‹ Mon premier né [microforme]Chapitre 7 sur 29 · A TR TES A · texte numérisé non relu

A TR TES A

pour briller sur un plus grand théâtre, ils préférèrent accomplir leur humble et noble mission, en encourageant et en suivant pas à pas nos braves colons, qui ne craignaient pas de s’enfoncer dans la forêt.

Le prêtre, le docteur et les enfants arrivent enfin chez la veuve. Le médecin, en jetant un coup d'œil sur la malade, s'aperçoit bientôt que son art ne peut plus rien pour cette pauvre femme, dévorée par la fièvre, minée par la maladie et les privations. Il prend à part le missionnaire et lui dit de se hâter, que l’agonie va bientôt commencer. La malheureuse a tout compris aux regards échangés entre les

deux seuls amis qui lui étaient restés fidèles après la mort de son cher mari.

“—Mon cher père, dit-elle au missionnaire, et vous, M. le docteur, merci d’être venus. Je vais partir bientôt, je le sens là aux élans de mon Pauvre cœur qui bondit dans ma poitrine, il me semble qu’il va éclater! Je vous ai toujours connus si bons tous deux, ‘ayez pitié, oui, ayez pitié, pour la dernière fois, d’une pauvre mère qui priera bien pour vous, allez ! Promettez-moi, s’il vous plaît, d'envoyer mes chers enfants à leur grand’père, et je mourrai heureuse ! ” Le missionnaire et le médecin, émus jusqu'aux larmes, prennent chacun un des enfants par la main, s’agenouillent avec eux près du lit de la mourante, et lui jurent qu'avec la grâce de Dieu, ses chers petits ne seront point abandonnés, — ‘Oh! merci, mon Père, merci docteur ; maintenant, veuillez m’absoudre, M. le curé, je me sens mourir.”

Ego te absolvo in nomine Patris et Fini et Sfiritus sancli, dit le prêtre — Amen, répond le médecin. Les enfants sanglotaient! Leur mère leur jette un tendre regard, cherche des yeux le père missionnaire et le médecin, sourit À tous tendrement en murmurant : “Adieu ! Jésus..., Ma-

ES: Pr

te... Joseph...,"” Un soupir, un souffle s’exhale de sa

poitrine oppressée et sa belle âme s'envole sur les ailes des anges !

Les enfants et les deux dignes témoins de cette scène touchante entendent au dehors ce chant harmonieux accom- Pagné d’une musique céleste : « Gloria in excelsis Deo ei

‘ên lerra pax hominibus bone volontatis.” Oui, ils l’entendirent tous ce beau Cantique de Noël, chanté par les anges dans l’étable de Bethléem, il y a 18 siècles. C’est encore le même chant qui se répète, dans cette nuit du 25 décembre 1850, dans une forêt du nouveau monde, en présence du cadavre d’une sainte, de deux petits orphelins et de deux dévoués apôtres ! Gloria in excelsis /—Mais où donc est le guide des enfants? Ah!il est invisible Maintenant aux yeux des mortels, mais sa voix doit se mêler à celle des an- 8eS..., Gloria, Gloria. …. Gloria in excelsis

Il fallut cependant songer au retour. Après une cour-

te consultation, vu la tempête qui augmentait toujours d’intensité, et vu la i

convenable,

Le jour de Noël au matin, les braves villageois, au lieu d’un joyeux carillon, ne sont PAS peu surpris d'entendre le glas des morts sonner au beffroi! Que veut dire ceci ? Tout le monde se connaît dans le peti n’a appris la maladie grave d’un des leurs. Tous se ras-

