CHAPITRE
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LA TOI PRÊCHER DANS LB NIVERNAIS. — LE NIVERNAIS VIENT ACCROIRE L EMPIRE DES FRANCS. — CLOVIS ÉTABLIT UN BIÉGB ÉPISCOPAL A NEVERS. — SAINT Kl' LA DE , PREMIER ÉVÊQUE. — SAINT GERVAIS ET SAINT PBOTAI8, ANCIENS PATBON8 DE LA CATHÉDRALE.
?^ ès les premiers siècles de l'Église, \)\e Christianisme avait pénétré dans le Nivernais; s'il faut en croire l'historien des archevêques fde Sens 1 , deux saints diacres, VûEoaldus et Sérotinus, disciples y de saint Savinien , auraient évangélisé notre pays dans leurs courses apostoliques.
* Jacques Ta\eau. Hist. des Archev. de Sens.
MONOOKAPHIE
Peu après , saint Andoehe et saint Tyrse plantaient la croix sur les rochers du Morvand, et saint Austremoine, vivant d'aller se fixer à Clermont , jetait à .Nevers ln précieuse semence? de la divine parole \
Vers l'an 27 î , snint Hévéricn cl ses compagnons cimentaient de leur sang les fondements de cette Église naissante, tandis que snint Prix et -aint 0>t , qui s'étaient réfugiés dans le Donziaisà la tète d'une troupe de fidi les Si quaniens , perpétuaient dans ce pays, ei par leurs paroles et par leurs exemples, la foi qu'y avaient apportée les saints diacres Eoaldus et Sérotinus; eux aussi ne ! alaneèrent pas à sacrifier leur vie pour la défense de l'Évangile.
Cependant saint Pèlerin faisait tomber par sa parole puissante les autels de la déesse Icauna , élevés sur le> rives du fleuve qui porte son nom 2 , et après un demisiècle de pénibles travaux, le saint vieillard étonnait Kntrains par son courage et son héroïque constance. Jeté dans les prisons par ordre du préfet romain , il continua à remplir sa mission apostolique auprès de ses getMieis et de ceux qui étaient renfermés dans les mêmes cachots,
I MiHh'I <;oti;noii , ij apir> les anciens manuscrits et 1rs vieilles lé-emlis tir labbave .If Saint-Allv r , <lr la Cliai livu»o de dormont rl do l'al>l>aye do Saint-Victor de Paris . assure que saint Au>lremoine , un des sept missionnaires onvovos dans 1rs (jaules par le pape saint Corneille, vint pnVIier la foi a >>rvet> avant »!r se rendre a Clermont ; e'ost pourquoi cet historien met saint Au*!:rmnm<> ai: sani: >':<■ s rvèques tir Nevers. et 1 auteur <;r ta !'/> <h> saint < >h<h >i lr dit hrr-i'ic des Aio:er.)tiat< et »/r< Mn-rna>>.
I l. tnva r-> ie nom latin de la rivière d'Voime.
jusqu'au moment où il cueillit sur les collines de Bouhy la palme du martyre.
Si une de nos contrées , la partie située entre la Loire et l'Allier, ne fut convertie qu'au sixième siècle par le zèle de saint Patrice , le reste du pays reçut de bonne heure la grâce du salut et sut s'en rendre digne.
Quand la paix fut rendue à l'Église , Nevers dut avoir son Temple élevé en l'honneur du vrai Dieu , car, sans doute , les saints évéques qui gouvernaient alors l'Église d'Âutun ne négligèrent pas cette cité, une des plus importantes de leur diocèse et par sa position , et par sa population , et par son industrie. Déjà , au temps de la conquête des Gaules , César la regardait comme une des places les plus fortes du pays éduen , puisqu'il l'avait choisie pour y établir le dépôt de sa cavalerie , de ses munitions et de ses trésors ; et quand le parti qui voulait secouer le joug des Romains incendia Nevers, on sait , par le même historien , qu'on y fit périr les marchands romains que son commerce avait attirés , et qu'on ne trouvait pas assez de bateaux sur la Loire pour contenir le blé qu'on y avait saisi \
Cependant cette ville ne jouissait pas de la faveur accordée à d'autres cités moins considérables ; elle ne possédait pas de siège épiscopal. Soumise aux Bourguignons, elle se trouvait par le fait même de sa position territoriale sous la juridiction spirituelle de l'évêque
1 Comm. Cas. Lib. vu.
MO.N(Xi H Al'lill.
d'Autan, car tic temps immémorial elle avait été enclavée dans le territoire des lui viens.
