‹ Mon second voyage autour du mondeChapitre 38 sur 67 · L18 « MON SECOND VOYAGE · texte numérisé non relu

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cependant ils n'étaient pas contents. Et pourquoi ? me demanderez-vous. C'est qu’ils étaient obligés de travailler comme dans leur pays. Et chez eux, cependant, tout en travaillant beaucoup, -ils ne pouvaient se procurer cette excellente nourriture. Que de fois n’avaient-ils pas même assez de pommes de terre ou de mauvais pa pour apaiser . leur faim!

‚Avant d’entrer à Lima, la capitale du Pérou, on me permettra de faire connaître ce pays en peu de mots.

On compte au Pérou, sur 2300 milles carrés, une population de 2 150 000-Ames; il est divisé en onze départe-

ments qui se subdivisent en soixanté-trois provinces. Les revenus de l’État sont évalués à dix millions de dollars, que les dépenses absorbent. La dette publique est d’environ soixante millions de dollars. On n’applique qu’une très-faible partie des revenus à l'amortissement de cette dette.

“Le pouvoir législatif est entre les mains du congrès qui s’assemble tous les deux ans à Lima, et qui se compose de deux chambrés :’la chambre des sénateurs, au nombre de vingt etrun, et celle des députés, au nombre de quatrevingt-un.

Le pouvoir exécutif et le droit de nommer les ministres sont réservés au président, élu pour quatre ans. Le président actuel s’appelle José Rufino Echenique.

Cette forme de gouvernement est en vigueur depuis 1824, époque à laquelle le pays s’est soustrait à la souve-

raineté espagnole. La forteresse de Callao seule se défendit sous le général Bodin jusqu’au mois de février 1826, et se rendit à des conditions très-honorables. Bien que ce général eût fait preuve d’une très-grande bravoure, il n’en laissa pas moins une réputation détestable. On attribue sa longue défense à sa cupidité plutôt qu’à sa fidélité et à son attachement à son roi. On l’accuse d’avoir accaparé des provisions énormes de vivres, et, dans les moments de

détresse, de les avoir vendues aux riches qui s’6taient réfugiés dans la forteresse, aux prix les plus exorbitants. On prétend que ces malheureux furent obligés de payer ces vivres presque au poids de l'or. Après la reddition de la forteresse, le général retourna en Espagne, sa patrie, chargé d'immenses richesses.

Depuis la déclaration del'indépendance, il y a eu tant de révolutions dans le Pérou qu’une tranquillité de deux ou trois ans est regardée comme une chose rare, et que l’on ne fait déjà presque plus attention aux mouvements politiques. Toutes les révolutions ont été provoquées jusqu'ici par l’armée. Les officiers supérieurs, convoitant la dignité de president, cherchaient à gagner les soldats, et c'est ainsi que commençaient les troubles. Au moment de mon arrivée, le pays était encore soulevé, et cette révo= lution était la première qui eût été provoquée par les citoyens. Elle avait commencé l’année précédente au mois de septembre. Elle avait pour cause la mauvaise adminis= tration des revenus de l’État, qui s'étaient accrus considérablement depuis la découverte du Guano (engrais d’oiséau} ngn-seulement dans les îles de Chincha, mais dans d’autres îles '; malgré cet accroissement de richesse, le gouvernement ne se préoccupait ni d'augmenter le bienêtre général, ni d’amortir la dette publique. On reprochait au président actuel de détourner une grande partie des reveaus du pays, tant à son profit. qu'au profit de ses partisans. Pour y parvenir plus facilement, il’avait publié que l’État payeräit les mémoires non acquittés du temps des anciennes révolutions, les fournitures de vivres, satisferait aux demandes 7 Ceux qui avaient à ko + ah telles créances nt pensaient déjà plus’ Nat Ts

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