semblent bientôt dans la petite chapelle pour messe, i

ve que tout le monde connaissait et aimait. Son cadavre était exposé

RE

Vous êtes probablement curieux, mes petits amis, de savoir ce que sont devenus Marie et Jean? Voici: le missionnaire garda Jean près de lui, lui donna des leçons, dont il sut si bien profiter, qu’il fut en état d'entrer au séminaire au bout de deux ans. Il se distingua toujours par ses talents, sa piété et sa conduite exemplaires. Il voulut luimême marcher sur les traces de son cher protecteur et devint, À son tour, un saint prêtre et un apôtre zélé des missions. Sa petite sœur Marie demeura huit ans chez le docteur, dont l'épouse dévouée l’éleva comme sa fille. Elle fut ensuite envoyée dans un couvent, dont elle devint une des élèves les plus distinguées. Enfin, cinq ans après, elle prit le voile de postulante, devint bientôt sœur professe et puis supérieure d’une des meilleures maisons d’éducation de notre beau et cher Canada.

Le Bazar de 1900.

S'il plaît à Dieu, j'assisterai au bazar pour la dix-huit. ième fois, le 22 courant et les jours suivants. Dix-huit ans | Tt tout à la fois! long our les pauvres

et grelottent de froid pendant les longs

mois d'hiver; court pour les riches qui jouissent de tous les : Plaisirs...

Depuis di-huit ans que de belles figures sont disparues : Mgr Racine, de sainte mémoire, et son grand-vicaire, le Rév. M. Dufresne, qui avaient tant à Cœur le succès du bazar ; heureusement que leurs dignes successeurs ont hérité de leur zèle pour les bonnes œuvres. Et parmi les laïques, je pourrais les Compter par douzaines ; mais c'est inutile, car tous se rappellent qu'ils étaient toujours les premiers quand il s'agissait d'œuvres de charité. Il est bon de rappeler le souvenir de nos morts qui ont passé en faisant le bien, afin d’être leurs dignes émules.

Depuis dix-huit ans, l’ uns et tourné le dos aux au bre—plusieurs sont restés veu’ la divine Providence— même à ceux qui n’ont qu’ secourir leurs frères malhe mi eux, les uns travaille pain à leur famille ; d’aut

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guissent sur un grabat, mais sont au moins secourus par la société admirable de la St. Vincent de Paul; les autres enfin sont envoyés à l'hôpital, où les bonnes sœurs les reçoivent à bras ouverts : riches comme Pauvres, savants comme ignorants, tous sont bienvenus à l’hospice du Sacré-Cœur. Malheuresement, l’espace fait défaut, et chaque année on espère pouvoir agrandir cet asile pour nos Pauvres. Si Ja recette du bazar est bonne, comme toujours d’ailleurs, les autorités compétentes se décideront probablement à construire un nouvel édifice, plus digne de l’importance de Sherbrooke et plus en Tapport avec les besoins de la ville et du diocèse, En effet, chaque semaine et même chaque jour, les Révdes Sœurs se voient dans la triste nécessité de refuser des malades, des infirmes ou des orphelins, parce qu'elles n’ont pas de place pour les loger. Il va sans dire que ces Dames sont elles-mêines bien à l’étroit, et les médecins qui font le service n’ont Pas un petit appartement pour délibérer ; ils sont obligés de se réunir dans Ja salle d'opérations.

Maintenant, faisons un peu de statistiques pour l’année dernière, Au mois de janvier 1900, il y avait à l’hôpital 20 sœurs, 6 domestiques, 1 7 malades, 42 orphelins et orphelines, 41 invalides, hommes et femmes.

grand total de 126 pe pendant 12 mois. Pen dans l'hôpital 411 mal

nombre, 200 n’ont rien payé du tout, 111 ont payé demi-

nt, pension régulière. Penenrichir à ce commerce? Ende temps, nos bonnes sœurs ont le, secouru 120 familles dans je as AUX pauvres.

