CITOYEN SOIS-PRÉFET
« J'ai reçu votre lettre du vingt-deux. SI je n'ai pas vu sans émotion » que le gouvernement m'honorait de sa confiance, je vous avoue » franchement que je n'ai pas lu sans surprise les mots de votre » adresse : Au citoyen Tollet , ex-ministre du culte , nommé maire. Je » présumais que notre nouvelle révolution avait fait disparaître pour » toujours de notre langue les termes injurieux d'ex et de cy-devant.
> Je me suis trompé , puisque vous vous en servez, Je me dois à » moi -même et à mon état de vous observer que c'est à tort que » vous me qualifiez d'ex -ministre du culte. Je n'ai point abjuré ma
> religion : je ne rougis et ne rougirai jamais de l'Évangile ; et je » me glorifierai toujours d'être ministre de Jésus-Christ Ces principes
• sont invariables. Je vous remarquerai encore que je ne changerai » point mon costume , et que je n'assisterai point à ce qu'il vous plaît » d'appeler fêtes nationales, à moins qu'elles ne soient liées avec » la religion. Si cette manière de penser ne peut point vous convenir,
> un mot, et vous recevrez par le même courrier ma démission. » Je vous salue respectueusement.
» Gril. TOLLET , évé.
» Vaui)ene»«c . * prai. l'an vni.
.lo J.-Ch., lo 17 juin 1800. .
Écrit en marge : « Sans réponse , ce citoyen étant nécessaire à la
* place de maire , où il serait difficilement remplacé. •