‹ Mon voyage à Tracadie [microforme]Chapitre 14 sur 15 · PRE NE · texte numérisé non relu

PRE NE

Deuxième Lettre de l’ Archevêque de Montréal.

MONTRÉAL, 12 mai 1890.

Mon cher Monsieur,

J'ai reçu vos deux lettres. Je suis fâché que vous ayez eu une réception un peu froide à la Trappe. J'espère cependant que tout est remis maintenant fans votre cœur et que vous pouvez pieusement continuer les exercices de votre retraite. Faites-la aussi longue que vous pourrez, car on ne peut trop prendre de précautions contre les tentations à venir.

Votre disparition a jeté l’émoi parmi les protestants. Les journaux ont raconté à leur manière votre histoire. Ils ont publié une lettre

qui vous était écrite par un abbé Pesnell, C.M. Cette lettre aura probablement été reçue après votre départ. Par elle, ils ont pu 8e convaincre que vous y pensiez depuis quelque temps. Quelques-uns concluent de cela que probablement on ne vous reverra plus et que vous êtes retourné à votre Eglise. Ils vont prendre tous les moyens de vous retrouver, au moins pour quelque temps. À vous de prendre vos mesures pour les éviter. J’ai l’espoir qu'ils ne se doutent pas du lieu que vous avez choisi.

Dans ce moment, étudiez sérieusement votre âme et voyez ce qu'il faudra faire pour la sauver. Que les sacrifices ne vous coûtent pas. C'est par une grande fidélité à Dieu que vous pourrez espérer d’obtenir grâce pour vous et pour celle qui vous a suivi dans le malheur. Dieu ne résiste pas à une prière fervente. La Très-Sainte Vierge et la bonne sainte Anne, patronne des Bretons, vous seront d’un grand secours si vous les invoquez.

11 sera impossible pour les sœurs de revoir votre maison. Elles ne seraient pas reçues. Priez avec confiance et prenez coarage, mais aussi ayez une ferme volonté. °

Je suis votre tout dévoué,

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