos héritiers auront hâte de se partager vos dépouilles !

jeter son aumône à la face du pauvre Comme on jette Un os À un chien, I] est déjà assez humiliant de demander, sans être rebuté Par des paroles grossières, Où simplement Par une one dédaigneuse qui, d’abord, humilie profondément Je malheureux qui la récla. me, mais qui plus est, fait perdre le mérite de l’aumône. Ne disons jamais: « Encore un bazar, toujours des quêtes à n'en plus finir!” Mais le bon Dieu se lasse-t.11 de nous donner, de nous faire gagner de l'argent, de faire Prospérer notre négoce? Ne nous donne-t.]] Pas chaque jour, enfin ? Alors, quelle raison aurions-nous de nous plaindre, si on nous demandait même tous les jours ! Prenons garde, les rôles sont souvent intervertis n ce monde, tenons-nous le pour

Enfin, la charité doit s'étendre à tous les Âges de Ja vie —Voilà pourquoi nos guides spirituels ont eu la bonne idée d’unir ensemble l'enfant et le vieillard. —Le bazar se fera donc cette année Pour la crèche et l'hôpital, Oh ! que ce sera beau! Je jouis d'avance du spectacle... «Voyez ces petites têtes blondes et brunes de l'enfance— printemps de

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la vie— mariées aux têtes blanches des vieillards—l'hiver de la vie! —Comme Jésus, qui mourut pour tous À Jérusalem, doit sourire dans son beau Ciel, de nos bonnes intentions qui devront être suivies de bonnes actions, le 1 5 octobre prochain et les jours suivants. Un bon hôpital (si mal placé qu’il soit!) est d’une urgente nécessité dans une ville prospère comme la nôtre! Il] serait honteux pour nous, si nos malades et nos infirmes nécessiteux étaient abandonnés à leur malheureux sort! De même aussi, il serait moins que convenable, si nous ne prenions pas au plus tôt les moyens d'assurer aux £ow/ Petits une éducation que la religion nous commande de leur donner. Tous comprennent l'importance d’une crèche, dans une ville manufacturière surtout, où il y aurait 50 à 100 enfants et plus même qui en bénéficieraient. N'est-ce Pas un devoir sacré d'en ouvrir une le plus tôt possible ?

Il a déjà été dit tant de choses sur ce sujet qu’il serait inutile de les répéter. Qu'il suffise de dire que c’est le désir de notre premier Pasteur, que c'était le vœu de notre regretté curé, que c'est celui de son digne successeur et de tous les gens bien pensants. —A l’œuvre donc ; donnons pour les fout petits, pour les malades indigents et les pauvres vieillards. Répétons à satiété: 4“ La charité efface les péchés !”

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