‹ Monde ancienChapitre 182 sur 848 · I\UE · texte numérisé non relu

I\UE

IMJÉSIE LYRIUI'E-

[LccI. III.]

d« splendeur; en lui s'élèvent tous les morules.

Ij. nu dieu sont nés six couples de Ricliis. Une septième niiissance leur a donné, dit-on, un frère unique '. Chacun a sa place distincte, d'où il dépense ses biens; chacun a sa forme différemment brillante.

l(i. D'autres représentent comme de pieuses femmes ceux auxquels je donne un caractère masculin. L'homme qui a des yeux peut voir ce que ne comprendra pas l'aveugle. L'enfant qui est sage et qui pense sait bien faire cette distinction ; il est (dans ce cas) le père de son père *.

17. La vache (du sacrifice) se lève, soutenant son nourrisson de son pied, qui tour à tour va de bas en haut, ou de haut en bas =. Agitée et remuante, tantôt elle sort en s'étendant d'une moitié, tantôt elle s'augmente et se gonfle intérieurement.

18. Celui qui connaît le père (du monde), avec ses (rayons) inférieurs, sait aussi connaître tout cet (univers) à l'aide des (rayons) supérieurs. Marchant sur les pas de nos poètes, qui peut ici célébrer ce dieu ? D'où est née l'àme (du monde *)?

19. Il est (des êtres), dit-on, qui viennent vers nous et s'en retournent, (des êtres) qui s'en retournent et qui reviennent. 0 Indra, ô Soma, les (mondes) éthérès portent vos œuvres comme (un char) son fardeau.

20. Deux esprits jumeaux = et amis hantent le même arbre " ; l'un d'eux s'abstient de goûter

1. Ce frère unique est le treizième mois, ou mois inlercalaire. Les mois ainsi disposés par couples peuvent prendre le nom des six ritous.

2. L'enfant savant est en quelque sorte lo pèro de son père. Voy. dans les Lois de lUanou, la même pensée exprimée à l'occasion des Angiras, livre in, si. l.'JS.

3. Cette image représente la libation tombant sur le feu : le pied de la vache, c'est la flamme qui reçoit la libation, et qui, par des mouvements alternatifs, éclate ou s'affaisse. Celte flamme pourrait encore être considérée comme brûlant ici dans le sacrifice : c'est lo pied, inférieur; et comme brûlant dans le soleil, c'est le pied supérieur.

l. Manas Uihicam.

5. Ces deux esprits île tevle dit snuparnus. être ailés) n'en font qu'un {ékàlm\jnm) et sont {'esprit suprême (jinramiilméi) et Vesprit de vie [djiviitméi). C'est ainsi que Plolin fait l'Ame du monde sœur de l'àme humaine, llèracléon dit que l'âme pneumatique a son autre moitié dans la région des intelligences supérieures, moitié avec laquelle elle doit s'unir un jour. Il y a de l'Indien dans Imites ces doctrines.

(J. Siius l'allégorie d'un arbre, les poètes font souvent allusion ou au monde, ou au corps humain. Voyez Oiipnéknt, tome I, |)ag. li-lO. En m'abstenant de toule rillexioii, je ferai remarquer qu'il y a ici un reflet du I oinmencement de la Genèse. Le pippala est l'arbre ripiielé /''icus reltijinsn.

(le fruit de cet arbre appelé) pippala, l'autre le trouve doux et le cueille.

•21. Le seigneur ', maître de l'univers et rempli de sagesse, est entré en moi. faible et ignorant, dans ce lieu où les esprits - obtiennent, avec la science, la jouissance paisible de ce fruit, doux comme l'ambroisie.

22. On appelle donc pippala le doux fruit de cet arbre sur lequel viennent les esprits qui en aiment la bonté, et où les (dieux) produisent toutes leurs merveilles. Ceci est un mystère pour celui qui ne connaît pas le père (du monde).

2o. Que les (poètes) observent et connaissent bien le sujet mystérieux et immortel ([u'ils doivent traiter, soit dans leurs Gàyatrîs et leurs Trichtoubhs, soit dans leurs Djagatîs "'.

2i. .\vec la Gdyatri se compose l'Arca * ; avec VArca, le Sa'man *; avec le Trichtoubh, le Vdca " ; avec le Vdca, \'{Anou) Vâca '. Les sept mesures poétiques se composent de l'Akchara, qui forme deux ou quatre Pddas *.

25. Avec la Djagati, (le poète) a consolidé l'océan céleste ; avec le Ralhantara ", il a suivi le soleil dans sa révolution. La Gdyatrî a, dit-on, les trois foyers *° ; de là vient qu'elle l'emporte en force et en grandeur.