Une importante révolution allait bientôt s'opérer ; en passant sous la domination de nouveaux maîtres , Nevers devait avoir une organisation ecclésiastique qui lui fut propre , et devenir ainsi ville épiscopale.
Clovis était maître de tout le pays que les Homains avaient possédé depuis le Rhin jusqu'à la Loire, et cependant l'ambition du jeune conquérant n'était point satisfaite ; il était disposé à profiter de toutes les occasions pour étendre son empire. 11 avait entendu parler des charmes et des vertus de Clotilde, que Gondebaud , son oncle, venait de dépouiller de l'héritage de son père; il la demanda en mariage et il l'obtint.
S'il faut en croire le moine Aimon , historien du dixième siècle, Clotilde, devenue l'épouse de Clovis , sollicita deux grâces le jour même de son mariage auprès de son époux : la première, qu'il renonçât au culte des idoles et qu'il adorât le vrai Dieu ; la seconde, qu'il ne négligeât point de réclamer la portion du royaume de Bourgogne qui lui revenait du chef de son père et de sa mère. Elle n'eut pas de peine à le gagner sur ce dernier point , car il est à croire que le jeune prince, en contractant ce mariage, avait quelques vues sur le royaume de Bourgogne , aussi il lui répond sans balancer qu'il mettra tout en œuvre pour réussir; ut fiolcro faaam 1 .
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m LA CATHKDH.aB DE PiEVERS.
En effet , aussitôt que Glovis eut défait les Allemands dans les plaines de Tolbiac , nous le voyons en guerre avec Gondebaud , qu'il attaqua auprès de Dijon et sur lequel il remporta une éclatante victoire. Gondebaud fut forcé de traiter avecClovis, qui ajouta à ses états une partie de la Bourgogne. Nevers et presque tout le Nivernais cessèrent donc d'appartenir aux princes bourguignons et furent enclavés dans l'empire des Francs , soit comme formant une portion de la dot de Clotilde , soit par suite des conquêtes de Clovis
Clovis était trop bon politique pour ne pas procurer à cette ville un siège épiscopal ; il l'eût vue avec peine soumise plus long-temps à l'évêque d'Autun , sujet d'un prince étranger dont il devait craindre le ressentiment; d'un autre côté, il ne pouvait placer Nevers sous la juridiction de l'évêque d'Auxerre , ville trop éloignée de la nôtre. Le seul parti a prendre était de former un diocèse particulier ; c'est en effet ce qui eut lieu.
Saint Eulade fut le premier Évèque qui occupa le nouveau siège épiscopal , saint Gcrvais et saint Protais , martyrs de Milan , furent les patrons de la cathédrale. On ignore pour quelles raisons l'église de Nevers fut placée sous le vocable de ces Saints , mais il est probable
1 On se rappelle la gavante discussion qui eut lieu à l'époque du Congres archéologique tenu à Nevers entre M. More II et et H. l'abbé Devoucoux ; M. Morellel refuse d'admettre le récit d'Aimon , et en le rapportant ici , jo n'ai aucunement Ih pensée de Irandiw relie prnvr question.
qu'on a\ait pu se procurer quelques portions de leurs reliques, car, d'après l'usage antique, on ne consacrait une église que lorsqu'on pouvait la doter des reliques du saint son> le patronage duquel on désirait la placer. Quoi qu'il en >oit. I.i cathédrale de Nevers honora saint Gervais et saint Protais comme ses patrons pendant plus de trois sièelcs , c'est-à-dire ju?qu à l'an 802, époque à laquelle une nouvelle église, sous le vocable de saint Cyr, remplaça la première.
L'histoire rte la cathédrale demeurerait incomplète si nous ne faisions pas connaître les causes qui ont déterminé l'adoption des nouveaux patrons ; mais avant tout nous devons exposer en peu de mots les détails de leur vie sainte et de leur glorieux martyre.