Du rer janvier 1899 au rer janvier 1900, de cette maison ont été de ($8

Sez-vous que l'hôpital peut s’ core, pendant le même laps visité 800 malades à domici besoin et ont donné 200 rep:

les dépenses »500.00) huit mille cinq cents

pouvoir y répondre ; mais ce que je sais bien fait des prodiges d'économie, Pour af{acher Les deux bou!s, comme on dit, et il n’y a que des Sœurs, et des Sœurs de Charité, pour accomplir ce tour de force ! Ce matin, en ouvrant une Revue, jai remarqué un très joli tablean de Coomans : ‘* Pour ‘les Pauvres.” Deux riches, belles et jeunes Patriciennes tendent la main; non pour elles, mais pour les malheureux, — (C’ temps, il y a eu des Pauvres et des riches, mais de tout temps aussi, il y a eu des Âmes charita douleurs de leurs frères malheureux.

bazar, qu’il y a aussi À Sherbrooke des jeunes Patricien

qui ne rougiront pas de tendre la main pour les déshérités de la fortune.

chansonnecte suiva

‘Voici 1

Secourons la misère, Tout est compté là-haut, rien n’est perdu ; Et ce qu'on Onne au malheureux sur terre, Au ciel un jour par Dieu sera rendu !

Va, charit » vierge pure et féconde, 8, Cours porter tes bienfaits en tout lieu... t Que ta voix répète par le monde :

Qui donne aux Pauvres prête à Dieu ! »’

Un mot d'Hygiène.

J'ai été très flatté d’avoir été nommé, dernièrement, au bureau de direction qui s'occupe des embellissements de notre ville, déjà si “ zo/iette.” Cependant, avant de tracer de beaux parcs, planter des arbres et des fleurs, il y a trois choses principales qu’on devrait faire sans délai et qui sont, à mon avis, d’une importance majeure. Et d’abord, il faudrait de toute nécessité fairé disparaître une des plus grandes nuisances de la ville, nuisance qui menace la santé de tous les citoyens—je veux parler des fosses d'aisence ouvertes—et il faut bien en parler ouvertement, puisqu'elles existent encore dans une ville Progressive comme la nôtre, pourtant! En passant par certaines rues, en pénétrant dans plusieurs ruelles, on est presque asphyxié par les odeurs méphitiques qui s'échappent de ces cloaques pestilentiels ! Et on ne fait que passer !... .que dire donc des malheureux locataires qui vivent à dix pas de cette infection? Vraiment, c’est révoltant! Je ne comprends pas qu’un propriétaire kwmaïin puisse posséder de telles immondices !. +

En second lieu, il est grand temps que la ville fasse ériger des bains publics. C’est si facile ici, puisque nous sommes presque entourés d’eau. Il devrait y en avoir au moins trois: deux sur le St. François, un dans le quartier nord et l’autre au sud; le troisième, sur la rivière Magog, dans le quartier ouest. Je concède que les gens riches, qui ont des baignoires dans leurs maisons, peuvent s’en passer ; d’ailleurs, qui les empêche de pousser une Dornte vers les

plages /ashionables de nos nombreux lacs et même de l'Atlantique? Mais les TEUX, tous les pauvres enfin,

, du St. Laurent, prolétaires, les miséqui vivent à l’étroit avec leurs » dans deux, trois ou quatre pe- $ que ces braves gens n’ont ns? Ce sont eux surtout qui, dans les manufactures, les usidevraient se laver à grande eau

pas besoin de prendre de baï après une journée de labeur, unes, les boutiques, etc., tous les soirs.

Troisièmement, en arrivant À Sherbrooke côté de Brompton, les étran même, i

» Surtout du

et presque jusqu’à la éruption quelconque ?

Concassées, I] Y a certainement n de ce côté-là.

Pas semer, à droite e

t à gauche, une quantité innombrable de gros cailloux.

Je ne ne veux pas déprécier la ville puis 21 ans, et comme dit la chanson : “ C” vivre, aimer et mourir ! ”

part et que tout le monde

que j'habite, deest là que je veux ai Mais que chacun fasse sa quote. -se donne ja main pour l’embellir.

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