1. Le commentaire dit que ce si ignour est le rfj'it'ôdHd, ainsi idenlifié avec Agnl, ou le père du monde.

2. Les esprits dans cet état sont appelés kckétradjniih : ils connaissent l'enveloppe corporelle.

3. Ces trois espèces de mètres, suivjnt le commentaire, étaient consacrées aux trois savanas, qui en avaient pris leurs noms, et qui se trouvaient euxmêmes sous la dédicace de trois divinités particulières. En effet, le distique 25 indiquerait que la GAyatrî est réservée à Agni ; le Trichtoubh, au Soleil ; la Djagati, au dieu de l'air.

4. L'ai'ca est un hymne, une pièce artckanasàdhanam. ,"). Le saman est un recueil d'hymnes chaulés.

(). Le vaca est une réunion d'hymnes appelés soûktas, et qui me sembleraient avoir été parlés.

7. J'ai imaginé qu'il devait y avoir deux espèces de vacas, pour que l'un puisse se composer de l'autre. Voilà pourquoi j'ai employé le nom d'auouvàca.

8. Un akchara est une lettre ou une syllabe. Mais ici ce mot me semble avoir uu autre sens : il signifie vers, lequel est composé de deux ou quatre padas, c'est-àdire fragments de vers, hémistiches. Lo mot pada a encore un autre sens (vers 23 et loi ; il veut dire le sujel chanté dans le vers. Il est un autre mol que je veux aussi expliquer ici ; c'est lo mot njoman (vers 34, 35, 3S)l. 11 m'a paru avoir quelque rapport avec le p/anaïa. C'est le (ili-c de l'hymne; c'est le personnage sous le nom duquel on met cet hymne, en quelque sorte le patron qui le courre.

'.). Le commentateur et M. Wilson disent que c'est le snman. Je croirais assez que c'est une épithêlo du Trichtoubh, plus rapide que la Djagati.

10. J'entends que la Gàyatri est employée pour dé- (.'■iiidre les verUis d'.\gni el de ses trois feux. Je pré-

Rlll-VEDA.

SKCTIUX DHUXIKMR.

■Jii. J'jnvoque donc cette vache féconde. Uu'elli' lionne son lait à celui qui doit le recueillir ' ! ijue Saviiri obtienne la meilleure des libations I que notre feu brille d'un nouvelle force I que ma prière retentisse !

•27. L'épouse des foyers (d'Agnii, au milieu des prières, mugit après son nourrisson qu'elle reulierche, et s'approche de lui -. Que cette vache donne son lait pour les Aswins ; qu'elle croisse pour notre plus grand bonheur 1

"28. La vache, en mugissant, vient vers sou nourrisson, dont l'ceil est a peine ouvert, et lui lèche la tète ^. Elle étend sur lui sa langue chaude ; son mugissement se prolonge pendant qu'elle lui prodigue son lait.

"29. Cependant le nourrisson fait aussi entendre sa vois; il se couche sur sa nourrice, qui mugit toujours, étendue qu'elle est sur le pâturage. Et c'est ainsi que, par ses œuvres, (la vache du sacrilice) parvient à former [le dieu) mortel : elle se fait lumière, et lui donne un corps.

30. L'être actif reposait donc; il revient à la vie, et s'établit au seia de nos demeures. 11 était mort; la vie lui est donnée par les libations. L\ètre immortel était dans le berceau de l'^ètri') mortel.

31. J'ai vu le gardien (du monde), suivant ses voies diverses, à son lever, dans sa station inaccessible, et à son coucher. Tantôt s'unissant aux rayons lumineux, tantôt les quittant, il va et revient dans les mondes intermédiaires.

32. L'homme agit, et, sans le savoir, n'agit que par ce (maître'; sans le voir, il ne voit que par lui. Enveloppé dans le sein de sa mère et sujet à plusieurs naissances, il est au pouvoir du mal *.

33. Le Ciel est mon père, il m'a engendré. J'ai pour famille tout cet entourage céleste. Ma mère, c'est la grande Terre. La partie la plus haute de sa surface ^, c'est sa matrice; c'est là que le père

sume que la deslination de ces trois mètres n'est pas d'une observation rigoureuse, car cette règle me parait subir plus d'une e\ception.

1. 11 me semble que la vache est la libation qui doit augmenter la forte du feu, devenu son nourrisson, et communiquer ensuite les rayons au soleil.

2. C'esl-à-dire, la libation est jetée sur le feu qu'elle alimente, et frémit en y tombant.

3. Je pense que le lecteur s'explique bien toute cette allégorie, en la rapportant à la libation. Le commentaire pense que la vache, c'est le nuage; que son veau, c'est la terre; que la tcle de ce veau, ce sont les montagnes.

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