‹ Mon premier né [microforme]Chapitre 5 sur 29 · LA SŒUR DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SŒUR DE CHARITÉ

‘A l'hôpital, sombre demeure, LT ‘Un soldat mourant et blessé FS ! Voyait venir sa dernière heure ; Éd ‘Son front s'était déjà glacé,

‘Mais par bonheur, une Sœur Grise ‘À son chevet était assise, - ‘Et l’ange providentiel

‘“ De sa main lui montrait le ciel.

‘La voix comme l'âme attendrie, ‘‘ Le soldat disait à la Sœur :

é ‘Mon sang versé pour la patrie ‘Va féconder le c amp d’honneur.

‘Mais dans notre Pauvre chaumière, Fi : “Qui pourra consoler ma mère ? Ë ‘‘ Et l’ange providentiel F “De la main lui montrait le ciel,

“Mourir, ma Sœur, c’est peu de chose, * Je n'ai rien à me reprocher...

‘Mais faudra-t-i] que je re

‘Si loin de notre vieux clocher ?

“Mourir! “hélas, pensée amère !

‘Je ne verrai donc ma mère !

‘Et l’ange providentiel “De la main lui montrait le ciel,

“Et dans la main de la Sœur Grise, ‘La croix semblait étinceler,

“‘ La croix qui nous immortalise

‘* Et seule peut nous consoler.

“Le soldat de sa lèvre humide,

‘‘ Baisa trois fois la sainte égide.… , :‘ Puis l’ange providentiel

‘“Vit une

Oh! que ie voudrais mourir ainsi !

mais il n’est pas donné à chacun de nous de verser son s

ang pour la patrie,

NT pe

et il y a mille autres manières de se rendre utile à son pays —témoin cette vraie Sœur de Charité qui vient de recevoir le dernier soupir du bon soldat mourant. Il n’y a pas beaucoup de soldats à Sherbrooke, mais par contre il y a beaucoup de vieillards, d’infirmes, de pauvres et d’orphelins qui ont besoin d’un asile et d'un ange providentiel qui leur montre le ciel! L’asile existe au milieu de nous et l’ange providentiel aussi. J'ai vu de mes yeux, et je vois tous les jours, le travail immense de la charité. Vous qui me lisez et qui aviez dans votre famille un vieillard en enfance, ou une pauvre vieille perclue, venez les voir aujourd’hui à l'hospice du Sacré-Cœur ; le contentement et la joie rayonnent sur leurs traits ridés et flétris, ils sentent qu’ils sont entourés de petits soins qu’ils n'avaient même pas au sein de leur propre famille. La tombe est entr'ouverte sous leurs pas chancelants, mais ils hésitent à s’élancer dans le sein de Dieu, avec les anges célestes, tant ils sont bien ici avec les anges terrestres qu’on appelle vraies Sœurs de Chatité! J'ai écrit le mot terrestre, hélas! pendant notre court séjour dans cette vallée de larmes, il nous faut nous garantir contre les rigueurs des saisons, il nous faut vêtir ce corps qui, privé d’une nourriture suffisante, s’émacie, dépérit et meurt : c’est la loi commune. Or, à l’hôpital, il ne manque rien aux pauvres comme aux riches ; les pauvres ont les vêétements, le logement, la nourriture et les soins médicaux gratis. Ceux qui ont les moyens dédommagent les bonnes Sœurs—dédommager de vraies Sœurs de Charité! allons donc ! qu’ont-elles besoin de dédommagement ? Non, ceux qui ont beaucoup donnent pour ceux qui ont moins, ceux qui ont moins donnent encore un peu pour ceux qui n’ont rien du tout, voilà! Ce n’est pas aux Sœurs que nous donnons, mais aux pauvres du bon Dieu! Autrement, com-

ment voudriez-vous nourri orphelins, si ceux qui le

r'et vêtir tous ces pauvres et ces Peuvent n’y mettent la main ?

Voici une nouvelle occasion qui se présente, et qui ne se pré : i

hésitez pas, faites 1’ souffrants de Jésus-Christ, donnez d même un peu du nécessaire,

aumône aux membres € votre superflu, donnez

‘* Donnez à qui prie et demande, ‘Car au seuil de l'éternité,

‘Il n’est qu’un mot que l’ange entende ‘‘Et qui fasse ouvrir : CHARITÉ !

Hygiène du Bain.

Dans un récent voyage aux eaux, j'ai constaté avec plaisir que l’usage du bain devient de plus en plus à la mode. Sur les bords du grand fleuve St. Laurent, le pauvre comme le riche pent prendre ses ébats.

Je n'ai pu m'empêcher de faire de tristes réflexions. A Sherbrooke, me disais-je, nous avous de l’eau en abondance: d’un côté le St. François et de l’autre le Magog; mais les pauvres en jouissent bien peu. Les gens qui veulent prendre des bains à grande eau, sont obligés d'aller de un demi à un mille de la ville, afin de ne pas être molestés par les gardiens de la paix qui, soit dit en passant, font très-bien leur devoir. Nous n'avons pas de bains publics, ce qui pourrait se faire cependant avec tant de facilité. Nos braves employés des manufactures ont besoin, plus que tout autre, d’un bon lavage général, au moins une fois la semaïine; vaudrait mieux tous les soirs, car le bain donne du /0#, de la vigueur, de la souplesse aux membres fatigués d’une longue journée de travail, peut exempter, même guérir, quelques petites maladies de la peau. La municipalité pourrait faire construire un, deux ou trois bains publics, et elle ferait de bons profits en ne chargeant que cinq centins par tête; mieux vaudrait les avoir gratis, mais il y aurait peutêtre des abus.

Le riche, lui, a son bain dans sa somptueuse demeure,

mis —

t-ce pas? cela me suffit, car c’est

Pour Vous que j'ai écrit ces lignes.

Au revoir.

Le Bazar de 1800,

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